‹ Flore fossile des gîtes de charbon du TonkinChapitre 27 sur 56 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

RÉSULTATS GÉOLOGIQUES

Bien que nous n’ayons encore qu'une connaissance incomplète des formes organiques dont les restes sont enfouis dans les couches de Yen-Baï, ce que nous en savons suffit cependant à attester que ces couches appartiennent au Tertiaire, et très probablement à un horizon assez élevé de ce terrain.

Les deux seules espèces de plantes qui aient pu être déterminées spéciliquement sont, l'une identique à une espèce du Miocène moyen d'Europe, Salvinia formosa, et l'autre, Ficus Beauveriei, extrèmement voisine du Ficus liliæfolia, fréquent dans le Miocène européen à différents niveaux, mais principalement dans le Miocène moyen, notamment dans les couches tortomiennes d'OEnimgen. Étant donné ce que l’on sait de la descente graduelle , au cours de l’époque tertiaire, des types végétaux des latitudes élevées vers des latitudes plus basses, il n'y aurait rien de surprenant à ce que les couches de Yen-Baï fussent, non pas exactement contemporaines de celles d'Europe où se rencontrent des espèces identiques où similaires, mais un peu plus récentes. Les affinités marquées qui semblent exister entre quelques-unes des plantes recueillies dans ce gisement, telles que Selliquea, Angiopteris, Flabellaria, Phyllites paraissant susceptibles d'appartenir au genre Artocarpus, et quelques-uns de leurs congénères actuels de la même région plaideraient, en eflet, en faveur d’une date relativement peu éloignée pour le dépôt de ces couches.

D'autre part, les Paludines qui y ont été trouvées en si grande abondance semblent, ainsi que je l'ai dit, étroitement alliées, sinon même spécifiquement identiques à une espèce, Vivipara Sturt, qui appartient à la portion supérieure de l'étage levantin, lequel constitue dans la région orientale de l'Europe un terme de passage du Miocène au Pliocène, et dont les couches les plus élevées doivent être rapportées vraisemblablement au Pliocène inférieur, sinon même

à la base du Plhiocène moven.

Ces indications ne sont, sans doute, pas assez nombreuses pour permettre une détermination absolument précise de l’âge des couches de Yen-Baï, mais il semble qu'on soit autorisé à les classer comme mio-pliocènes, en laissant ainsi leur position légèrement indécise.

I convient de rappeler toutefois que ces couches sont assez fortement plissées, et que la cristallinité du test des Paludines accumulées dans certains lits accuse, ainsi d’ailleurs que Île simple facies de la plupart des bancs gréseux, des actions métamorphiques d’une certaine importance. Le dépôt des couches de Yen-Baï est donc certainement antérieur aux derniers mouvements orogéniques qui ont affecté la région, et peut-être ÿ aurait-il là un argument en faveur de l’attribution au Miocène plutôt qu'au Pliocène.

Je serais porté, d’après la ressemblance de certaine feuille, récoltée à Loc- Binh par M. Sarran, avec l’un des types de feuilles de Yen-Baï (PI. LIT, fig. 6), à penser que les gites charbonneux de la vallée du Song-Ki-Kong, en amont de Lang-Sôn, doivent être contemporains, ou à peu près, de ceux de Yen- Bai, mais il est impossible de rien aflirmer, les matériaux recueillis sur ce point étant trop insuffisants; ces gites ne paraissent, d’ailleurs, avoir aucune importance au point de vue industriel.

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