I — BASSIN DU BAS-TONKIN
La formation charbonneuse du Bas-Tonkin, composée principalement de grès et de schistes avec intercalation de couches de charbon de puissance variable, s'étend en affleurements, avec une direction générale à peu près Est- Ouest, depuis l'ile de Kébao et les baies d’Along et de Hongaÿ, jusqu'au delà de Bac-Ninh, sur une longueur de près de 200 kilomètres, avec une largeur d'environ 5 kilomètres et souvent davantage (voir la carte PI A).
L'âge géologique des terrains qui en forment la bordure méridionale n’a pas été partout reconnu, mais sur beaucoup de points, notamment à la baie d'Along et à la baie de Faïtsilong, ainsi qu'aux environs de Dong-Trieu, la formation charbonneuse se trouve en contact immédiat, du côté du Sud, en stratification non concordante, avec le Calcaire carbonifère, reconnaissable comme tel aux fossiles assez nombreux qu'il renferme, Brachiopodes et Polypiers principalement. Du côté du Nord, elle est recouverte, au moins sur une partie de son étendue, et en stratification concordante, par un système de grès et d'argiles versicolores, souvent de couleur rougeûtre, renfermant parfois quelques bancs calcaires, et dont l'âge a été fréquemment discuté, les
:FLORE DU TOXKIN. 1
IMPRIMERIE NATIONALE
caractères qu'il présente au point de vue lthologique ayant porté plusieurs explorateurs à l'assimiler au Permien; sur un point cependant, au Nord de la baie de Hongaÿ, la formation charbonneuse vient buter par son bord septentrional contre un ilot, d’ailleurs assez peu étendu, de Calcaire carbonifère , intercalé entre elle et les grès et argiles versicolores.
Le charbon parait avoir été découvert au Tonkin par les Chinois vers l'année 1865, et il donna lieu de leur part, lout au moins à Kébao et au voismage de la baie de Hongaÿ, à quelques exploitations superficielles qui se poursuivirent Jusque vers 1880. L'atlention ayant été attirée sur ces gisements, leur reconnaissance constitua le but essentiel de la mission qui fut confiée à Fuchs en 1881, et au cours de laquelle il explora principalement, au moyen de travaux dirigés par M. Saladin, les couches de Hongaÿ et de Hatou; il conslata, en outre, que la formation charbonneuse se continuait du côté de l'Ouest vers Dong-Trieu, et 11 la suivit jusqu'en un point désigné par lui sous
le nom de Lang-Sânl), où il recueillit un certain nombre d'empreintes végé-
© Fuchs indique, à la page 51 de son travail {Annales des Mines, 2° vol. 1882, p. 231), le «village de Lang-Sân» comme situé «non loin de Dong-Trieu, au Sud de la vallée d’alluvions qui sépare cette ville de la grande chaine inexplorée du Nord de la province Quang-Yen» ; mais sur la carte annexée à son travail (pl. VI), Lang-Sân a été marqué beaucoup plus à l'Ouest, à la place où se trouve en réalité Bac-Ninh, dont le nom est placé à tort au Nord-Ouest de Quang- Yen, un peu à l'Est du 104° méridien, de sorte qu’on est fondé à penser qu'il y a eu transposition entre ces deux noms. j
Je serais porté à croire que Fuchs a eu en vue le village de Lam-Xà, quise trouve à quelque distance de la rive gauche du Song-Da-Bach, à 12 kilomètres environ à l'Est de Dong-Trieu, sur le versant Sud des montagnes de Nui-Co-Bang (voir la carte PI. E), dans une région où ont été faites dans ces dernières années de nombreuses explorations minières et où l'on a reconnu la présence de plusieurs couches de charbon.
Cependant M. Sarran, qui avait sans doute recherché le point visé par Fuchs, indique, dans son Etude sur le bassin houiller du Tonkin (p.42, note 3), Lang-Sän comme situé sur la «rive droite du Song-King-Chang», mais sans donner aucune explication ni justification à l'appui de cette interprétation. I y a, en effet, à l'Ouest de cette rivière, dans la région assez peu étendue comprise entre elle et les Sept-Pagodes, une localité dont le nom aurait pu aussi, peut-être moins facilement que celui de Lam-Xà, se transformer en Lang-Sän par une transcription inexacte, c'est celle de Lac-Son, entre le Song-Kinh-Chang et le Song-Kinh-Monh, à une douzaine de kilomètres à l'Ouest de Dong-Trieu; Lam-Xà me parait toutefois mieux répondre à l'indication de Fuchs relative à la vallée qui sépare Dong-Trieu de la chaine de montagnes du Nord de la province de Quang-Yen.
I semble probable en tout cas que c'est à l’un ou à l’autre de ces points que doit correspondre la localité que Fuchs a eue en vue; mais dans le doute, et faute de pouvoir préciser exactement sa situation et son nom véritable, je conserverai, dans les indications de provenance des échan-
Hllons mentionnés, le nom de Lang-San.
tales; mais la position de ce point est diflicile à préciser aujourd'hui, ce nom, tel du moins que Fuchs l’a transcrit, ne se retrouvant sur aucune carte.
M. Sarran a constaté que la formation charbonneuse s’étendait encore au delà vers l'Ouest, et il en a reconnu le prolongement jusqu'à Phu-Yen sur le Song-Cau, à l'Ouest de Bac-Ninh, soit à 5o kilomètres au moins au delà du point extrême atteint par Fuchs. 11 pensait mème que le système des couches à charbon devait se poursuivre beaucoup plus loin, en remontant vers le Nord- Ouest, les grès et conglomérats observés par M. Jourdy à Phu-Doan, au voisinage du confluent du Song-Chay et de la Rivière Claire, paraissant susceptibles d’être assimilés à ceux de ce système, et il a indiqué, sur la carte Jointe à son travail, la formation charbonneuse comme se continuant jusque-là en s’élargissant peu à peu. En réalité, 1lne semble pas en être ainsi, car, d’après les dermères observations géologiques de M. Beauverie, la formation charbonneuse disparaitrait à l'Ouest de Phu-Yen sous les grès et argiles versicolores, et si elle affleure de nouveau à Phu-Doan, comme le donnerait à penser l'échantillon de tige dont j'ai parlé plus haut, ce ne serait sans doute que sur une étendue assez restreinte. De nouvelles explorations seront nécessaires pour fixer de ce côté les limites de cette formation, et pour s'assurer des relations que peuvent avoir avec elle les gites charbonneux signalés tant à Thaï-Nguyen qu'à Phu- Doan.
En somme, la formation charbonneuse du Bas-Tonkin n’a été étudiée jusqu'ici avec un peu de précision que dans la région située à l'Est des Sept- Pagodes, dans laquelle seule ont été ouvertes des exploitations minières. Ces exploitations peuvent se diviser en trois groupes, qui vont être passés en revue dans l’ordre de leur importance, lequel est en même temps l’ordre chronologique des institutions de concessions qui y ont été faites.
$:1. — Mines DE Hoxcaÿ.
Les mines de charbon de Hongaÿ, comprises dans la concession accordée par décret du 6 septembre 1884 à M. Bavier-Chauflour, ont été, par une convention du 27 avril 1888, concédées à la Société française des charbonnages du Tonkin, sous le nom de « Domaine houiller de la baie d’Along ». La concession est limitée au Sud par les baies d’Along et de Faitsilong , sans comprendre toutefois le massif calcaire de Déo-But, qui s'intercale sur une certaine éten-
due entre la formation charbonneuse et la mer: à l'Ouest, par la baie de
Le
Situation et allure des couches.
li FLORE FOSSILE DES GÎTES DE CHARBON DU TONKIN.
Hongaÿ ; à l'Est, par le chenal de Campha, qui sépare l'ile de Kébao du continent; au Nord, par la limite septentrionale de laffleurement de la formation charbonneuse. Elle se subdivise en trois lots, qui sont, en allant de l'Ouest à l'Est, le lot de Hongaÿ, le lot de Hatou et le lot de Campha, et dont les étendues respectives sont d'environ 3,200, 10,000 et 6,800 hectares, faisant une superficie totale de quelque 20,000 hectares.
Dans la région centrale, à l'Est de Hatou, la formation charbonneuse vient buterau Sud contre l'important massif de Calcaire carbonifère de Déo-But, que Je viens de mentionner. À l'Ouest, vers Hongaÿ, elle est interrompue par des venues de roches porphyriques qui se montrent de part et d’autre de l’entrée de la baie, mais dont la constitution exacte n’a, non plus que l'âge, pas été déterminée. Elle reparait d’ailleurs à peu de distance au delà de la passe de Cua-Luc, dans l'ile du Sommet-Buisson, et a donné lieu, dans cette région, à l'institution d'un périmètre de recherches indépendant; de là elle se prolonge à l'Ouest vers Quang-Yen, et quelques explorations ont été entreprises de ce côté, notamment au voisinage de Dai-Dang et de Yen-Cu, sur la rive gauche du Song-Liep.
Les couches de charbon reconnues dans la concession de Hongaÿ semblent, d’après les études de M. Guilhaumat comme de M. Sarran, se grouper neltement en deux systèmes, dont l’âge relatif a été diversement apprécié, et qui sont aujourd'hui désignés sous les noms de système de Nagotna et système de Hatou. M. Sarran, qui regardait le système de Nagotna comme le plus inférieur, avait admis qu'ils étaient dérangés et séparés l'un de autre par des failles diversement orientées; mais les travaux poursuivis depuis lors n’ont pas permis de constater l'existence de ces failles. Pour M. Guilhaumat, aux obligeantes communications de qui je dois les principaux renseignements que je vais donner et la plupart des indications-portées sur la carte de la Planche B, le système de Nagotna serait au contraire le plus récent, et tous deux seraient simplement affectés d’une série de plis plus où moins parallèles, à orientation comprise en général entre N. N. O.-S. S. E. et N. N. E.-S.S5, O.
La direction N. N. O.-S.S$.E. domime dans la région occidentale de la concession, où elle se traduit à la surface, ainsi que l'avait reconnu M. Sarran N), par les traits généraux du relief, formé de crêtes ou d’arêtes saïllantes sépa-
rées par des dépressions assez profondes parfois pour faire communiquer à
© Sarran, Etude sur le bassin houiller du Tonkin, p. 24.
BAS-TONKIN ET ANNAM. — DONNEES TOPOGRAPHIQUES. s
mer haute la baie de Hongay avec la baie d’Along. C'est ainsi qu'en allant de l'Ouest à l'Est, on rencontre d’abord la dépression de la Vallée de lOEuf, divisée en deux branches : Vallée occidentale et Vallée orientale, par une arête médiane de grès et de conglomérats, puis le promontoire de Nagotna, la vallée du ruisseau de Nagotna, et plus loin, après une ligne de hauteurs affectant la même orientation du N.N.0O. au S.S.E., la dépression de lembouchure de la Rivière des Mines, qui se continue vers le S.S.E, par la plaine et Les rizères de Hal-Lam. Dans la région de Hatou, l'orientation des couches et des plissements qui les affectent semble moins constante : elle parait s'infléchir peu à peu vers le N.E.-$. O., mais elle ne se traduit plus avec la même netteté dans la disposition des accidents de terrain, dont le relief va en s'accentuant, les collines de la région atteignant, dépassant même 150 et 200 mètres.
Le système de Nagotna se compose, d'après les observations relevées par les ingénieurs de la Société des charbonnages, d’une dizaine de couches de 1 mètre à 6 mètres de puissance, dont quatre seulement ont donné lieu à des travaux d'exploitation; ce sont, en allant de haut en bas :
La couche Sainte-Barbe, d'une puissance totale de 4 m. 70 à 6 mètres, avec une épaisseur utile de 4 m. 80 en moyenne;
La couche Bavier-Chauffour, d’une puissance totale de 5 mètres à 5 m. 20, avec une épaisseur utile moyenne de { m. 75, située à 70 mètres environ audessous de la couche Sainte-Barbe :
La couche Chater, d’une puissance totale de 4 mètres à b m. 10, avec une épaisseur utile moyenne de 4 m. 65, située à 55 mètres au-dessous de la couche Bavier ;
La couche Marmottan, d'une puissance totale de 1 m. 60 à 1 m. 80, avec une épaisseur utile moyenne de 1 m. 65, située à une distance de bo à 60 mètres en dessous de la couche Chater.
Les autres couches non exploitées du même système sont estimées représenter ensemble environ 5 mètres de puissance utile.
C'est à ce système de Nagotna qu'appartiennent toutes les couches reconnues dans la région Ouest de la concession, depuis la passe de Cua-Luc jusqu'à la Rivière des Mines, y compris les affleurements relevés sur la rive droite de celle-ci au voisinage de, son embouchure, en aval de l'ancien campement de MM. Fuchs et Saladin à Claireville. ;
M. Sarran avait reconnu des 1885, un peu à l'Est de la passe de Cua-Luc,
l'existence d’une cuvette dont l'axe paraissait coincider à peu près avec celui de la Vallée de l'OEuf orientale; au fond de cette dernière, 11 avait exploré, par la galerie Léonice, une couche, qu'il regardait comme appartenant à la partie la plus inférieure du système de Nagotna. Les affleurements du bord de la Vallée de l'OEuf occidentale, ceux de l'ile Bayard et ceux de l'ile Hongaÿ, appelée aujourd’hui ile au Charbon, correspondent évidemment à la branche Ouest de ce synclinal, dont la branche Est comprend les affleurements du bord oriental de la Vallée orientale de lOEuf et le faisceau du promontoire de Nagotna; le pendage des couches de ce faisceau, dirigé vers l'Ouest, varie de 30° à 70°, s'accentuant peu à peu à mesure qu'on s'avance du Nord au Sud. Ensuite vient un nouveau pli en sens inverse, dont l'axe parait dirigé à peu près parallèlement à la vallée du ruisseau de Nagotna, un peu à l'Est de celui-ci, de sorte que l’on retrouve, sur le versant oriental des collines qui forment la rive droite de ce ruisseau, les couches du système de Nagotna plongeant vers l'Est, avec une inclinaison moyenne de 36°. Enfin elles reparaissent, avec un pendage inverse, sur la rive droite de la Rivière des Mines et sur les collines situées à l'Ouest de Claireville, constituant la branche orientale d'un synclinal dont l'axe correspondrait à la dépression de la Rivière des Mines et de la plaine de Hal-Lam.
Le système de Hatou ,que M. Sarran désignait comme système supérieur, que M. Guilhaumat considère, au contraire, comme situé à quelque 600 mètres au-dessous de celui de Nagotna, comprend quatre couches, dont trois exploitables, savoir :
La Couche du toit, épaisse seulement de o m. 50 à o m. 80;
La Grande couche, d’une puissance totale de 50 à 6a mètres, divisée en plusieurs bancs par des intercalations de grès ou de schiste d'épaisseur variable, qui en réduisent la puissance utile à 30 mètres en moyenne ;
La Couche des inondés, située à 50 ou 60 mètres en contre-bas de la Grande couche, épaisse d'environ 3 m. 5o, avec une puissance utile de 2 m. 60;
La Couche au mur, située à 180 mètres environ au-dessous de la Grande couche, mesurant 16 m. 50 d'épaisseur totale, avec une puissance utile de 13 mètres. .
La Grande couche se montre dans la région de Hatou, affleurant sur 1 kilomètre de longueur environ sur le versant Nord-Est du mamelon 96, avec une direction N. 0.-—S$.E. et un plongement vers le S. 0. variant de 16° à 45°; elle reparait un peu plus au Sud, sur le pourtour du mamelon 65, avec un
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pendage inverse indiquant l'existence d’un pli synclinal dont l'axe doit être dirigé à peu près du Nord-Ouest au Sud-Est. À quelque distance à l'Ouest, elle parait affectée au contraire par un pli anticlinal à axe orienté Nord-Sud ou N.N.E.-—S.S.0.,se présentant au mamelon C et au mamelon 158 avec des pendages opposés, l'un vers l'Est, l’autre vers l'Ouest ou lO.S. 0. C'est au pied Nord-Est de ce mamelon 158 qu'ont été reconnus les affleurements de la Couche au mur.
La Grande couche reparait ensuite à la mine Charlot {ancienne mine Jauréguiberry des explorations de Fuchs et de M. Sarran), mais plongeant vers l'Est sous un angle de 50°; enfin M. Guilhaumat regarde comme devant être encore assimilés à la Grande couche les affleurements explorés au N. N.E. de Claireville à la mine Henriette et à la mine Marguerite, où l'on a reconnu une couche , à laquelle on avait donné le nom de couche Marguerite, d’une quarantaine de mètres de puissance, avec un pendage variant de 4o° à 70° vers l'Ouest. On a exploré en outre dans la même région, mais un peu au Sud-Est, par les galeries du Ravin, une couche de 14 mètres d'épaisseur, plongeant également vers l'Ouest, dont les rapports avec la couche Marguerite n'ont pas été nettement précisés, mais que M. Guilhaumat présume devoir être la Couche au mur.
À l'anticlimal dont l'axe doit passer entre le mamelon C et le mamelon 158 succéderaient, par conséquent, un synclinal et un anticlinal à axes Nord-Sud ou N.N.0.-$.S.E., les affleurements de la mine Charlot représentant le versant Est de ce dernier, et ceux de la mine Marguerite et de la mine Henriette le versant Ouest, auquel appartiendraient de même, dans l'hypothèse de M. Guilhaumat, les affleurements des couches du système de Nagotna sur la rive droite de la Rivière des Mines. La coupe fig. 2, PL B, établie d’après les indications de M. Guilhaumat, résume d’ailleurs les rapports qui existeraient, suivant lui, entre les différents affleurements.
A l'Est de Hatou apparait le massif de Calcaire carbonifère de Déo-But, qui occupe une étendue importante sur le bord Sud du lot de Hatou, et au Nord duquel la formation charbonneuse n’a pour ainsi dire pas été explorée. Plus à l'Est, dans le lot de Campha, on a relevé, un peu à l'Ouest du village de Campha, non loin de la mer, une couche de 30 à 4o mètres d'épaisseur, dirigée à peu près du N.E. au S. O., avec plongement vers le N.O., qui semble devoir être identifiée à la Grande couche de Hatou, mais sur laquelle il n'a pas été
fait de travaux. On a reconnu également, dans ce même lot de Campha, vers
Travaux d'exploitation.
son extrémité Nord-Est, le long de la rivière de Campha (voir la carte PL C), les affleurements de quatre couches, dont lune épaisse de 16 mètres, dirigée N. 80° E. avec un pendage de 35° vers le Sud, les trois autres variant de 1 m. 60 à 3 m.10 d'épaisseur, de directions comprises entre N. 30°E, et N. A5°E., avec des pendages de 5o° à 55° vers le S.E.; M. Sarran, dont l'opinion à cet égard est partagée par M. Guilhaumat, regardait ce faisceau de couches de la rivière de Campha comme représentant le système de Nagotna.
Enfin je dois mentionner encore comme se rattachant au groupe de Hongaÿ, bien qu'ils se trouvent en dehors de la concession de la Société des charbonnages, non loin de son extrémité occidentale, les affleurements explorés par M. Sarran dans l'ile du Sommet Buisson, située dans la baie de Hongaÿ à peu de distance à l'Ouest de la passe de Cua-Luc; 1ls appartiennent à des couches de médiocre épaisseur, au nombre de trois, de direction à peu près Nord- Sud, plongeant vers l'Ouest sous des angles de 25° à 30°, et dans la plus inférieure desquelles fut ouverte une galerie de recherche, la galerie Jean. M. Sarran considérait ces couches comme représentant lextrème base du faisceau de Nagotna.
Après des explorations poussées sur divers points, dans la région de Nagotna, dans celle de la mine Marguerite et dans celle de Hatou, les travaux ont été abandonnés à la mine Marguerite, où la couche Marguerite, très broyée, ne donnait que du charbon trop tendre et trop menu, et 1ls ont été concentrés sur les régions de Nagotna et de Hatou, ainsi qu'il ressort d’un rapport très complet et très détaillé sur les mines du Tonkin, rédigé le 20 février 1891 par M. Mallet, contrôleur des Mines, rapport qui n'a été très obligeamment communiqué par le Ministère des colonies.
Les travaux sur le faisceau de Nagotna avaient commencé par des galeries, tant en direction qu'en descenderie, ouvertes vers l'extrémité Nord du promontoire de Nagotna dans les couches Bavier, Chater et Marmottan, puis l'on s'est organisé pour aller en profondeur, et l'on s'est porté également sur la branche Est de l'anticlinal du ruisseau de Nagotna. Le siège d'exploitation de Nagotna comprend aujourd'hui, d'après les renseignements fournis par M. Guilhaumat, deux sections distinctes : celle de Nagotna proprement dite et celle de la mine de Carrère.
La première porte sur les couches du promontoire de Nagotna, c'est-àdire sur le versant Est du synclinal de la Vallée de TOEuf, qui est en même
temps le versant Ouest de l'anticlinal du ruisseau de Nagotna; un puits de
132 mètres de profondeur, le puits Kestner, a été foncé dans la région Nord- Est du promontoire de Nagotna, pour servir au sortage des charbons et à l'épuisement des eaux; les couches Bavier et Chater sont en pleine exploitation; les couches Sainte-Barbe et Marmottan ne sont encore le siège que de travaux préparatoires.
La mine de Carrère exploite Famont-pendage des couches Chater et Bavier dans le versant Est de l’anticlinal du ruisseau de Nagotna, les travaux étant concentrés principalement au voisinage et à peu de distance à l'Est de lorigine de ce ruisseau.
Dans la région de Hatou, les premiers travaux avaient consisté en galeries d'attaque souterraines, auxquelles a été substituée, dès 1890, l'exploitation à ciel ouvert par gradins droits, justifiée par la puissance de la couche et par la faible importance relative des découverts à effectuer. Les travaux n'ont porté jusqu'ici que sur la Grande couche; ils sont actuellement concentrés au voisinage de Hatou, d'une part sur le bord Nord-Est de la cuvette, d'autre part sur son relèvement Sud-Ouest, au mamelon 65.
Les productions annuelles, pour l’ensemble des travaux des mines de Hongaÿ, ont été les suivantes :
0 E SRERPENE R 80,000 tonnes. CNT TS 130,000 tonnes. ne Le 108,000 LEE CR 204,000 se CL cle dede 94,000 Let Er 276,000 VOIS ER APE" 70,000 EJUOS. 5. 174." 195,000 SON Lu 92,000 LODIR TEEN 2 249,000
Pour l'année 1902, l'extraction atteindra au moins 300,000 tonnes, les trois premiers trimestres ayant fourni 225,000 tonnes.
Les charbons des mines de Hongaÿ, aussi bien de Hatou que de Nagotna, sont des houilles anthraciteuses, tenant en moyenne, déduction faite des cendres, de 1.75 à 2.5 p. 100 d’eau et de 8 à 12 p: 100, parfois 15 p. 100 de matières volatiles. Leur pouvoir calorifique varie de 6,900 à 7,800 calories.
Une partie des charbons extraits sont transformés en briquettes, après mélange avec du brai et des charbons bitumineux provenant principalement du Japon. |
Les gisements de Hongaÿ ont donné lieu, ainsi que je l'ai mdiqué plus haut, à de très nombreuses et très importantes récoltes d'empreintes végétales, dont il n'est peut-être pas inutile de préciser dès maintenant les provenances.
FLORE DU TOXKIX\. 2
IMPRIMNERIE NATIONALE,
Nature des charbons.
Provenance des échantillons
recueillis,
Les échantillons rapportés par Fuchs en 1882 avaient été recueillis par M. Saladin et par lui, les uns à l'il8 Hongaÿ, d’autres près de Claireville sur le bord oriental de la plaine de Hal-Lam, quelques-uns, fort peu nombreux, à la mine Henriette, d’autres encore à la mine de Hatou; les récoltes complémentaires de M. le Commandant Douzans furent localisées à l'ile Hongaÿ, aux aMleurements situés sur un monticule de la rive gauche de la Rivière des Mines en aval de Claireville, et à la mine Jauréguiberry (aujourd’hui mine Chariot).
Les explorations poursuivies en 1885 et 1886 par M. Sarran donnèrent également lieu de sa part à de nombreuses récoltes, portant sur différents points : d’abord à File du Sommet Buisson, dans les schistes contigus à la couche suivie par la galerie Jean, point d'où provenaient également les échan- Ullons rapportés de la baie de Hongaÿ par M. le Commandant Jourdy (); puis au voisinage de divers affleurements appartenant au système de Nagotna, à savoir, d'une part, des travaux de la galerie Léonice, au fond de la Vallée de l'OEuf orientale, amsi que d'une petite ile située à quelque 300 mètres au Nord-Ouest de cette galerie, d'autre part, de l'embouchure même de la Rivière des Mines, ou de l'entrée de la première vallée de la rive droite, ou encore de la rive gauche de cette même rivière entre Claireville et une petite pagode située au fond de l'estuaire, point très voisin pour le moins de celui qu'avait déjà fouillé M. le Commandant Douzans. Les autres séries d’échanullons rapportées par M. Sarran avaient été recueillies par lui soit dans les travaux de la mine Marguerite, particulièrement au voisinage ou dans les ntercalations schisteuses de la couche Marguerite, soit autour de Gia-Ham, c'est-à-dire à la mine actuelle de Hatou, soit sur des affleurements au bord d'un sentier dit « Chemin des Singes », allant de Claireville vers d'anciennes rizières situées dans la direction de Gia-Ham, gisements appartenant les uns el les autres au système de Hatou.
Depuis l'ouverture des travaux réguliers d'exploitation, 11 n'a plus été recueilli d'échantillons que dans ces travaux mêmes; ceux qui ont été envoyés à l'École des Mines par MM. Bavier-Chauflour et Durand provenaient exclusivement de la mine de Hatou, ainsi que ceux qui ont été ‘rapportés au Muséum de Paris par M. Guyou de Pontouraude. Enfin, les dernières
© Ceux de ces échantillons figurés dans l'Atlas annexé au présent travail sont indiqués sur les = ù L u 4 a) 2]
légendes explicatives comme provenant simplement du «bassin de Hongaÿ », d'après l'indication
portée sur les étiquettes primitives.
récoltes de la Société des charbonnages du Tonkin ont porté, les unes sur les schistes situés au toit des couches Sainte-Barbe, Bavier, Chater et Marmottan, dans les travaux soit de Nagotna, soit de la mine de Carrère, les autres sur la Grande couche de Hatou, c’est-à-dire sur les schistes situés à son toit ou à son mur, principalement sur le grand banc de schiste qui lui est intercalé dans les travaux à ciel ouvert de Hatou.
I n’a, malheureusement, pas été recueilli d'empreintes sur les affleurements compris dans le lot de Campha; mais c'est, on le voit, à peu près la seule partie de la région des mines de Hongaÿ sur laquelle on ne possède pas de renseignements paléobotaniques.
SPA Mixes DE K£B40o.
L'ile de Kébao a été concédée, fonds et tréfonds, à M. Jean Dupuis, l'explorateur bien connu du Tonkin, par une convention en date du 27 avril 1888. Elle est aujourd’hui la propriété de la Société civile du domaine de Kébao.
La formation charbonneuse y affleure tout le long du bord Sud-Est de l'ile, formant une bande d’une trentaine de kilomètres de longueur sur 2,500 à 3,500 mètres de largeur, orientée à peu près du Nord-Est au Sud-Ouest (voir la carte PL C); elle est limitée au Sud-Est par la mer, sauf au voisinage de Hayat, où elle vient buter contre un petit massif de Calcaire carbonifère semblable à celui qui forme les ilots de la baie de Faitsilong. Au Nord-Ouest, elle est recouverte par les grès et argiles versicolores souvent désignés comme permiens, lesquels occupent tout le reste de la surface de File et s'avancent même assez loin vers le Sud-Est dans le chenal de Campha, dont ils constituent les ilots.
La région centrale a seule, jusqu’à présent, donné lieu à des travaux d’exploitation, mais des explorations ont été faites à l'Est et à l'Ouest, principalement par M. H. Charpentier, qui a découvert, à quelque distance à l'Ouest de la région exploitée, des affleurements importants et qui a résumé dans un travail détaillé 1) tout ce que l’on sait aujourd’hui sur la position et l'allure des couches de charbon de Kébao. C’est à ce travail, et aux indications portées sur les plans à grande échelle que M. Charpentier a eu l'extrême obligeance de me communiquer, ainsi qu'à celles du rapport déjà cité de M. le Contrôleur des Mines
® H. Charpentier, Etude pour la remise en exploitation des mines de Kébao. Paris, 1902.
Situation et allure des couches.
Mallet, que sont empruntés les renseignements qui vont suivre (voir la carte PL*D):
Au mamelon de Kébao, point sur lequel ont porté les premiers travaux d'exploitation, les couches affectent une direction à peu près N. E. -$. O., mais on voit, vers le Sud-Ouest, les affleurements se recourber peu à peu vers le Sud et le Sud-Est, et finalement vers l'Est-Sud-Est et vers l'Est, dessinant ainsi des arcs grossièrement elliptiques à convexité tournée vers l'Ouest et avec plongement dirigé vers l'extérieur, d'environ 45° pour la branche Nord et 30° pour la branche Sud. Il y a donc là une selle dont l'axe, orienté à peu près de VE. N. E. à lO.S. 0., plonge peu à peu vers FO. S. O. Au voisinage de cet axe, les couches sont affectées d’un léger dérangement désigné sous le nom de faille de Kébao, mais la correspondance d’un côté à l'autre ne laisse place à aucun doute. Dans les intervalles stériles qui séparent les couches de charbon, on remarque un certain nombre de bancs de conglomérat quartzeux formés de cailloux roulés plus ou moins gros. L'un de ces bancs, notablement plus épais que les autres, mesure 50 à 6o mètres de puissance et avait été pris comme repère par M. Sarran, qui désignait sous les noms de système supérieur et de système inférieur les groupes de couches situés respectivement au-dessus et au-dessous de lui : 1l comptait au-dessus de lui cinq couches successives, à épaisseurs de 2 à 4 mètres, qu'il numérotait de 1 à 5 en partant du banc en question; au-dessous de lui, 1l comptait 24 couches, à puissance variant de o m. 60 à 4 mètres, qu'il numérotait de même en partant du banc de conglomérat, par conséquent en direction inverse; mais les affleurements de ces différentes couches n'avaient pas tous été relevés sur des points suffisamment rapprochés pour qu'on püt être certain de l’ordre de superposition, el de plus le développement des travaux a révélé l'existence, dans la série classée comme système inférieur, d'accidents d'importance encore indéterminée, de part et l’autre desquels le raccordement demeure incertain. C’est ainsi, d'une part, que les couches du versant Sud de la selle du mamelon de Kébao viennent buter, au voisinage de lArroyo des ilots, contre une faille orientée à peu près Nord-Sud, au delà de laquelle on rencontre, de part et d'autre de cet Arroyo des ilots, d'assez nombreuses couches, dirigées N.N.E. —S. S:0: ou même Nord-Sud avec plongement de 50° à 70° vers l'Ouest, et qui sont celles que M. Sarran classait dans son système inférieur avec les numéros 8 à 2/4. D'autre part, la branche Nord de la selle vient buter contre une grande faille dirigée à peu près N.0.-—S.E., la faille de Caï-Daï, au delà de laquelle
on trouve un important faisceau de couches orientées N. 50° E. et plongeant d'environ 60° vers le N. 0. Ce faisceau, désigné sous le nom de faisceau de Cai-Daï, est couronné par un banc puissant de conglomérat quartzeux qui ressemble beaucoup à celui du mamelon de Kébao; mais, malgré cette ressemblance, les couches qui composent ce faisceau ne concordent pas avec celles du faisceau de Kébao et ne peuvent leur être assimilées; on présume qu'elles doivent être situées au mur de ce dernier, et avoir été relevées par la faille qui les limite à l'Ouest (voir la coupe fig. 3, PL. C). Il est très probable que les couches explorées sur les bords de l'Arroyo des ilots appartiennent au même système et sont situées au mur de ce faisceau de Cai-Daï; mais on ne peut actuellement affirmer qu'il y ait continuité et qu'il n'existe pas d'accident entre l'un et l’autre groupe.
Pour toutes ces raisons, on a renoncé à la désignation des couches par numérotage, qu'avait adoptée M. Sarran, et on lui a substitué une désignation par lettres; il ressort d’ailleurs de la comparaison des indications consignées au rapport de M. le Contrôleur des Mines Mallet avec celles qui ont été relevées par M. Charpentier sur les plans de mines et reportées par lui sur la carte à grande échelle qu'il a bien voulu me communiquer, que les noms actuellement usités ont été empruntés aux travaux faits sur chaque couche et dont la plupart avaient été désignés par des lettres; ce qu'on sait aujourd'hui montre, au surplus, que l’ordre de superposition n’est pas toujours tel que l’indiquait le numérotage primiuf, et que l'on avait, à l'origine, considéré parfois comme des couches différentes des affleurements appartenant en réalité à une même couche.
Les couches que M. Sarran classait dans son système supérieur, du moins celles qu'il désignait sous les numéros 1 à 3, explorées le long de la rivière de Kébao respectivement par les galeries D et M et par la descenderie S, sont désignées maintenant comme couche D, couche M et couche S. De même les couches du mamelon de Kébao classées comme couches n°® 1 à 7 du système inférieur se sont réduites, en tant du moins que couches exploitables, à trois : couche C {ancienne couche n° 1), couche B ou de la Descenderie (couches n® 3 et 4), couche À {couche n° 6). Enfin, des couches dites n*% 8 à 24 du système inférieur, je mentionnerai de même, à raison de leur importance rélaüve, les couches G (ancienne couche n° 1 1), E (ancienne couche n° 19),F et T (anciennes couches n® 23 et 24).
Quant au faisceau de Caï-Daï, à la portion profonde duquel semblent appar-
tenir ces dernières couches, tout au moins la couche G, ïl comprend neuf ou dix couches, mesurant de 1 mètre à 2 im. 50 d'épaisseur utile, dénommées de haut en bas couches S, R, Q, P, X, Z, U, V et Y. Ce faisceau vient luimême, à environ {oo mètres au Nord-Est, buter contre une nouvelle faille dirigée O. N. O.-E.S.E., la faille Rémaury, au delà de laquelle on le retrouve rejeté quelque peu ‘vers le Sud-Est, c'est-à-dire en profondeur. On n’a d’ailleurs, dans cette région, désignée sous le nom de quartier ou mine Rémaury, suivi les couches du faisceau de Caï-Daï que sur 150 à 200 mètres en direction , jusqu'au voisinage du ravin de Rémaury, au delà duquel on ne le retrouve plus, soit qu'il y ait là un nouvel accident, soit qu’elles s’infléchissent vers l'Est, ainsi que pourrait le donner à penser la direction de quelques-uns des affleurements relevés dans le grand ilot qui constitue le quartier de Rémaury-Sud.
Enfin contre le bord Nord-Est de cet ilot passe une autre faille, de direcuon à peu près N.0-$S.E., désignée par M. Charpentier sous le nom de faille de la rivière de Caï-Daï, au Nord-Est de laquelle se montrent, dans l'ilot des Sampaniers et dans le grand ilot du Sud, à l'Ouest de l'entrée de la baie du Chat, une série d'affleurements dirigés N. N.E. —S.S.0. ou même Nord-Sud, avec pendage de 70° à 80° vers l'Est; mais il est impossible de préjuger quels peuvent être les rapports de ces couches avec celles que lon connait dans les quartiers précédents et de se rendre compte si l'on a affaire là simplement à une ondulation des couches appartenant au versant Nord-Ouest de Pantichinal de Kébao, ou bien, au contraire, à une portion déviée du versant Sud de cet antichinal.
Au delà de la passe qui donne accès à la baie du Chat, dans le promontoire qui forme l'extrémité Nord-Est de l'ile de Kébao, on n'a plus signalé que quelques affleurements sans importance (voir la carte PI. C), passées charbonneuses ou même seulement schistes charbonneux, plongeant Lantôt au Nord-Ouest, tantôt au Sud-Est, mais dont, pour la plupart au moins, labondante végétation n'a pas permis à M. Charpentier de vérifier l'existence.
À l'Ouest du mamelon de Kébao, M. Sarran n'avait eu connaissance que de quelques affleurements, situés au voisinage du village de Hayat, dirigés à peu près N. E. —S. 0. avec pendage au S. E., qu'il rattachait à son système supérieur. M. Charpentier en a reconnu plusieurs autres le long du cours supérieur de la rivière de Khe-Rong {voir la carte PI. D), amsi que dans la partie la plus élevée du bassin de la rivière de Bang-Ton, qui va se Jeter dans
le chenal de Campha. Ces affleurements, orientés presque tous au voisimag
du N.E.—S.0., avec des puissances variant de 1 à 5 mètres, plongent pour la plupart vers le S.E., avec des inclinaisons de 30° à 60°; quelques-uns cependant, ceux qui sont le plus éloignés au Nord-Ouest, offrent, au contraire, des pendages de 15° à 30° vers le N.O., ce qui donne à penser, avec M. Charpentier, que laxe anticlinal du mamelon de Kébao doit passer, avec une direction générale N.E.-S.0., entre les uns et les autres (voir la coupe fig.2, PIC); mais 1l est impossible de se rendre un compte exact des rapports de ces couches avec celles qui ont été reconnues au mamelon et le long de la rivière de Kébao, bien que M. Charpentier présume qu'elles doivent se trouver au mur de ces dernières,
Enfin, plus lom encore vers le Sud-Ouest, à l'Est du village de Ha-Voc et à peu de distance de la ligne de contact de la formation charbonneuse et des orès el argiles versicolores qui la recouvrent, M. Charpentier a reconnu deux affleurements, d’une puissance de 2 m. 5o environ, appartenant peut-être à une seule et même couche, orientés encore N. E.-S. O., avec plongement de ho° à 50° vers le S.E.
Au voisinage du chenal de Campha, on ne connait guère (voir la carte PL C) que des affleurements de schistes charbonneux, offrant à peu près la même direction N.N.E.-S.S. 0. que le chenal lui-même et que les couches de charbon reconnues dans la concession de Hongaÿ le long de la rivière de Campha, mais plongeant en sens inverse de celles-ci, c’est-à-dire vers l'Ouest, ce qui, Joint à la présence des grès et argiles versicolores au milieu du chenal, donne lieu de penser que celui-ci correspond à un synclinal plus où moins profond.
En dehors des travaux de reconnaissance pratiqués sur la plupart des affleurements reconnus, 11 n’a guère été fait de travaux réguliers d'exploitaon qu'au mamelon de Kébao, à la mine ou quartier de Caï-Daï, et, avec un développement beaucoup moindre, à la mine Rémaury. La région des ilots a cependant, maloré la difficulté des transports, donné leu à une extraction d’une certaine importance, portant sur la couche Get sur quelques-unes des couches dénommées par M. Sarran n% 18 à 24, c'est-à-dire sur les couches 8, E, y, T et U du grand ilot du Sud, au Nord de la Baie profonde, ainsi que sur certames couches de Pilot de Rémaury-Sud, dont lamont-pendage a élé presque entièrement enlevé.
Le faisceau du mamelon de Kébao a donné heu à l'établissement d’un
puits de 140 mètres de profondeur, le puits Lanessan, foncé sur la rive
Travaux
d'exploitation.
Nature
des charbons.
des échantillons
recueillis.
droite de la rivière de Kébao, à peu de distance de l’Arroyo des ilots, et à partir duquel ont été creusés deux travers-bancs, dirigés l'un et l’autre N.30°E,, l'un à 50 mètres, l'autre à 120 mètres de profondeur. Les travaux ont été divisés en deux quartiers, le principal dit « quartier de Kébao-mine », l’autre dit « quartier de la Trainée-verte », compris entre le ruisseau de ce nom et l'accident qui forme la limite orientale du versant Sud de la selle. Les couches C, B, À ont été ainsi presque complètement déhouillées, tout au moins dans la région occidentale et méridionale de la selle, jusqu'au niveau du travers-bancs inférieur. Les travaux sont actuellement noyés.
À la mine de Caïi-Daï, l'exploitation a eu lieu au moyen d’un travers-banes ouvert à 10 mètres au-dessus du niveau de la mer dans la direction du Nord- Ouest, et de plans inclinés installés dans chacune des couches; lamont-pendage de celles-ci a été ainsi en grande partie déhouillé.
A la mine Rémaury, les travaux ont porté sur les couches de ce même faisceau de Caï-Daï, mais ils n'ont eu qu'un développement très limité.
Les chiffres d'extraction ont été les suivants, de 1894 à 1898 :
ESRI PRE NEVERS CR 6,000 tonnes. Ro RE EP 60,000 tonnes. Me RE ARE PI 3,500 J'ESSC ENT EN APRES 40,000 TONCMERE RESTE 34,000
Les charbons de Kébao sont, comme ceux des mines de Hongaÿ, des houilles anthraciteuses, d’une teneur en matières volatiles variant, cendres déduites, de 7 à 12 p. 100, descendant parfois à 5 p. 100, et d’une teneur en eau de 2 à 4 p. 100, allant quelquefois jusqu'à 5 p. 1001).
Comme à Hongaÿ, une petite partie de l'extraction était employée à la fabrication de briquettes, en mélangeant les menus avec 20 à 25 p. 100 environ de charbon japonais et se servant de brai sec pour l'agglomération.
Les premiers échantillons de végétaux fossiles recueillis par MM. Fuchs et Saladin provenaient des couches de la rivière de Kébao avoisinant le gros banc de conglomérat, sur lesquelles quelques travaux avaient été faits par les Chinois.
Lors de ses premières explorations de 1885 et 1886, M. Sarran ne rapporta aucune empreinte de File de Kébao, mais lorsqu'il fut chargé, comme ingénieur en chef de la Société, de la mise en exploitation de ces gisements,
9H. Charpentier, Etude pour la remise en exploitation des mines de Kébao. p. 34.
il mit de côté de nombreux échantillons de fossiles végétaux et adressa à l'École des Mines, à partir de l’année 1890, de très importants envois, comprenant des échantillons recueillis, les uns à la galerie M, dans la couche n° 2 du système supérieur {aujourd’hui couche M), les autres au toit de la couche n° 1 du système inférieur {couche C), el au toit de la « couche principale » de ce même système dans la galerie G (couche G), quelques-uns encore à la « baie de Ouest », sans doute l’une des baies qui s'ouvrent sur FArroyo des ilots. Après lui, les récoltes furent continuées par le nouveau directeur, M. Portal, à qui je dois l'envoi de belles séries d'empreintes provenant des travaux du puits Lanessan, de la mine de Caï-Dai et de la mine Rémaury; d’autres échantillons recueillis dans les mêmes travaux, mais sans spécification de leur provenance individuelle, furent également donnés à l'École des Mines par l’ingénieur-conseil de la Société, M. Rémaury.
Enfin quelques empreintes ont encore été rapportées tant par M. Leclère, qui les avait recueillies sur les anciens travaux, que par M. Charpentier, ces
dernières provenant principalement de la région des ilots.
$ 3. —— Mines DE Donc-TRtEu.
Les oites de la région de Donge-Trieu, compris entre le Song-Liep et les 5 5 5 ( D Ï Sept-Pagodes (voir la carte PI. E), n'ont pas encore été mis en exploitation régulière; mais ils ont fait objet de nombreuses recherches depuis labrogation, par le décret du 25 février 1897, des dispositions du décret du 16 octobre 1888, réglementant l'exploitation des mines du Tonkin, qui, en soumettant, par son article 19, au régime de l'adjudication publique les gise-
Ë = 2 Ye : ai- = N; | 2 fai ments houillers des provinces de Quang-Yen, Hai-Duong et Bac-Ninh, écartait forcément les explorateurs. Plusieurs périmètres de recherche y ont été réservés, el les travaux qui se poursuivent dans certains d'entre eux aboutiront vrasemblablement à l'institution de concessions nouvelles.
Actuellement 1l existe dans la région quatre concessions, dénommées, du nom de leurs premiers titulaires, concessions Schædelin, Saladin, Schneider et Sarran.
La première d’entre elles a été instituée le 20 février 1890, à 8 kilomètres environ à l'Est de Dong-Trieu, en faveur du général Schædelin, de l'armée de Chine, pour services rendus par lui à la suite de l'occupation. Elle est limitée par un périmètre rectangulaire de 7,500 mètres de longueur sur 1,586 m. 66
FLORE DU TOXKIN. , 3
IMPRIMERIZ NATIONALE,
Situation
allure €
el
es couches.
de largeur, orienté suivant la direction N. magn. 103°E. Quelques travaux y furent faits sur les affleurements, de 1890 à 1892; après quoi la concession fut abandonnée jusqu'en 1899, où elle fut mise en adjudication et où M. Sarran, s’en étant rendu acquéreur, en prépara la remise en exploitation.
Une deuxième concession avait été accordée en 1892 à M. Saladin, sur un périmètre de forme presque carrée, mesurant 3,500 mètres de longueur sur 3,080 mètres de largeur, contigu du côté de l'Est à la concession Schædelin et limité au Nord par le prolongement de la limite septentrionale de celle-ci; ayant été abandonnée, elle fut mise en adjudication le 17 juillet 1900 et acquise par la Société métallurgique et mimère de lIndo-Chine, qui en a entrepris l'étude. f
Enfin deux concessions de 1,500 hectares chacune avaient en outre été constituées, en 1891, à une dizaine de kilomètres au Nord de Quang-Yen et acquises par voie d’adjudication par MM. Schneider et Sarran. Ces concessions, formées de deux rectangles contigus de 5 kilomètres de longueur dans la direction N.-$. sur 3 kilomètres de largeur, n’ont pas été mises en exploitation.
Parmi les travaux de recherche, 11 y a lieu de mentionner d’abord ceux de M. Sarran, portant sur des périmètres réservés, aujourd’hui périmés, dont trois étaient contigus à la concession Schædelin, l'un au Sud, les autres au Nord et au Nord-Est. Un quatrième, périmètre Émile . mesurant À kilomètres de rayon, était situé à 4 kilomètres à l'Ouest de Dong-Trieu, sur le Song-Kinh- Chang; l'emplacement en est indiqué sur la carte de la PI E.
Il faut citer en outre, comme particulièrement importantes, les recherches faites depuis 1898 au Nord des concessions Schædelin et Saladm sur un périmètre, dit « périmètre Espoir », de 4 kilomètres de rayon, appartenant à la Société métallurgique et minière de l’Indo-Chine; une concession a été demandée à l'intérieur de ce périmètre et est actuellement en instance.
Enfin de sérieux travaux d'exploration ont également été entrepris par M. Guerrier, à l'Ouest de la concession Schædelin, entre Vinh-Tuy et Ben-Chau , sur un périmètre, dit « périmètre Édouard », dans lequel on a ouvert plusieurs galeries; on en extrayait, en mars 1901, près de 20 tonnes de charbon par Jour, pour le service des Messageries fluviales (1).
D'après les explorations faites par M. Sarran et dont son fils, M. Jean Sarran,
a bien voulu me communiquer les résultats, comme d'après les études de
(Bulletin économique de l'Indo-Chine, 1901, p. 600.
MM. Beauverie et Mallet, la formation charbonneuse se montre, dans toute la région dont il vient d'être parlé, limitée au Sud soit par la plaine d’alluvions du Song-Kinh-Tay et du Song-Da-Bach, soit par les Calcaires carbonifères qui émergent de cette plaine sous forme d’ilots plus ou moins rapprochés les uns des autres. Au Nord, elle est recouverte par les grès et argiles versicolores.
Les couches de charbon s'y montrent orientées à peu près de l'Est à l'Ouest et présentent parfois des changements de plongement indiquant une série de plis anticlinaux et synclinaux successifs, C'est ainsi que la coupe fig. 2, PLE, qui m'a été communiquée par M. Jean Sarran, imdiquerait, dans la concession Schædelin, deux anticlinaux principaux comprenant entre eux un synclinal, avec des plongements de 50° à 60° alternativement vers le Nord et vers le Sud.
Dans le périmètre Espoir, au Nord de la concession Saladin, les recherches de la Société métallurgique et minière de lndo-Chine ont fait reconnaitre, sur le versant méridional des montagnes de Nui-Co-Bang et Nui-Bac-Cua, huit couches successives de charbon, dont les affleurements, du moins pour certaines d’entre elles, se suivent jusque sur le flanc Nord, dans la vallée du Song-Ky. Ces couches, orientées à peu près E. N.E. -5S.8$.0., plongent d'environ 30° vers le N.N.0., et l’une d'elles, la couche n° 1, présente une puissance utile de 6 mètres.
Dans le périmètre Émile, M. Sarran avait de mème constaté l'existence de plusieurs couches, de direction Est-Ouest, avec pendage de 30° à 6o° vers le Nord, qu'il considérait comme représentant le faisceau supérieur reconnu par lui dans la concession Schædelin. Il distinguait, en effet, dans cette concession, d'après les renseignements qu'il me donnait par une lettre du mois d'août 1899, deux faisceaux successifs, séparés par une assez grande épaisseur de roches stériles, et dont le plus inférieur renfermait une épaisseur utile de charbon évaluée par lui à une trentaine de mètres. Il était porté à voir dans ce dernier faisceau l'équivalent de celui de Hatou, et dans le faisceau supérieur l'équivalent de celui de Nagotna, pour lequel, revenant sur ses idées premières, il se montrait disposé, à la suite de ces nouvelles observations, à admettre la mamière de voir de M. Guilhaumat.
On ne saurait toutefois faire grand fond sur lidentification de faisceaux situés à une aussi grande distance que celle qui sépare Dong-Trieu de Hongay et sur les conclusions déduites d’une exploration qui ne pouvait être encore absolument complètes le développement ultérieur des travaux qu'on se
Nature
des charbons.
Provenance des échantillons
recuerllis.
Situation et allure du gite,
propose d'entreprendre dans la région permettra seul de se rendre compte avec certitude de la composition qu'y présente la formation charbonneuse.
Les charbons de Dong-Trieu sont, de même que ceux de Hongay et de Kébao, des charbons anthraciteux, à teneur de 7 à 12 p. 100 de matières volatiles.
J'ai mentionné plus haut la localité désignée par Fuchs sous le nom de Lang-Sân, d'où provenaient les quelques échantillons de grès ferrugineux avec empreintes végétales recueïllis par lui dans la région de Dong-Trieu, et que je présume devoir correspondre soit au village de Lac-Son, soit plutôt à celui de Lam-Xä.
Depuis 1881, aucune empreinte végétale n’a plus été récoltée dans cette région, jusqu'à l'époque où M. Sarran y a commencé de nouvelles recherches et y a repris l'ancienne concession Schædelin; les échantillons que j'ai reçus de lui provenaient, les uns des travaux mêmes de cette concession, quelquesuns, très peu nombreux, de sa concession de Quang-Yen, les autres d’explorations effectuées soit sur un mamelon voisin de Dong-Trieu, soit à l'intérieur du périmètre Émile, et en particulier du mur de deux couches reconnues dans ce périmètre et désignées par lui comme couche B et couche D.
Enfin, tout récemment, quelques empreintes ont encore été recueillies par M. Charpentier au voisinage de Dong-Trieu, ainsi que de Hoanh-M6, dans la
région de la concession Schædelin et du périmètre Espoir.