‹ Flore fossile des gîtes de charbon du TonkinChapitre 31 sur 56 · CHAPITRE IT · texte numérisé non relu

CHAPITRE IT

RÉSULTATS GÉOLOGIQUES

Des trois localités du Yun-Nan et du Kouei-Tcheou d'où M. Leclère a rapporté des empreintes, Taï-Pin-Tchang est la seule sur la flore de laquelle on possède dès maintenant des renseignements suffisants pour pouvoir faire l’objet d’une comparaison utile avec celle des gisements du Tonkin : sur onze espèces qui y ont été observées, sept, Cladoplebis Ræsserti, Clenopteris Sarrani, Glossopteris indica, Dictyophyllum Nathorsti, Clathropteris platyphylla, Ptilophyllum acutifolium, Pterophyllum inconstans, se sont montrées également au Tonkin, et quelques-unes d’entre elles avec une remarquable fréquence. I n'y a donc aucun doute quant à la contemporanéité mutuelle de ces gisements, et l'on ne peut guère hésiter non plus à ranger sur le même niveau général le gisement de Kiang-Ti, avec Cladophl. Ræsserti, Gloss. indica, Clathropt. platyphylla, et vraisemblablement Schizoneura Carrerei. Pour Mi-Leu, où lon a observé seulement un Tæniopteris et un Dictyophyllum dont l'assimilation respective au Tœn. Jourdyi et au Dict. Nathorsti n'est que probable sans être certaine, l'assimilation resterait douteuse si les observations géologiques de M. Leclère ne lavaient conduit à ranger ces divers gisements, ainsi qu'un certain nombre d’autres des mêmes régions, sur un seul et même horizon.

Les considérations que j'ai fait valoir pour attribuer à l'étage rhétien les gisements du Bas-Tonkin, d'après la comparaison de leur flore avec celle de l'Europe d'une part et celle de l'Inde d’autre part, pourraient être répétées pour le gisement de Tai-Pin-Tchang, dans lequel on relève en outre, sans parler du Teniopteris Leclerei, qui est nouveau, trois espèces non observées au Tonkin, savoir : Tæn. cf. immersa, comparable sinon identique à une espèce du Rhétien de Suède, Glossopt. angustifolia du Permotrias de l'Inde, et Pterophyllum multilineatum des couches rhétiennes ou liasiques du Queensland; mais 1l n’y a pas à discuter la question de l'âge géologique de ces gise-

ments de la Chine méridionale, puisque, comme Je lai dit plus hauL.,

M. Leclère a constaté leur intercalation entre le Trias et le Lias, nettement déterminés l'un et l'autre d'après l'étude de fossiles marins, et que j'ai précisément fait appel à cette constatation pour confirmer les conclusions déduites, à l'égard des gisements du Bas-Tonkin, de l'étude de la flore, et l'attribution de ces gisements à l’époque rhétienne.

Il me reste seulement à faire remarquer que, si lon entre dans le détail, la flore de Tai-Pin-Tchang parait se rapprocher beaucoup plus de celles de Hatou et de Kébao que de celle de Nagotna : sans doute on pourrait mettre sur le compte de l'insuffisance des récoltes l'absence à Taï-Pin-Tchang du Ten. spalulata, fréquent dans les couches de Nagotna, et lon serait en droit de suspecter la valeur d’une observation négative de ce genre; mais la présence dans ce gisement du Ctenopteris Sarrani et du Glossopteris indica, observés-lun et l’autre à Hatou et à Kébao et paraissant faire défaut à Nagotna, constitue un argument positif, qui semble plaider en faveur de assimilation de ce gisement avec ceux de Kébao et de Hatou; et si lon accorde quelque valeur aux indications qui tendraient à assigner aux couches de Kébao un àge un peu plus ancien qu'à celles du système de Hatou, il n’est peut-être pas sans intérêt de noter la présence à Tai-Pin-Tchang de frondes normales de Gloss. indica comme à Kébao, et non pas seulement de frondes écailleuses comme à Hatou; peutètre aussi le Gloss. angustifolia, qui n’a encore été observé dans l'Inde, comme le Palæovittaria Kurzi, que dans l'étage de Damuda, pourraitil être invoqué également à l'appui d’un rapprochement entre le gisement de Taï-Pin-Tchang et le système de Kébao. Sans doute la distance qui sépare Tai-Pin-Tchang du Tonkin est bien considérable, et la flore n’en est pas assez complètement connue, pour qu'on puisse conclure formellement à une telle assimilation: oisement de

Tai-Pin-Tchang à la poruon la plus inférieure du système de couches du

mais 1 m'a paru qu'il y avait là, en faveur de lattribution du

Bas-Tonkin, des indices qui méritent d’être relevés. Enfin, il n’est pas sans intérêt, au point de vue paléobotanique, de constater Enfin, 1 | P |

la présence, dans ces gisements de Kiange-Ti et de Taï-Pin-Tchange, du genre F D 5 5 5

Glossopteris, qui, jusqu'aux explorations de M. Leclère, n'avait pas été signalé

en Chine.

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