‹ Flore fossile des gîtes de charbon du TonkinChapitre 5 sur 56 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

DESCRIPTION DES ESPÈCES OBSERVÉES

Fougères.

Sphénoptéridées.

Frondes profondément et d'ordinaire finement découpées, à pinnules généralement assez petites, rétrécies et souvent en coin à leur base, fréquemment divisées en lobes plus ou moins profonds à bord entier ou dentelé, pourvues d’une nervure médiane plus ou moins abondamment ramiliée.

Genre SPHENOPTERIS BRronGNiarT.

1822. Filicites (Sect. Sphenopteris) Brongniart, Class. veget. foss., p. 33.

1826. Sphænopteris Sternberg, Ess. F1. monde prim., 1, fasc. 4, p. xv. Brongniart, Prodr., p- 90.

Frondes divisées suivant le mode penné, souvent tripinnées ou quadripinnées. Pinnules habituellement assez petites, contractées à leur base en un pédicelle plus ou moins étroit, généralement divisées en lobes aigus ou arfrondis, souvent eux-mêmes rétrécis en com vers leur base. Nervules simples ou ramifiées, partant de la nervure médiane et se divisant elles-mêmes sous des angles assez aigus.

SPHENOPTERIS cf. PRINCEPS Press (sp.).

PI. I, fig. 1, 2.

1858. Sphenopteris princeps Presl, in Sternberg, Ess. FL. monde prim., Il, fase. 7-8, p. 126, pl. LIX, fig. 12, 13. Gœppert, Genr. d. pl. foss., Liv. 3-4, p.72, pl. X, fig. 3-7. Seward, Jurass. Flora, Pt. 1, p° 191, pl. XVI, fig. 2.

1819. Goniopteris princeps Brongniart, T'abl. d. genr. d. vég. foss., p. 103.

Description

de l'espèce.

Remarques

paléontologiques.

Rapports

et différences.

1866. Acrostichites princeps Schenk, Foss. F1. d. Grenzsch., p. 46, pl. VIT, fig. 3-5; pl. VIII, fig. 1, 1 4. Müller, Bidr. till Bornholms foss. flora, Pterid., p. 27, pl. I, fig. 19.

1869. Pecopteris (Acrostichides) princeps Schimper, Trait. de pal, veq., 1, P- 529.

1890. Todea princeps Raciborski, Bull. intern. Acad. se. de Cracovie, 1890, p. 31; Ueb. die Osmundaceen u. Schizaeaceen d. Juraform., p. 4, 9, pl. E, fig. 11-15; FL. retychka poln. stoku , p. 9, pl. 1, fig. 10-13; Flora kopalna, p. 18, pl. VI, fig. 22-27. ï

1838. Pecopteris obtusata Presl, in Sternberg, Ess. Fl. monde prim., 11, fase. 7-8, p. 155, pl. XXXIL, fig. 2, 4.

1842. Sphenopteris patentissima Gæppert, Genr. d. pl. foss., liv. 3-4, p. 73, pl. X, fig. 8. 1819. Coniopteris patentissima Brongniart, Tabl. d. genr. de veq. Joss., p- 103.

1863. Sphenopteris modesta Bean, in Leckenby, Quart. Journ. Geol. Soc., XX, p. 79; pl. X, fig. 3.

1874. Cladophlebis modesta Schimper, Trait. de pal. vég., IT, p. 505.

Pennes détachées {ou frondes?) bipinnatifides, atteignant 5 à 6 centimètres de longueur, larges de 10 à 12 millimètres, à contour linéaire-lancéolé, légerement eflilées vers le sommet. Pinnules alternes ou subopposées, étaléesdressées, longues de 4 à 6 millimètres, larges de 1%%,5 à 3 millimètres à leur base, se touchant par leurs bords, à contour ovale-lancéolé, fortement contractées à la base, obtuses au sommet, à limbe bombe, divisées par des crénelures peu profondes en 5 à 9 lobes arrondis, séparés les uns des autres par des plis légèrement obliques sur la nervure médiane et plus ou moins arqués à leur base; lobes inférieurs eux-mêmes légèrement crénelés, et plus ou moins nettement trilobés.

Nervure médiane nette; nervures secondaires peu visibles, à ramification à peu près imdistincte.

Je n'ai observé que quelques rares fragments de la Fougère dont je viens d'indiquer les caractères principaux, et J'ai représenté les plus nets d’entre eux sur les figures 1 et 2 de la Planche f, les figures 1 a et 2 a reproduisant les pinnules au double de la grandeur naturelle et montrant les plis qui divisent le limbe en lobes et en lobules à surface plus ou moins bombée. II est probable qu'il s’agit là de pennes détachées, bien que légale inclinaison des pmnules de part et d'autre du rachis principal puisse donner à penser que ces fragments correspondent à des frondes simplement pinnées.

IL est impossible, dans tous les cas, de méconnaitre l'extrême ressemblance de ces échantillons avec ceux que Sternberg a figurés sous les noms de Sphenopleris princeps et de Pecopteris oblusala, et dont la réunion en une seule

el méme espèce est admise depuis longtemps par tous les paléobotanistes, le

Sphenopteris princeps représentant de petites frondes simplement pinnées, correspondant à des pieds encore jeunes, tandis que le Pecopteris oblusata, à segments latéraux plus développés, représente la forme intermédiaire entre les frondes simplement pinnées, garnies de petites pinnules, et les frondes franchement bipinnées sur lesquelles Gœppert avait établi son Sphenopteris palentissima. Toutefois, quelle que soit la ressemblance de ces échantillons du Tonkin avec ceux qu'a figurés Sternberg, je n'ose les identifier formellement au Sphenopleris princeps, étant donné d'une part qu'il est impossible de discerner leur nervation, et d'autre part que le bombement du limbe constitue peut-être un caractère de nature à les distinguer de l'espèce du Rhétien d'Europe : ce bombement de la surface, qui indiquerait un limbe assez épaus, semble, en effet, n'avoir pas frappé les auteurs qui ont étudié le Sphen. princeps, et il n'en est fait mention par aucun d’eux. Il semble, il est vrai, que des indices de bombement se voient sur la figure 12, pl. LIX, de Sternberg ainsi que sur l'une au moins des frondes de la figure 1, pl. VIE, de Schenk; mais, sur les autres figures, le limbe parait tout à fait plan, et sur le seul échantillon authentique que j'aie vu de Sphen. princeps, provenant de Franconie , les pinnules se montrent parfaitement planes, avec une nervation très nette, et elles paraissent avoir eu un limbe très mince et très délicat.

Je ne crois pas néanmoins qu'il faille nécessairement en conclure à limpossibilité d'identifier les échantillons du Tonkin à l'espèce de Franconie, ce caractère, du relief plus où moins accusé du limbe, dépendant dans une large mesure du mode de conservation. On constate, en effet, souvent pour les Fougères houillères, notamment pour certains A/ethopteris et Odontopteris, que, sur les empreintes conservées dans l'argile, les pinnules, réduites à leur cuticule et à leurs nervures, se montrent presque translucides, avec un limbe tout à fait plan et d'apparence très délicate, alors que, sur les schistes ou les grès fins, la mème espèce présente des pinnules à limbe plus ou moins bombé, d'épaisseur appréciable , avec des nervures beaucoup moins visibles. Il ne serait donc pas impossible que les différences que je viens de signaler provinssent des mêmes causes, l'échantillon de Franconie que J'ai examiné étant précisément sur une argile fine, tandis que ceux de Kébao qui sont représentés sur la Planche I, fig. 1 et 2, se trouvent sur des schistes gréseux compacts ; mais tant que de nouvelles récoltes n'auront pas fourni sur cette Fougère du Tonkin des renseignements plus nombreux et plus complets, il me parait prudent de rester sur laréserve en ce qui concerne sa dénomination spécifique

FLORE DU TONKIX. !

IMPRIMERIE NATIONALE

de lespèce.

et de la rapprocher simplement du Sphenopteris princeps, sans préjuger la question de lidentification.

Les quelques échantillons que j'ai eus de cette espèce proviennent des mines de Kébao : puits Lanessan, travers-bancs Nord; et système supérieur (Sarran), couche n° 2, galerie M {couche M.).

Pécoptéridées.

Frondes divisées en pennes généralement linéaires, à bords parallèles, composées de pinnules à limbe entier ou légèrement dentelé, à bords parallèles, attachées au rachis par toute leur base, munies d’une nervure médiane nette atteignant presque jusqu'à leur sommet, de laquelle partent à droite et à gauche, en disposition pennée, des nervures secondaires parfois simples,

généralement une ou plusieurs fois bifurquées.

Genre PECOPTERIS BRroGxraRT.

1822. Filicites (Sect. Pecopteris) Brongniart, Class. veget. foss., p. 33. 1826. Pecopteris Sternberg, Ess. Fl. monde prim., I, fase. 4, p. xvir. Brongniart, Prodr., p. 54 (pars).

Frondes parfois bipinnées, plus souvent tripinnées ou même quadripmnées. Pinnules de taille moyenne, à bords parallèles, généralement entiers, arrondies ou plus rarement aiguës au sommet, contiguës, attachées par toute leur base et parfois plus ou moins soudées les unes aux autres. Nervure médiane nelle, se prolongeant presque jusqu'au sommet des pinnules ; nervures SseCondaires partant de la nervure médiane sous des angles plus ou moins ouverts,

parfois simples, d'ordinaire une ou deux fois bifurquées.

PECOPTERIS (ASTEROTHECA) COTTONI n. sp.

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