PLASMA
1887. An Asplenium Rôsserti Schenk (non Presl sp.), Foss. Pfl. aus der Albourskette, p. 2 (pars), pl. I, fig. 3? | 1898. An Scolecopteris australis Shirley, Addit. to the foss. F. of Queensland, p. 17, pl. XIT?
Pennes de dermer ordre à bords parallèles, contractées en pointe obtuse vers le sommet, larges de 10 à 25 millimètres, atteignant 10 centimètres et
plus de longueur, à rachis lisse ou presque lisse, canaliculé en dessus. Pinnules
Fi étalées-dressées, contiguës, à bords parallèles, arrondies au sommet, souvent légèrement soudées entre elles à leur base, larges de 2 à {4 millimètres sur 5 à 12 millimètres de longueur.
Nervure médiane nette, marquée en creux sur la face supérieure de la pinnule, habituellement décurrente à la base, parfois un peu arquée en avant vers le sommet; nervures secondaires naissant sous des angles assez ouverts, bientôt divisées en deux branches, dont l'inférieure reste simple, la branche supérieure se bifurquant à son tour sur les pinnules les plus grandes, demeurant simple sur les autres.
Pennes fertiles semblables aux pennes stériles, mais à pinnules parfois un peu espacées. Fructifications constituées par des sporanges coriaces, ovoides, pointus’ au sommet, longs d'environ 0"",50 à 0°",75 sur 0"",40 à 0,50 de largeur, réunis par quatre, parfois par cinq, en synangium saillants, à contour arrondi de 1 muillimètre environ de diamètre, disposés en deux séries parallèles séparées par la nervure médiane, contigus les uns aux autres dans chaque série, et couvrant toute la face inférieure des pmnules.
Je n'ai observé de cette espèce que des pennes détachées et toujours incomplètes, de sorte qu'il m'est impossible de dire si les frondes en étaient bipinnées ou tripinnées, bien que j'mcline vers cette dernière hypothèse, les Pecopteris à fructification d’Asterotheca qu'on rencontre si fréquemment dans le terrain houiller ayant tous des frondes au moins tripmnées.
Quelques-uns de ces fragments de pennes, tels que celui du haut de la figure 4, à droite, et celui de la figure 6, montrent leur sommet, terminé en pointe obtuse; un ou deux d’entre eux, tels que celui qui occupe la moitié supérieure de la figure 4, présentent à leur extrémité inférieure un indice d'incurvation de nature à donner à penser qu'on a affaire là à leur base d’inserlion, ce que tend à confirmer la réduction légère de taille de la pinnule la plus inférieure; néanmoins il n’est pas possible d’être absolument affirmatif à cet égard. Les rachis de ces pennes se présentent en relief ou en creux assez marqué, suivant la face conservée; ils semblent à peu près lisses, et parfois même le sont presque complètement, comme ceux des figures 5 et 7; plus généralement cependant, 1ls montrent à la loupe quelques stries ou plis longitudinaux, et quelques rares ponctuations très fines qui doivent correspondre à la présence de poils ou d’écailles; ces plis se remarquent notamment sur la penne principale de la figure 4, et comme on en observe de semblables, bien que plus accentués, sur le fragment de rachis qui se trouve immédia-
Remarques paléontologiques
Rapports
et différences,
tement au-dessous, 11 y a lieu de présumer que ce fragment de rachis apparent à la même espèce. Au dos de ce mème échantillon se trouvent deux fragments de gros rachis ponctués, larges de 1 centimètre et 1°%,5, qui représentent peut-être des rachis primaires des mêmes frondes. Il est probable, en Lout cas, que les pennes de dernier ordre devaient être très caduques, puisque aucun échantillon ne les a montrées en place sur les rachis qui les portaient.
Avec ces pennes stériles, on trouve en plus où moins grande abondance des pennes fertiles du type Asterotheca, telles que celles qui sont représentées fig. 7 et 9, quelques-unes à pinnules espacées comme sur cette dernière figure, la plupart à pinnules contiguës, offrant le même aspect général que les pennes stériles auxquelles elles sont associées, mais à nervation indiscernable, S'il avait pu rester un doute sur la réunion des unes et des autres en une seule et même espèce, 1l eut été levé par le petit échantillon de la figure 5, recueilli par M. Cotton dans son exploitation de Nong-Sôn près Tourane, et sur lequel on voit à la fois des pinnules stériles, identiques à celles des figures 4 et 6, et, du côté inférieur, deux pinnules fertiles à synangum d’Asterotheca, identiques à celles des figures 7 et 9. Ces fructifications sont souvent très fmement conservées, surtout sur les empreintes en creux, où l'on distingue parfois le réseau cellulaire superficiel des sporanges ainsi groupés en synangium, réseau formé de cellules allongées, sans indice de différenciation, comme chez les Asterotheca houillers; c’est ce que montre notamment le fragment de penne dont une petite partie est reproduite, au grossissement de 15 diamètres, sur la figure 8.
L'espèce que je viens de décrire est très voisine du Pecopteris (Asterotheca) Meriant Brongniart, du Trias supérieur (, qui n’est lui-même connu que par des fragments assez incomplets, de telle sorte qu'il est assez difficile de se prononcer pour ou contre leur identité mutuelle. Toutefois l'espèce du Trias d'Europe me semble différer assez, par ses pirnnules plus larges par rapport à leur longueur, par la moindre décurrence de la nervure médiane, par la division moins fréquente des nervures secondaires, par le moindre rapprochement des synangium, pour que je ne croie pas pouvoir les identifier.
Je serais, par contre, assez porté à croire à l'identité de lespèce du Tonkin, d'une part avec l’un des échantillons des couches rhétiennes de la Perse figurés par Schenk sous le nom d'Asplenium Rôsserti, d'autre part avec le
© Brongniart, Hist. veget. foss., 1, p. 289, pl. 91, fig. 5. Heer, Urw. d. Schweiz, p. 48, 53,
pl. IN PE EC HES PER ET OA Joss. Helvetie , p- 68, pl. XXIV, fig. 4-6.
Scolecopteris australis Shirley des gites de charbon rhétiens ou liasiques du Queensland. L'une des figures publiées par Schenk dans son travail sur la flore fossile de la chaine de l'Elbours (pl. I, fig. 3) montre en effet une ressemblance marquée avec la Fougère du Tonkin que je viens de décrire; toutefois les autres figures publiées sous le même nom (pl. [, fig. 2; pl. IL, fig. 10; pl. VI, fig. 33; pl. VIE, fig. 36) et dont aucune n'appartient réellement au vrai Cladophlebis Ræsserti ), semblent, avec leurs pinnules plus courtes, plus larges, à contour quelque peu ovale, mdiquer un type spécifique différent de celui dont il est ici question et plus rapproché du Pecopteris Meriant; mais je n’oserais me prononcer d'une façon définitive dans aucun sens sans avoir pu examiner les échantillons eux-mêmes.
Les figures publiées par M. Shirley, sous le nom de Scolecopteris australis, montrent des fragments de pennes provenant de frondes au moins tripinnées, les unes stériles, à pinnules contiguës, les autres fertiles, à pinnules un peu espacées, ressemblant beaucoup les uns et les autres aux échantillons du Tonkin représentés sur les figures 4 à 9 de la Planche I; 1l semble évident, d'ailleurs, qu'il s’agit là de fructifications du type Asterotheca, à synangium sessiles, formés de sporanges ovoides, et non du type Scolecopteris, à synangtum pédicellés, formés de sporanges longuement effilés ; malheureusement, la figure de la penne stérile ne montre que très imparfaitement la nervation, de sorte que, malgré la grande ressemblance générale, 1l ne me parait pas possible d'identifier, sur le vu des seules figures, l'espèce du Tonkin à celle du Queensland. Au surplus, l'identité serait-elle établie, qu'il ne serait pas possible de conserver le nom spécifique d’australis, appliqué en 1845 par Morris à une autre espèce australienne du même genre Pecopteris.
L'espèce que je viens de décrire doit donc, quels que soient ses rapports avec celles de la Perse et du Queensland qui viennent d’être mentionnées, recevoir un nom spécifique nouveau, et je me fais un plaisir de la dédier à M. Cotton, à l'obligeance de qui je dois un bon nombre d'échantillons intéressants recueillis par lui dans ses mines de Nong-Sôn, près de Tourane.
Sans être abondante nulle part, cette espèce a été trouvée sur un grand nombre de points, principalement à Hongaÿ, dans le système de Nagotna.
Mines de Kébao : puits Lanessan.
0 Les fig. 4, pl. 1; fig. 8, pl. II, et fig. 19, pl. IV, également désignées comme Asplenium Rôsserti, représentent évidemment une autre forme encore. plus ou moins affine au Cladophl. denticulata Brongniart, et n'ont pas à être envisagées ici.
Provenance.
Remarques
paléontologiques.
Mines de Hongay. Système de Hatou : mine Marguerite. — Système de Nagotna : Rivière des Mines, entre la Pagode et Claireville; mine de Carrère, toit de la couche Marmottan; mine de Nagotna; vallée orientale de l'OEuf, galerie Léonice.
He du Sommet Buisson, galerie Jean.
Mine de Nong-Sün, près de Tourane.
PECOPTERIS ADUMBRATA n. sp.
PI. 1, fig. 3.
Pennes de dernier ordre à bords parallèles, graduellement effilées en pointe vers le sommet, larges de 8 à 15 millimètres, longues de. .?. .; à rachis large de 1 nullimètre à 1,5, marque de nombreuses cicatricules transversales, correspondant à des écailles. Pinnules étalées-dressées, se touchant sur presque toute leur longueur, à bords parallèles, arrondies au sommet, plus ou moins soudées à leur base, légèrement décurrentes du côté inférieur et échancrées du côté antérieur, larges de 1,5 à 2%%,5, longues de 5 à 8 millimètres.
Nervure médiane souvent à peine visible, décurrente à la base, disparaissant un peu au-dessous du sommet des pinnules; nervures secondaires indiscernables.
Cette espèce ne s'est montrée représentée que par trois ou quaire fragments de pennes très incomplets, dont un seul, celui de la figure 3, PI. I, montre la terminaison supérieure, la base d'insertion ne paraissant exister sur aucun d'entre eux. Les pinnules sont si étroitement serrées les unes contre les autres, qu'on pourrait parfois les croire soudées entre elles presque jusqu'à leur sommet, si leur contour n'était indiqué par une fine ligne, visible au moins à la loupe, et qui s'infléchit à sa base vers le rachis sans aller toujours jusqu'à lui; il semble bien qu'il y ait là une séparation véritable plutôt qu'un simple ph du limbe. Ces pinnules étaient sans doute assez épaisses, car on ne distingue aucune trace des nervures secondaires, et la nervure médiane ellemême est souvent presque invisible, sans cependant qu'on discerne à la surface du limbe m villosité, ni écailles susceptibles de masquer la nervation. Par contre, les rachis étaient fortement écaïlleux : ils se montrent, en effet, marqués de cicatrices ou de saillies transversales nombreuses, et les écailles qui correspondent à ces insertions sont elles-mêmes visibles sur l'un des
échantillons, affectant un contour lancéolé, très serrées les unes contre les
autres et comme imbriquées. C’est là un des caractères les plus saillants de ces pennes, qui, pour le reste, ne sont presque représentées que par une silhouette, la nervation et parfois même les bords latéraux des pinnules étant à peine discernables.
Cette espèce se distingue de la précédente comme de la suivante par l'invisibilité de sa nervation, ainsi que par la taille généralement plus réduite de ses pinnules. Elle ne laisse pas de rappeler un peu certains Pecopteris houillers, et principalement, par la forme et la soudure partielle des pinnules, le Pec. unita Brongniart. Il est à présumer qu'elle avait, comme celui-ci, des frondes au moins tripinnées, sans cependant qu'on puisse, à raison de linsuflisance des documents recueillis, faire autre chose que des conjectures à son égard. En tout cas, l'espèce dont elle se rapproche le plus me parait être le Pecopteris Steinmüllert Heer, du Trias supérieur de Suisse), qui présente des pennes et des pimnules de forme très analogue, à nervation également indistincte, mais qui semble avoir eu des pinnules plus séparées et dont les rachis n'offrent aucune trace d’écailles, de sorte que je ne crois pas qu'on puisse songer à une identification.
Si imparfaitement connue que soit cette Fougère, j'estime en somme qu'elle est assez nettement caractérisée, surtout par les fortes écailles de ses rachis, pour ne pouvoir être confondue avec aucune autre et pour justifier la création d’un nom spécifique nouveau.
Cette espèce ne s’est montrée jusqu'ici qu'en un seul point, à savoir : aux mines de Hongaÿ, à Hatou, au toit de la Grande couche.
Peut-être cependant faudrait-il lui rapporter un petit fragment de penne des mines de Nong-Sôn {Annam), mais trop incomplet et trop imparfaitement conservé pour être susceplible d’une détermination certaine.
PECOPTERIS TONQUINENSIS ZeiLrer.