‹ Flore médicale (volume 2)Chapitre 19 sur 73 · RER · texte numérisé non relu

RER

CRE ME ee ee Paie œnpos, cnuud'a , Théophraste.

8eTuLA ; Bauhin, HuvaË , lib. 2, sect. 5 ; — Tournefort, clas. 19, arbres Latin pa ne amentacés.

BETULA ALBA, folis ovatis, acuminatis , serratis ; Linné, clas. 21,

monœcie tétrandrie ; — Jussieu, clas. 15, ord. 4, amentacées.

Hatier tt BETULA ; BETULLA, Espagnol NME ABEDUL.

PT ARTE SE EE EE BOULEAU; BOULEAU BLANC ; BOULEAU COMMUN. Anoalarseel NT BIRCH ; BIRCH-TREE.

Allemand........ BIRKE; BIRKENBAUM.

Hollandais. . . .... BERKENBOOM.

Polonars. 2 sers BRZOZA.

Au milieu des arbres de nos forêts , dont l'écorce rembrunie offre à nos regards les rides de la vieillesse, le bouleau, dit M. Poiret (Encyclopédie méthodique: Botan. , Suppl. , t. 1, p. 686), s'annonce au loin paré d’un épiderme lisse, satiné, d’une blancheur éclatante.

Le tronc s'élève, dans les bons terrains, jusqu’à la hauteur de soixante à septante pieds; droit, cylindrique, sans difformités et sans nœuds, il ne pousse que vers son sommet des branches qui se divisent en rameaux souples, pendans, effilés. — Les feuilles sont alternes , ovales-pointues, presque triangulaires, denticulées et comme serretées, vertes en dessus, d’un vert blanchâtre en dessous, portées sur des pétioles assez lorigs. — Les fleurs, petites, amentacées, sont monoïqués, c’est-à-dire mâles et femelles, séparées sur le même pied : les chatons mâles, plus lâches, plus longs, se composent d’écailles ternées, qui tiennent lieu de calice, et renferment douze étamines, dont les anthères $ont groupées par quatre; les chatons femelles, plus serrés, plus court, sont formés d’écailles trilobées, dont chacune recouvre deux fleurs qui consistent en un petit ovaire surmonté de deux styles sétacés, persistans, et à stigmates simples. — Le fruit est une petite graine nue, bordée de deux petites alles membraneuses.

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« Peu délicat sur la nature du sol, le bouleau végète dans les terrains arides, pierreux , crétacés ; il porte la fertilité et la vie dans ces contrées qui semblaient devoir être frappées d’une éternelle stérilité. Il est peu de végétaux moins susceptibles des impressions de l'air et de la rigueur du froid. On le retrouve dans les Alpes , au dessus de ces régions où aucun autre arbre ne peut plus exister : il s’avance jusque vers les glaces du pôle arctique; il est le dernier que produise le Groenland. Mais sur les montagnes glacées il n’est plus qu’un arbrisseau bas, tortueux , rabougri. À la vérité, il acquiert en dureté ce qu'il perd en hauteur, et son bois n’en est que plus propre à fabriquer divers ustensiles de ménage : il s’y forme des nœuds d’une substance rougeûtre , marbrée, très-recherchés des tourneurs. » (Encyclopédie méthodique.)

«Les Suédois et les Lapons tirent un grand parti du bouleau. Son écorce, qui souvent survit long-temps à la destruction complète de l'intérieur de larbre, sert à la couverture des cabanes ; on en fait des corbeilles, des chaussures nattées, des cordes, des filets, des bouteilles , des assiettes. Lorsqu'elle est encore remplie de ses sucs à demi résineux, elle fournit des torches qui éclairent bien; on en retire, à l’aide du feu, une huile poisseuse, qui donne aux cuirs de Russie une qualité supérieure et une odeur particulière. Enfin les Kamtschadales trouvent dans cette écorce un aliment et une boisson ; ils la mêlent à leur caviar, et en préparent une sorte de bière. L’épi- «lerme sert encore de papier à divers habitans du Nord , comme il en servait plus généralement à nos ancêtres. » (Ducnesxe, Dictionnatre des Sciences naturelles, tome v, page 261.)

Avec des jeunes bouleaux courbés graduellement, on fait des jantes dé roues ; âgés de dix ans , ils donnent des cerceaux pour les futailles; un peu plus forts, on les emploie à relier les cuves, et les gros sont mis en œuvre par les sabotiers. Les menues branches sont employées depuis un temps immémorial à faire des balais et des verses; elles étaient la base des faisceaux qu’on portait devant les premiers magistrats de la république romaine.

Les expériences nombreuses et intéressantes de Dambourney assignent au bouleau une place éminente parmi nos végétaux colorans. Diversement apprêté, 1l communique aux étoffes une multitude de nuances : brune, jaune, noisette, fauve, mordorée. Cc n’est pas

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tout; il a le précieux avantage d’aviver et de fixer la couleur des bois de Campêche et de Fernambouc.

Je viens de tracer une longue, et pourtant très-incomplète énumération des usages économiques du bouleau, avant de parler des propriétés médicinales, Celles-ci mont paru ne devoir occuper que le second rang, parce qu’elles sont beaucoup moins nombreuses et moins importantes. Toutefois elles ont été fastueusement célébrées par le docteur Léopold, et chantées par le poète, Vanière :

Nec betulla fluet mernbris minus utilis ægris ; Seu stomacho diros calor erupturus in ignes Incubat, infestus renes seu calculus urit.

Ces trois vers élégans ‘ peignent à merveille les principales vertus attribuées à la sève extrêmement abondante du bouleau ?. Salzmann, Riedlin, Pauli, Werg, la conseillent à titre de dépuratif contre les éruptions cutanées, dartreuses et psoriques; Mattioh, Tabernæmontanus, Charleton, Bartholin, Darel, la prescrivent comme diurétique et lithontriptique ; Rosen et Bergius la disent vermifuge : on en fait prendre trois onces par jour aux enfans, et six à sept aux adultes. LÀ

L'huile de bouleau est employée à l’intérieur et à Pextérieur par le peuple russe pour guérir la blennorrhagie et les ulcères vénériens. Bergius assure que l’épiderme du bouleau, porté dans les souliers, détermine infailliblement une sueur des pieds qui peut devenir salutaire dans plusieurs maladies chroniques. Les feuilles exercent pareillement une action sudorifique très-marquée; aussi les paysans suédois et moscovites couvrent-ils de ces feuilles leurs membres affectés de douleurs rhumatismales, arthritiques, ou gonflés par des infiltrations, des épanchemens séreux, lymphatiques.

La plupart des autres espèces de bouleau jouissent de propriétés analogues ; j'en signalerai quelques-unes :

1°. Le bouleau noir, ou à canot, betula rigra , L., est recouvert

: Les poètes ont modifié à leur gré la prosodie du mot betula, selon le besoin de la mesure.

? Les voyageurs et les agronomes décrivent la manière d'extraire ce suc, analysé d’abord par Marggraf, puis plus exactement par le professeur Vauquelin : Journal de la Société libre des pharmaciens de Paris ; 15 ventose an vit; page 346.

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d'une écorce presque incorruptible, avec laquelle les Canadiens font des pirogues. Les teinturiers et les peintres retirent des feuilles une belle couleur jaune.

2°, Le bouleau nain, betula nana, L., très-commun dans les marais de la Suède, couvre les Alpes de Laponie, qui sont sa véritable patrie. Il est presque le seul bois de chauffage pour les habitans de ces climats glacés. Les feuilles et les tendres rameaux sont broutés par les moutons ; le lagopède se nourrit des chatons nouvellement éclos, et pendant tout le reste de l’année, des semences, qui sont aussi la principale nourriture du lemming.

3°. L’aune, ou vergne, betula alnus , L., était connu des anciens, qui savaient utiliser ses diverses parties. Du temps de Théophraste, l'écorce servait à teindre les cuirs. Pline et Vitruve disent que les pilotis d’aune sont d’une éternelle durée, et peuvent supporter des poids énormes ; on l’employait alors, comme aujourd'hui, pour faire des conduits d’eau souterraine; mais il faut avoir soin de le préserver du contact de l'air, qui l’altère rapidement. Murray assure que les feuilles fraîches, appliquées chaudes sur les mamelles, sont le meilleur topique pour chasser le lait. Les propriétés fébrifuges de l'écorce , indiquées par Fabregon, ont été confirmées par le docteur Roussille-Chamseru , qui ne connaît guère de meilleur succédané indigène du quinquina.

ROENIGSMANN (andré-rouis), De antiquitate betulæ pentecostalis frondiumque sacrarum universæ, Diss. in-4°. Kiloniæ, 1907.

LÉOrOLD (Jean-pietrich), Zngoroysæ, seu discursus medico-botanicus de betula, præs. El. Camerarius ; in-4°. Tubingæ, 28 jul. 1727.

kLaAsE (L.-M.), Betulanana, Diss. inaug. præs. Car. Linné; in-4°. Upsaliæ , 30 jun. 1743.

EXPLICATION DE LA PLANCHE. (La plante est de grandeur naturelle.) — x. Rameau portant des fruits mûrs. — 2. Rameau chargé d’un chaton mâle. — 3. Chaton femelle au moment de sa floraison. — 4. Écaille fructifère, détachée d’un chaton femelle, grossie. — 5. Un des trois fruits ailés que l'on trouve sous chaque écaille, grossi. — 6. Écaille ternée, détachée d'un chaton mâle, sous laquelle on aperçoit les anthères grossies. — 7. La même, vue en dessous, afin de faire voir les douze anthères groupées par quatre sur trois points différens.

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