LXXI V
BOUILLON BLANC
GREC EN AN AEUTE Daouos ; Paovoc.
VERBASCUM MAS LATIFOLIUM LUTEUM; Bauhin, IivæË , hib. 6, sect. 6; — Tournefort, clas. 2, érfondibuliformes.
Gr CRE ER € VERBASCUM rHaPrsus, foliis decurrentibus, utrinque tomentosis , caule simplici ; Linné, clas. 5, pentandrie monog'ynie ; — Jussieu , clas.8, ord. 8, solances.
Talon NN AECR TASSO BARBASSO; VERBASCO.
Espagnol, . ...... GONDOLOBO; VERBASCO.
JRACAASS EE) NEENEl c7 à BOUILLON BLANC; MOLÈNE; BONHOMME ; HERBE DE SAINT FIACRE,
PATIO LAS NEA AIN MULLEIN; HIGH TAPER; COWS LUNGWORT.
Allemand... ...... WoLkRAUT; KOENIGSKERZ; HIMMELBRAND ; WELKE, Hagen.
Hollandais... ..... worre-kruin.
Polonais. .. ...... DZIEWANNA, Erndtel.
LE docteur Gilibert pense, et je serais disposé à penser avec lui, que la molène est originaire des pays chauds : du moins elle y montre beaucoup plus de vigueur, et s’élève parfois jusqu’à la hauteur de six pieds, tandis que dans les contrées froides elle acquiert à peine le tiers de cette élévation. Elle croît abondamment aux environs de Paris , dans les champs , dans les endroits pierreux et sablonneux, sur le bord des chemins, dans les décombres,.
La racine, blanchâtre, dure et comme ligneuse, s'enfonce assez profondément dans le sol, jetant çà et là des ramuscules. — La tige est droite, ordinairement simple, très-feuillée, cylindrique, grosse, ferme, couverte d'un duvet grisâtre extrêmement épais". — Les feuilles radicales sont très-amples, étalées à terre en rosette, et soutenues par de courts pétioles; les caulinaires, moins volumineuses, sont peu ouvertes, sessiles , et même courantes sur la tige; ces feuilles sont alternes, ovales-oblongues, très-lanugineuses ; elles ont
* Le mot verbascum, aliéré, dit-on, de barbascum, exprime la barbe, les poils, dont presque toutes les parties de cette plante sont couvertes.
Rüsler n’admet point cette étymologie, qui lui semble même ridicule. Y LE | 19° Livraison. Â.
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l’épaisseur et le moelleux d’un morceau de drap'. — Les fleurs forment autour de la üge, et jusqu'à son sommet, un long et bel épi jaune, dense, et comme thyrsoïde. Chaque fleur présente un calice monophylle, à cinq divisions profondes, ovales , aiguës; une corole monopétale en roue, dont le tube est très-court, le limbe évasé, presque plane, à cinq lobes légèrement inégaux, ovales, obtus; cinq étamines, dont trois sont un peu plus courtes que les deux autres? ; un ovaire supérieur, duquel s'élève un style filiforme, terminé par un stigmate obtus. — Le fruit est une capsule ovoïde, entourée par le calice, divisée en deux loges qui s’ouvrent par le haut, et sont remplies de graines menues et anguleuses.
Les qualités physiques du bouillon blanc sont en général assez faibles. L’odeur des feuilles fraiches a quelque chose de narcotique. La saveur est herbacée, avec une légère amertume, comparée à celle du raifort par Bergius, qui trouve l’arôme des fleurs desséchées analogue à celui de l'iris de Florence.
Les bestiaux refusent de brouter la molène, et si l’on jette des graines de cette plante dans un vivier, le poisson, frappé d’étourdissement , se laisse prendre à la main. Les racines, au contraire, pilées et mêlées à la drèche, engraissent promptement la volaille$.
Si les médecins négligent trop le bouillon blanc£, il est en revanche un remède domestique employé de toutes parts et dépuis un temps immémorial. Je l’ai vu mettre en usage sur les bords du Rhin, de la Vistule et du Tibre, comme sur ceux de la Seine et de la Loire ; j'ai même été surpris-de remarquer, dans ce cas, le discernement du vulgaire, généralement si bizarre dans ses jugemens, si fantasque dans ses choix, si aveugle dans sa confiance. Le docteur
On voit ici l’origine des dénominations française, anglaise et allemande, molene ou mollene, mullein, welke. Si je ne craignais de m’exposer au reproche d’une érudition intempestive, je donnerais constamment l’étymologie de la plupart des termes étrangers.
2 Le genre verbascum est un de ceux qui forment le passage de la pentandrie à la didynamie angiospermie. Les étamines sont au nombre de cinq; mais, comme dans la didynamie , elles sont ordinairement inégales, et les lobes de la corolle sont irréguliers. — La corolle du genre celsia est parfaitement semblable à celle du verbascum, mais les étamines sont didynames. (BOIssIEU.)
3 Bechstein, Gerneinnuetzige Naturge:chichte.
4 Gilibert, Démonstrations élém. de botanique ; 1796, tome 1, page 444.
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Gilibert s’est en quelque sorte monter prète de la voix publique, le juste appréciateur de la molène. On pourrait tout au plus lui reprocher quelques expressions trop fastueuses. « Le bouillon blanc recèle un principe narcotique assez masqué pour n'en craindre aucun mauvais effet. La décoction des feuilles est admirable en lavement dans les ténesmes et la dysenterie; elle calme les douleurs du fondement causées par les hémorrhoïdes : l’infusion des fleurs est le meilleur adoucissant des irritations de la membrane muqueuse intestinale; elle procure un soulagement notable dans les ardeurs de poitrine, les toux convulsives des enfans , les coliques, la dysurie, enfin dans toutes les maladies dont lindication consiste à modérer les spasmes et l’érétisme. La conserve des fleurs de bouillon blanc, appliquée sur les dartres rongeantes et sur les ulcères douloureux, diminue les démangeaisons. »
J'ai souvent eu occasion d'observer la vertu calmante des feuilles et des fleurs de molène , bouillies légèrement dans l’eau ou dans ie lait, et employées en vapeur, en fomentation, ou plus ordinairement sous la forme de cataplasme, sur des furoncles, des panaris, des brûlures, des hémorrhoïdes enflammées.
Les fermiers de la Carniole, de l'Irlande, de la Norwège regardent le bouillon blanc comme un moyen propre à combattre la toux des bestiaux et à prévenir la consomption *.
Dans certains pays on recouvre de poix les longues et fortes tiges de cette plante pour en faire des torches, tandis que le coton qui les revêt peut remplacer l’amadou , comme le duvet de l’armoise, ou servir à la préparation du moxa. À
Hochheimer assure que la molène chasse infailliblement des greniers Îles rats et les souris qui dévorent le bié. Dambourney, Bechstein, Willich, la rangent parmi les plantes tinctoriales ; Boissieu dit qu'elle communique aux laines une nuance de vigogne jaunätre, et Risler la propose pour colorer les cheveux 2.
Le genre verbascum renferme , outre le {Lapsus , plusieurs espèces qu'il me paraît convenable de signaler.
: Rüisler, De verbasco, page 79.
Willich, The domestic Encyclopædia ; 1802, tome 111, page 244. > Verbascum lixivio immissum flavo colore capillos tingit.
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i°. La molène noire, bastum nigrum , L., est plus belle que le bouillon blanc, et ni sans contredit des qualités particulières, que discernent mieux que nous de chétifs insectes. En effet, les abeilles recherchent plus avidement le suc de ses fleurs que celui des autres espèces , et la chenille qui ronge la molène blanche n’attaque jamais la noire.
2°. Le petit bouillon blanc, ou la molène Iychnite, verbascum lychnütis, L., doit sa dénomination spécifique aux anciens, qui en faisaient des mèches : Avysitys , lucernarius , qui appartient aux lampes, Avyvos. On regarde la fleur, et surtout la racine, comme antictériques ?.
3°. La blattaire, verbascum blattaria , L., chasse, dit-on, les insectes qui détruisent les étoffes, les livres, la farine; telles sont les teignes, les mites, les blattes : toutefois cette propriété insectifuge est révoquée en doute par Willemet, par Lamarck; quelques-uns même vont jusqu à prétendre que la blattaire attire ces insectes, et favorise leur multiplication.
RISLER (sacques), De verbasco, Diss. inaug. med. bot.; Argentorati, 25 jan. 1754.
Cette dissertation, très-étendue (72 pages in-4°. fig.), et très-érudite, est placée avec raison par Haller dans le petit nombre des excellentes monographies. Elle contient pourtant certaines opinions équivoques ou exagérées, que ce n’est pas ici le lieu d’énumérer et de rectifier.
SCHRADER (æenri-Adolphe), Monographia generis verbasci, sectio 1;in-4°. fig. Gottingæ, 1814.
* Peyrilhe, Tableau méthod., etc., 1804, page 88. 2 Risler, Durande, Gilibert, Peyrilhe.
EXPLICATION DE LA PLANCHE. (Za plante est réduite à la moitié de sa grandeur naturelle.) — Calice et pistil. — 2. Corolle ouverte dans laquelle on distingue cinq étamines, deux longues et trois courtes à filets velus. — 3. Pistil. — 4. Capsule ou fruit entouré du calice. — 5. Fruit coupé transversalement pour faire voir les deux loges et le grand nombre de graines qu’elles renferment. — 6. Graines de grandeur naturelle. — 7. Graine grossie.
(Tous ces détails sont réduits à la moitié de leur grandeur naturelle. )
77 2 tr P ZLandert I recule.