ESA ROLE ER. NUEZA
Français... ...... BRYONE; BRIOINE; COULEUVRÉE.
PLAT ENMENEENE PO BRYONY.
Allemand 0 ZAUNRUEBE: GICHTRUEPE.
Hollandais. . . .. .. BRYONIE:; WILDE WYNGAERD, Wouters.
Polonais PETER przesrap;, Erndtel.
LiNNÉ regarde la bryone dioique comme une simple variété de la blanche, dont pourtant elle se distingue, selon M. Poiret, par des caractères spécifiques tranchés : en effet, les fleurs mâles et femelles ne se trouvent jamais sur le même pied :, et les fruits sont constamment rouges.
Cette plante vivace, extrêmement commune dans presque tous les climats, croît principalement dans les haies. — La racine fusiforme , souvent rameuse, longue, charnue, blanche-jaunâtre, marquée de stries transversales superficielles, est ordinairement grosse comme le bras; mais elle peut acquérir un volume beaucoup plus considérable. — Les tiges, qui ont cinq ou six pieds de longueur, sont grêles, herbacées , sarmenteuses , grimpantes ?, cannelées, char-
? L’intercalation forcée d’une plante divique dans la monœcie est sans doute un vice réel, une irrégularité choquante du système linnéen; et pourtant ce système, malgré ses lacunes ét ses imperfections, est encore le plus philosophique et le moins défectueux qu’on ait imaginé.
2? Cette plante doit à sa prodigieuse végétation le titre de bryone : Gpueuw, vVégéter, pousser, croître. On la nomme couleuvrée , parce qu’elle rampe à la manière des serpens, et s’entortille comme eux.
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= BRYONE.
gées de petits poils raides et distans. — Les feuilles sont alternes, palmées, à demi divisées en cinq lobes anguleux, calleuses et rudes au toucher sur l’une et l’autre face, soutenues par des pétioles à la base de chacun desquels naît une longue vrille simple et roulée en spirale. — Les fleurs mâles, portées sur de longs pédoncules axillaires, sont disposées par bouquets, et présentent un calice court, monophylle, campanulé, à cinq dents aiguës ; une corolle monopétale, en rosette, divisée en cinq lobes ovales d’un blanc sale , marqués de lignes verdâtres ; trois étamines courtes , dont deux sont terminées par une double anthère, tandis que le filament de la troisième n’en porte qu’une seule. Les fleurs femelles sont soutenues par des pédoncules courts, qui partent de l’aisselle des feuilles, comme ceux des fleurs mâles. Le calice et la coralle se ressemblent dans les deux sexes : l'organe génital femelle consiste en un ovaire inférieur, du sommet duquel s'élève un style trifide dont les stigmates sont échancrés. — Le fruit est une baie globuleuse, de la grosseur d’un pois, d'abord verte, devenant d’un rouge vif à l'epoque de la maturité, contenant cinq à six graines ovoides, enveloppées dans une pulpe mucilagineuse.
Les diverses parties de la bryone exercent sur nos organes une action diverse. L’odeur des baies est légèrement nauséeuse; leur saveur est fade; Hollefear en a vu manger plusieurs sans qu’il soit survenu aucun effet remarquable. Dioscorides nous apprend que les jeunes pousses servaient d’aliment comme les asperges; mais il ajoute qu’elles déterminent l’excrétion des fèces et de l'urine. Toutefois , ce sont les racines qui jouissent depuis un temps immémorial d'une grande renommée. Des thérapeutistes modernes très-célèbres exaltent les propriétés médicamenteuses de ces racines, et se plaiïgnent de les voir trop négligées de nos jours. « Nous sommes convaincus par une suite d'expériences, dit Gilibert, que cette plante ,en différens temps, peut fournir toutes les espèces de purgatifs à depuis le minoratif jusqu'au drastique. Quelques observations prouvent qu'il existe une espèce de manie entretenue par une matière glaireuse vitrée, qui tapisse les intestins et l’estomac : dans ce cas, la couleuvrée, même récente, a guéri en évacuant ces glaires. »
L'immortel Fourcroy place la bryone sur la même ligne que le jalap, et trouve élonnant qu'on n’en fasse pas plus d'usage. « C'est
BRYONE.
un incisif, un fondant, un purgatif, un diurétique précieux , lorsqu’on l’emploie à petites doses et bien préparé. Cette racine, administrée récente et à plus forte dose, devient un drastique puissant, un irritant énergique ; elle paraît différer du jalap en ce qu’elle perd plus de ses vertus par la dessiccation. La racine fraîche de bryone pourrait aussi être comparée à celle du manioc : elle contient un suc très-âcre et presque vénéneux; mais on peut en extraire, par le repos et les lavages répétés, une fécule fine et blanche susceptible de fournir une substance alimentaire d'autant plus utile dans des cas de disette, que cette racine est abondante, et acquiert un grand volume. »
Ce n’est pas au jalap seulement que la bryone a été substituée; M. Bodard prétend qu’elle remplace parfaitement le séné : il prescrit le suc , d’après Alston, à la dose de trois gros dans un bouillon ; il la donne sèche et pulvérisée, depuis un scrupule jusqu’à un gros; il fait prendre une égale quantité d'extrait. Le docteur Harmant de Montgarny voit dans la racine de bryone un ipécacuanha indigène, qui ne le cède point à l’exotique dans le traitement des affections diarrhéiques et dysentériques. En Allemagne, en Suède, les paysans creusent les racines de bryone fraîche, et remplissent ce gobelet de bière, qui, dans l’espace d’une nuit, devient émétique et purgative; ils coupent cette racine par tranches minces, qui irritent, enflamment la peau, et forment ainsi des rubéfians, des épispastiques , des exutoires.
Ces observations, auxquelles il m’eût été facile d’en ajouter beaucoup d’autres, suffisent pour révéler l’analogie frappante qui existe entre la racine de bryone et celle d’arum. Celle-là comme celle-ci ? est, quoi qu’on en dise, un médicament infidèle, puisque, trop caustique à l'état frais, elle perd, en se desséchant, toute son énergie.
#awprwrG (eustave-chrétien ), De bryonid ; Von der heiligen Ruebe, Diss. in-4°. Rostochll,
! Encyclopédie méthodique : Médecine ; tome 1v, page 184. * Voyez le tome 1, page 138.
EXPLICATION DE LA PLANCHE. ( La plante est un peu plus petite que nature.) — a. Individu femelle en fruit. — D. Individu mâle en fleur. — +. Racine très-réduite. — 2. Fleur femelle entière. — 3. Fleur mâle ouverte. — 4. Étamine grossie. — 5. Fruit coupé horizontalement. — 6. Graine isolée grossie.
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