BUIS
écartés, terminés par des stigmates hispides, sillonnés. — Le fruit est une capsule arrondie, couronnée par trois espèces de petites cornes, s’ouvrant par trois valves, et divisée intérieurement en trois loges qui renferment chacune deux graines *.
Les anciens connaissaient le buis, et l’ont mentionné dans leurs écrits comme un arbrisseau intéressant par la dureté de son bois, par sa longue durée, et par ses usages. C’est particulièrement à Saint-Claude, en Franche-Comté, que se font aujourd’hui ces sortes de travaux. C’est le plus inaltérable et le plus pesant de nos bois d'Europe, le seul qui se précipite au fond de l’eau?.
L’odeur assez désagréable de cet arbrisseau devient surtout plus sensible dans les temps pluvieux. Les feuilles, ainsi que les autres parties, ont une saveur amère et nauséabondeÿ.
Les chameaux broutent volontiers les sommités du buis, qui les exposent à de graves accidens, ct leur causent même la mort, si l’on en croit J..Hanway .
Mattioli assure que la lessive du buis rend les cheveux roux. Le conteur Lentilius (Linsenbahrt) va bien plus loin : il suppose à cette lessive non-seulement la vertu de faire repousser les cheveux , mais de rendre velues les surfaces du corps naturellement glabres.
Les propriétés médicinales du buis sont incontestables; mais, trop exaltées par les uns, trop dépréciées par les autres , elles ont besoin d’être plus exactement déterminées. Les feuilles, réduites en poudre et prises à la dose d’un gros, produisent des déjections alvines trèscopieuses , et même sanguinolentes, selon Vogel ; leur décoction est un purgatif modéré, suivant Gilbert. P. Linus vante lefficacité de cette boisson dans la pleurésie, lhémoptysie, la fièvre catarrhale, la goutte; et, sur la foi de cet apothicaire, le docteur Wauters n’hésite point à ranger les feuilles de buis parmi les succédanés du camphref. Cest avec beaucoup plus de raison qu'il propose, avec plu-
Lamarck, Encyclopédie méthodique : Botanique ; tome 1, page Bxr.
? Gilibert, Démonstrations élémentaires de botanique ; 1796 , tom. 11, p. 317. Biett, dans le Dictionnaire des Sciences médicales ; tome 111, page 404. An account of the British trade over the Caspian sea ; vol. +, page 191. Historia materiæ medicæ ; 1964.
Repertorium remediorum indigenorum; 1810, page 25. Voici les expressions du médecin de Gand : Cum ts auctoribus conspiro, qui ligno guajaco præ buxino nihil tribuerunt.