‹ Flore médicale (volume 2)Chapitre 3 sur 73 · TAC ONS EN TEENRN MANDRAGORE; BELLADONE SANS TIGE · texte numérisé non relu

TAC ONS EN TEENRN MANDRAGORE; BELLADONE SANS TIGE

AREAS BEA NAATE TO MANDRAKE.

Allemand. .. ..... ALRAUN.

Hollandais. . . . . .. ALRUIN ; MANDRAGORA ; MANDRAGEERS-KRUID,

POLOR GLS EME MANDRAGORA; POKRZYK ZIELE.

ConnuE et célébrée depuis un temps immémorial, la mandragore a été l’objet des opinions les plus contradictoires , des hypothèses les plus frivoles, des fables les plus absurdes ‘. Elle a inspiré au fameux Macchiavelli une comédie très-ingénieuse, et fourni à divers écrivains le sujet de savantes monographies. Resserré, et pour ainsi dire enchaîné dans d’étroites limites , forcé à regret de jeter un coup d’œil trop rapide, ou même de passer sous silence une foule de détails étrangers à la médecine, j'indiquerai du moins les sources auxquelles on pourra puiser les renseignemens qui me sont interdits.

C’est dans le beau climat de la Grèce, de l'Espagne et de l'Italie que se plaît la mandragore; elle refuse de croître sur notre sol; on la cultive même difficilement dans nos jardins ; toutefois, elle préfère les lieux sombres, tels que l’entrée des tanières et des cavernes ?.

1 « On cherche vainement à expliquer pourquoi les anciens voyaient dans la mandragore la cause de certains prodiges éclatans ; pourquoi ils la regardaient comme un philtre puissant et comme une herbe magique qui avait la propriété de rendré heureux celui qui la possédait; de lui faire trouver de l’argent, de féconder les femmes, de présager la douceur ou l’âpreté des hivers, de mettre en fuite les sorciers, de ramollir l’ivoire au point de le rendre malléable, et pourquoi, en un mot, ils lui attribuaient une foule d’autres merveilles. » (GRANIER, Diss. botan. histor. sur la mandragore ; 1788.)

2 Telle est l’origine du mot r#randragore : de paydos, étable, caverne, ta-

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BELLADONE MANDRAGORE

__— La racine épaisse, longue, fusiforme, tantôt simple, tantôt bifurquée ”, ou divisée en trois, fauve extérieurement , blanchâtre à l’intérieur, jette çà et là re fibrilles. — Les tre sortent du collet de la racine : elles sont grandes, ovales, pointues, vertes, elabres, ondulées en leurs bords , et disposées en un large faisceau. —— Dune ces feuilles naissent plusieurs pédoncules simples, courts , portant chacun une fleur, dont la corolle est campanulée, rétrécie vers sa base en forme de cône renversé, un peu velue en dehors, blanchâtre, légèrement teinte de violet. — Le fruit est une baie sphérique, ressemblant à une petite pomme, jaunâtre dans sa maturité, molle, charnue , pleine d’une pulpe qui contient des graines réniformes , placées sur un seul rang.

Rapprochée de la belladone par ses caractères botaniques , la mandragore s’en rapproche également par ses qualités physiques et ses propriétés médicamenteuses ; il faut pareillement une quantité assez considérable de baies pour déterminer des accidens ; car le professeur Hernandez, désirant prouver l’innocuité de ce fruit, en mangea une entière devant ses élèves, pendant plusieurs jours de suite, avant de commencer sa lecon, et n’en fut jamais incommodé. Toutefois, cette expérience ne serait pas sans doute renouvelée impunément par une personne délicate et irritable. La plupart des traducteurs et glossateurs de la Bible ne croient pas la pomme de mandragore vénéneuse, puisqu'ils la regardent comme le dudaim de Rachel. J'ai déjà dit? combien me parsmsfait plus judicieuse lopinion du savant naturaliste Vixegs. que j'exposerai en parlant de

l’orchis.

nière , repaire, et +epac, ornement, gloire, honneur. Cette étymologie me paraît d'autant plus vraisemblable, que la mandragore est désignée par certains auteurs sous le nom de mandegloire. {CnarLes ÉTienne, De latinis et græcis nOmintbus arborum, etc. a page 49.)

1 On ne s’est pas contenté de voir dans cette bifurcation purement accidentelle les cuisses d’un homme. Par une légère incision supérieure de chaque côté se développent des bras, si l’on en croit Blankaart : rien de plus facile, selon lui, que de figurer une tête, qui se recouvre d’une sorte de Are en y semant quelques grains d’orge ou de millet! C’est alors que la RTE prend la forme humaine, et mérite le nom de ayfpomouopycc, que lui donne Pythagore.

2 Biographie universelle, 1814, tome 11, page 2b3.

BELLADONE MANDRAGORE

Les médecins de l’antiquité, Hippocrate, Dioscorides, Celse, Galien, connaissaient parfaitement l’action narcotique, stupéfiante de la mandragore ; ils la recommandaient pour provoquer le sommeil, pour calmer les douleurs, surtout avant les graves opérations chirurgicales ; cette qualité soporifique était même devenue proverbe‘. Si les praticiens de nos jours n’ont pas renoncé à l'usage de cette plante, ils l’ont du moins considérablement limité : aussi la trouve-t-on fréquemment {ombante de vétusté et rongée par les vers dans les officines pharmaceutiques ?. Je ne serais pas éloigné de penser avec Peyrilhe que cet abandon n’est point une véritable perte pour la thérapeutique. « En effet, ce que la mandragore a de médicamenteux et d’utile se rencontre dans les narcotiques qui croissent spontanément autour de nous. » Je me bornerai donc à citer quelques témoignages consacrés par des noms célèbres. Boerhaave appliquait avec succès des cataplasmes de feuilles de mandragore bouillies dans le lait sur les tumeurs scrofuleuses. Hoffberg et Swediaur préfèrent la racine, et assurent avoir dissipé, à l’aide de ce topique, des indurations écrouelleuses, squirrheuses et syphilitiques de la parotide, du testicule , des glandes inguinales. Deux observations, dit Gilbert, sont favorables à l’usage interne de la poudre de la racine pour la goutte, dont les douleurs ont été calmées et les accès retardés. La dose est de trois à six grains. Les feuilles peuvent se donner desséchées et pulvérisées à la même dose, ou infusées, à celle d’un scrupule, dans un demi-litre d’eau.

cATELAN (zaurent), Rare et curieux Discours de la plante appelée mandragore ; in-12. Paris,

THOMASIUS (Jacques), De mandragord, Dissert. philol. inaug. resp. Joan. Schmid. ; in-4°. Lipsiæ, 1655. — Ibid. 1669.— Ibid. 1671. — Id. in-4°. Halæ, 1539.

L'auteur fait de vains efforts pour démontrer que la mandragore est réellement le dudaim de la Bible.

DEUSING (antoine), De mandragoræ pomis, vulgd pisse-dicfies ; in-12. Groningæ, 16509.

Le savant professeur batave a produit cet opuscule dans son Fasciculus dissertationum selectarum, in-4°. 1660 : il prétend que les pommes de mandragore sont à tort prises pour le dudaïm, qui, selon lui, est le petit melon de Perse odorant, cucumis dudaïm, L.

xozZBOM (andré), De mandragord, Diss. med. bot. inaug. præs. Ol. Rudbeck ; in-8°, fig. Upsaliæ, 1702, etc.

: Languidi et in suis negotis torpidi mandragoram ingessisse , vel sub mandragoré dormitasse dicebantur. (Hormanx, Granixr, Murray.) 2 Murray, Apparatus medicaminum , tome 1, page 653.

BELLADONE MANDRAGORE

EXPLICATION DE LA PLANCHE. /La plante est réduite au tiers de sa grandeur natu-

relle.) — x. Fleur entière. — 2. Pistil. — 3. Corolle ouverte, dans laquelle on voit cinq étamines à filets velus à leur base. — 4. Fruit entier accompagné de son calice. — 5, Graine isolée.

(Tous ces détails sont de grandeur naturelle.)

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BEN

GRECE PARA EPS Caravoc; Éœnavoc pupedinn: Cxhavos «iyumria. GLANS UNGUENTARIA; Bauhin, MiveË, lib. 11, sect. 2.

GUILLANDINA MORINGA, inermis, foliis subpinnatis, foliolis inferiori

EAU ARR LERORES bus ternatis ; Linné, clas. ro, décandrie monogynie. MORINGA ; Jussieu, elas. 14, ord. 11, légumineuses. MORINGA OLETFERA ; Lamarck.

ORAN REINE ALBERO DEL BEEN ; GHIANDA UNGUENTARIA,

Espagnol. + «+. + +. ARBOL DEL BEEN.

Enoncais 1 enr BEN; BEN OLÉIFÈRE, Lamarck; MORINGA ; MORINGOU ; MOURINGOU.

Anglais SRE AE DEA à BEN-TREE ; MORINGA-TREE, BEZAR-TREE, Knowles.

Allemand... ...... venbAum; orrnusseaum, Hagen.

Hollandais... . . . . . BENBQOM; BALSEM NOOTENBOOM.

Le ben se plaît au Malabar', dans l’île de Ceylan, sur le sol sablonneux et brûlant de l'Égypte. On le cultive difficilement dans nos climats, même avec le secours des serres chaudes. Cet arbre, suivant Rumph, s'élève jusqu’à vingt-cinq pieds de hauteur; le tronc acquiert environ cinq pieds de circonférence : il est assez droit, recouvert d’une écorce brunâtre ; les rameaux sont d’un bois blanchätre ?, enveloppé d’une écorce verte. — Les feuilles sont deux où trois fois ailées, composées de pinnules opposées, qui portent chacune cinq à neuf folioles (auxquelles s’en joignent même parfois d’accessoires ou surnuméraires ) ovoides, inégales, vertes, glabres, petites, soutenues par un court pétiole. — Les fleurs blanchâtres , disposées en panicules au sommet des rameaux, présentent un calice monophylle, profondément quinquéfide ; une corolle formée de cinq pétales semblables aux divisions du calice; dix étamines, dont cinq

1 Dives alit Malabar batavis habitata colonis. KNOWLES.

? Faut-il voir dans cette couleur blanchâtre, et surtout dans celle des fleurs, l'origine du mot ben, qui signifie blanc en langue malaise? C’est pareïllement à cet idiome que nous avons emprunté le terme spécifique moringa. Quant à la dénomination générique, elle rappelle un célèbre naturaliste prussien, Melchior Guillandinus, professeur de botanique à l’université de Padoue.

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BEN

sont alternativement stériles, tandis que les cinq autres fertiles ont leurs filamens terminés par des anthères jaunes orbiculaires; un ovaire supérieur, oblong, légèrement stipité, pubescent, surmonté d’un style filiforme, dont l'extrémité est un stigmate très-simple. — Le fruit est une gousse, ou plutôt une sorte de silique, longue d’un pied et même plus, de la grosseur du pouce, obtusément triangulaire, pointue, uniloculaire, s'ouvrant en trois valves distinctes. La substance intérieure de chaque valve, dit Lamarck, est blanchâtre, et comme fongueuse ; les graines sont des espèces de noix ovoïdes, garnies de trois ailes membraneuses, qui s’en détachent aisément, et insérées au nombre de dix-huit ou vingt sur un seul rang; sous l'écorce dure et cartilagineuse de chaque noix est une amande blanchâtre. — L’écorce.de la racine du ben a, comme celle du tronc, une odeur et une saveur analogues à celles du raifort ; aussi la raclet-on de même pour l’employer à titre d’assaisonnement. Rumph préiend avoir observé qu'un usage continu et modéré de la décoction de la racine de moringou préserve les marins du scorbut et de diverses autres cachexies particulières aux marins. Les feuilles chaudes sont regardées par les Malais comme propres à résoudre les tumeurs, même syphilitiques, du testicule; leur suc est suivant eux mondificatif et antipsorique. Les pigeons aiment beaucoup Îles fleurs de ben, qui exhalent , surtout au coucher du soleil, une odeur très-agréable. Les Indiens font cuire les siliques encore jeunes et tendres avec les alimens, dont elles relèvent le goût. Les fruits, renfermés dans ces enveloppes, et nommés spécialement GxAaavos mupslixy, glans unguentaria, noix du ben, tenaient une place distinguée dans l’ancienne thérapeutique. Dioscorides, Galien, Avicène, prescrivaient ces noix en substance, ou l'huile qu’on en extrait, soit contre diverses maladies cutanées , soit pour provoquer de copieuses évacuations alvines. Cependant ils s'étaient aperçus que ce remède porte le trouble dans l’appareil gastrique. Si l’on ajoute à cette observation, que nous possédons une foule de cathartiques plus communs et plus sûrs, on ne sera pas surpris de voir celte graine complètement bannie des pharmacopées modernes. Mais si l'huile de ben est

2 Utilis est multum radix decocta IOTIngæ.

KENOWLES.

BEN

abandonnée des médecins, elle est en revanche très-recherchée des parfumeurs, qui lui trouvent le précieux avantage de ne point rancir en vieillissant ; ce qui la rend très-propre à extraire et à conserver l’arôme des fleurs, dont elle n’altère point le parfum , étant ellemême inodore.

Le bois néphrétique est-il fourni par l'arbre dont je viens de tracer l’histoire? Cette opinion du célèbre Linné me paraît peu vraisemblable. En cffet, les naturalistes qui ont visité le Malabar ne font aucune mention du bois néphrétique. Celui-ci nous est , au contraire, apporté du Nouveau-Monde, et ne présente pas d’ailleurs exactement les caractères du bois de ben. Toutefois, le problème n'étant pas irrévocablement résolu , il m'a semblé convenable d’indiquer au moins les meilleures notices à consulter" et particulièrement les traités spéciaux ?.

HEISTER (raurent), De nuce been, Diss. inaug. resp. U. F. B. Brueckmann ; in-4°. Helmestadi, 1750.

? Murray, Apparatus medicaminum, 1794, tome 11, page 527.

Dictionnaire des Sciences naturelles, 1804 , tome v, page 87.

? camERARIUS (Rodolphe-racques), Schematismi colorum infuso ligni nephritici propriorum , Diss. inaug. resp. Brotbeq ; in-,°. Tubingæ, 1689.— Ibid. 1717.

— Continuatio tentaminum circa lignum nephriticum ; in-4°. Tubingæ, 1690.

CARTHEUSER (sean-rrédéric), De ligno nephritico, colubrino, et semine santonico, Diss. inaug. resp. S. B. Wolf; m-4°. Francofurti ad Viadrum, 1749.

EXPLICATION DE LA PLANCHE. ( La plante est réduite à la moitié de sa grandeur naturelle.) — 1. Calice ouvert, dans lequel on voit le pistil dont l'ovaire est légèrement stipite ; plus linsertion de dix étamines, dont cinq sont alternativement avortées et ne présentent qu'un simple filet. — 2. Un pétale. — 3. Fruit ou gousse triangulaire , à trois battans, représentée moitié de grandeur naturelle. — 4. Le même coupé horizontalement. — 5. Graine tri-ailée, sur laquelle on distingue l’ombilic placé latéralement près de sa base. — 6. Amande dépouillée de son enveloppe.

ne plante qui donne pour fruit un légume tri à graines ailées ouvait être long- Une plante qui d \ fruit un lég triviale à graines ailées ne t être long temps confondue avec les espèces du genre guilandina , qui ont toutes des fruits bivalves et des graines nues : aussi Vahl en a-t-il fait un nouveau genre, sous le nom de hyperanthera.

Cette figure présente une réduction fidèle de celle que M. Turpin a dessinée , en 1797, à Saint-Domingue.

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