‹ Flore médicale (volume 2)Chapitre 2 sur 73 · FRANCAIS NN NN BELLADONE · texte numérisé non relu

FRANCAIS NN NN BELLADONE

TROUS EN ENES eee DEADLY NIGHT-SHADE ; DEADLY DWALE. Allemand. ....... DOLLKRAUT.

Hollandais. . . . ... DOLKRUID ; DOLLE NACHISCHADE.

CETTE plante, commune dans les climats chauds et tempérés, croit sur les montagnes, dans les fossés ombragés, le long des haies, dans les bois taillis. |

La racine, vivace, est épaisse, longue, rameuse, fauve. — La tige herbacée, cylindrique, tomenteuse, branchue, s'élève de trois à cinq pieds. — Les feuilles sont géminées, grandes, ovales , entières, molles , souvent inégales. — Les fleurs, penchées, soutenues par un pédoncule axillaire, pubescent, présentent : un calice d’une seule pièce, divisé profondément en cinq découpures pointues; une corolle rouge brunâtre, monopétale, campanulée, un peu ventrue, dont le limbe est partagé en cinq lobes; cinq étamines, courtes, dont les filamens s’insèrent à la base de la corolle, et portent des anthères obrondes ; un ovaire supérieur, sphéroïde, surmonté d’un style un peu incliné, et terminé par un stigmate capité. — Le fruit est une baie globuleuse, noirâtre, pulpeuse, entourée à sa base par le calice persistant, divisée intérieurement en deux loges, et contenant plusieurs graines réniformes fixées sur un placenta.

La teinte luride, sombre, de la belladone suffirait en quelque sorte pour annoncer une plante suspecte. Elle exhale de toutes ses

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parties une odeur , faible à la vérité, mais pourtant nauséabonde. La racine , la tige, les feuilles et les baies ont une saveur d’abord fade, qui ne tarde pas à devenir nauséeuse et un peu âcre. Toutefois , ces qualités physiques peu prononcées sont loin de faire pressentir les accidens graves que cause la belladone. Les historiens, les observateurs , les toxicographes citent des faits qui ne portent pas toujours le caractère de l’authenticité. Buchanan dit que les Danois ayant envahi l'Écosse, les habitans de cette contrée mélèrent du suc des fruits de belladone à la boisson de leurs ennemis. Ceux-ci tombèrent dans un sommeil léthargique, pendant lequel ils furent massacrés.

Souvent il arrive que des enfans, séduits par la figure des baies de belladone et par leur goût doüceâtre, en mangent des quantités plus ou moins considérables. Bientôt se manifestent des symptômes alarmans : une véritable ivresse, des vertiges, un délire assez eoinmunément gai, une soif intense et pénible, des nausées douloureuses, des convulsions , des grincemens de dents, la dilatation et limmobilité des pupilles, la rougeur ét le gonflémient dé la face, la contraction spasmodique des mâchoires. À ce désordre général succède un étät soporeux accompagné de soubresauts dés téndons, d’une pâleur effrayante; le pouls déviént petit, dur ét fréquent ; un froid universel s'empare du corps; quelquefois même l'enfant meurt victime de son iniprudence. Je crois devoir observer qu'il faut un certain nonibre de baies pour produire üne altération notable dans les fonctions ; car des médecins zélés et des personnes imprévoyantes ont matigé sans le plus léger inconvénient une, deux, trois, quätre baies de belladone. J’ajoutérdi que cette plante, nuisible à l’homme, est recherchée par divers animaux : les limaçons ei rongent avidenent les féuillés; on ässure qu’elles sont broutées parles moutons, les lapins et les cochons.

Les moyens efficaces de rémédier à l’empoisonnement par la belladone diffèrent suivant les circonstances. Est-on appelé peu de temps après le développement des premiers accidens; on doit recourir sur-le-champ au tartrate antimonié de potasse, et même exciter par l'introduction d’une plume des vomissemens pr'ompts : ce moyen secondaire est d'autant plus utile, que lestomac est alors frappé d’insensibilité, et l’on a souvent donné jusqu'à huit où neuf décigrammes d’émétique Sans produire aucun effet. Les acides végétaux con-

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viennent particulièrement pour boisson. Mais s’il s'était écoulé un ou plusieurs jours , et qu’il se manifestät des signes d’inflimmation, il faudrait chercher à provoquer les vomissemens par des liquides chauds et des moÿens mécaniques seulement ; il serait trop dangereux d'introduire un émétique dans l’estomac. On doit, dans ce cas, insister sur les boissons d’abord mucilagineuses, émulsionnéés ; puis acides , et enfin légèrement toniques.

Le principe vénéneux de la belladonet, modifié par une man habile, devient un remède utile, bien qu’il ne justifie pas les éloges fastueux qui lui ont été prodigués. C’est principalement le pasteur Muench et ses deux enfans qui ont célébré la belladone avec une exagération ridicule. On formerait une petite bibliothèque avec les écrits publiés par ces trois Allemands sur la manière de cultiver, de récolter, d’administrer les diverses parties de ce végétal dans une foule de maladies de l’homme et des autres äñimaux. Parini ces ouvrages, il suffira de mentionner les plus marquans, et j'épargnerai au lecteur la fastidieuse et incohiérente énumération nosologico-thérapeutique.

En suivant la métlhiode de lillustre professeur. Pinel, je dirai que l'usage de la belladone n’est point applicable à la classe nombreuse des fièvres. Dans celle des phlegmasies, la dysenterie est la seule contre laquelle on ait employé ce végétal avee une apparence de succès. La famille intéressante des névroses est en quelque sorte le champ de triomphe de la belladone. En effet , un végétal narcotique et comme stupéfiant doit calmer l'agitation , l’éréthisme, le spasme du système nerveux. Aussi a-t-on publié des milliers d'observations, des mémoires, des traités spéciaux, sur la propriété dont jouit la belladone de guérir l’épilepsie, l’hypochondrie, la mélancolie, la manie. On l’a de toutes parts proclamée tantôt comme un puissant moyen curatif, tantôt comme le vrai spécifique de la rage. Maloré ces louanges si fastueuses, si multipliées, je doute qu'on puisse citer une seule guérison bien authentique d’hydrophobie, d’épilepsie, ou de manie, opérée par la belladone. Le docteur Marc l’a trouvée plus réellement efficace contre la coqueluche, dont elle a terminé le cours avec une étonnante rapidité.

* Le savant chimiste Vauquelin, auquel nous devons une excellente analyse de la belladone, observe que cette plante narcotique, et toutes celles qui pro-

BELLADONE. D'après la remarque faite d’abord par Ray, que les applications de la belladone sur les paupières déterminent la dilatation de la pupille, Jean Albert Henri Reimarus, Paul Frédéric Herman Grasmeyer , Charles Himly, et d’autres, ont recommandé ce topique pour préparer les yeux à l’opération de la cataracte. Combien n’a-t-on pas exalté les vertus anticancéreuses de la belladone? et cependant je vois les assertions de prôneurs obscurs réfutées par des médecins célèbres.

On a presque renoncé à l’usage des baies, avec lesquelles Conrad Gesner préparait un sirop. Les racines et les feuilles sont aujourd’hui les seules parties employées. Il faut, selon Muench et Murray, choisir les racines de deux ans, et les faire sécher, ainsi-que les feuilles, à l'ombre, sans le secours du feu. On les administre alors pulvérisées, à la dose d’un à six grains par jour, suivant l’âge, le tempérament, la nature et l’intensité de la maladie. Le suc épaissi des feuilles est donné sous le nom d’extrait. Les praticiens peuvent en outre prescrire la belladone digérée, infusée dans l’eau, dans la bière, dans le vin, dans l'alcool ; elle entre dans la composition du baume tranquille. Les Italiennes croient l’eau distillée de cette plante propre à entretenir la blancheur et l'éclat de leur teimt'. Les peintres en miniature préparent un fort beau vert avec le suc des baies , qui, selon Willich, empreint le papier d’une jolie couleur pourpre. FABER (sean-Mathias), Sérychnomania, explicans strychni manici antiquorum, vel solani furiosi recentiorum, historiæ monumentum , indolis nocumentum, antidoti documentum, etc. in-4°. Augustæ Vindelicorum, 1675.

siceLrus (christophe-conrad), Diatribe botanico-medica de belladonä, sive solano furioso ; in-8°. fig. Zenæ , 1724.

DARIES (Pierre-zean-andré), De atropé belladond, Diss. inaug. præs. Anton. Gul. Plaz; in-4°. Lipsiæ, 1776.— Insérée dans le tome 11 du Sylloge selectiorum opusculorum de Baldinger.

duisent des effets analogues, sont riches en charbon, en hydrogène et en azote, tandis que les substances très-oxigénées produisent des effets contraires.

* Chacun voit ici l’origine du mot belladone (bella donna). Des étymologies aussi claires ont à peine besoin d’être signalées. Celle du mot générique n’est pas moins évidente ; mais, au lieu de rappeler l’idée enchanteresse de la beauté, elle offre le spectacle hideux de la mort.

EXPLICATION DE LA PLANCHE. (La plante est réduite aux deux tiers de sa grandeur naturelle.) — 1. Racine réduite. — 2. Corolle ouverte, à la base de laquelle s’insèrent cinq étamines. — 3. Pisül. — 4. Fruit coupé horizontalement, dans lequel on voit deux loges remplies de pulpe, et d’un grand nombre de petites graines réniformes attachées sur un gros placenta. — 5. Graine grossie.

Z 72 2, Lambert Lire «bo

BELTADONE MANDRAGORE.

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LXIT.

BELLADONE MANDRAGORE

(ETC RENE EEE pærdpæyopac.

MANDRAGORA FRUCTU ROTUNDO ; Bauhin , IyvxË, lib. 5, sect. 1; — Tournefort, clas. r , campaniformes.

CITE ENS See ATROPA MANDRAGORA, acaulis, scapis unifloris; Linné, clas. 5, pentandrie monogynie.

MANDRAGORA ; Jussieu, clas. 8, ord. 8, solanées.

Italien... .. ..... MANDRAGOrA.

Espagnol. . ...... MANDRAGORA.

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