BERCHOUX
? Audon, dans le Journal de médecine ; tome xx1v, page 243.
Bœhmer, De vario coeffæ potum parandi modo ; resp. Mitzky ; Vitembersæ, 1782, pag. 26.
Murray, 4pparatus medicaminum , tome 1, 1793, page b69.
CAFE
Sont-ils plus dignes de pitié que de mépris ceux qui prétendent fabriquer avec les glands, l'orge, le seigle, le maïs, les pépins de raisin, les amandes , les racines de chicorée, les fèves, les pois, un café indigène égal et même supérieur à celui de Moka ?
Loin de moi la folle prétention de concilier les opinions extrèmement variées, et parfois diamétralement opposées, des auteurs qui ont écrit sur le café! Je ne prononcerai point, avec Christophe Campen, qu'Hippocrate a connu et administré le café; je ne rechercherai point avec Geier, Prosper Alpini, Naironi, Gaspard Bauhin , si c'est effectivement la fève de Moka qui se trouve désignée dans la Bible sous le nom de #ali, et dans les OEuvres d’Avicenne et de Rhasès sous le titre de bun , bunca, buncho ; je ne verrai point, avec Moseley, dans la culture du cafier une source aussi précieuse que féconde de richesses nationales , et dans sa graine une vraie panacée; je ne soutiendrai point, avec Richard Bradley, que cette boisson est l’antidote de la peste; je ne croirai pas même, avec le docteur Cosnier, qu’elle convienne à tous les sexes, à tous les âges, à tous les tempéramens : mais, d’un autre côté, je ne voterai point , avec Éloy, la suppression absolue de cette branche de commerce ; je ne m’écrierai point , avec l’illustre poète-médecin Redi :
Beveret prima il veleno, Che un bicchier che fosse pieno Dell amaro e reo caffe ».
Je n’accuserai pas précisement le café d’avoir créé des maladies nouvelles , et aggravé la plupart de celles qui existaient déjà. Toutefois, je suis intimement persuadé, et les exemples s'offrent ici par milliers, que lintroduction du café dans un pays a constamment été plus nuisible qu'utile aux habitans, sous le rapport de l’hygiène. Cette liqueur devrait être réservée pour stimuler des organes naturellement lâches et faibles?, ou débilités par des études abstraites,
* Il faut avouer, disait Fontenelle, que le café est un poison bien lent; car j'en bois plusieurs tasses chaque jour depuis près de quatre-vingts ans, et ma santé n’en est pas sensiblement altérée.
? Digerit et crudam stomachis languentibus escam ; Plus juvat a pastu quam juvat ante cibum ; Plus quoque phlegmaticis et luxo corpore obesis, ie Quam calidis, macris, mobilibusque quadrat.
CAFÉ
par des méditations profondes ; et c’est au contraire le peuple, ou plutôt la populace, qui en fait la consommation la plus prodigieuse , l'abus le plus révoltant !
Il existe une différence, une opposition fort remarquable entre l’action du chocolat et celle du café. Celui-ci monte au cerveau, qu'il excite ; celui-là nourrit et restaure; il agit sur l'estomac et les parties génitales; il est aphrodisiaque, spermatopé, tandis que le café diminue l'aptitude aux jouissances physiques de l’amour. L’épouse du sultan Mahmed fut saisie d'horreur en voyant châtrer un cheval : instruite par une expérience bien triste pour une femme aimante, elle assura qu'on obtiendrait le même résultat en faisant boire à l'animal beaucoup de café.
EXPLICATION DE LA PLANCHE. (Za plante est réduite à la moitié de la grandeur
naturelle.) — x. Corolle ouverte dans laquelle sont insérées cinq étamines. — 2. Calice et pistil. — 3. Fruit de grosseur naturelle, dont on a enlevé une partie de la chair, afin de faire voir les deux graines qu’il contient. — 4. Une graine isolée vue du côté plat. — 5. La
même coupée horizontalement.
CEMPPAGANEANIAE
Larilert