LXXXIX
CAMOMILLE
(Canadiens AVELIC ; AVDEUOY YALAIANNOV.
CHAMÆMELUM NOBILE , SiVe LEUCANTHEMUM OLORATIUS; Baubhin, [uvaË , lib. 4, sect. r ; — Tournefort, clas. 14, radiées.
RAIN RE ATEN ANTHEMIS NOBILIS, foliis pinnato-composilis , linearibus, acutis, subvillosis ; Linné, clas. 19, syngénésie polygamie superflue; — Jussieu, clas. 10, ord. 3, corymbifères.
RAA aDa nee 2 Ja CAMOMILLA ; CAMOMILLA ROMANA ; CAMOMILLA NOBILE. Espagnol... ...... manzanttra.
Français, ........ CGAMOMILLE; CAMOMILLE ROMAINE ; CAMOMILLE NOBLE; CAMOMILLE ODO-
RANTE® ANTHÉMIS ODORANTE , Mordant.
Anglaïs.
D RCE DAS CHAMOMILLE ; HOMAN CHAMOMILLE ; SWEET-SCENTED CHAMOMILLE. Allemand an KAMILLE; ROEMISCHE KAMILLE.
Hollandais. . . . . . : KRAMILLE; ROOMSCHE KAMILLE.
POLE IS NMENNENNAT RUMIANEE, Ernditel.
LA nature a, pour ainsi dire, semé cette plante utile avec une généreuse profusion. Très-commune dans tous les climats chauds et tempérés , on la voit croître de toutes parts sur le sol de notre belle France, dans les lieux secs, sablonneux, le long des grandes routes. Elle prospère merveilleusement, ainsi que le remarque M. Bodard, sur les rives délicieuses de la Loire, de l’indre, du Cher et de la Mayenne.
La racine, vivace, est fibreuse, chevelue. — Les tiges, longues de sept à dix pouces, sont herbacées, rameuses, menues, faibles et panachées. — Les feuilles sont alternes, sessiles, composées, ailées, linéaires , aiguës, vertes. — Les fleurs , solitaires , terminales, soutenues par de longs pédoncules, présentent un calice commun, hémisphérique, embriqué d’écailles linéaires, serrées; une corolle radiée, dont le disque, formé de fleurons jaunes, hermaphrodites tubulés, à cinq dents, est entouré et comme couronné par des demifleurons blancs femelles, ordinairement tridentés, et posés, ainsi que les fleurons, sur un réceptacle conique, alvéolé, garni de pail-
lettes lamelleuses. — Le fruit consiste en plusieurs petites graines
oblongues , nues, situées sur le réceptacle commun, et environnées par le calice persistant.
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CAMOMILLE
Il s’exhale des fleurs de camomille un arôme pénétrant qui plaît à l’odorat'. Leur saveur est chaude et amère. L'analyse chimique en retire un principe gommo-résineux , du tannin , du camphre, et, par la distillation, une huile d’un beau bleu.
Les médecins ont irrévocablement constaté l’action thérapeutique de la camomille, et son usage est devenu tellement général, qu’on s'est déterminé à la cultiver en grand. L'illustre agronome Parmentier ? et le savant thérapeutiste Alibert $ ont proclamé l'excellence de la méthode employée par M. Descroizilles dans ses plantations aux portes de la ville de Dieppe. La camomille se multiplie par marcottes enracinées au printemps. Les principaux soins qu’elle exige sont des sarclages, qu’il faut répéter jusqu’à ce que la plante soit parvenue à étouffer l’accroissement des herbes parasites. Plantée au commencement de mars, la camomille fournit, dès les premiers jours de juin, une récolte qui se continue jusque dans le mois de septembre #. Les fleurs qui se développent d’abord sont semi-doubles ; mais, à mesure que le terme de la récolte approche, elles deviennent tout-à-fait doubles, et sont alors beaucoup plus recherchées dans le commerce, à cause de leur plus grande blancheur , acquise toutefois au préjudice de leurs vertus. L’épanouissement des fleurs influe notablement sur leur blancheur : on a observé cependant que, dans certains cas, il valait mieux les cueillir aux trois quarts ouvertes, surtout quand on | craint un orage. Pour les dessécher , on les expose, par couches minces , à l’ardeur du soleil , sur des châssis revêtus en toile , et à la surface desquels on a collé du papier gris. Quand la dessiccation est complète, il faut s'occuper de leur conservation. Le mieux serait
* Cette odeur qui, suivant la remarque de Samuel Herzog, est singulièrement modifiée par la nature du terrain, se rapproche tantôt de celle que répandent les coings , tantôt de celle des pommes de reinette : de là l’étymologie des mots chamæmelum , chamomilla, camomille ; x2paundov, petit pommier, petite pomme. Les Espagnols expriment la même chose par le terme #7anzanilla, diminutif de manzana, pomme.
2? Bibliothèque physico-économique ; 1803, page 73.
Nouveau Dictionnaire d'histoire naturelle ; 1803, tome 1v, page 170.
3 Nouveaux élémens de thérapeutique ; 1814, tome 1, page 132.
# La camomille doit aux jolies fleurs dont elle ést ornée pendant toute la belle saison, sa dénomination générique anthemts : avôepey, fleur ; avôeux , fleurs ; vdeu ; fleuri.
CAMOMILLE
probablement de comprimer les fleurs dans des tonneaux garnis intérieurement de papier bien collé, placés dans un lieu sec, frais et obscur. Un des avantages de la culture de la camomille en plein champ, est de n’être pas attaquée par les moutons et les autres bestiaux.
La matière médicale possède bien peu de substances dont les vertus soient plus efficaces et plus variées que celles des fleurs de camomille. Bien qu’elles appartiennent plus spécialement aux remèdes appelés diffusibles, qu’à ceux désignés sous le titre de permanens, elles semblent réunir les avantages des uns et des autres; elles stimulent sans irriter ; elles relèvent et soutiennent le ton des organes sans produire d’éréthisme; elles sont , dit Gilibert, la consolation des hypochondriaques , des hystériques, de tous ceux dont les forces digestives languissent ; elles facilitent et régularisent l'écoulement des menstrues retenues, supprimées ou déviées par une disposition cachectique générale, ou par la faiblesse de l'utérus. M. Bodard a contribué puissamment à rétablir la camomille noble dans tous ses droits usurpés par la vulgaire! : des guérisons nombreuses , opérées par lui ou sous ses yeux , attestent les propriétés fébrifuges et antiseptiques de cette plante , que j'ai eu mille fois occasion de confirmer. L’infusion simple ou vineuse des fleurs de camomille romaine a presque toujours été l'unique moyen à l’aide duquel ÿ j'ai combattu les fièvres intermittentes printanières. Il faut quelquefois joindre à cette boisson les fleurs en substance. Réduites en poudre, elles se donnent à la même dose et de la même manière que le quinquina, dont elles sont un des meilleurs succédanés indigènes. J'en ai souvent obtenu les plus heureux résultats dans les fièvres muqueuses continues et périodiques. Elles sont un auxiliaire précieux dans les fièvres adynamiques ; mais alors, il convient de les employer en poudre, en infusion théiforme? , en lavemens. Elles sont encore prescrites par certains pharmacologistes
* Je ne dois pas m'occuper ici de la camomille vulgaire, qui n’est point une anthémis, mais bien une matricaire, ainsi que j'aurai occasion de le dire en tracant l’histoire de cette plante. +
2 Je verse une livre d’eau bouillante sur deux à trois gros de fleurs de camomille, et j'ajoute parfois à cette infusion quelques onces de vin blanc généreux, ou quelques drachmes d’alcool, quelques scrupules d’eau de fleurs d’oranger, ou quelques gouttes d’éther, suivant l'indication que je me propose de remplir.
CAMOMILLE
sous diverses autres formes. On prépare une eau distillée, une huile fixe, une huile volatile ou essentielle, un extrait, un sirop de camomille romaine ; on réduit les fleurs ou la plante entière en cataplasme, que l’on applique tantôt sur les tumeurs douloureuses, et notamment sur les hémorrhoïdes , tantôt sur le sein des femmes en couche quine veulent point remplir le devoir sacré de mère. Enfin , l’anthémis odorante constitue la base ou lun des principaux ingrédiens de plusieurs médications tant internes qu’externes, lotions , fomentations , pédiluves, bains, électuaires, pilules, etc.
scmerrer (sean-naniel), De Chamomillä, Diss. in-4°. Argentorati, 1520.
#ErZ0G (samuel), De Chamæmelo, Diss. med. inaug. præs. Joan. Herr. Schulze ; in-4°. Halæ Magdeburgicæ, 22 april. 1739.
carL (sean-paniel), Pères chamomille, Diss. med. inaug. præs. Ern. God. Baldinger ; in-4°. Gottingæ, 1775.
GRooTE (Gérard-cuillaume), Dissertatio inauguralis medica, qud virtutem chamæmeli antipyreticam nuperis experimentis illustrat ; in-4°. Trajecti ad Viadrum, 24 april. 1783.
iswarpt (rierre), De Chamæmelo , Specimen inaugurale; in-4°. Augustæ Taurinorum , 20 august. 1810.
sopARD (rierre-renri-nippolyie), Propriétés médicinales de la camomille noble; in-8°. Paris,
EXPLICATION DE LA PLANCHE. ( La plante est de grandeur naturelle.) — x, Fleur double. — 2. Fleur flosculeuse dépourvue de rayons. — 3. Moitié d’un calice commun , dans lequel on voit le réceptacle alvéolé, sur le sommet duquel on a laissé un des fleurons hermaphrodites accompagné de son écaille. — 4. Fleuron hermzphrodite ayant son écaille. — 5. Demi-fleuron femelle.
CANIPH CITE.