‹ Flore médicale (volume 2)Chapitre 34 sur 73 · LXXX VIT · texte numérisé non relu

LXXX VIT

CAMÉLÉE.

CHECAEMEMANENTE XAHENIL ; YaLkAIRER TPILOKROGÇ. CHAMELÆA TRICOCCOs; Bauhin, IivaË, hb. 12, sect. 1 ; — Tournefort, DA RE NVA BAD dat, clas. 21, arbres rosacés.

GNEORUM TR1ICOCCUM; Linné, clas. 3, diandrie monogynie; — Jussieu, clas. 14, crd..12, térébinthacees.

Talents ,. GAMELEA; CALMOLEA. 6 PDO OROTAERNENERERS (OLIVICLA ; CÂMELEA.

Français, .. ...... CAMÉLÉE; GAROUPE,

UT ENBIE SE NERR WIDOW-WAIL,

Aero laers atetete ZYNDEL , Planer.

Cer arbuste toujours vert croît en Grèce, en Italie, en Espagne, et dans les départemens méridionaux de la France : il se plaît dans les terrains secs, imcultes, rocailleux, et s'élève à la hauteur de deux à trois pieds.

La tige, recouverte d’une écorce brunâtre, se divise en nombreux rameaux, redressés, cylindriques, glabres. — Tes feuilles, alternes , sessiles, vertes, entières, épaisses, allongées, plus larges au sommet qu'à la base, se rapprochent par leur forme de celles de l'olivier. — Les fleurs, jaunes, terminales, portées sur des pédoncules très-courts, sortent de l’aisselle des feuilles supérieures, quelquefois deux ou trois ensemble, plus souvent solitaires. Chacune d’elles présente un petit calice tridenté, persistant; trois pétales oblongs, concaves, beaucoup plus grands que le calice; trois étamines un peu plus courtes que les pétales; un ovaire supérieur, surmonté d’un style que termine un stigmalte trifide*. — Le fruit est une baie sèche, composée de trois coques réunies, qui conservent le style de la fleur. D’abord vertes, elles deviennent rouges en mürissant, et renferment chacune deux ou trois graines.

Toutes les parties de la camélée ont une saveur âcre et brülante; toutes enflamment vivement la peau, et produisent même un effet vésicant. Le professeur Rondelet et lillustre Jean Bauhin retiraient

: M. Poiret observe que les divisions des parties de la fleur sont quelquefois au nombre de quatre au lieu de trois.

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un grand succès de l'application des feuilles de garoupe, réduites en cataplasme , sur l'abdomen des hydropiques. Ces habiles praticiens ne bornaient pas à l’extérieur l'emploi de cette plante; ils en exprimaient le suc, qui, soigneusement desséché, formait un extrait hydragogue, dont la dose était d’un à deux gros. Le docteur Gilibert assure que les feuilles de la camélée, pulvérisées et adoucies avec un mucilage, ont dompté des symptômes vénériens qui avaient résisté à toutes les méthodes. On commence par douze grains de la poudre, et l’on va graduellement jusqu’à trente.

« On n’a plus employé la camélée aussi souvent , dit Fourcroy, depuis qu’on a renoncé aux purgatifs très-violens, dont les anciens faisaient beaucoup plus d'usage que nous; mais ce médicament héroiïque, et analogue à la gomme-gutte, à l’euphorbe, aux tithymales, à la bryone, au colchique, à l’ellébore, serait vraisemblablement fort utile dans les cas où les organes, affaiblis dans leur sensibilité comme dans leur mouvement, ne peuvent être mus et excités par des remèdes ordinaires : ces cas sont spécialement l’apoplexie, la paralysie, l’hydropisie, et certaines vésanies. »

Les jardiniers cultivent la camélée, dont ils garnissent le devant des massifs des bosquets d’hiver, où cet arbrisseau forme un joli buisson épais et toujours verdoyant. On en fait des boutures au printemps, sur une couche tiède, ou bien on sème les graines sur couche, et dès qu’elles sont mûres, si l’on veut qu'il en lève du moins quelques-unes au printemps suivant. Celles qu’on destme à la pleine terre doivent être placées à l'ombre, et surtout empaillées pendant les très-grands froids; il est même prudent de conserver quelques pieds en orangerie.

EXPLICATION DE LA PLANCHE. ( La plante est de grandeur naturelle.) — x. Fleur entière représentée de grandeur naturelle. — 2. Calice, pistil et étamines. — 3. Fruit entier coupé horizontalement. — 4. Une des trois coques isolée et dépouillée de son brou. — 5. Graine noire hors de sa loge. — 6. Embryon inelus dans un périsperme.

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LXXXVIUL

CAMELINE.

CTI RER HAUa‘ypoc ; MUæYpOy. à MYAGRUM SATIVUM ; Bauhin, IlivæË, lib. 3, sect. 2.

ALYSSON SEGETUM , folis auriculatis, acutis; Tournefort, clas. 5, cru-

ITS 0 toi Boo HONTE.

MYAGRUM sATIVUM , silieulis obovatis, pedunculatis, polyspermis ; Linné, clas. 15, tétradynamie siliculeuse ; — Jussieu, clas. 13, ord. 3, cru-

cifères.

Italien. . ........ MIAGRo.

Espagnol... ...... MIAGRO.

(ENGTCOLS AN EN CAMELINE ; SÉSAME D'ALLEMAGNE. PAREUGES UN ee eteie GOLD OF PLEASURE.

Allemand. ....... FLACHS-DOTTER ; LEIN-DOTTER. Hollandais. . ..... VLAS-DOTTER.

CETTE plante annuelle croit dans presque tous les climats, et se plaît au milieu des moissons.

La racine, fibreuse, dure, blanchätre, s'enfonce assez profondément dans le sol. — La tige, droite, cylindrique, s'élève jusqu’à la hauteur de deux pieds; elle produit supérieurement des rameaux lisses, remplis d’une moelle spongieuse. — Les feuilles, vertes, molles , quelquefois légèrement velues, allongées, pointues, garnies de dentelures distantes et peu sensibles, embrassent la tige par leur base auriculée. — Les fleurs sont jaunâtres, pédonculées, et disposées, au sommet de la tige et des rameaux, en corymbes qui sallongent en grappes ou en panicules à mesure que les dernières fleurs se développent. Chacune d’elles présente un calice de quatre folioles ovales, concaves, caduques ; quatre pétales en croix; six étamines, dont deux plus courtes ; un ovaire supérieur, chargé d’un style, que termine un stigmate obtus. — Le fruit est une silicule pyriforme, biloculaire, couronnée par le style, et renfermant de dix à douze petites semences ovoïdes , jaunes ou rougeätres.

Dans plusieurs départemens de la France, et surtout dans ceux de la Somme et du Pas-de-Calais, on cultive la cameline , sous le nom vulgaire de camomen. Elles s'aperçoit dans tous les lins, dit Par-

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mentier : les cultivateurs ne se plaignent pas du dommage qu’elle leur cause, parce qu’on peut la rouir, la filer avec le lin, et tirer également l'huile de sa graine. Destinée à remplacer le lin, le colza, les pavots, que l’intempérie des saisons a détruits, la cameline ne trompe jamais l'espoir de l’agronome; car, pouvant être semée beaucoup plus tard, et n’exigeant que trois mois au plus pour parcourir toutes les périodes de la végétation, elle n’est pas exposée aux mêmes inconvéniens.

Dans les environs de Montdidier, on sème la cameline sur les parties des pièces de froment où ce grain a manqué. On est encore à temps de profiter de la ressource qu'offre cette plante, pour tirer parti de ces places vides dans le courant d'avril. Trois mois après lensemencement , la graine est mûre; mais, pour la récolter, il ne faut pas attendre que les capsules soient parfaitement sèches; il suffit qu’elles commencent à jaunir.

Lorsque la graine est vannée, on en retire, par la pression, une huile dont les usages sont aussi variés qu'importans. Fraîche , elle sert à la nourriture des pauvres. Destinée surtout à l'éclairage, elle a moins d’odeur que l'huile de colza, et ne donne pas beaucoup de fumée. On l’emploie aussi dans la peinture, et pour la confection du savon. Elle est prescrite par les médecins à intérieur, comme relàchante dans la constipation , et à l'extérieur, pour adoucir, amollir et faire disparaître les aspérités , les gercures et les brûlures. Un cataplasme fait avec la plante tout entière a plus d’une fois calmé des inflammations locales assez graves.

Les chevaux, les vaches, les moutons, les chèvres et une foule d'oiseaux recherchent avidement la graine de cameline. On peut fa moudre et en mêler avec la farine ordinaire dans les années de disette.

Quand la tige de cette plante est battue, dépouillée de sa graine et séchée, on la conserve pour se chauffer et pour couvrir les chaumière des paysans.

EXPLICATION DE LA PLANCHE. (La plante est de grandeur naturelle.) — x. Racine. — 2. Feuille au trait de la variété. — 3. Fleur entière grossie. — 4. Pistil et etamines. — 5. Fruit. — 6. Le même, coupé horizontalement.

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