CAPILLAIRE
il répand un arôme agréable, mais faible, qui pourtant s’exalte par l'action de l’eau bouillante. Cette infusion édulcorée forme une boisson que les médecins prescrivent dans le catarrhe pulmonaire, et que les malades prennent avec plaisir.
Fourcroy enseigne ainsi la manièrede préparer le siropde capillaire:
« Prenez une once de capillaire le mieux conservé et le plus odorant ; faites-le infuser pendant douze heures, avec quatre livres d’eau bouillante, dans un vaisseau fermé. Passez la liqueur avec expression; battez quelques blancs d'œufs avec un peu de cette infusion, et délayez-y quatre livres de cassonade. Versez cette masse épaisse dans le reste de la liqueur ; agitez bien le mélange ; soumettez-le à l’ébullition ; écumez à deux ou trois reprises; faites cuire jusqu’à ce que le sirop se ride légèrement dans une cuiller en soufflant à sa surface ; coulez-le tout bouillant sur du capillaire haché dans un vase que vous clôrez bien; et, quand il sera réfroidi , passez-le au travers d’une étamine , et renfermez-le dans des bouteilles. On obtient par ce procédé un sirop parfumé, supérieur en qualité à celui si renommé de Montpellier, qui s’y prépare en faisant infuser sur le capillaire du sirop de sucre ordinaire : quelquefois on ajoute un peu d’eau de fleurs d'oranger. »
Il vante prodigieusement ce sirop : c'est, dit-il, un béchique adoucissant et relächant ; on l’emploie avec succès dans les rhumes, la toux sèche, les douleurs et lardeur de la poitrine; il facilite l’expectoration , et son usage est d'autant plus précieux, qu’il rend les boissons plus agréables en augmentant leurs propriétés médicamenteuses.
Le capillaire de Canada , adiantum pedatum , X. , est plus délicat, plus élégant que celui de Montpellier; il est aussi plus odorant. Il se multiplie, dit-on , si prodigieusement en Amérique, que les commerçans en garnissent leurs marchandises, au lieu de foin, pour les expédier dans les pays éloignés.
rormi (rierre), Traité de l’adianton ou cheveu de Vénus, contenant la description, les utilités
et les diverses préparations de cette plante; in-12. Montpellier, 1644. L'auteur exalte jusqu’au ridicule les vertus prodigieuses du capillaire ; il en fait une vraie panacée.
EXPLICATION DE LA PLANCHE. ( Za plante est de grandeur naturelle.) — 1. Feuille grandie, dontles bords, repliés en forme de lunules, servent d’involucre et portent un certain nombre de capsules. — 2. Sommet de feuille dont on a relevé le bord, afin de faire voir la si-
tuation des capsules. — 3. Une capsule grossie. — 4. Graines ou sporules contenues dans les capsules.
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