‹ Flore médicale (volume 2)Chapitre 44 sur 73 · X CV · texte numérisé non relu

X CV

CAPRIER.

CÉCRÉCHNE 9 ea a ÉCARLTIE caPraris ; Bauhin, IlivæË , ]. 12, sect. 4 ; — Tournefori, clas. 6, rosacées. Lie NO ANR GAPPARIS SPINOSA , pedunculis unifloris, solitarüs, stipulis spinosis , foliis annuis, capsulis ovalibus ; Linné, clas. 13, polyandrie mo-

nogynie * ; — Jussieu, clas. 14, ord. 4 , câpriers.

Tralrerrs SPLIT CAPPERO; CAPPARO.

Espagnol... 2... ALCAPARRO ; ALCAPARR A.

Francais... ...... CAPRIER; TAPENIER.

AREAS NES FR Ne -CAPER-TREE.

Allemand. . ..... . KAPERNBAUM.

Hollandais, . . .... KAPPERBOOM.

Ox regarde généralement le cäprier comme originaire de l’Asie, d’où il nous a été apporté par des colons grecs?. Cet arbrisseau croît et prospère aujourd'hui dans toutes les contrées méridionales de l'Europe, telles que l'Espagne, l'Italie, le Languedoc, la Provence; il se plaît le long des murs bien exposés aux rayons du soleil, dans les endroits pierreux, dans les fentes des rochers.

La racine est grande, ligneuse, rameuse , et revêtue d’une écorce épaisse. Les tiges nombreuses , disposées en touffe lâche et diffuse, ont deux ou trois pieds de longueur : elles sont cylindriques et glabres. — Les feuilles sont alternes, entières, ovales-arrondies, lisses, vertes, soutenues par des pétioles qui ont à leur base deux épines courtes et crochues. — Les fleurs sont amples, axillaires, solitaires, portées sur de longs pédoncules simples; elles présen-

* Je préfère, avec M. Turpin, la dénomination spécifique sativa, proposée par Perscon, à celle de spinosa, qui est doublement impropre : en effet, plusieurs espèces de câpriers sont armées de stipules spinescentes, tandis que celui qui porte le nom d’épineux devient inerme par la culture, et l’est même naturellement dans quelques variétés, comme l’a observé Tournefort à l’île d’Antiparos, et Murray dans le jardin botanique de Gottingue. <

? Beckmann, Vorbereitung zur Waarenkunde ; 1793, tom.r, pag. 111. Murray, Apparatus medicaminum ; 1794, tome 11, page 378.

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tent un calice composé de quatre folioles ovales, coriaces, caduques; une corolle formée de quatre pétales blancs, sous-orbiculaires, ouverts en rose; des étamines très-nombreuses, très-longues, purpurines; un style très-allongé, que termine un stigmate ovale. — Le fruit est une silique pédiculée, charnue, qui, semblable à une baie piriforme, renferme dans son parenchyme beaucoup de graines menues et blanchätres , sub-réniformes.

C’est au mois de juillet que s’épanouissent les grandes et belles fleurs du câprier ; mais si quelques-uns de ces arbrisseaux sont destinés à faire l’ornement des jardins, la plupart servent à des usages économiques. C’est surtout entre Marseille et Toulon qu’on voit des champs entiers couverts de cäpriers, cultivés avec des soins que couronne un succès constant. S'il n’entre point dans mon plan d’énumérer ces procédés agronomiques , très-exactement décrits par Miller, Beraud, Bernard, Rozier, Dutour, Mordant Delaunay, je dois faire connaître la manière de récolter et de préparer les câpres, qui, comme on le sait, ne sont autre chose que les boutons des fleurs du câprier non encore épanouies.

Les femmes et les enfans vont tous les matins recueillir ces boutons, qui, dans leur état de fraîcheur, exhalent une faible odeur, et impriment sur la langue une saveur légèrement piquante. On les expose à l'ombre pendant trois ou quatre heures, jusqu'à ce qu'ils commencent à se flétrir, afin d'empêcher qu’ils ne s'ouvrent. On les met ensuite dans un vase qu’on remplit de vinaigre, on les couvre, et on les laisse ainsi pendant huit jours ; on les retire alors; on les presse doucement, et on les remet dans de nouveau vinaigre, durant huit autres jours : on répète cette opération une troisième fois; puis on les sépare an moyen de plusieurs cribles percés de trous de divers diamètres. Les boutons les plus petits donnent les cäpres les plus fermes, les plus délicates et les plus recherchées. Ce triage fait, on renferme les câpres dans des tonneaux avec du vinaigre, auquel parfois on ajoute du sel.

On préfère les câpres qui ont une belle couleur verte; certains marchands la leur communiquent à l’aide du cuivre, et deviendtiel par cette SODRAEAAE coupable, de vrais empoisonneurs.

Telle précaution qu’on apporte dans la cueillette des boutons , il y en a toujours qui échappent et qui fleurissent; on les laisse venir

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à graine, et, quand les capsules encore vertes sont grosses comme une olive, on les cueille et on les confit. Elles forment un mets agréable, comme les câpres, et sont appelées corrichons de cäprier*.

« Ces assaisonnemens, qui jouissent de propriétés excitantes , ne conviennent qu'aux estomacs faibles, aux personnes d'un tempérament muqueux , d’une constitution molle, et chargées de beaucoup d'embonpoint : ils facilitent la digestion chez ces individus, et la retarderaient plutôt, en irritant l'estomac, chez les personnes délicates, nerveuses, à fibres sèches, mobiles, légèrement impressionnables?. »

C’est pour fondre les obstructions abdominales, et surtout celles de la rate, qu'on a principalement vanté les câpres. Leur usage, joint à celui de l’eau des forgerons, a dissipé une induration splénique qui, pendant sept années, avait éludé les autres secours de l’art, s’il faut en croire Benivieni. Cette faculté désobstruante attribuée aux boutons du câprier , se retrouve plus puissante, plus énergique encore dans écorce de sa racine, qui est une des cinq apéritives mineures.

« On la rencontre chez les droguistes en morceaux roulés, gros à peu près comme un tuyau de plume d’oie, et de l’épaisseur d’une ligne : elle est grise, quelquefois légèrement teinte d’une couleur vineuse, et garnie extérieurement de rides transversales peu saillantes ; sa cassure est blanche, celluleuse, avec de petits points jaunâtres; elle a une saveur amère, piquante, et un peu âcre à la gorge; elle est inodore. » (GUERSENT.)

Jadis employée et préconisée par Forest, Pauli, Sennert, elle avait perdu presque toute sa renommée , lorsque le docteur Tronchin la proposa comme un des meilleurs antihypochondriaques. Cette vogue passagère ne survécut point au médecin génevois , et l'écorce de câprier est retombée, peut-être à tort, en désuétude. On la prescrivait pulvérisée, à la dose d’un gros, ou bien à celle d’une once infusée dans une livre d’eau. Elle entrait dans l’huile de scorpions composée, dans le sirop hydragogue de Charas; cuite, on l’appliquait tantôt sur lestomac, pour ranimer la vitalité de cet organe, tantôt sur les vieux ulcères atoniques.

! Maison, dans l'Encyclopédie méthodique : Médecine ; tome 1v, page 375. ? Guersent, dans le Dictionnaire des Sciences médicales ; tome IV, page 41.

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Le vinaigre dans lequel ont macéré les cäpres à long-temps passé pour un bon résolutif, pour un astringent précieux.

EXPLICATION DE LA PLANCHE. (La plante est représentée de grandeur naturelle. ) c. Bouton de fleur tel que l’on le cueille pour le confire dans le vinaigre , et connu sous le nom de câpre. — 2. Fruit entier de grandeur naturelle. — 3. Le même, coupé horizontalement. — 4. Graine isolée.

L'urpun V2

CENT LUNTENSLE

Lambert J'seuto

all

CAPUCINE

carpamiNDuM , ampliori folio et majori flore ; Tournefort, clas. 11,

anomales.

Latin sine ne TROPæOLUM Masus, folis peltatis, subquinquelobis, petalis obtusis ; Linné, clas. 8, octandrie monogynie ; — Jussieu, clas. 13, ord. 13, geraines.

Tate NE NENE NASTURZIO D'INDIA; ASTUZIA.

Espagnol... ...... CAPUCHINA; MASTUERZO DE INDIAS.

Français... ...... CAPUCINE:

Anglars.. 2... INDIAN CRESS

Allemand......... xNDIANISCHE KRESSE; CAPUCINERKRESSE.

Hollandais... ..... tNDIAANSCHE KERS.

Suédois... ......: INDIANSK KRASSE.

se Or1GiNAIRE du Mexique et du Pérou, cette belle plante fait aujourd’hui l’ornement de nos jardins : toutefois elle y périt chaque année, tandis qu’elle est vivace dans son pays natal. Linné dit qu’elle fut introduite en Europe en 1684, par les soins de Jérôme Revernink, naturaliste et diplomate hollandais.

La racine est petite, fibreuse, blanchâtre, rampante. — Les tiges sont herbacées , cylindriques, glabres, succulentes. En fournissant un appui à ces tiges faibles et lourdes, on peut les faire monter à la hauteur de six à sept pieds, et en décorer les murs des bosquets, les berceaux , les terrasses , ainsi que les cours et les fenêtres des maisons. —— Les feuilles sont très-nombreuses , alternes , planes, arrondies daus leur contour, à cinq lobes superficiels, attachées à leur centre en forme de bouclier, par un pétiole long, flexueux, qui s’entortille sur les corps voisins à la manière des vrilles. — Les fleurs, grandes et belles, portées sur de longs pédoncules axillaires, se succèdent dans nos climats pendant tout l'été, et même jusqu’à l'entrée de l’hiver; dans les pays chauds, dit Dutour, la capucine demeure verte et fleurit toute l’année. Chaque fleur présente un calice monophylle, caduc, divisé profondément en cinq découpures lancéolées, et terminé postérieurement par une sorte de capuchon’; une

! La plante doit à cette conformation singulière le titre de capucine. Le nom 20e Livraison, 3.

CAPUCINE

superbe corolle, composée de cinq pétales obtus, de grandeur et de figure inégales, de couleur jaune orangé ou ponceau fort éclatant, attachés au calice, alternes avec ses découpures ; les deux supérieurs nus et striés à leur base de lignes pourpres; les trois inférieurs ayant les onglets ciliés. — Le fruit, trilobé, consiste en trois capsules charnues réunies, convexes et sillonnées en dehors, angulaires à l’intérieur, et fixées à la base du style persistant; chacune d'elles renferme une graine ovoide.

On doit à la fille du célèbre Linné la première observation d’un phénomène très-curieux. Dans les beaux jours d'été, vers le crépuscule du soir, au mois de juillet surtout, 1l sort des fleurs de la capucine une lumière vive comme l'éclair, et qui ressemble à une étincelle électrique. M. Braconot croit pouvoir attribuer ces petits éclairs qui s’'échappent du voisinage des parties sexuelles de cette plante à une production de phosphore qui brûle, et s’acidifie à mesure qu'il est formé. En effet, M. Braconot a trouvé dans la capucine, nonseulement une quantité notable d’acide phosphorique, mais encore des phosphates de potasse et de chaux; il a démontré en outre la présence des carbonate, sulfate et muriate de potasse.

Toute la planche fraîche, et spécialement les fleurs, ont une saveur, une odeur et des propriétés fort analogues à celles du cresson; aussi la capucine est-elle souvent désignée par les titres de cresson d'Inde, cresson du Pérou, cresson du Mexique. Les jolies fleurs servent à orner les salades, et à en relever le goût. On confit au vinaigre les jeunes boutons et les fruits verts, comme ceux du câprier, qu'ils peuvent remplacer : Dutour assure même que les câpres-capucines sont plus parfumées. Toutefois, il importe d'observer que l'action médicamenteuse de ce cresson péruvien est très-inférieure à celle de nos cressons indigènes. Cependant on a préconisé le suc des feuilles de capucine, non-seulement à titre d’antiscorbutique, mais comme un précieux antiphthisique. MM. Roques et Biet remarquent judi-

générique topæolum rappelle Le casque et le bouclier dont les fleurs et les feuilles offrent l’image. Voici les propies expressions de l’immortel Linné : 7ta dixi herbam, quum hortulani solent pyramidulum reticulatum exstruere, per quem scandat planta, dum lepide veterum repræsentat tropæos, seu statuas victoriales , ubi folia clypeos, et flores galeas auratas sanguine tinctas hastaque pertusas cxæhibent. |

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cieusement à ce sujet que, le catarrhe pulmonaire ayant été confondu mille fois avec la phthisie, on doit ajouter peu de confiance à ces cures brillantes fastueusement prônées par des docteurs inhabiles et incapables de saisir le vrai caractère d’une maladie.

Si les fruits de la capucine donnent à leur état de verdeur un assaisonnement agréable, ils acquièrent, en müûrissant et se desséchant, la faculté cathartique. Une jeune femme fut purgée cinq fois avec deux de ces capsules ; un soldat robuste, qui en prit trois, éprouva six déjections alvines très-abondantes *.

La petite capucine, éropæolum minus, se rapproche singulièrement de la grande par ses caractères botaniques, et peut servir aux mêmes usages. La plupart des naturalistes, Lamarck, Gilbert, Dutour, Delaunay, fixent à l’année 1580 l'introduction de cette plante en Europe. Cette date est évidemment fausse; car je lis dans un ouvrage de Monardès, médecin espagnol, qui mourut en 1518 : Semen floris sanguinei, ex Peru delatum, terræ commissi, ut ejus ele- …gantiam potius conspicerem , quam quod ulla medica facultate præditus sit.

* Arnold, Observ. phys. med. ; 1757, page 70.

EXPLICATION DE LA PLANCHE. ( La plante est réduite aux deux tiers de sa grandeur naturelle.) — x. Lun des trois pétales inférieurs réduit à moitié de sa grandeur naturelle. 2. Calice et étamines. — 3. Pistil de grandeur naturelle. — 4. Fruit entier de grandeur naturelle. — 5. Une des trois parties du fruit détachée. — 6. Graine dépouillée de son péricarpe.

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: CARDAMINE.

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