‹ Flore médicale (volume 2)Chapitre 62 sur 73 · FIRE NORRIS HEMP · texte numérisé non relu

FIRE NORRIS HEMP

PAUEMANRG ER RNREE HANF.

Hollandais. . . .... HENNIP ; KENNIP.

SLÉTOTS EN NC EEE HAMPA.

IPOlOR GTS EE EI KONOP

Bren que les Indes Orientales soient la véritable patrie du chanvre, ce végétal utile croît en abondance et spontanément sur les bords glacés de la Newa, du Borystène et du Wolga.

La racine est blanche, ligneuse, fusiforme , garnie de fibrilles. — La tige, droite, ordinairement simple, obtusément quadrangulaire, fistuleuse, rude, velue, s’élève à une hauteur qui varie prodigieusement selon la nature du sol et l’influence du climat : tandis qu'elle monte à peine à trois pieds en Lithuanie, souvent elle parvient chez nous à une toise d’élévation , et dans les plaines fertiles du Piémont elle acquiert la taille gigantesque de quinze à vingt pieds. — Les feuilles sont opposées , pétiolées, digitées, composées de cinq à sept folioles lancéolées, dentées en scie, et dont les inférieures sont les plus petites. — Les fleurs sont dioïques, c’est-à-dire que les organes sexuels sont séparés sur deux individus différens ’. Les fleurs mâles, disposées en petites grappes lâches dans les aisselles des feuilles supérieures et au sommet de la tige, présentent un calice de cinq folioles oblongues, légèrement arquées et concaves ; cinq étamines,

* Quelques individus sont monoïques , et portent conséquemment les deux sexes dans des fleurs séparées.

29° livraison. I.

CHANVRE

dont les filamiens très-courts portent des anthères oblongues et tétragones. Les fleurs femelles, également axillaires, et presque sessiles, offrent un calice monophylle, conique, spathiforme, s’ouvrant d’un côté dans toute sa longueur; un ovaire supérieur, surmonté de deux styles longs, subulés et velus. — Le fruit est une capsule crustacée, subglobuleuse, brune ou grise, lisse, composée de deux vulves qui restent unies, recouverte par le calice, et renfermant une graine blanche et huileuse.

Presque partout on cultive le chanvre, et presque partout il réussit à merveille : les procédés de cette culture intéressante et facile, la manière de le récolter et de le préparer, ont été parfaitement décrits dans les traités généraux et spéciaux de jardinage, d'économie rurale et domestique de Miller, Duhamel, Rozier, Rougier la Bergerie, et dans des monographies estimées '. Je ne dois qu’effleurer cette matière, et mentionner seulement quelques précautions dont l’exacte observance contribue puissamment à la perfection des produits qu’on retire du chanvre.

Toute rupture lui est pernicieuse : ainsi, pour ne le point briser, en le cueillant il faut le tirer droit hors de terre brin à brin , et, lorsqu'il est très-élevé, le jeter sur le bras gauche, jusqu’à ce qu’on en ait une poignée. On secoue légèrement la terre qui tient aux racines, on y met deux liens, et la tige reste entière. Ces poignées sont portées hors de la chenevière ; un homme muni d’un instrument tranchant les prend l’une après l’autre ; et, les posant sur une fourche

‘ BARUFFALDI ( sérôme), {7 canapajo, libri otto; poerna georgico ; m-4°. Bologna, 17h41.

Coliiwvazione della canapa ; istruziont di Fabrizio Berti, Innocenzo Bregoli ed Antonio Pallara , raccuolte da Girolamo Antonio Berti ; in-4°. Bologna, 1741.

On trouve ordinairement cet opuscule joint au petit poème de Baruffaldi.

MARCANDIER, Jrailé du chanvre; in-12. Paris, 1758. — Id. in-8°. Bourges, 1704. — Trad. en anglais, Londres, 17964. — Trad. en allemand, avec des additions ; in-8°. Freystadt, 1763.

L'auteur avait déja publié en 1557, dans le Journal économique, un Mémoire sur une nouvelle manière de préparer le chanvre, dont le Traité est le développement.

Recueil de Mémoires sur la culture et le rouissage du chanvre; par Rozier, Prozet Perthuis, etc. Lyon et Paris, 1785.

BRALE, Analyse pratique sur la culture et la manipulation du chanvre ; in-8°. Amiens et Paris, 1790.

CHANVRE

fichée solidement en terre, il coupe toutes les racines un peu au dessus du collet ; puis 1l abat, avec un sabre de bois , le paquet de feuilles qui couronne chaque poignée.

Dépositaire de la graine, le chanvre femelle à besoin ‘d’une existence plus prolongée; on ne le récolte que trois semaines ou un mois après le mâle, et l’on suit absolument la‘même méthode : Brale préfère le fauchage, et les motifs de cette préférence qu'il allègue sont assez plausibles.

Après avoir soigneusement abattu les feuilles et les grappes, on fait aussitôt rouir le chanvre dans un fleuve ou dans une eau dorinante’. Îl est roui au point convenable lorsque la filasse qui constitue l’écorce se détache facilement de la tige, vulgairement appelée chenevotte.

Dès qu’on a retiré le chanvre du rouissoir , on le lave pour entrainer la substance glutineuse et la vase qui y restent attachées. On le fait ensuite sécher , puis on le serre dans des greniers ou dans d’autres lieux aérés, et pendant les veillées de lhiver on le teille; ou bien, si la récolte est considérable, on le soumet à l’action beaucoup plus rapide de la maque.

Séparée des tuyaux ou chenevottes, la filasse est passée à plusieurs reprises par le séran, espèce de peigne garni de pointes de fer ; après quoi on la met en bottes et on la conserve pour les nombreux usages auxquels elle est destinée?. Tantôt le chanvre est employé à fabriquer des cordages et des voiles pour les navires; tantôt il se transforme en tissus plus délicats dans la main de l’ouvrier indusirieux, qui en compose des fils et des toiles, dont la blancheur, la finesse et le moelleux le disputent aux étoffes de lin 5.

Presque tous les pharmacologistes placent avec raison le chanvre

* Duhamel conseille l’eau dormante, et Marcandier l’eau courante.

Dans les pays où l’eau manque, on étend le chanvre sur des prés; ou bien on l’expose à la rosée et au soleil, contre des haies ou des murs ; ou enfin on le place debout dans une fosse humide et couverte. Ces divers modes de rouissage n’ont jamais la perfection de celui qui se fait dans une rivière ou dans un étang.

? Dutour a été mon principal guide dans l’ébanche que j'ai tracée de la culture , de la récolte et de la préparation dn chanvre.

3 Marcandier, op. cit.

J. B. Calvisi, dans la Bibliothèque physico-économique ; 1796, page 317. F. Antill, dans le Journal de physique , de Rozier; supplément ; 1798, t.xr1r.

CHANVRE

au nombre des végétaux suspects, et l’on doit s'étonner que des médecins distingués aient voulu démontrer l’innocuité d’une plante aussi évidemment délétère. Il suffit de faire quelques pas dans une chenevière pour être frappé d’une odeur vireuse, et pour éprouver plus ou moins promptement, plus ou moins complètement , selon la susceptibilité individuelle, les principaux effets du narcotisme.

Nuisible à ceux qui le récoltent , le chanvre nuit bien plus encore

à ceux qui le préparent. L'eau dans laquelle on le rouit exhale des miasmes infects , et contracte un degré de putréfaction tel, que les poissons languissent et meurent ". Les cardeurs de chanvre sont sujets à une toux continuelle, à l'asthme, à la phthisie.

Les dames piémontaises , dans leurs promenades champêtres, aiment à porter des cannes ou des badines faites avec des tiges de chanvre, qui réunissent à une grande légèreté une blancheur éclatante. Moins volumineuses chez nous, ces tiges servent à faire des allumettes, et quelquefois du charbon pour la poudre à canon.

Gilibert a étudié sur lui-même l’action des feuilles de chanvre, infusées à la dose d’une once dans une demi-livre d’eau, elles communiquèrent à ce liquide une odeur et un goût nauséeux; cette infusion souleva l'estomac, produisit la céphalalgie, et augmenta le cours des urines en déterminant une sueur fétide ; l’habile praticien lyonnais a vu réussir cette boisson dans le rhumatisme chronique et les dartres;il ajoute que les feuilles fraîches, appliquées en cataplasme, raniment les tumeurs froides et les disposent à la résolution.

Connue sous le nom de chenevts, la graine de chanvre est d’une utilité journalière et très-variée. Elle fournit un aliment aussi substantiel que savoureux à la gent volatile, et notamment à la charmante famille des passereaux. Les habitans de certaines régions du Nord, tels que les Russes , les Polonais, les Livoniens, font frire ces oraines avec quelques aromates, et ce mets exquis paraît au dessert sur les meilleurs tables : les paysans se contentent de les piler, d'y

1 Gilibert, Démonstrations élém. de botan.; 1796 , tome 111, page 218. P. P. Pereda, An cannabis et aqua in qué mollitur possint aerem inficere ? Biett, dans le Dictionnaire des Sciences médicales ; tome 1v, page 433. Geoffroy, Traité de la matière médicale ; tome v, page 426.

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joindre du sel, et d'étendre ce mélange sur du pain noir en guise de lartines. Tode et Schwediauer regardent linfusion des semences de chanvre comme un excellent moyen de calmer la vive irritation des voies urinaires, qui accompagne les blennorrhagies très-inflammatoires. Quelques médecins préfèrent administrer ces semences sous forme d’émulsion édulcorée avec le sirop de guimauve.

L'huile de chenevis est bonne à brüler; elle entre dans la préparation des cérats, des onguens et du savon vert; elle sert même à la nourriture grossière des pauvres lithuaniens. Les gâteaux dont l’huile-a été exprimée sont recherchés par le bétail, qu'ils enoraissent.

Le chanvre des Indes, cannabr sunilis exotica, Bauhin; cannabis indica , Lamarck, paraît, aux yeux du célèbre auteur de la Ælore françaïse, une espèce très-distinguée du chanvre ordinaire. Celui des Indes est moins grand, plus rameux ; sa tige, plus dure, et presque cylindrique, porte des feuilles constamment alternes ; l’écorce mince dont elle est revêtue n'est point susceptible d'être filée et tissue comme celle du chanvre européen; mais, en revanche, toute la plante exhale une odeur plus nauséabonde , et ses qualités virenses sont bien plus fortement prononcées. Loin d'être rebutés par ces propriétés vénéneuses, les Indiens y attachent un grand prix, et savent parfaitement les utiliser. C’est avec l'écorce, les feuilles, les fleurs , les graines du chanvre, tantôt isolées, tantôt réunies, souvent même jointes à d’autres substances, que les Orientaux préparent des poudres, des pastilles , des breuvages exhilarans , aphrodisiaques, dont l'abus toutefois produit inévitablement la torpeur, l'impuissance et l’idiotisme. Parmi ces compositions recherchées avec une sorte de fureur par les Orientaux , se distinguent le haschisch

des Ismaéliens' , le bang, bangue ou bansot des Usbecks, et le maslac des Turcs ?.

! À. I. Silvestre de Sacy, Mémoire sur les préparations enivrantes faites avec

le chanvre. — Lu à l’Institut le 7 juillet 1809 ; analysé dans le Bulletin des Sciences médicales ; septembre 1809, page 207.

? Chardin, Voyage en Perse ; tome 1v, page 207%. P. B. Garnier, Dissertation sur l'ivresse ; 1815, page 13.

CHANVRE

EXPLICATION DE LA PLANCHE. (La plante est réduite à la moitié de sa grandeur

naturelle.) —- x. Fleur mâle entière grossie. — 2. Étamine grossie isolée. — 3. Fleur femelle accompagnée de sa bractée, composée d’un calice spathiforme, au fond duquel est placé un ovale surmonté de deux styles légèrement plumeux. — 4. La même grossie.

Obs. Toutes les figures du chanvre, données dans divers ouvrages, représentent toujours l'individu femelle; j'ai cru devoir ici préférer le mâle, tant parce que cela complete liconographie de cet intéressant végétal, que parce que l’image du mâle est plus belle. (T.)

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Trois 2 CARIDIONSEN LATE:

CORCENCA

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