SUCTOLS MP VAN SVAT.-ORT
Polonais... ...... 3aszxorre ; Erndtel.
THsoPHRASTE, Dioscorides, Galien ont vu la chélidoine croître abondamment sous le beau ciel de la Grèce; nous rencontrons cette plante vivace dans toute l’Europe, le long des haies, autour des puits, sur les vieilles murailles , sur les terrains incultes et couverts. Gmelin l’a trouvée extrêmement répandue sur le sol affreux de la Sibérie, et le docteur Schæpf l’a souvent recueillie aux environs de New-Yorck, en Amérique.
La racine est brune-rougeâtre, cylindrique, fibreuse, chevelue. — Les tiges, droites , grêles, fragiles, rameuses , légèrement duvetées, s'élèvent à la hauteur d’environ un pied et demi. — Les feuilles sont alternes , grandes, molles, ailées, découpées en lobes arrondis, vertes en dessus, glauques en dessous, et munies de poils rares seulement sur leur pétiole. — Les fleurs , jaunes, sont disposées en manière d'ombelles , au sommet des tiges. Chaque fleur présente un calice formé de deux folioles ovales, concaves , caduques '; une corolle de quatre pétales obtus, planes, ouverts en croix; vingt à trente, quelquefois cmquante à soixante étamines, dont les filamens
1 Avant l'épanouissement des pétales, le calice est d’une seule pièce; il se déchire en deux par l’action des pétales tuméfiés. (G1LIBERT.)
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jaunes portent des anthères didymes; un ovaire supérieur, terminé par un stigmate bifide. — Le fruit est une silique grêle, de la longueur d’un pouce et demi, bivalve, contenant dans une seule loge une centaine de graines obrondes , luisantes, noirâtres.
Dans son état de fraîcheur , la chélidoine exhale une odeur désaoréable, que Tournefort compare à celle des œufs couvés, et Murray à celle de la moisissure septique. Elle a un goût amer, accompagné d’une âcreté qui diminue par la dessiccation , tandis que l’'amertume augmente. Ces qualités physiques sont essentiellement dues à la présence d’un suc jaune-orange, dont toutes les parties de la plante sont copieusement imprégnées, et qui s'en écoule à la plus légère incision.
Linné, Murray, Schallern, Gilibert , Bodarde s'étonnent avec raison de l’injuste oubli auquel a été condamnée pendant plusieurs siècles une substance pleine d’énergie, et que les anciens avaient parfaitement appréciée; ils font la remärque très-judicieuse, que les propriétés sont plus éminentes, et en quelque sorte plus concentrées dans la racine. Galien l’administrait, infusée dans du vin blanc, pour la guérison de l’ictère ; Dioscorides y ajoutait de l’anis ; Foreest la faisait bouillir dans la bière. Chomel, dont, au reste, l’autorité: n’est pas d’un grand poids, conseille de faire macérer les feuilles de chélidoine dans du petit-lait auquel on ajoute un peu de crême de tartre. Je pense qu’il convient d'adopter la méthode indiquée par le professeur Wendit : il exprime, en été, le suc de toute la plante, et le mêle à une égale quantité de miel. La dose, qui d’abord est de deux gros, est graduellement portée jusqu'à une demi-once, délayée dans une à deux cuillerées d’eau. Au printemps et en automne, il n’emploie que le suc, de la racine, et en hiver il administre l’extrait de la plante tout entière, dont il forme des pilules de deux grains : il commence par en donner deux; puis il porte successivement le nombre jusqu’à dix, et continue cette dose jusqu’à ce que la cure soit complète. Mais le professeur d’Erlangen, entrainé par sa prédilection pour la chélidoine, lui accorde des vertus trop éminentes ei trop multipliées: il ne la prescrit pas seulement contre l’ictère, les embarras viscéraux , les fièvres intermittentes , les hydropisies ; elle est en outre, selon lui, un remède souverainement propre à combattre les affections scrofuleuses et syphilitiques. Disciple
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de Wendt, le docteur Schallern a renouvelé des Grecs la réputation antiophthalmique de la chélidoine' ; et, à l'exemple de son maître, il a parfois outrepassé les limites de la stricte vérité. Les anciens préparaient dans un vase de cuivre un collyre composé de suc de cette plante et de miel. L'eau distillée d’éclaire , recommandée depuis pour remplir la même indication, est un topique presque inerte, Le docteur Schallern fait usage intérieurement et extérieurement de la chélidoine pour dissiper les maladies des yeux ; il se flatte d’avoir, par ce moyen, prévenu la cataracte, dissipé les ophthalmies, absorbé des taies, guéri des amauroses.
Les vices cutanés , qui se manifestent sous tant de formes hideuses , et repoussent avec obstination les secours de l’art, cèdent pourtant quelquefois à la chélidoine, administrée en topique et à l’intérieur par un praticien habile. Gilibert regarde le suc de chélidoine comme un des plus puissans détersifs des ulcères cacoèthes. Le peuple en fait chaque jour usage , et non sans succès, pour détruire les cors, les verrues, et autres durillons.
Le Prussien Kramer raconte les cures de goutte et de calcul qu'a opérées , sous ses auspices, l’infusion théiforme de chélidoine.
La couleur jaune que communique au papier , aux étoffes, à la peau , le suc de cette plante, est passagère; une simple ablution d’eau suffit pour l’effacer; par conséquent, l’art tinctorial ne peut, alors, en retirer aucun avantage. Mais, au moyen de la fermentation, le professeur saxon C. G. Rœssig a obtenu de la chélidoine une couleur bleue solide, semblable à celle de la guède.
* Le mot yexdouov dérive très-certainement de yexdov, hirondelle : mais la chélidoine a-t-elle recu cette dénomination parce que ses fleurs s’épanouissent à l’arrivée des hirondelles, et se fanent au départ de ces oiseaux voyageurs; ou bien, faut-il rapporter ce titre générique à la persuasion dans laquelle étaient les Grecs que les hirondelles se servaient du suc de chélidoine pour rendre la vue à leurs petits dont on avait crevé les yeux? J’ai vu plusieurs de mes contemporains, et surtout de bons Tourangeaux , mes compatriotes, ajouter une confiance évangélique à ce conte puéril; Je n’en ai point été surpris; la sotte crédulité n’est-elle pas de tous les temps et de tous les pays?
CREUZBAUER (George-adam), De radicis chelidonit majoris ad solvendos pellendosque cholelithos efficacid, biga observationum comprobata, Diss. in-4°. Argentorati, 1785.
Gzumm (soseph-antoine), De Chelidonio majori, Diss. in-4°. Duisburgi, 1786.
scæArzerN (rhéophile-adam-soseph de), Dissertatio inauguralis ; quà chelidonii majoris virtus medica novis observationibus firmatur ; in-4°. Erlangæ, 1790.
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EXPLICATION DE LA PLANCHE. (La plante est réduite aux deux tiers de sa grandeur naturelle.) — x. Calice diphylle, cadue, étamines et pistil. — 2. Fruit ou silique de grandeur naturelle , tel qu'il s'ouvre dans sa maturité. — 3. Graine grossie , armée d’une caron .
cule particulière.
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