‹ Flore médicale (volume 2)Chapitre 65 sur 73 · LUE · texte numérisé non relu

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CIENATAIGNIER .

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HA" NIER CHATAIGN à CELA S PENSE xærTavov, Dioscorides;, xæsTævasmoy xæpuov , Théophraste. CASTANEA SILVESTRIS quæ peculiariter CASTANEA ; Bauhin, Huvaë , Lib. 2, sect. 4 ; —— Tournefort, clas. 19, arbres amentacés. PART LE 20 PRO FAGUS CASTANEA , foliis lanceolatis, acuminato-serratis , subtüs nudis ;

Linné, clas. 21, monœcie polyandrie ; — Jussieu, clas. 15, ord, 4,

amentaceées.

CaSTANEA vuLGARIS ; Lamarck.

Ttalien al ae CASTAGNO.

Espagnol... ...... caAsrano.

HRCTGOLS EN CU CHATAIGNIER.

ARES NME TEUNT CHESNUT: CHESNUT-TREE.

Allemand. ....... KASTANIENBAUM; KOESTENBAUM. Hollandats net KASTANJE-BOOM, SUEAO SEEN SIENNE CASTANIE-TRA. Par Le Mes 0 E"e KASZTAN.

Sous le beau ciel de la Grèce, de même que sur les collines de la brillante Italie, le châtaignier croît en abondance; la nature semble l'avoir multiplié en raison de son extrême utilité : on le trouve en Angleterre, en Suisse, en Allemagne, et surtout en France, où il prospère merveilleusement.

Cet arbre, qui atteint communément la hauteur d'environ trente pieds, parvient quelquefois à une élévation beaucoup plus considérable, et acquiert des dimensions tellement prodigieuses en tout sens, qu’elles paraissent incroyables. Kircher, par exemple, dit avoir observé près du mont Etna, en Sicile, un châtaignier dont la circonférence était de plus de cent pieds. Cet arbre monstrueux a depuis été soigneusement examiné, décrit et figuré par divers voyageurs ; il porte le nom très-expressif de castagnaro di cento cavall. On trouve en Angleterre plusieurs châtaigniers également remarquables par leurs immenses proportions et leur étonnante longévité. Celui de Bristol, par exemple, avait dix-neuf pieds de diamètre, et on le croyait âgé de plus de cinq cents ans.

Qui n’a pas entendu parler du fameux châtaignier de Tortworth ,

29° Livraison. 3. 4

CHATAIGNIER.

dans le comté de Giowcester? Depuis une longue suite de sièeles , il sert de limite; sa circonférence est de cinquante-deux pieds; déjà , en 1150, il était appelé #he great chesnut, et l’on présume qu’il compte plus de mille années d’existence.

Les feuilles du châtaignier sont alternes, peu éloignées les unes des autres, pétiolées, longues-lancéolées, vertes, glabres, légèrement luisantes en dessus, nerveuses en dessous, dentées en manière de scie‘. — Les fleurs, monoïques , amentacées , sortent de Paisselle des feuilles; les fleurs mäles, sessiles, groupées le long d’un chaton cylindrique, grêle, blanchätre , offrent un calice à cinq et plus souvent à six divisions, dans lequel sont implantées une douzaine d’étamines. Les fleurs femelles proviennent des mêmes boutons que les mâles, mais ne font point partie des chatons à la base desquels on les trouve communément placées : « elles sont renfermées, au nombre de trois?, dans un involucre légèrement pédoneulé, muni d’une écaille à sa base, et composé d’un grand nombre de petites écailles réfléchies, qui, à la maturité du fruit, deviennent autant d'épines. Ces trois fleurs, disposées sur une seule ligne, présentent chacune un ovaire inférieur , en forme de sourde, couronné d’un petit calice velu, divisé en six lobes, à l’intérieur duquel sont insérées douze petites étamines stériles , dont six alternativement plus courtes. Au centre du calice, sur le sommet de l'ovaire, s'élèvent six styles droits, cartilagineux , subulés, velus à leur base , terminés par des stigmates simples5. »

1 Chaque pétiole est accompagné à sa base de deux grandes stipules caduques. ù (T.)

? Dans le chätaignier cultivé, l’involucre ne contient qu’une seule fleur.

3 M. Turpin m'a communiqué plusieurs observations sur la fructification du châtaignier : je crois devoir consigner ici les plus intéressantes.

« Si l’on coupe transversalement un ovaire quelque temps après la fécondation , on voit que la véritable organisation de la châtaigne est d’avoir six loges, parfois sept, et deux graines dans chacune, puisque cette coupe offre six cloisons , et six loges bourrées d’une substance spongieuse. Au sommet et dans l'angle de chaque loge, sont attachés deux ovules allongés, et terminés supérieurement par un bec. De ces nombreux ovules, un seul {rarement deux) se développe ; en grossissant, il pousse, détruit toutes les cloisons, et remplit à lui seul toute la capacité du péricarpe.

« En même temps que l'ovaire fécondé grossit et se convertit en fruit, l'involuere subit des changemens très-remarquables : de sphérique, il devient tétra-

CHATAIGNIER.

Le fruit est une coque ou une capsule, hérissée extérieurement de pointes, s’ouvrant en deux ou quatre parties, et renfermant dans uue seule logeautant de grosses graines qu'il y avait de fleurs dans l’involucre. Ces graines, universellement connues sous le nom de chdtaignes , ovales , obrondes, aplaties d’un côté, convexes de l’autre, consistent en une amande à chair blanche et ferme, recouverte d’une peau coriace , lisse et brune.

Nous possédons très-peu d'arbres qui réunissent des avantages aussi nombreux et aussi importans que le châtaignier. Il croît dans les terres légères, dans les lieux secs et stériles, sur les rochers, les pierrailles. Les sols sablonneux lui conviennent assez; mais il redoute les terres argileuses , dures , grasses et marécageuses. Les montagnes du troisième ordre sont, en général, propres à sa culture ; il se plait sur le penchant des coteaux, où, par sa position naturelle , il a la faculté d'étendre ses branches , et de prendre la forme d’ oranget, si agréable aux yeux des amateurs !.

Au moyen de la greffe et de quelques soins agronomiques, le chätaignier acquiert plus de volume et de perfection dans toutes ses parties; ses fruits mieux nourris, plus arrondis, plus savoureux, prennent alors le titre de marrons. Ceux qu’on apporte du Vivarais et du Dauphiné à Lyon, retiennent le nom de cette dernière ville, et sont les plus estimés de tous. On en récolte aussi d excellens dans le Limousin ?.

gone, quadrivalve ; toutes ses écailles molles se changent en autant d’épines acérées, ce qui lui donne entièrement l’aspect d’un hérisson. « Si l’on dégage adroitement la graine de l’enveloppe cartilagineuse du péricarpe, on retrouve encore à son sommet tous les petits ovules avoriés. » ‘ Dutour, dans le Nouveau Dictionnaire d'hist. nat. ; 1803 , tome v, page 94. 2 Un administrateur assez célèbre sous le ministère du duc de Choïseul, après avoir médité long-temps sur les moyens à employer pour pacifier les habitans de l’ile de Corse, proposa de couper tous les châtaigniers, parce que leur production annuelle fournissait à ces insulaires une subsistance assurée sans aucun travail, et d’y substituer la culture des grains, qui les obligerait à des travaux continuels pour se procurer une subsistance incertaine, ce qui les détournerait nécessairement des complots séditieux , qu’il regardait comme l'effet d’une oisiveté inquiète chez un peuple pauvre et sobre. Ce spéculateur , digne à cet égard de figurer parmi les conquérans du Nouveau-Monde, ignorait que les terrains plantés de châtaigniers, en Corse, ne convenaient nullement à la culture des grains. On eut le bon esprit de ne point adopter ce projet insensé et destructeur. (PARMENTIER.)

CHATAIGNIER.

Tous les peuples s'accordent à célébrer les louanges du châtaionier. Les Anglais Miller, Bryant, Curtüs, Willich, les Allemands Bœhmer , Cruenitz, Ehrhart, Bechstein Hochheimer, Pietsch, les Italiens Arduini, Targioni, Rè, Santi, et une foule de nos compatriotes placent honorablement cet arbre à côté du chêne. C’est avec son bois que la plupart des anciens bâtimens de Londres ont été construits ; la charpeñte d’une foule d’antiques édifices à Paris, à Lyon, et dans beaucoup d’autres villes de France, est pareillement en bois de châtaignier, et depuis trois ou quatre siècles elle n’a pas souffert la plus légère altération. « La propriété qu'il a de conserver toujours son volume égal, sans se gonfler ni se resserrer, le rend surtout très-propre à contenir toutes sortes de liqueurs ; il laisse moins évaporer leur partie spiritueuse que le bois de sapin ou de chêne : aussi fait-on partout, avec le châtaignier, des cerceaux et des futailles de toutes les grosseurs , dans lesquelles le vin conserve sa qualité, et se perfectionne même. On devrait, par cette raison, cultiver constamment cet arbre dans le voisinage des pays de vignoble. D'ailleurs, il procure un ombrage agréable; il a une très-belle forme, et figure très-bien dans les parcs et dans les plantations d'ornement. Mais il ne faut pas le placer trop près des habitations, parce qu'il répand, lorsqu'il est en fleur, une odeur spermatique nauséabonde. » |

Chaque pays a sa méthode de récolter les châtaignes. Presque toutes ces méthodes sont vicieuses. On doit préférer celle de lillustre agronome Parmentier. « Les châtaignes et les marrons ramassés au grand soleil, exposés ensuite à l’action de cet astre pendant sept à huit jours , sur des claïes, que l’on retire tous les soirs, et que l’on pose les unes sur les autres dans l’endroit le plus chaud de la maison, acquièrent la propriété de se conserver très-long-temps, et même de supporter les plus longs trajets, sans rien perdre de leur excellent goût et de leur faculté reproductive. »

La consommation prodigieuse qui se fait de toutes parts en chàtaignes et en marrons, démontre suffisamment qu’on sait les apprécier ce qu’ils valent. Des peuplades entières en font leur nourriture principale et presque exclusive, pendant plusieurs saisons de l’année; elles s’en servent, en outre, pour engraisser leurs bestiaux. « Le châtaignier, dit M. Bodard, forme le plus grand et le plus in-

CHATAIGNIER.

téressant revenu que l’art et la nature fournissent aux habitans du

Montamiata en Toscane. Tendres ou müres, fraîches ou sèches,

crues ou cuites, réduites en farine, préparées en beignets ou en

bouillie, les châtaignes offrent un aliment sain, agréable au goût,

et facile à digérer. » Ce que le docteur Bodard a vu pratiquer en

Toscane , nous le retrouvons en France dans les départemens de la

Haute-Vienne, de la Corrèze et de la Creuze; j’ajouterai que les pro-

cédés employés par les Limousins me semblent infiniment préféra-

bles à ceux de leurs voisins. Ceux-ci, en effet, se contentent, suivant le docteur Grellet, de faire bouillir les châtaignes, sans jamais en-

lever la seconde écorce, qui détériore singulièrement une graine fa-

rineuse et sucrée, rend sa déglutition très-pénible, et lui communique une saveur àâcre insupportable. M. Grellet félicite ses concitoyens de métamorphoser ainsi un aliment en médicament; rien n'est plus propre, selon lui, à guérir les dysenteries métalliques qui affligent épidémiquement les habitans des rives de la Creuze, que l'enveloppe intérieure des châtaignes, à l’aide du bienfaisant tannin dont elle est imprégnée. Sans adopter avec une confiance aveugle les assertions exagérées du docteur Grellet, je croirai volontiers que les châtaignes non pelées peuvent n'être pas inutiles dans certaines périodes du catarrhe intestinal; mais je reste intimement persuadé que les individus bien portans se privent d’une grande jouissance en ne pelant jamais leurs marrons.

M. Bodard nous assure que le chocolat préparé avec parties égales de marrons et d'amandes de cacao torréfés, est d’une qualité supérieure à celui composé de cacao seul. Il faut pardonner cette hyperbole à l’utile propagateur des végétaux indigènes. L'amour de la patrie est une vertu si noble, et maintenant si rare!

Il est possible de faire du pain de châtaignes, et le conseiller Pietsch affirme en avoir fabriqué de très-bon en augmentant la dose du levain. Il est permis de concevoir quelques doutes sur la foi germanique de léconomiste prussien, et de s’en rapporter au témoiguage plus authentique de notre vénérable Parmentier, l’un des plus fameux panificateurs de l'Europe. Je pense donc, avec lui, que le boulanger le plus éclairé, en appliquant les procédés de son art à la farine des meilleurs marrons , n’en obtiendra jamais qu'un aliment bien inférieur à la polenta des Italiens, et au chatigna des Limousins.

CHATAIGNIER.

Les marrons glacés sont une confiture sèche délicieuse. Macquart ‘dit que l’on peut préparer avec la châtaigne des émulsions, des cataplasmes; on en relire une liqueur alcoolique. L’écoree du châtaignier distille parfois une gomme estimée; l'enveloppe coriace du fruit sert dans la teinture; enfin, l'énumération des usages auxquels on peut employer les diverses parties de cet arbre intéressant, exigerait, pour être complète, des développemens qui me sont interdits.

uerses (sean-Gotthold), 4/handlung von Anziehung und Pflanzungs der Kastanienbæume,

haupsæchlich der guten essbaren, und dem Gebrauch ihrer fruechte ; c’est-à-dire, Traité

de la culture et de la plantation du châtaignier, et principalement de l'usage de son fruit ; in-$°. Halle, 1756.

EXPLICATIONS. — Prancue 119. (La plante, représentée au moment de sa floraison, est réduite à la moitié de sa grandeur naturelle.) — 1. Involuere situé à la base d’un épi, dans lequel sont contenues trois fleurs femelles ou hermaphrodites. — 2. Fleur mâle entière grossie. -— 3. Fleurs femelles, dégagées de l'involucre, grossies. — 4. Corolle d’une fleur femelle ouverte, dans laquelle on voit douze étamines stériles, six alternativement plus courtes. — 5. Coupe transversale d’un ovaire, dans laquelle on aperçoit six loges remplies d’une espèce de bourre. — 6. Jeune frait coupé verticalement pour faire voir que les ovules, quelquefois au nombre de deux dans chaque loge, sont attachés dans l’angle supérieur,

PLANGHE c12 Dis. — (La plante, représeniée au moment où l'involucre s'ouvre pour laisser

échapper les chätaignes, est réduite à la moitie de sa grandeur naturelle.) — +. Fruit entier, plus petit que nature. — 2. Graine dépouillée de son péricarpe, au sommel de laquelle on

voit plusieurs ovules avortés.

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CIELIDOINI.

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CXTIL

CHÉLIDOINE

Grec ECC Yend'ov:ov ueya.

CHELIDONIUM MAJUS VULGARE; Bauhin, [uvaË, lib. 4, sect. 3: — Tournefort, clas. 5 , cruciformes.

DOUTE NS ele caen à CHELIDONIUM MAyJUS, pedunculis umbellatis ; Linné, clas. 13, polyan-

drie monogynie ; — Jussieu, clas. 13, ord. 2, papavéracées.

HCLTTLAARRS. TREMIR CELIDONIA ; CENEROGNOLA.

Espagnol. ex. CELIDONTA ; CELIDONIA-MAYOR..

Français... ... ... CHÉLIDOINE; CHÉLIDOINE COMMUNE; GRANDE CHÉLIDOINE; ÉCLAIRE ; FE- LOUGNE.

ANSE EEE GELANDINE.

Allemand... ..:.. SCHELLERAUT ; SCHOELKRAUT; SCHWALBENKRAUT,

Hollandais. . ..... SCHELLE-KRUID; GOUWE.

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