PA
BERCE
Grec ia RER aoyd'uaov.
SPHONDYLIUM VULGARE HIRSUTUM ; Bauhin, IlivaË, Lib. 4, sect. 5 ; — Latines ste À: à Tournefort, clas. 7, ombellifères.
HERACLEUM SPHONDYLIUM, foliolis pinnatifidis; Linné, clas. 5, pentandrie digynie; — Jussieu, clas. 12, ord. 2, ombellifères.
Ttalienss. "JT SFONDILIO ; BRANCORSINA GERMANICA.
Espagnol ES ESFONDILIO ; BRANCA URSINA ALEMANA.
Francais... .. + + + + BERCE!; FAUSSE BRANCURSINE; BRANCURSINE DES ALLEMANDS. Anglais, AMP EME COW-PARSNEP.
Allemand... ..... - BARTSCH; DEUTSCHE BÆRENKLAU.
Hollandais. . . .... DUITSCH BEERENKLA AUW.
Polonais! NV BARSzZCz, Sennert, Bernitz; NIEDZWIEDZIA; RAZDZENIECZ, Erndtel.
TrÈs-COMMUNE le long de nos bois, de nos champs, et dans nos près dont elle détériore les foins , la berce est encore plus abondante et acquiert plus de développement dans les climats froids.
La racine vivace, fusiforme, charnue , blanchâtre , est imprégnée d’un suc jaunâtre. — La tige qui, sur un sol favorable, parvient à hauteur d'homme , est droite, cylindrique, cannelée, creuse, velue, rameuse. — Les feuilles sont alternes, grandes, amplexicaules , ailées , à folioles lobées et crénelées, vertes en dessus, d’un vert pâle en dessous. — Les fleurs, disposées en ombelles terminales, sont généralement blanches , quelquefois rougeâtres : l’ombelle universelle est vaste , formée de nombreux rayons; les ombellules, qui ont pour collerette trois à sept folioles linéaires, soutiennent des fleurs dont celles de la circonférence sont irrégulières et plus grandes que celles du centre. — Le fruit consiste en deux graines ovoides, comprimées , glabres, appliquées l’une contre l’autre.
Les diverses parties de la berce ont des qualités très-dissemblables et même opposées. La racine et l’écorce sont assez âcres pour enflammer et ulcérer la peau. Dépouillés de cette enveloppe corticale, les tiges et les pétioles des feuilles, concassés et abandonnés quelques jours sur des claies, fournissent un suc mucilagineux sucré. Accu-
1 Le mot berce vient-il du polonais barszcz?
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mulez dans un tonneau ces tiges et ces pélioles brisés; versez-y une quantité d’eau suffisante pour recouvrir le tout : après un mois vous retirerez une masse d’un goût acidule assez agréable. Si vous saisissez le moment de la fermentation vineuse du suc saccarin, soumettez ce marc à la distillation, il vous donnera un esprit ardent plus actif que celui de grains *.
Les habitans du Nord regardent la berce comme une de leurs plus précieuses plantes alimentaires ; ils en fabriquent de l’eau-de-vie et de la bière; les Kamtschadales la mangent fraîchement écorcée ; les paysans russes et polonais en préparent un mets aigrelet, qui fait en quelque sorte une partie essentielle de leur nourriture journalière, et qui, sous le nom de barszcz, est à peu près pour eux ce que le sauerkraut est pour les Allemands ?.
Divers animaux , tels que les vaches, les chèvres, les moutons, les lapins, les cochons et les ânes, broutent la berce; elle est négligée par les chevaux.
Dans certaines parties de la Suède on regarde la berce comme un remède familier contre la dysenterie ; ailleurs on emploie la décoction en bain et en lavemens, que l’on suppose carminatifs, apéritifs, antispasmodiques. Ici on applique les feuilles ou la racine pilées sur les callosités ; là , c’est avec le suc qu’on espère prévenir ou détruire la vermine. Plusieurs médecins prétendent que la berce est un des plus puissans moyens curatifs de la plique polonaise; d’autres soutiennent au contraire qu'elle doit être rangée parmi les causes productrices de cette maladie singulière. Au milieu de ces incertitudes, le sage observateur suspendra son jugement; il répètera les expériences cliniques : elles seules peuvent dissiper les doutes, et fixer les propriétés réelles de la berce, qui certes n’est point une plante inefficace.
: Gilibert, Démonstrations élémentaires de botanique , 1796 ,tomezr, page 437.
2: Les gens aisés font le barszcz avec le son ou la farine de froment , le bouillon de viande et la betterave rouge. (ERNDTEL, W'arsavia physice illustrata , 1730 , page 139.)
EXPLICATION DE LA PLANCHE. (La plante est réduite au quart de sa grandeur naturelle.) — 1. Feuille entière. — 2. Fleur régulière du centre de l’ombellule, gra ssie. — 3. Fleur irrégulière de la circonférence de l’ombellule, grossie. — 4. Fruit de grosse r naturelle, vu de face. — 5. Le même, vu de côté.
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