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MUSCADIER
monosperme; un brou charnu à deux valves; une coque couverte d’une membrane en réseau , ou laciniée.
Cet arbre est d’un aspect très-agréable, orné d’une belle cime arrondie, fort touffue, d’un feuillage élégant. Il s’élève à la hauteur de trente pieds et plus : ses branches sont disposées, quatre ou cinq ensemble, en verticilles distans entre eux de deux ou trois pieds : les rameaux grêles , alternes, très-nombreux. — Les feuilles sont alternes, simples, pétiolées, ovales-lancéolées, très-entières , lisses , et d’un beau vert en dessus, d’un vert blanchâtre en dessous, un peu variables, dans leur forme et leur grandeur, longues de deux à six pouces, larges d’un à trois pouces. — Les fleurs sont petites, jaunâtres , axillaires, pendantes sur leurs pédoncules, disposées en petits corymbes peu garnis; les fleurs femelles un peu plus courtes, moins nombreuses que les mâles. — Le fruit est une baie drupacée, revêtue extérieurement d’une écorce ou d’un brou d’environ six lignes d'épaisseur, charnu , filandreux et blanchâtre en dedans, sous lequel se trouve une enveloppe moyenne, que l’on nomme macis, d’un rouge écarlate, mince, transparente , cartilagineuse, laciniée, comme réticulaire, qui jaunit en vieillissant : enfin une troisième enveloppe immédiate de la semence , sous la forme d’une coque dure, mince, brune ou noirûtre, fragile dans son état de dessiccation. La ‘semence ou l’amande, connue sous le nom de muscade, est ovaleoblongue , un peu arrondie, couverte d’une peau roussätre, blanchätre, et piquetée de points rouges au sommet : la chair est blanche, huileuse, très-odorante.
Le suc rougeûtre, âcre et visqueux qui découle par incision de l’écorce du muscadier, n’est point employé en médecine. Mais sous les noms de macis et de noix muscade, on fait un grand usage de l’arille et du noyau de son fruit. La noix muscade est de la grosseur d’un petit œuf de pigeon, d’une forme arrondie, et d’un brun fauve : sa surface cassante et de consistance ligneuse , est parsemée de sillons irréguliers. Intérieurement elle offre une substance grisâtre veinée
de brun, friable et huileuse comme le cacao. Le mactis, sorte de tu-
uique membraneuse et comme frangée qui enveloppe immédiatement le noyau, est rougeâtre dans l’état frais, d’un jaune safrané après la dessiccation , d’une consistance cartilagineuse , visqueuse et un peu huileuse. Ces deux parties exhalent une odeur fragrante
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très-agréable; leur saveur est chaude , aromatique, un peu grasse : ces qualités sont. cependant plus prononcées dans le macis que dans la noix muscade. Le premier se ramollit dans la bouche sans s’y dissoudre; la substance de la seconde se dissout entièrement dans la salive quand on la mâche. Par l'ébullition dans Peau, et même par la simple expression , on en retire une grande quantité d'huile grasse, qui acquiert, en vieillissant , la consistance du suif. Au moyen de la distillation dans l’eau ou dans l'alcool, on en obtient, en outre, une huile volatile très-fragrante et äâcre, de couleur jaunâtre, dans laquelle on distingue une partie plus fluide , et une partie qui a beaucoup de tendance à former de petites particules solides, analogues au camphre, quoique de toute autre nature.
Les qualités physiques du macis et de la noix muscade indiquent, dans ces deux substances, des propriétés médicinales analogues à celles des autres aromates , auxquels elle sont souvent préférées comme plus agréables au goût et à l’odorat. Elles exercent une action trèsénergique sur l'estomac, l'intestin, et la plupart dés appareils de la vie organique ; ce qui leur a mérité les titres de toniques, stimulantes, cordiales, stomachiques, emménagogues, etc. Elles paraissent exercer, en outre, une puissante influence sur le système nerveux. À raison de ces différens effets, on les a employées dans l’anorexie et l’inappétence , pour donner de l'appétit, et activer la digestion; dans la chlorose, la goutte atonique et l’hypocondrie, pour favoriser les sécrétions, et pour combattre l’état de torpeur de l'appareil digestif qui les accompagne si souvent. On s’en est servi quelquefois avec succès contre le vomissement spasmodique, et contre certains flux de ventre qui tenaient probablement au désordre de la contractilité organique sensible de l'intestin. Mais je pense qu’on peut douter de leur efficacité contre la dysenterie. On les a administrées, soit intérieurement , soit à l’extérieur , en onctions et en fumigations contre la paralysie; on en a même recommandé l'usage en masticatoire dans la paralysie des muscles de la déglutition. Hoffmann en conseille l'emploi dans la toux qui survient pendant la grossesse. Cependant il est beaucoup de femmes dans cet état à qui la noix muscade et ses produits seraient certainement trèsnuisibles. Hoffmann et Cullen paraissent avoir employé cette sub-
stance aromatique avec succès contre les fièvres intermittentes ; mais : |
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ils l’associaient, dans ces affections, avec l’alun : or, à laquelle de ces deux substances doit-on attribuer l'honneur de-la guérison ? En général, on ne peut point révoquer en doute les avantages, soit de la noix muscade, soit du macis, dans les maladies primitivement atoniques : cependant, à grande dose, ces substances, et leurs diffé- -rens produits, sont susceptibles d’occasioner des tremblemens, le délire, un état comateux , et même l’apoplexie, ainsi que l’attestent Bontius, Lobel, et autres observateurs. Ettmuller a vu l’administration de la noix muscade produire une iñmobilité absolue, et une sorte de stupeur passagère.
Ces deux produits du muscadier peuvent être administrés en substance depuis treize décigrammes (un scrupule) jusqu'à quatre grammes (un gros ). On peut aussi les administrer en infusion dans l’eau ou dans le vin. Leur huile volatile ne se donne qu'à la dose de quelques gouttes. La noix muscade a été employée en fumigations. On l’administre aussi en ontions après l’avoir incorporée dans une huile grasse. Elle est un des principes constituans de l’électuaire satyrion, des emplâtres céphalique et stomachique de Charas; le macis fait partie des tablettes de Courrage, de la poudre digestive, de la poudre contre l’avortement, et de l’orviétan du même auteur, de l’opiat de Salomon , et de la bénédicte laxative. On se sert de la uoix muscade et du macis pour la composition des tablettes stomachiques , de la poudre de joie, etc.
La muscade, déjà connue du temps des Arabes, est l’objet d’un très-grand commerce. On s’en sert fréquemment dans les cuisines pour aromatiser les alimens, et pour exciter l'appétit de ceux dont le goût est blasé et l'estomac épuisé par l'abus des alimens épicés. Les Indiens en mâchent souvent, soit seule, soit associée à d’autres masticatoires, et quelques Européens imitent cet usage des Asiatiques. Confite au sucre , elle constitue un mets de dessert très-agréable. La muscade se prépare aussi avec de la saumure, ou avec du sel et du vinaigre; mais alors, avant d’en faire usage, on la fait cuire dans de l’eau sucrée, après l’avoir préalablement dessalée.
EXPLICATION DE LA PLANCHE. (Za plante est réduite à la moitié de sa grandeur
naturelle.) — x. Fruit tel qu’il s'ouvre dans sa maturité. — 2. Graine , dont on a rabattu le macis (arille des botanistes). — 3. Graine, dont on a coupé la moitié du tégument pour faire voir l'amande. — 4. Amande dépouillée de son enveloppe. — 5. Deux moitiés de graine pour
faire voir que l'embryon est situé à la base d’un périsperme marbre.
Lambert SL Seul &
Turpen Pine
NYROBOLANIER.. pi 74 2 7
CCXLIIT.
MYROBOLANIER.
ps
MYROBOLANUS EMBLICA; Bauhin, Isvæf, lib. 11, sect. 6
ÿ - CE RMTTUT PHILLANTHUS EMBLICA , fOliis pinnatis floriferis, caule arboreo, fructu
; baccato ; Linné , monoëcie tétrandrie ; — Jussieu, clas. 14 , ord. 12, famille des térébinthacées.
77727 JF EMEA EME DES MIROBOLANO.
Espagnol. . . . .. .:. HOBO.
EEE -. . . MYROBOLANIER ; MONBIN.