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SINAPISRAPI FOLIO; Bauhin, TluvæË, lib. 3, sect. 1; — Tournefort, nel SRIUE clas. 5, sect. 4, gen. 6.
SINAPIS NIGRA, siliquis glabris apice tetragonis ; Linné, tétradynamie siliqueuse ; — Jussieu, clas. 13, ord. 3, famille des crucifères. aene SENAPA ; MOSTARDA.
" Espagnol... ...... MOsraza.
Portugais. . ...... MOSTARDEIRA; MOSTARDA.
Mançais.. . ..... , MOUTARDE ! ; SÉNEVÉ.
talons). uit: MUSTARD, PatatE . . ... SENF.
Hollandais... ..... mosrerpt.
Planais.} 5. Ÿ...\ SENEP.
ls . | SENAP.
Polonais. .... F-13537 CORGZEEA.
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La moutarde est une plante rustique, connue depuis long-temps, qu’on rencontre très-fréquemment dans les sols arides et pierreux. Le genre auquel elle appartient est très-voisin de celui des sisymbres, des radis et des choux : il s’en distingue par un calice à quatre folioles très-ouvertes, caduques ; par quatre pétales en croix, à onglets droits; six étamines tétradynames; le réceptacle muni de quatre glandes placées entre les étamines; un style; une silique terminée ordinairement par une languette saillante. M. Decandolle rapporte aux sisymbres toutes les espèces dont les fruits ne sont point terninés par une languette.
L'espèce dont il est ici question sous le nom de moutarde notre, se reconnaît , entre plusieurs autres qui en approchent, à ses siliques glabres, tétragones, serrées contre la tige, à languette très-courte. — Ses racines sont un peu épaisses , blanchâtres, presque droites, garnies de beaucoup de filamens capillaires : elles produisent une tige droite, un peu velue, cylindrique, très-rameuse, haute de deux
3 De rustum ardens.
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ou trois pieds. — Ses feuilles sont alternes, pétiolées, un peu charnues , assez semblables à celles de la rave , laciniées ou pinnatifides, presque glabres ; les lobes obtus, inégalement dentés. — Les fleurs sont jaunes, petites, disposées en longues grappes droites, terminales; les pédicelles courts, rapprochés des tiges; les siliques glabres ; les lobes obtus, inégalement dentés. — Les fleurs sont jaunes, petites, disposées en longues grappes droites , terminales; les pédicelles courts, rapprochés des tiges ; les siliques glabres, courtes, ridées, à quatre angles ; une côte épaisse à chacun de leurs angles ; une languette très-courte, obtuse ; les semences brunes, globuleuses, comprimées.
Presque dans les mêmes lieux et dans les champs cultivés on trouve la moutarde blanche {sinapis alba, L.), distinguée par ‘ses siliques hispides terminées par une languette très-longue. Une autre espèce, très-commune le long des chemins, dans les terres labourées, connue sous le nom de moutarde des champs {sänapis arvensis), se reconnaît à ses siliques très-longues , parfaitement glabres , presque horizontales , toruleuses, à plusieurs angles, surmontées d’une longue languette un peu courbée en faucille.
Les semences de cette crucifère répandent , lorsqu'on les écrase, une odeur légèrement piquante; quand on les mâche, leur saveur amère, chaude, et d’une âcreté fugace, se répand instantanément dans un de la bouche et du pharynx. On en retire une certaine quantité d'huile volatile, d’une odeur forte et très-âcre, qui présente, à un haut degré, l'odeur et la saveur des plantes de La famille des crucifères, et qui passe en partie dans l’eau distillée. Elles fournissent aussi par expression beaucoup d'huile douce, et le résidu forme une sorte de pâte qui a toute l’âcreté et l’amertume des semences.
Appliquées sur la peau, elles y déterminent de la douleur, du gonflement, de la rougeur; et si leur application se prolonge, il en résulte le soulèvement de l'épiderme, et l'exhalation d’une certaine quantité de sérosité. Quand on les mâche, elles stimulent les glandes buccales et parotides, excitent la sécrétion de la salive, et déterminent sympathiquement une vive irritation passagère sur la membrane pituitaire, et même sur la glande lacrymale. Administrées yntérieurement, l'excitation qu’elles opèrent sur le système nerveux et sur les appareils de la vie organique, donne lieu à plusieursheffets
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secondaires. Ainsi, elles font éprouver un sentiment de chaleur agréable dans l'estomac, elles augmentent l’action de cet organe, excitent l'appétit et facilitent la digestion. Elles agissent quelquefois sur le cœur, et accélèrent la circulation; d’autres fois elles stimulent les reins , et provoquent la sécrétion des urines : dans certains cas, leur effet se fait sentir au système cutané, et la transpiration augmente; ou bien à l'appareil respiratoire, et l’exhalation pulmonaire ainsi que l’expectoration deviennent plus abondantes. Lorsqu'on en continue l'usage pendant un certain temps, leur action stimulante agit sur toute l’économie.
Cette manière d'agir des semences de moutarde les rend évidemmeut utiles dans les maladies accompagnées de débilité, et dans tous les cas où la médication tonique est nécessaire. Ainsi on en a fait usage dans l’anorexie, l’hypocondrie et la chlorose. Elles ont été administrées contre certaines fièvres intermittentes : on voit même, dans Dioscorides, que leur usage contre ces affections était connu des anciens; et Agrœus, au rapport de Bergius, les administrait entières à la dose de quatre ou cinq cuillerées par jour pendant l’apyrexie. On les a également employées dans le scorbut; et, dans ce cas, Ray, qui les administrait en infusion dans le vin, a vu des ulcères infects de la bouche, et autres symptômes de cette affection, disparaître par ce seul moyen. Quelques auteurs les recommandent contre la paralysie. On cite même des faits qui tendent à faire croire qu’elles ont fait disparaître l’hydropisie ascite.
Mais si ces semences peuvent être utiles dans les maladies atoniques, chez des sujets lymphatiques, flasques et décolorés, on se gardera bien d’administrer une substance aussi stimulante aux sujets secs, nerveux, très-irritables, dans les cas où 1l y a un état fébrile, une irritation générale, une sorte de pléthore, une inflammation locale, ou une disposition imminente aux congestions sanguines. à
De nos jours on n'emploie ces semences qu’à l’extérieur, sous forme de cataplasmes , et sous le nom de sénapismes , qu'on applique sur différentes parties du corps pour irriter la peau, soit qu'on veuille opérer une excitation générale, soit qu’il faille opérer une dérivation salutaire, soit enfin pour appeler à la surface du corps une inflammation aiguë ou chronique, ou toute autre irritation des vis-
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cères. Dans ces différens cas, et dans beaucoup d’autres, la graine de moutarde est un des plus puissans moyens de la thérapeutique, et chaque jour les praticiens habiles en obtiennent les plus grands avantages. Nere
Ces semences ont été administrées intérieurement à la dose de deux, trois, et jusqu’à cinq cuillerées par jour, soit en substance, soit en infusion dans l’eau ou dans le vin. Leur huile volatile se donne par goutte; leur eau distillée et leur extrait ne sont pas employés, et ne méritent guère de l'être. Les sinapismes qu’on en prépare se composent avec une quantité déterminée de ces semences pulvérisées, mêlées à de la pâte fermentée ou de la mie de pain et du vinaigre; on leur donne la consistance d’une pâte molle et la forme d’un cataplasme.
Ces semences pulvérisées, et mêlées à une certaine quantité de moût de vin à demi épaissi, ou à un peu de farine et de vinaigre, forment , à l’aide d’une trituration convenable, une sorte de pâte liquide brune et piquante, très-connue sous le nom de moutarde. Cette substance, qui est un des condimens les plus universellement répandus parmi nous, se sert sur toutes les tables, et s'associe avec avantage aux viandes blanches et glutineuses, et à toutes les substances fades. Elle convient surtout dans les temps froids et humides, aux sujets faibles et apathiques, à ceux qui mènent une vie sédentaire, qui digèrent mal, ou qui vivent d’alimens grossiers et réfractaires à l’action des organes. Mais elle n’est d'aucune utilité , elle peut même être nuisible aux hommes robustes, dont l'estomac est plein d'énergie, aux sujets pléthoriques, et aux jeunes gens secs, nerveux et d’une excessive susceptibilité.
BOURDIER DE L'AMOULIÈRE, An salubre condimentum sinapi? in-4°. Parisis, 1743.
uorr , De semine sinapi; in-4°. Tubingæ, 1780.
EXPLICATION DE LA PLANCHE. ( La plante est de grandeur naturelle.) — x. Fleur entière, grossie. — 2. Calice, pistil et étamines, à la base desquels on aperçoit quatre glandes. — 3. Pétale. — 4. Pistil. — 5. Fruit ou silique de grandeur naturelle. — 6. Le même, dont un des battans est ouvert afin de faire voir la disposition des graines. — 7. Graine isolée, grossie.
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Gers. ant sd H&pUOY MUpso lux OV ; MOYOLAPUOV; AAPUOY APHAATILOV.
NUX MOsCHATA , fructu rotundo ; Bauhin, IlsvaË, lib. 11, sect. 3, TA CORRE Jr MYRISTICA AROMATICA; SWartz.
MYRISTICA MOSCHATA ; Thunbers.
MYRISTICA OFFICINALIS.
>. MOSCATERO; NOCE MOSCADA.
Espagnol. . ...... MOSCADERO; NUEZ DE ESPECIA. : 1 » Porturais.n. : . 1: MOSCADEIRO; NOZ MOSCADA.
FPruscars. . . 1... . MUSCADIER ; MUSCADE.
TR ee me NUTMEG.
Allemand. . . ..... MUSKATNUSSBAUM ; MUSKATNUSS. Hollandais... ..... NOOTEN-MOSKAATBOOM; NOOTEN-MOSKAAT. D LS -. - MUSKADNOEDTREE ; MUSKADNOED.
Suédois... ....... MUSKOT-TRÆ ; MUSKOT.
PLusreurs auteurs ont cru pouvoir rapporter le fruit du muscadier au comacum de Théophraste. On peut voir, dans un mémoire de M. Delamarck sur cet arbre précieux, inséré dans les Mémoires de l’Académie des Sciences, année 1988, et dans l’Encycl. méth., combien cette opinion est peu probable. Les Arabes eurent les premiers connaissance de la muscade; il en est question dans Avicenne (lv. 11, chap. 503, page 358), sous le nom de Jtansiban ou noix de banda. C'est le jusbague de Sérapion, le moscharion des Grecs modernes.
Long-temps le fruit du muscadier fut seul connu. Linné lui-même n eut qu'une connaissance très-imparfaite des fleurs de cet arbre, dont les caractères ne furent bien déterminés qu’à l’époque où M. Delamarck publia le mémoire cité plus haut, et dont M. Céré, directeur du Jardin du Roi, à l’île de France, lui avait fourni les matériaux , en lui faisant passer des branches de muscadier en fleurs et en fruits avec des observations relatives. D’où il suit que le muscadier offre, pour caractère essentiel, des fleurs dioïques; un calice d’une seule pièce, en grelot, divisé en trois lobes à son sommet; paint de corolle; six à douze étamines très-ordinairement monadelphes , insérées sur le réceptacle : dans les fleurs femelles, un ovaire supérieur, surmonté de deux stigmates sessiles ; une baie drupacée,