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MIENTIE CRISPEE.
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‘ MENTHE CRISPEE. … AVR. Per FA . sabi nd'uozuos *, Dioscorides.
DU 297h *"Uusvda?, Théophraste.
MENTHA CRISPA VERTICILLATA ; Bauhin, Iivæf, lib. 6, sect. 5; —
| Tournefort, clas. 4, sect. 2, gen. to.
7, 0, 2 OR RARES MENTHA CRISPA, spicis capitatis, folis cordatis dentatis undulatis
| sessilibus, staminibus corollam æquantibus ; Linné, didynamie
gymnospermie ; — Jussieu, clas. 8, ord. 6, famille des labices.
MENTA CRESPA.
Espagnol. ....... BIERBA BUENAŸ; MENTA RIZADA. PORRERESS D. à. HORTELANA CRESPA.
Porais 2 MENTHE CRÊPUE; MENTHE FRISÉE, TT 2: | CURLED MINT.
Allemand. ....... KRAUSMUENZE.
Hollandais. ...... KRUIZEMUNT.
D LT. . . - KRUSEMYNTE.
Joiass0118 7". 5%. KRUSMYNTA.
Palais: ..... +. MIENTKA.
ET a 1 - - MIATA.
Hongrois... ...... FODOR-MENTHA.
Les menthes ont la plupart une odeur aromatique plus où moins pénétrante , assez agréable : elles se présentent fréquemment sous nos pas, soit dans les champs cultivés, soit sur le bord des ruisseaux, ou dans les terrains incultes, selon les espèces. Elles se distinguent par un calice tubulé, à cinq dents; une corolle un peu plus longue que le calice, à quatre lobes presque égaux ; celui du milieu un peu plus large, souvent échancré; quatre étamines didynames, écartées les unes des autres; un style; deux stigmates divergens; quatre semences fort petites, au fond du calice. |
La menthe crêpue , dont il est ici question, diffère peu de la men-
* Hdvoouse, Signifie qui a bonne odeur.
? Mb, est le nom du résidu des digestions. Les anciens Grecs n’auraientils point donné le nom de y:y64 à la menthe, par antiphrase, à cause de son odeur agréable? La langue grecque offre beaucoup d'exemples analogues.
2 Hierba buena, herbe bonne. Une pareille dénomination fait assez connaître Ja confiance qu'ont les Espagnols en cette plante.
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MENTHE CRISPÉE
tre à feuilles rondes; quelques-uns ne la regardent que comme une simple variété. Elle s’en distingue par ses feuilles moins blanches, plus crêpues, dentées en scie, et non crénelées; par ses bractées plus larges , presque lancéolées. — Ses tiges sont herbacées, tétragones, velues, rameuses, hautes d’environ deux pieds. — Les feuilles sont presque sessiles, opposées, assez grandes, arrondies, un peu échancrées en cœur, à peine velues, et d’un vert foncé en dessus, pubescentes, d’un vert blanchâtre en dessous , à dentelures aiguës, inégales. — Les fleurs sont petites, purpurines ou violettes, disposées par verticilles en épis terminaux, cylindriques, allongés, rétrécis à leur sommet, point interrompus; leur calice est velu ; les dents ciliées; la corolle une fois plus longue que le calice, légèrement pubescente en dehors ; les étamines à peine aussi longues que la corolle; les anthères d’un brun jaunûätre. |
Cette plante croît aux lieux un peu humides, dans les décombres, le long des murs; elle fleurit vers la fin de l'été.
La menthe crêpue exhale une odeur fragrante très-agréable. Sa saveur est chaude, aromatique; et quand on la mâche, elle laisse sur la langue, et dans l’intérieur de la gorge, une impression qui s’y fait long-temps sentir. La dessiccation n'opère aucun changement dans ses propriétés physiques. A l'exemple de la plupart des plantes de la même famille, elle renferme deux principes distincts : l’un , amer, un peu âcre, soluble dans l’eau et dans l'alcool, et de nature gommorésineuse; l’autre, aromatique, réside dans l’huile volatile que cette plante renferme en assez grande quantité, puisque une livre de ses feuilles en a fourni environ trois gros à Cartheuser. Il est probable aussi qu’elle contient du camphre, comme les autres labiées.
De toutes les plantes de cette famille, la menthe crêpue est une de celles dont les propriétés tonique , stomachique et cordiale, sont les plus manifesies. En effet, elle excite vivement les propriétés vitales organiques, augmente l’action de l'estomac et des intestins, active la circulation du sang, et provoque, dans quelques cas, la sécrétion urinaire, la transpiration cutanée, et même l’exhalation pulmonaire. Elle agit aussi avec force sur le système nerveux, et l'espèce d’impression vive’ qu'elle y détermine se fait sentir instantanément dans toute l’économie. Comme tonique, on l’emploie souvent à l’intérieur dans l’inappétence, les flatuosités, les spasmes abdominaux , et les
MENTHE CRISPÉE
coliques nerveuses. On s’en est servi avec le même succès pour faire cesser des vomissemens spasmodiques, pour arrêter certaines diarrhées chroniques, ainsi que la lienterie. Son usage a été très-utile dans la chlorose, et a fait disparaître, dans certains cas, la céphalalgie. On l’administre avec succès contre les affections soporeuses et les paralysies, dans l’asthme des vieillards et la toux convulsive des enfans. Ses succès contre l’hystérie et contre l’aménorrhée sont attestés par plusieurs auteurs; mais on sent très-bien que ses effets ne peuvent être réellement utiles dans ces affections, que dans les cas où l'utérus est dans un état d’atonie ou de torpeur, et que cette plante stimulante n’y aurait aucun avantage, lorsque l’altération des fonctions de la matrice est due à un état pléthorique ou inflammatoire , ou bien à un excès d’action. Son emploi n’est pas moins avantageux dans les rhumatismes anciens, dans la goutte atonique, etc.
A l'extérieur , on fait usage de cette plante, soit en fomentation, soit en poudre, soit en cataplasmes, pour activer la résolution de certaines tumeurs pâles et indolentes; pour faire disparaître les ecchymoseset le gonflement qui résultent des contusions, pour déterger les ulcères sordides , atoniques, antiscorbutiques et autres. On en a particulièrement préconisé l’application sur les mamelles des nourrices, pour s'opposer à la sécrétion du lait, et pour favoriser l'absorption de celui qui s’y accumule à l’époque du sevrage. Mais
j'ignore jusqu'a quel point un pareil moyen est digne de la con-
fiance que lui accordent , sous ce rapport, la plupart des auteurs de matière médicale; je pense même que si les mamelles gorgées de lait étaient douloureuses, ainsi que cela a lieu chez beaucoup de nourrices à l’époque du sevrage, une semblable application serait plus nuisible qu’utile. :
En général, la menthe crêpue peut être employée avec avantage, soit intérieurement, soit à l'extérieur , dans tous les cas où la médication tonique est nécessaire. À cet égard, on doit être bien plus porté à lui accorder la propriété aphrodisiaque qui lui est attribuée par plusieurs observateurs, qu’à lui reconnaître la singulière vertu de détruire la faculté fécondante du sperme humain , qu’Aristote et Hpporaie lui attribuent, je ne sais trop sur quel fondement, à moins qu’ on admette qu'elle empêche la fécondité, par :ela même qu’elle excite trop vivement aux plaisirs de l'amour.
MENTHE CRISPÉE
Intérieurement , on administre la menthe crêpue en poudre à la dose de quatre ou huit grammes ( un à deux gros), avec une suffsante quantité de sucre pulvérisé. Son infusion théiforme dans l’eau est plus en usage que son infusion vineuse , laquelle est plus active. Son eau distillée, d’un très-grand usage en médecine, se donne de trente-deux à cent vingt-huit grammes (une à quatre onces }, et son huile volatile d’une à cinq gouttes, soit dans le sucre, soit dans tout autre excipient approprié. On dit que les Africains en avalent souvent sept à huit gouttes, pour exciter l'appétit vénérien. Pour l’usage extérieur, on remplit de menthe pulvérisée des sachets qu’on applique comme résolutifs sur les tumeurs pâles et indolentes; on en fait aussi des cataplasmes employés aux mêmes usages. Son infusion aqueuse sert à faire des gargarismes, des clystères, et autres médicamens toniques. L'eau de menthe spiritueuse, la teinture alcoolique, et la conserve que les pharmaciens préparent avec cette plante , sont d’un fréquent usage dans la pratique de la médecine.
Depuis Dioscorides, on a prétendu que cette menthe, immergée dans le lait, empêchait la coagulation de ce liquide, et cette assertion, qu'il serait intéressant de vérifier, a été répétée dans tous les livres de matière médicale. Mais Willis, au rapport de Murray, a expérimenté qu’elle se borne à en retarder la coagulation. Comment admettre alors, avec lillustre Linné, qu’il est impossible de faire du fromage avec le lait des vaches qui ont brouté cette plante dans les pâturages, et que non-seulement elle s'oppose à la sécrétion de ce liquide, mais qu'elle fait disparaître des mamelles de ces animaux celui qui y est déjà formé.
EXPLICATION DE LA PLANCHE. (La plante est de grandeur naturelle.) — x. Fleur entière, grossie. — 2. Corolle ouverte. — 3. La même, vue de face. — 4. Pistil.
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MENTIE POIVREE ,
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CCXXXI V.
MENTHE POIVRÉE
MENTHA, spicis brevioribus et habitioribus, foliis menthæ fuscæ, sapore fervido piperis; Tournefort, clas. 4, sect. 2, gen. 10.
Latin........... MENTHA PIPERITA, spicis capitatis, foliis ovatis serratis petiolatis,
| staminibus corollé brevioribus ; Linné, didynamie gymnospermie ; — Jussieu, elas. 8, ord. 6, famille des labiées.
Haleniinss ….. :.# MENTA PIPERITA.
Espagnol... ...... MENTA PIMENTADA.
Farmais" 5.0". HORTELANA PIMENTOSA.
Français. . ..... ‘,. MENTHE POIVRÉE.
a... PEPPERMINT.
Allemand......... PFEFFERMUENZE.
Hollandais. . ..... PEPERMUNT.