PEBERMYNTE
Polonais..."". . ... PEPPARMYNTA.
CETTE espèce, très-voisine de lamenthe verte, se distmgue par son odeur très-pénétrante, et surtout par une saveur piquante qui laisse dans la bouche une fraicheur agréable. — Ses racines sont longues, tracantes, garnies de fibres; elles produisent des tiges nombreuses , verdâtres ou purpurines, redressées, hautes d’un pied et demi, médiocrement rameuses , parsemées de quelques poils rares. — Ses feuilles sont opposées, pétiolées, percées de points transparens, ovales-oblongues , un peu aiguës, arrondies à leur base , dentées en scie, légèrement pileuses en dessous ; les dentelures courtes, aiguës, un peu inégales. — Ses fleurs sont petites, rougeätres ou purpurines, pédicellées , réunies en verticilles séparés les uns des autres, formant un épi court, cylindrique, terminal, un peu épais, et obtus: des bractées linéaires, ciliées à leurs bords. — Le calice est strié, ponctué, glanduleux, d’un brun rougeâtre; ses dents sont courtes, subulées et ciliées; la corolle à peme une fois plus longue que le calice; les étamines plus courtes, quelquefois plus longues que la corolle; les anthères ovales, purpurines.
Cette plante, cultivée dans les jardins, est originaire d’Angleterre.
La menthe poivrée est caractérisée par une odeur forte , camphrée 61° Livraison, d
MENTHE POIVRÉE
et très-agréable. Sa saveur amère, chaude, piquante et aromatique , détermine sur la langue, et dans l’intérieur de la gorge, une sensation brûlante fort agréable, qui est immédiatement suivie d’un sentiment de froid très- vif et qui plait beaucoup. Ses propriétés physiques semblent acquérir plus d’intensité par la dessiccation. Elle renferme, comme les autres menthes, un principe sommo-résineux, âcre et aromatique, qui est moins soluble dans l’eau que dans l’alcool : mais elle recèle une beaucoup plus grande quantité d’huile volatile très-fragrante, et contient aussi beaucoup plus de camphre qu'aucune autre plante du même genre. Gaubius y avait même reconnu la présence de ce principe, long-temps avant que l’illustre chimiste, M. Proust, en eût constaté l’existence dans les autres labiées.
La proportion plus grande des principes actifs de cette menthe, et l'énergie plus grande de ses propriétés physiques, semblent y déceler des propriétés médicinales également plus puissantes que dans aucune autre espèce du même genre; ce que confirment les observations de Bergius, Cullen, et autres médecins distingués. Elle jouit, en effet, à un haut degré, des propriétés échauffante, tonique, stomachique, résolutive, carminative, emménagogue et antispasmodique. Elle détermine une excitation très-vive sur l'appareil digestif, et, par suite, sur une foule d'organes qui sympathisent avec lui. Mais son action sur le système nerveux est surtout extrêmement énergique ; ce qui la fait considérer, par la plupart des médecins , comme un des antispasmodiques les plus puissans. Sous ce rapport, on a particulièrement signalé ses bons effets dans certaines fièvres nerveuses périodiques, dans les affections soporeuses, dans la syncope, l’asphyxie;, la paralysie, l'asthme, l’hystérie, les vomissemens nerveux, l'hypocondrie et autres affections spasmodiques. Comme tonique, elle est fréquemment employée avec succès contre la débilité de l'estomac, et l’état de torpeur du canal intestinal, qui se manifestent chez les chlorotiques , les hypocondriaques et les goutteux. On la regarde également comme très-propre à rappeler l'écoulement menstruel , lorsque l’inertie ou le défaut d’action de l’utérus sont la cause de sa suppression. On pourrait s’en servir avec le même succès, soit pour raméner la transpiration cutanée, soit pour exciter l’exhalation pulmonaire, et faciliter l’expectoration chez les individus d’un tempérament lympha-
MENTHE POIVRÉE
tique, et d’une constitution froide et apathique, dont les organes ont besoin d’être stimulés.
Comme topique, la menthe poivrée en poudre, renfermée dans des sachets, en cataplasme et en infusion, peut être employée contre les engorgemens atoniques, les tumeurs indolentes, et certains ulcères sordides. Son huile essentielle est en usage, sous forme de gargarismes et de linimens, contre le gonflement indolent des gencives , et contre les rhumatismes chroniques. Elle est également appliquée immédiatement sur les dents cariées dans l’odontalgie.
Lorsqu'on veut obtenir de grands effets de cette plante aromatique, dit M. Alibert, on la donne en poudre à la dose de huit grammes (deux gros ) toutes les deux heures. On a plus souvent recours à son infusion théiforme ; on peut aussi l’administrer en macération dans le vin. Son eau distillée se donne de trente-deux à quatre-vingtseize grammes (une à trois onces). La dose de sa teinture alcoolique, qui est une de ses préparations les plus énergiques, est de quatre à huit grammes (un à deux gros) dans un véhicule convenablement édulcoré. Son huile volatile ne s’administre qu’à la dose de quelques gouttes.
À cause de son odeur aromatique fragrante, les parfumeurs emploient souvent cette plante pour aromatiser des huiles, des pommades, et autres préparations cosmétiques. Les confiseurs la font entrer dans la composition de diverses liqueurs, et en préparent des dragées bien connues par la sensation très-agréable de froid piquant qu’elles laissent pendant un certain temps dans la bouche, et qui succède immédiatement au sentiment de chaleur agréable qu’elles y déterminent d’abord.
EXPLICATION DE LA PLANCHE. {La plante est de grandeur naturelle.) — x. Fleur entière grossie. — 2, Pistil, — 3. Corolle ouverte.
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