MEMREGES. - + . . .. NÉNUPHAR BLANC; VOLET
a WHITE WATER LILY; WATER ROSE, Allemand......... WEISSE SEEBLUME; WASSERLILIE. Hollandais. . ..... WITTE ZEEBLOEM.
LUTTE IET à SOEBLOMSTER.
es NE TU SJOEBLAD.
iPolonais. . . %. . .|. : GRZYBIENIE ; WODNA LILIA. - Russe. . . .. ...... KUBISCHKA ; WODANOI LELEI. re. NILUFAR 3.
LE nénuphar brille sur les eaux tranquilles des étangs, comme le lis dans nos parterres. Si, comme lui, il ne parfume point lair d’émanations odoriférantes, il l'emporte par sa grandeur, par le luxe imposant de ses fleurs d’un blanc virginal , d'une pureté inaltérable ; par le nombre de ses pétales, leur élégante disposition; par ses nombreuses étamines, dont le jaune doré donne encore plus d’éclat à l’albâtre de la corolle. Quand les grandes et belles feuilles de cette superbe plante s’étalent au dessus de l’eau , que ses fleurs s’y promènent mêlées avec les corolles dorées du nénuphar jaune, avec les : renoncules aquatiques , les hottonia, les potamogeton, la plaine liquide ressemble alors à un parterre mobile dont le fond est tapissé
* De wywn, jeune mariée, à cause de la vertu anti-aphrodisiaque attribuée à cette plante par les anciens Grecs; peut-être aussi à cause de sa blancheur, qui est le symbole de la pureté virginale.
? Fait aujourd’hui partie des nymphéacées.
3 C’est probablement de là que vient le nom francais.
64e Livraison, 4.
* NÉNUPHAR. a:
de volandeau, de cératophylles , etc., auxquels servent de bordure le
jonc fleuri avec ses ombelles d’un rose tendre, la flèche d’eau ornée de ses épis d’un blanc de lait; tandis que les conferves, le lemna, forment, par leur rapide multiplication à la surface des eaux, un beau tapis de verdure sur lequel on serait tenté d'imprimer $es pas.
Le caractère essentiel du nénuphar consiste dans un calice à quatre ou cinq grandes folioles colorées, persistantes; des pétales nombreux , placés sur plusieurs rangs; un grand nombre d’étamines plus courtes que la corolle; un ovaire à demi supérieur, couronné. par un stigmate sessile, radié , en forme de chapeau : le fruit est une baie sèche, à plusieurs loges, contenant un grand nombre de semences renfermées dans chaque loge, et attachées aux cloisons. — Ses racines sont très-longues, blanches, épaisses, noueuses et charnues , couvertes d'écailles brunes. Il n’y a point detige. — Ses feuilles sont portées sur de très-longs pétioles; elles s’épanouissent à la surface des eaux en une lame très-grande, ovale, lisse, glabre, coriace, échancrée en cœur, entière à ses bords. — Les hampes ou pédoncules sont simples, épais, de la longueur des pétioles ; ils se terminent” par une grande et belle fleur blanche, composée de pétales nombreux, placés sur plusieurs rangs, inégaux, de la longueur et même plus longs que le calice; les intérieurs beaucoup plus petits; les filamens des étamines élargis , pétaliformes. — Le fruit est une capsule sèche assez grosse, un peu globuleuse, couronnée par le stigmate.
1! est facile de distinguer le nénuphar jaune à sa couleur; ses fleurs sont moins grandes ; ses calices colorés, beaucoup plus grands et plus longs que les pétales; les feuilles plus grandes et plus rondes. C’est au même genre qu’appartient le célèbre lotos du Nil, que les Égyptiens avaient consacré au soleil, dont il était l'emblème, qu’on représentait sur la tête d’Osyris et de plusieurs autres divinités. Les rois d'Égypte s’en formaient des couronnes, le faisaient représenter sur les monnaies et les médailles.
Les semences, les fleurs, les feuilles et la racine de cette plante, ont été jadis en usage, mais sont aujourd'hui presque entièrement tombées en oubli. La racine est de la grosseur du bras, d’an tissu spongieux, d’une couleur blanche lorsqu'elle est récente, et brune après la dessiccation. Sa saveur est amère, légèrement astringente.
NENUPHAR.
Son extrait aqueux joint à ces deux qualités un goût manifestement salé. Les feuilles et les semences inodores, comme la racine, offrent une saveur visqueuse : il en est de même des fleurs dont PAS est nauséabonde dans l’état frais, et A contiennent environ un quart de leur pen de mucilage indipidé
Rien n’est plus vague, plus hypothétique, ni plus contradictoire que les idées qui se sont accréditées, je ne sais comment, sur la puissance de cette plante. Sa réputation, comme réfrigérante et anti-aphrodisiaque, remonte à l'antiquité la plus reculée. Pline, Dioscorides, et de graves auteurs anciens, échos des erreurs populäires de leur temps, ne balancent point à reconnaître dans ses semences et sa racine, la vertu d’éteindre les désirs vénériens, et même d’abolir la faculté génératrice. Les auteurs de matière médicale, après avoir admis cette fable sans examen, n’ont cessé de la répéter comme une vérité démontrée, et, jusqu'à ce jour, le nénuphar est ainsi démeuré paisible possesseur de la précieuse propriété d’émousser l’aiguillon de la chair, et d'amortir les feux de la concupiscence. Les pieux cénobites de la Thébaïde, et les ardens ermites du désert, au rapport de Prosper Alpin, en font usage pour supporter le pesant fardeau de la rigoureuse continence qu’ils s'imposent. Personne n’ignore la confiante et aveugle crédulité avec laquelle les moines et les religieuses de nos couvens faisaient usage de cette plante pour réprimer la révolte d’un sens qui s’irrite souvent de tous les obstacles, et pour étouffer des désirs qui ne sont pas le moindre supplice de ceux qui se dévouent aux rigueurs de la chasteté. Du sein des cloîtres, la prodigieuse renommée des miracles du 7ymphæa s’est répandue dans toutes les classes du peuple, et depuis le prince jusqu'à la dernière garde-malade, il n’est personne qui ne s'imagine de donner de solides preuves de ses lumières et de ses connaissances profondes en médecine, en signalant ce végétal aquatique comme l’anti-aphrodisiaque par excellence , et comme la vraie sauve garde de la chasteté. Cependant, ainsi que le remarque judicieusement le savant Murray, l’usage que font les paysans suédois de cette racine, prouve évidemment que cette prétendue propriété, qu'on s'est plu à lui accorder, est entièrement illusoire, puisque: le pain, dans la composition duquel ils font entrer cette racine, ne diminue en rien leur facuité génératrice, ni leur aptitude au coit.
NÉNUPHAR. 4 Les qualités amère et styptique dont elle est douée, prouvent d’ailleurs qu'au lieu d'agir comme réfrigérante, elle est bien plus propre à agir comme excitante à la manière des toniques et des amers. On sait d'ailleurs que dans l’état frais elle rougit la peau sur laquelle on l’applique; elle y détermine même l’inflammation. Or, je le demande, comment concilier une semblable action irritante, avec la singulière vertu qu’on lui suppose? Reste à savoir si les propriétés rafraîchissante et somnifère qu’on lui attribue aussi sont plus réelles et mieux fondées ; M. Alibert assure avoir employé le nymphæa avec succès, comme faible narcotique, pour remplacer les opiacés; mais il ne dit point quelle est la partie de la plante dont il a fait usage. Nous sommes par conséquent fondés à douter de la propriété hypnotique de la racine de nénuphar, tout comme de sa vertu anti-aphrodisiaque, jusqu’à ce qu'elles aient été démontrées par des observations bien faites. À l’égard des succès qu’on lui attribue contre la leucorrhée et la blennorrhagie , mais surtout contre la dysenterie, lors même qu’ils seraient aussi certains qu’ils sont douteux, nous possédons une foule de mucilagineux, beaucoup plus
convenables dans ces maladies lorsqu'elles sont aiguës; et si, lors=
qu'elles sont chroniques, on voulait leur opposer des amers et des astringens, la matière médicale nous fournit un grand nombre de plantes qui jouissent de ces propriétés à un beaucoup plus haut degré que ne le fait le nénuphar. Comme topique, Detharding a appliqué la racine de cette plante, coupée en long , sur la plante des pieds contre les fièvres intermittentes. Mais que conclure de ce fait, quand on sait que dans les cas où cette affection ne guérit pas d’ellemême, toutes sortes de moyens, soit généraux, soit locaux, sont susceptibles de la faire disparaître ?
Les fleurs de zymphæa, à cause de leur odeur nauséeuse, pourraient seules être soupçonnées de quelques propriétés narcotiques. Toutefois, on ne peut raisonnablement leur accorder cette vertu que lorsqu'elle aura été constatée par des faits exacts et mieux observés que ceux sur lesquels leur réputation a été appuyée jusqu'ici. En attendant, il faut se borner à les placer parmi les substances émollientes , relâchantes et rafraîchissantes, sans qu'on puisse leur attribuer, sous ce rapport, plus de puissance qu’aux autres plantes mucilagineuses que nous possédons. À l’exemple de lillustre Cullen,
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