NERPRUN
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CCXLVIIT.
ERA es DL .. papgvos, Dioscorides.
RHAMNUS CATHARTICUS ; Bauhin, MevaË , lib. 12, sect. 4; — Tournefort, clas. 20 , sect. 1, gen. r.
| | del tétiié à RHAMNUS CATHARTICUS, spinis terminalibus, floribus quadrifidis dioicis, foliis ovatis; Linné, pentandrie monogynie; — Jussieu , \ clas. 14, ord. 13, famille des nerpruns.
|. SPINO CERVINO.
Espagnol. ....... ESPINA DE CIERVO ; CAMBRON. Parunais.s.. di. :.L ESCAMBROEIRO ; ESPINHEIRO CAMERA. , - - - NERPRUN !; NOIRPRUN.
"5 PS RE AUS PURGING BUCKTHORN.
Allemand. . ...... KREUZBEEREN-STRAUCH ; WEGDORN, Hollandais. ...... WEEGEDORN.
D he me » KORSBÆRTORN.
Suédois. : .. ..... GETAPTEL, Polonais... .,..., SZKLAK KRZEWINA, . TTL". éres SCHEST,
LE nerprun est un arbrisseau épineux, d’un assez joli feuillage, commun dans nos bois, dans les haïes, aux lieux incultes. Il appartient à un genre très-nombreux en espèces, dont le caractère essentiel consiste dans un calice à quatre ou cinq divisions ; quatre ou cinq pétales; autant d’étamines opposées aux pétales ; un à trois styles; une baie ronde, à deux ou quatre loges ; autant de semences munies à leur base d’un ombilic cartilagineux et saillant.
Cet arbrisseau s'élève à la hauteur de huit à dix pieds, sur une tige droite, assez forte, rameuse; le bois jaunâtre; l’écorce lisse ; les vieux rameaux convertis à leur extrémité en une épine très-dure. — Les feuilles sont alternes, pétiolées , d’un beau vert, simples, arrondies ou ovales , finement dentées à leurs bords, lisses et chargées de nervures parallèles et convergentes. — Les fleurs sont petites, très-souvent dioïques , réunies en bouquets dans l’aisselle des feuilles.
* Par corruption, de noir prune, à cause de la couleur de son fruit. On disait autrefois notrprun.
65° Livraison. Fe
Leur calice est fort petit, à quatre divisions allongées ; quatre pétales un peu jaunâtres; autant d’étamines. — Le fruit est une baie petite, charnue, arrondie, qui noircit en mûrissant , et contient ordinairement quatre semences dures.
Nos départemens méridionaux possèdent une autre espèce de nerprun, le rhamnus infectorius, distingué du précédent par ses feuilles un peu velues en dessous, par ses tiges moins droites, une fois moins élevées , revêtues d’une écorce noirâtre.
Dans les mêmes contrées, l’alaterne (rhamnus alaternus) forme de très-jolis buissons toujours verts, à feuilles dures, lisses, ovales, dentées à leurs bords; ses fleurs d’un vert jaunâtre, presque sessiles, souvent unisexuelles, à cinq étamines.
La bourdaine appartient également aux nerpruns , rhamnus frangula, L., arbrisseau de nos bois, de six à huit pieds, dont l’écorce extérieure est brune, l’intérieure jaunâtre; les feuilles ovales , entières; les fleurs verdâtres, axillaires; les baies d’abord rougeûtres, puis noires.
Les baies du nerprun cathartique, dans leur état de maturité, renferment une pulpe succulente très-verte, d’une odeur ingrate, et d’une saveur amère , nauséeuse et un peu âcre. Leur infusion aqueuse rougit par le contact des acides nitrique et sulfurique, et noircit par le sulfate de fer. Elles contiennent une matière colorante, d’un vert jaunâtre qui se retrouve dans les fruits de plusieurs autres rhamnoides, et, suivant Schwilgué, du tannin et de l’albumine.
L'écorce intérieure, ou liber de cet arbrisseau , jouit, comme ses baies, des propriétés vomitive et purgative; mais ces dernières sont consacrées à l’usage médical, et occupent, depuis des siècles, une place distinguée parmi les drastiques. En effet, quoique à haute dose, elles déterminent quelquefois le vomissement; leur action s’opère pour l’ordinaire sur le canal intestinal, dont elles augmentent prodigieusement les sécrétions muqueuses, en même temps qu'elles sollicitent avec énergie ses contractions; elles purgent ainsi avec forc. Au rapport de Hombert, il paraît même que leur vertu cathartique se transmet à la chair des tourds et des grives, qui s’en nourrissent avec avidité pendant l'automne; cependant ce fait aurait besoin d'être confirmé. Quelques auteurs ont reproché aux baies de nerprun d'occasioner des coliques , de la sécheresse dans, Ja
bouche , et de la chaleur dans la gorge; ce qui fait qu'on y a rarement récours , et qu'on les réserve, en géneral, pour les personnes robustes, dont la sensibilité obtuse a besoin d’être excitée par de fortes commotions. Toutefois, d’après les observations de Cullen, on peut prévenir ces légers inconvéniens, en avalant par dessus ce purgatif une certaine quantité de quelque liquide adoucissant , du petitlait ou de l’eau de veau, par exemple, ou bien en l’associant à des substances mucilagineuses, comme on le fait dans le sirop que préparent avec ses baies les pharmaciens. Au reste, on fait plus particulièrement usage des fruits du nerprun et de ses diverses préparations, dans les cas où il faut vivement solliciter l’action du canal intestinal, et y déterminer une commotion énergique, soit qu’on veuille opérer une puissante dérivation sur cet organe , comme dans les dartres et autres maladies chroniques de la peau, dans les inflammations chroniques de certains viscères, à la suite de la suppression des exutoires ou autres évacuations habituelles , soit qu’on veuille agir consécutivement sur tout le système, ou sur certains organes en particulier, comme dans les scrofules et dans les hydropisies essentielles.
Vingt baies de nerprun récentes suffisent, en général, pour déterminer la purgation : mais on ne les emploie ainsi en nature que chez les sujets robustes. Ordinairement on administre leur suc exprimé et clarifié à la dose de trente-deux grammes (une once); bien plus souvent éncore, et avec beaucoup plus d'avantage , on a recours au sirop qu'on en prépare avec ce suc et le sucre, et on le donne de trente-deux à soixante-quatre grammes (une à deux onces ). Le rob de nerprun est beaucoup moins en usage; on l’emploie cependant dans quelques cas avec avantage sous forme pilulaire. Enfin on administre quelquefois les baies elles-mêmes, desséchées et pulvérisées, à la dose de huit grammes (deux gros).
Le suc des baies de nerprun, convenablement épaissi ét associé à l’alun, fournit une couleur verte très en usage dans la peinture, et très-commune dans le commerce sous le nom de vert de vessie, saftegrün des Allemands. Ce même suc est employé dans la teinture pour colorer les laines et différentes étoffes.
Les fruits de plusieurs autres espèces de nerprun, et, entre autres ceux du rhamnus infectorius et du rhamnus frangula, jouissent aussi de la propriété purgative. On les emploie aux mêmes usages
dans les arts; mais les peintres et les teinturiers préfèrent les baies du rhamnus infectorius, connues dans le commerce sous le nom
de grains d “Avignon.
EXPLICATION DE LA PLANCHE, (La plante est de grandeur naturelle.) — x. Fleur entière. — 2. Fruit coupé circulairement pour faire voir les quatre osselets, — 3, Osselet isolé.
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