‹ Flore médicale (volume 3)Chapitre 29 sur 97 · RAR E · texte numérisé non relu

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NOYER

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NOYER

Emseis L-. sab cine xæpuov Carinmov.

NUX JUGLANS ‘; s. regia vulgaris; Bauhin, TivzË, lib. 11, sect. 4; | —- Tournefort, clas. r9, sect. r, gen. r.

Latin... .... JUGLANS REGIA, foliolis ovalibus glabris, subserratis, subæqualibus ;

Linné, monoëcie polyandrie ; — Jussieu , elas. 14, ord. 12, famille des térébinthacees.

MalienPANM C9 à NOCE.

Espagnol... . ..... NOGAL.

FOrLIBIS .. . - , - NOGUEIRA.

DPMREUES..- :. .. .. INOYER.

Anglais. ........ WALNUTTREE.

“lemand. : ...... NUSSBAUM ; WALNUSS.

Hollandais. ...... OCKERNOOTENBOOM.

Dabis EH LDOSQ .….. NOEDDETR Æ,.

Suédois:4.: .!,.. - 42 VALNOETTR ÆD.

RS 1 - - : : ORZESZYNA WLOSKA.

Russe. ..., ...... GREZIÆKR ORECHI (ROIX grecques).

Hongrois... ...... OLASs-DI0.

Arménien. .. . . .... ANCUS.

Chiots. .: 22.4.) mô-ra6. -

LE noyer , quoique très-anciennement connu, n’est point indigène de l'Europe. Pline le dit originaire de la Perse : on l’y trouve encore dans son état sauvage, au milieu des forêts. Quoiqu'il jouisse parmi nous de tous les droits de la naturalisation, il n’y est point acclimaté au point de pouvoir résister au froid des hivers rigoureux. Quelques-uns ont cru y reconnaître l’arbre que Théophraste à nommé caryon ; mais le peu qu'en dit cet auteur, laisse beaucoup d’incertitudes, et ne permet pas de prononcer. Linné lui a conservé le nom de juglans, qu'il avait recu des Grecs. Il est devenu le type d’un genre que plusieurs belles espèces découvertes dans l’Amérique Septentrionale, ont rendu fort intéressant. Il se caractérise par des fleurs monoïques, dépourvues de corolle. Les fleurs mâles sont disposées en chatons pendans, garnis d’écailles, portées chacune sur

* Mot formé de Jovis glans, comme si l’on disait gland de Jupiter.

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un pédicelle horizontal. Le calice est à six divisions profondes; il renferme une vingtaine d’étamines presque sessiles; les anthères à deux loges. Les fleurs femelles sont solitaires , deux à deux, ou trois à trois. Leur calice est double, supérieur, à huit divisions; l’extérieur plus court; l'ovaire surmonté de deux styles épais; les stigmates en massue, déchirés à leur sommet. Le fruit est un drupe ovale , renfermant une noix à deux valves ; l’amande irrégulièrement sinuée, partagée à la base en quatre lobes, séparés par des cloisons membraneuses. |

Le noyer est le plus beau de nos arbres fruitiers; il porte une cime large et touffue : son écorce est lisse dans les jeunes arbres, épaisse et gercée dans les plus vieux ; son bois dur ; ses rameaux de couleur verdâtre ou cendrée. — Les feuilles sont grandes , alternes, pétiolées, ailées, d’un beau vert, composées de sept à neuf folioles, quelquefois moins, sessiles, opposées, glabres, ovales-lancéolées, aiguës, entières, rarement denticulées. — Les fleurs sont monoïques; les mâles disposées en longs chatons cylindriques, pendans, d’un brun-vert , réunis sur le vieux bois plusieurs ensemble ou solitaires, longs de deux ou trois pouces. — Les fleurs femelles sont axillaires, situées vers l’extrémité des rameaux, presque sessiles, au nombre de deux ou trois. Elles produisent, sous le nom de noix, des drupes ovales , un peu globuleux, enveloppés d’un brou ferme, épais, d’un beau vert.

L’enveloppe extérieure du fruit du noyer, connue sous le nom de brou de noix, est verte, charnue, d’une saveur amère, styptique et excessivement acerbe. Elle renferme beaucoup de tannin et d’acide gallique , et noircit fortement la peau des doigts lorsqu'on la touche. La seconde enveloppe, dure, cassante, et comme testacée, est d’une couleur fauve , sillonnée à sa surface, sans odeur, sans saveur , et de nature purement ligneuse. L'intérieur de la noix offre une substance quadrilobée , recouverte d’un épiderme jaunâtre, très-mince, d’une saveur astringente, et qui contient probablement du tannin. Cette substance est blanche, d’une saveur douce, très-agréable, miscible à l’eau , à laquelle elle donne la consistance émulsive; elle contient une certaine quantité de fécule amilacée, et environ la moitié de son poids d’une huile grasse, très-douce, jaunâtre, siccative, qui ue se concrette point par l’action du froid. |

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Le brou, à raison des principes amers et styptiques qui y dominent, jouit manifestement des propriétés tonique et astringente. L’excitation qu’il exerce sur l'estomac en vertu de ces propriétés, suffit quelquefois pour produire le vomissement, ainsi que l’ont observé Ray, Schroeder et Buechner. Pour l'ordinaire il agit sur le canal intestinal, dont il provoque les contractions ; et c’est probablement par cette manière d'agir qu’il est redoutable aux vers intestinaux. Ses propriétés anthelmintiques, déjà célébrées par les anciens, ont été confirmées par les observations de Plater , de Fischer, et de plusieurs autres, qui paraissent avoir administré sa décoction aqueuse et son extrait contre les lombrics, quoique Andry ait reconnu que ce vermifuge n'était pas plus constant dans ses effets que les autres. Comme excitant, on a vanté ses bons effets dans l’apoplexie commencçante , dans la paralysie et dans la syncope, où il ne peut agir différemment des autres médicamens styptiques. A l'extérieur, comme topique, résolutif et détersif, on en fait usage en gargarisme dans certaines angines chroniques, contre le relâchement de la luctte, contre le gonflement des gencives, les ulcérations, et les aphtes indolens de la membrane muqueuse de la bouche. En poudre, on l'a appliqué au pansement des ulcères atoniques et sordides. |

L’épiderme mince et jaunâtre qui enveloppe la substance de la noix, quoique beaucoup moins styptique que le brou, jouit de propriétés analogues. Réduit en poudre, il a été recommandé contre la colique , et le peuple s’en sert quelquefois encore pour remédier à cette affection, où il ne peut être que bien rarement utile, puisque les astringens y sont en général plus nuisibles qu’avantageux.

La partie blanche ou parenchymateuse de ce fruit, dépouillée de son épiderme, est une substance très-douce, qui, à une qualité éminemment nutritive, joint les propriétés rafraichissante, relàchante, lubrifiante et adoucissante, communes aux autres substances émulsives, dont l’huile et le mucilage forment les parties constituantes. Cette substance, prise en grande quantité, paraït toutefois susceptible d’expulser les vers intestinaux, ainsi qu'Hippocrate l'avait observé à l'égard des vers plats. L’émulsion qu’elle forme par sa trituration dans l’eau peut être employée avec avantage dans toutes les maladies d’irritation , soit gémérales, soit locales. Cependant,

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comme les noix rancissent en vieillissant, et qu'elles acquièrent alors des qualités irritantes, pour peu qu’elles soient anciennes, elles ne conviennent plus comme émulsives.

Il en est de même de l’huile grasse qu'elles fournissent par expression. Lorsque cette huile provient des noix de l’année, .et qu’elle est récente, elle est douée de propriétés relächante, adoucissante et lubréfiante, comme la plupart des huiles grasses, qu'elle peut suppléer dans tous les usages médicaux; mais dans les cas contraires, elle exhale une odeur forte, elle a une saveur rance qui irrite la gorge par son âcreté, et elle perd ainsi toutes ses qualités adoucissantes. Comme l'huile d'olives , elle jouit d’une vertu purgative et d’une propriété anthelmintique, en vertu desquelles plusieurs observateurs l’on employée avec succès contre le ténia.

Le brou de noix se donne en décoction à doses très-variables, et en extrait à celle de deux ou trois cuillerées à café pour les enfans, et à dose double ou triple pour les adultes. En l’associant avec le miel, on en prépare un rob de noix qui a eu jadis beaucoup de réputation. Avec le sucre et l’alcool, il forme aussi le ratafia de brou de noix, réputé comme stomachique. L’épiderme intérieur de ce fruit a été administré en poudre à la dose de quatre grammes (un gros ). Sa substance blanche, dépouillée de son épiderme, est administrée en émulsion à la dose de trente-deux à soixante-quatre grammes, dans cent vingt à cent quatre-vingt grammes d’eau convenablement édulcorée. L'huile se donne comme purgative ou vermifuge, de trente-deux à soixante-quatre grammes et plus.

Plusieurs autres parties du noyer , et, entre autres, l’écorce intérieure dont Ray, Buechner et Schroeder ont parlé comme vomitive, ont été employées jadis en médecine; mais elles ne sont plus en usage.

Cet arbre parait exhaler certaines émanations qui nuisent aux autres végétaux, et les empêchent de prospérer autour de lui. Les douleurs de tête qu’elles occasionent aux hommes qui y demeurent longtemps exposés, semblent indiquer qu’elles ont quelque chose de vireux. Mais l'opinion populaire qui attribue au noyer la propriété de donner la fièvre à ceux qui reposent sous son ombre, a besoin de confirmation. Par sa dureté, par sa couleur agréablement veinée, et par le beau poli dont ilest susceptible, le bois de cet arbre est très-précieux

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et très-recherché par les ébénistes et les menuisiers pour la fabrication des meubles et d’une foule d’ornemens de nos habitations. Sa racine, ses feuilles, et l'enveloppe extérieure de son fruit, fournissent une couleur jaunâtre utilement employée dans la temmture. Les fruits, . avant la formation de leur partie nutritive, sont confits avec le sucre et les aromates, et transformés en un aliment extrêmement délicat, d'un goût"délicieux et très-stomachique. Ces fruits connus sous le nom de cernaux, avant leur maturité, constituent un mets de dessert très-recherché parmi nous, quoiqu'ils soient un aliment glutineux, réfractaire à l’action de l'estomac et de l'intestin, et, par conséquent, peu salubre pour les personnes faibles et délicates. Les noix mûres sont moins difficiles à digérer , et constituent un aliment agréable et sain quand elles sont récentes ; mais en vieillissant elles deviennent rances, et alors elles occasionent le pyrosis et des rapports nidoreux. L'huile de noix, exprimée sans le concours de la chaleur , lorsqu'elle est récente, et qu’elle provient des fruits de l’année dépouillés de leur épiderme, est très-douce, et peut-être employée avec avantage à tous les usages culinaires. Dans les cas contraires, elle exhale une odeur forte, irrite la gorge, et alors elle est reservée à l'éclairage, à la fabrication du savon, à la composition du vernis, et autres usages économiques. Comme elle ne se coagule pas par le froid, et qu’elle est de nature siccative, elle est surtout très-utile aux peintres et aux broyeurs de couleurs. Le magma, qui reste sous le pressoir lorsqu'on a exprimé l'huile des noix , est une substance très-nourrissante, qu'on emploie avec avantage pour engraisser les bestiaux : beaucoup de personnes le trouvent même uu alimeni fort agréable. L’enveloppe cornée de ce fruit, ou les coquilles de noix, sont en usage, soit pour chauffer le four, soit pour brûler dans les cheminées. Enfin le tronc du noyer fournit, par incision, un liquide mucilagineux et sucré, qui présente, lorsqu'il a été convenablement épaissi, toutes les qualités du miel et de la mélasse, et dont M. Barron a retiré du sucre cristallisé par

des procédés analogues à ceux qui sont en usage pour obtenir le sucre de l’érable.

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