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CEDRUS FOLIO CUPRESSI 5*media majoribus baccis; Bauhin, Iivaë, lib. 12,sect. 5; — Tournefort, clas. 19, sect. 5, gen. r. JUNIPERUS LyGrA , foliis ternis undique imbricatis ovatis obtusis; Linné, dioëcie monadelphie ; — Jussieu, cl. 15, ord. 5, famille des conifères. a INCENSO.
Epasnol |. ..... INCIENSO.
PAREES. 5: INCENSO.
MrancEs. . e .. … OLIBAN , ENCENS.
- - INCENSE.
Allemand. . ...... WEILHRAUCH.
Hollandais... ..... WEetroos. ; à ROEGELSE.
ci SRE KADZIDLO,
Nous n'avons encore aucune certitude sur la plante qui produit cette résine connue dans le commerce sous le nom d’oliban. Quelques auteurs la rapportent au Juniperus lycia, qui n’est essentiellement distingué du uniperus phœnicea que par ses baies un peu plus grosses, brunes ou d’un rouge très-brun dans leur maturité : c'est la seule différence que j'ai pu y observer sur les exemplaires conservés dans quelques herbiérs. Comme j'ai recueilli en abondance le juniperus phoœænicea, sur les côtes de Barbarie, que l’on trouve aussi dans les contrées méridionales de la France, je m'en tiendrai à la description de cette espèce, ÿ joignant le }uriperus lycia comme une. simple variété : au reste, j'ajouterai que cette plante ne m'a jamais offert la résine dont il est ici question.
Cet arbrisseau, de forme pyramidale, s’élève à la hauteur de trois à cinq.pieds et plus sur une tige rude, un peu tortueuse, chargée d’un grand nombre de rameaux roussâtres ,\alternes. — Les feuilles
. sont nombreuses, fort petites, charnues, d’un vert foncé, ovales,
convexes , obtuses , fortement imbriquées , appliquées contre les rameaux , semblables à de petites écailles. Souvent on trouve, sur les jeunes rameaux, une autre sorte de feuilles plus longues, un peu lâches, dures, très-aiguës, semblables à celles du genévrier commun,
66e Livraison, 2.4
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OLIBAN. ë à mais plus petites. — Les fleurs mâles sont disposées en petits cha- |
tons très-courts, à l'extrémité des jeunes rameaux ; les femelles produisent des baies latérales , solitaires, sphériques, de la grosseur d'un pois, de couleur jaunâtre, renfermant trois noyauxssiriés sur le dos. — Les autres parties des fleurs présentent les caractères essentiels à ce genre, qui consistent dans des fleurs monoïques , plus souvent dioïques; les fleurs mâles disposées en petits chatons ovales ou arrondis, munis d’écailles pédicellées, en forme de bouclier; elles tiennent lieu de calice; il n’y a point de corolle : les étamines sont composées de trois ou quatre anthères sessiles, placées sous chaque écaille. Dans les fleurs femelles , les écailles sont épaisses, aiguës, disposées sur quatre rangs, contenant chacune un ovaire surmonté
d’un stigmate court. Ces écailles croissent, deviennent charnues, se
fondent ensemble, et forment une baie arrondie, contenant ordinairement trois noyaux à une seule loge.
On n’a point encore déterminé, d’une manière précise, si la subsiance résineuse qui est répandue dans le commerce sous les noms d'encens, d'oliban, et que les anciens connaissaient sous celui d’olbanum thus, découle réellement de cette espèce de genévrier. Quoi qu’il en soit, elle nous vient de l'Arabie et de l’Éthiopie, par le commerce de l'Orient, et on la trouve, dans les pharmacies , en grosses. larmes oblongues irrégulières, du volume d’un gros pois et plus, tantôt isolées, tantôt agglomérées entre elles, ce qui a donné lieu à la vaine distinction de l’encens en‘näle et femelle, selon la orossière et ridicule ressemblance qu’on a crüftrouver entre ces larmes ainsi géminées et les testicules ou les mamelles. Sa couleur est d’un jaune pâle, son odeur balsamique résineuse, sa saveur lésèrement chaude et amère. Elle est d’une consistance*dure et peu friable. Lorsqu'on la mâche, elle se ramollit dansla bouche, s’agglutine aux dents, et se dissout lentement dans la salive qu'elle blanchit. Par la trituration , elle entre en suspension dans leau, et ne s’y dissout qu’en partie, ainsi que dans l’alcool et l'huile volatile.
Elle est entièrement insoluble dans les huiles grasses, qui se bor-m
nent à la ramollir. Elle brûle à la manière des résines, sans se bi quéfier , et quand on la projette en poudre sur des charbons ardens , ; ellé répand une épaisse famée d’une odeur balsamique très-suave. On en retire beaucoup de résine, et une petite portion. de mucilag
OLTBAN.
Comme la plupart des gommes résines, l’encens jouit d’une propriété excitante; mais son actionest si faible et si peu marquée, que Cullen a cru pouvoir le rayer du tableau des médicamens. Toutefois, cest en vertu de l’excitation légère que cette gomme résine exerce sur nos organes, qu’elle a été libéralement décorée des titres de diurétique, détersive, résolutive, vulnéraire, etc., et qu’elle a été en honneur, surtout parmi les anciens, dans le traitement de plusieurs maladies qui guérissent tout aussi bien depuis que son usage est tombé en désuétude. Les modernes , trop long-temps prodigues de louanges envers les substances médicamenteuses, même les plus inertes, et toujours disposés à proclamer comme des miracles, ou comme des vérités, les résultats erronés d’une fausse expérience, lui ont attribué des effets merveilleux contre les maladies de la tête, de la poitrine , de l’abdomen et de l'utérus , contre l’hémoptysie, la dysenterie et les flux de ventre. L'efficacité de l’huile qu’on en retire par la distillation, a été signalée contre la phthisie pulmonaire tuberculeuse, qui jamais n'a guéri par aucun moyen, et dont les excitans ont constamment précipité la fin déplorable. Les plus fastueux éloges lui ont été prodigués pour la guérison de la pleurésie, et le savant Geoffroy, dont il faut admirer l’érudition, sans imiter son aveugle et ridicule confiance dans la toute-puissance des drogues, prétend, à lexemple de Rivière, l'avoir employée avec succès dans l’inflammation de la plèvre ; comme si cette phlegmasie, ainsi que toutes les autres inflammations aiguës, ne repoussaient pas en général tous les stimulans. On pourrait tout au plus avoir recours à l’encens dans les flux chroniques des membranes muqueuses, tels que le coryza , la blennorrhagie et la leucorrhée, parvenus à leur dernier période. Son usage, surtout en fumigation , pourrait être également utile dans les affections chroniques du poumon, exemptes de fièvre, de chaleur, d’irritation générale, et particulièrement dans la troisième période du catarrhe pulmonaire, dans l'asthme humide et dans les toux anciennes des vieillards et des personnes scorbutiques où éminemment lymphatiques. Son emploi à l'extérieur comme détersif ou discussif, peut être beaucoup plus avantageux encore contre les plaies blafardes et les ulcères atoniques sordides. C’est probablement aux-succès qu'on en aura obtenus dans quelques cas de cette nature, qu'est due la réputation usurpée dont ont joui
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cette multitude. d’emplâtres et de topiques préparés avec l’encens et décorés des vains titres de vulnéraires, d’incarnatifs, de cicatrisans, etc., dans le traitement des plaies et des ulcères, qui guérissent en général beaucoup plus sûrement et plus promptement depuis que la chirurgie, simplifiée et perfectionnée, a banni sans retour tous ces topiques de ses pansemens.
Au rapport de Dioscorides et d’Avicenne, l’oliban, pris en grande quantité, dans le vin, aurait produit des affections cérébrales, l’aliénation mentale et même la mort. Le vin n’aurait-il pas pu contribuer à la production de ces accidens?
L’encens, en substance, a été administré intérieurement depuis quinze décigrammes jusqu'à huit grammes ( d’un scrupule à deux gros ); mais on ne l'emploie plus aujourd’hui qu’en topiques ou en fumigation. Il fait partie d’une foule de préparations officinales entièrement décréditées : tels sont la poudre de sperniole de Crollius , la thériaque, le mithridate, les trochisques de karabé, etc.
L'encens constitue, en outre, un des principaux matériaux de l’onguent martiatum, du mondicatif de résine, des emplâtres de bétoine, divin, céphalique, diaphorétique, oxicroccon, contre la rupture, pour les fractures , et styptique de Charas. |
De temps immémorial, l’encens, chez les nations orientales , paraît avoir été consacré au culte des dieux. Pour donner plus de splendeur aux cérémonies religieuses , les anciens le faisaient brüler dans leurs temples ; et peut-être la fumée odoriférante qu'il répand en brülant, était-elle destinée à masquer l'odeur du sang des victimes égorgées et rôties dans l’enceinte des lieux sacrés. L’encens est également employé, parmi nous, au culte divin; les tourbillons de fumée qu’il exhale en brûlant concourent à la pompe de nos cérémo-
nies religieuses , et cette fumée balsamique, très-propre à masquer l'o-
deur infecte et insupportable des émanations délétères qu’exhalaient, jadis dans nos églises, les cadavres privilégiés qu'on avait la pernicieuse coutume d’y enterrer, n’a plus aucune utilitésous ce rapport.
EXPLICATION DE LA PLANCHE. (La plante est de grandeur naturelle.) — x. Chaton mâle, avec son épanouissement. — 2. Fruit ou côte coupée dans sa longueur, pour faire voir qu'il contient 6-8 péricarpes. — 3. Péricarpe isolé.
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