‹ Flore médicale (volume 3)Chapitre 40 sur 97 · D OLIVA · texte numérisé non relu

D OLIVA

Les anciens avaient une telle vénération pour l'olivier, qu'ils lui attribuaient une origine merveilleuse. Selon eux, il ne pouvait avoir été produit que par une divinité bienfaisante. Les Grecs l’attribuaient à Minerve, d’autres à Mercure, quelques autres à Aristée, fils d’Apollon. Ces fables prouvent que sa découverte se perd dans la plus haute antiquité. On croit que les Phocéens l’apportèrent à Marseille six cent quatre-vingts ans avant Jésus-Christ; que de là il se répandit dans les Gaules et dans l'Italie. Il paraît, d’après Pline, que, sous le règne de Tarquin l'Ancien, il n’y avait pas encore d'oliviers en Europe, ni sur les côtes d'Afrique. Il croît aujourd’hui

“spontanément et en abondance dans les montagnes de l'Atlas. J’en

ai vus qui étaient d’une grande beauté, quoique dans l’état sauvage, et plusieurs variétés assez remarquables.

Le caractère essentiel de l'olivier consiste dans un calice à quatre dents; une corolle à quatre divisions; deux étamines ; un ovaire supérieur; un style simple, très-court; un stigmate épais, à deux lobes.

Le fruit est un drupe renfermant un noyau osseux, à deux loges,

dont une avorte très-souvent.

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OLIVIER

L'olivier est un arbre d’une médiocre grandeur, dont le bois est » dur, veiné; ses racines quelquefois agréablement marbrées. Ses rameaux sont très-lisses, grisâtres, garnis de feuilles oppôsées, dures, persistantes, simples, entières, ovales ou lancéolées, un peu étroi- 4 tes, vertes et lisses en dessus, blanches et un peu soyeuses en des- ‘s sous, souvent parsemées de petits points blancs à leur superficie. Le$ =" fleurs sont blanches, petites, quelquefois solitaires, plus souvent disposées en petites grappes axillaires. Leur calice est court, à quatre dents; la corolle petite, son tube un peu élargi, comme renflé; le limbe à quatre lobes courts, aigus. — Son fruit est un drupe ovale, revêtu d’une pulpe verdâtre, charnue, très-huileuse, renfermant un noyau très-dur. On en connaît un grand nombre de variétés produites par la culture. — Le suc, les feuilles, les frunts de l'olivier, et surtout l'huile qu'on retire de ces derniers, sont également utiles à la médecine.

Le suc concret qui découle spontanément du tronc de cet arbre dans les pays chauds, est connu, dans le commerce, sous le nom impropre de gomme d’olivier, substance que l’on retire particulièrement de la Pouille, de la Calabre et de l’Abruzze. On la trouve dans les officines en larmes ou en masses assez grosses , d’un brun rougeàtre, transparentes en certains endroits, surtout aux bords, et opaques dans d’autres. Sa consistance est fragile, sa cassure —ésineuse et conchoïde ; elle est électrique par le frottement : elle se fond sur les charbons ardens, et exhale, en brülant, une odeur agréable de vanille. Outre une substance brune, résineuse, dont M. Paoli avait déjà constaté la présence dans cette prétendue gomme d’olivier, M. Pelletier y a rencontré une substance blanche de nature toute particulière, dont on ne trouve l’analogue dans aucune autre ma- « tière végétale, et un peu d'acide benzoïque. Cette substance particulière à la gomme d’olivier , a été désignée, par M. Pelletier, sous lenom d’okivrle : on l’obtient par l'alcool, sous forme de poudre blan-. che, brillante, amilacée; elle cristallise en petites lames ou aiguilles - ?

aplaties; elle est inodore, et offre une saveur toute particulière, 4 amère, sucrée et un peu aromatique. L'eau en dissout beaucoupplus 4 à chaud qu’à froid. Elle est entièrement soluble dans les acides ni- Fe trique et acétique concentrés; mais elle est insoluble dans l'éther, “4 qui sert ainsi à la séparer de la résine à laquelle elle est unie.

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M. Paoli, qui a cherché à tirer la gomme résine de olivier, de l'oubli où elle était tombée parmi nous, observe qu’elle a été trèsanciennement connue et employée cornme un médicament actif dans le traitement de différentes affections. On en a fait usage dans les maladies des yeux, contre les douleurs de dents, et dans les affections chroniques de la peau. L’emplâtre que les anciens en composaient sous le nom d'énaemon, jouissait surtout , au rapport de Pline, d’une grande réputation contre les hémorrhagies. Toutefois, l'usage de cette substance gommo-résineuse est depuis long-temps tombé en désuétude, quoiqu'on puisse raisonnablement présumer qu’elle possède des propriétés médicinales qu'il serait utile de détérminer par des expériences cliniques.

Les feuilles de l'olivier sont amères et extrêmement acerbes. D’après les recherches de M. Ferrat, elles contiennent environ la onzième partie de leur poids d’une matière résineuse, qui paraît être la même que celle que l’on trouve dans le suc de l'arbre, et une orande quantité de matière extractive, qui, très-probablement , est en grande partie composée d’olvile. Leur amertume et leur stypticité leur assignent un rang distingué parmi les toniques astringens, et lon pourrait s’en servir avec avantage dans la plupart des cas qui réclament la médication tonique’avec astriction. On à même proposé; dans ces derniers temps, de les employer contre les fièvres intermittentes, en remplacement du quinquina. Mais il faut attendre du temps et des recherches des médecins observateurs, la confirmation des avantages qu'elles peuvent avoir, soit contre ces fièvres, soit contre les autres maladies atoniques. |

» À cause des nombreux usages médicaux et économiques auxquels on emploie l'huile que renferme en abondance la pulpe charnue des olives, ces fruits sont la partie la plus précieuse et la plus importante de l'olivier. Ils constituent des drupes plus ou moins gros, oblongs, ovales, d'une couleur verte, qui devient un peu blanchäitre ou pourpre après la maturité. Les olives sont inodores; elles ont une saveur âpre, amère et austère, qui ne permet pas d’en faire usage comme aliment, daus l’état où la nature nous les présente. On ne les emploie pas davantage comme médicament.

L'huile qu'on en retire par expression est d’un blanc jaunûtre, transparente, très-liquide , inodore et d’une saveur très-douce. Elle

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se concrette à la température de quelques degrés au dessus de zéro, et rancit, en vieillissant, quoique moins facilement que la plupärt des autres huiles. Lorsqu'elle est récente, et qu’elle a été exprimée des olives fraiches , bien müres et non avariées, elle jouit à un haut degré des propriétés adoucissantes, émollientes, lubrifiantes, relàchantes, et peut être employée avec avantage, soit à l’intérieur, soit à l'extérieur, dans presque toutes les maladies d’irritation. Toutefois, on l’administre rarement à l'intérieur, dans les maladies inflammatoires, parce que, en séjournant dans les voies digestives, elle se rancit et acquiert ainsi des qualités irritantes qui pourraient devenir un inconvénient. On y a plus particulièrement recours dans les empoisonnemens produits par des substances âcres et corrosives, pour émousser et affaiblir l’action de ces substances, et pour calmertet adoucir lirritation qu'elles ont produite. On l’emploie souvent dans les toux sèches et spasmodiques, accompagnées de beaucoup d'irritation, contre la strangurie et les douleurs néphrétiques. On la donne également, soit par la bouche, soit en lavement, dans les coliques qui suivent les accouchemens difficiles, qui accompagnent les hernies, ou qui sont produites par l'accumulation des matières stercorales durcies. On s’est bien trouvé dë son emploi en clystère, pour calmer ou diminuer la douleur qu'occasione la présence des calculs dans la vessie. Outre ses proprietés relâchantes et émollientes, l'huile d'olives jouit encore d’une faculté purgative, et parait, comme la plupart des huiles fixes, exercer une inflence délétère sur les vers intestinaux, dont elle détermine souvent l'expulsion, ainsi que le prouvent les observations de Redi. Pour obvier au vomissement qu’elle occasione assez souvent lorsqu'elle est ingérée à haute dose, on lui associe, avec avantage, une certaine quantité de quelque acide végétal, selon la méthode de Forestus; du vin, suivant celle de Rivière; une petite quantité d'huile volatile ou d’une substance aromatique, à l'exemple de Wal et d'Hoffmann; ou bien on la mêle avec du sucre ou du mucilage, comme cela se pratique journellement. Les anciens faisaient un très-grand usage de l’huile d'olives en onctions, pour le traitement de plusieurs maladies dans lesquelles il est fâcheux qu’on ait renoncé à un si puissant moyen. Cœlus, Celse et Dioscorides nous apprennent qu'on s'en servait surtout avec avantage contre lhydropisie. Forestus, Olivier, Desgerand,

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Storck, Gardanne, parmi les modernes, ont vu plusieurs fois l’ascite et l'anasarque disparaitre par de semblables onctions, répétées plusieurs fois par jour; et quoiqu'elles n'aient pas eu le même succès dans des cas analogues, entre les mains de Tissot et de plusieurs autres praticiens , on ne devrait point y renoncer avant de les avoir soumises à de nouveaux essais. La réputation dont cette huile, appliquée à l'extérieur, a joui comme antidote du venin de la vipère et comme préservatif de la rage et de la peste, paraît au moins douteuse. Diverses expériences faites en Angleterre indiquent bien, à la vérité, que les accidens produits par la morsure de la vipère se sont dissipés après l’usage des onctions d'huile; mais comme ces accidens, ainsi que les maladies aiguës, se dissipent également après un certain temps, sans aucun remède, et par les seules forces de la nature, à moins que le sujet mordu ne soit extrêmement faible, ou d'un volume tres-petit , relativement à celui du serpent, il est trèsprobable que l'huile d'olives n’a pas plus d'action contre le venin, dans ce cas, que d’autres antidotes également vantés. On peut donc, tout au plus, s’en servir comme d’un moyen propre à diminuer la tension et la douleur des parties enflammées , par la morsure du serpent, comme on le fait à la suite des piqüres d’abeilles, des guêpes et des frelons, sans lui attribuer aucune action spécifique contre les venins de ces animaux. Les faits que l’on allègue en faveur de cette huile, contre la rage, sont en trop petit nombre et trop vagues, pour prouver son efficacité dans cette terrible névrose ; à l’égard de la peste, malgré les assertions de certains auteurs, il faut convenir, avec l’illustre professeur Desgenettes, que tout ce qu'on a dit de sa vertu préservative, contre cette maladie, est prématuré.

Le magma que fournissent les olives dont on a exprimé l'huile, paraît agir sur la peau à la manière des irritans , et a été recommandé comme topique contre le rhumatisme et la goutte. Mais on manque de données positives sur sa manière d’agir et sur les effets qu'on peut en attendre. |

La résine d’olivier , ou le suc concret de cet arbre, pourrait être administrée intérieurement depuis dix ou quinze décigrammes jusqu'à quatre grammes (environ un scrupule à un gros ). Les feuilles peuvent être données en substance, sous forme pulvérulente, à la dose de quatre ou huit grammes (un à deux gros) et plus, et en dé-

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coction de trente-deux à soixante-quatre grammes ( une à deux onces ). L'huile d'olives est en usage comme laxative et anthelmintique, depuis trente-deux jusqu'à cent vingt-huit gramimes (une à quatre onces). Comme adoucissante, on la donne à plus petite dose, à une once, par exemple, dans des potions et des juleps appropriés. Elle est la base du cérat de Galien, du baume sammaritain, ‘ét d’une foule d’emplâtres, d’onguens, de baumes , de liniméns ‘ét d’huüïles composées, qui ont été en honneur, et qui sont encore quelquefois en usage dans la pratique de la médecine et de la chirurgie. L'huile omphacine, célébrée par divers auteurs, et jadis en usage pour les onctions des athlètes, était exprimée des olives vertes non mûres. On sait qu'après s’en être frotté le corps, ils se roulaient dans la poussière. Il se formait ainsi, à la surface de leur peau, une’espèce de croûte qui s'imprégnait de sueur pendant leurs exercices gymnastiques. Après le combat, avéc une espèce d’étrille, sérigilis, on la recueillait avec soin pour la livrer au commerce, sous le nom de strigmenta, et on l’employait avec une aveugle confiance, dans le traitement des maladies, avec le même succès, sans doute, qu'on a employé depuis le græcum album , où excrémens du ‘chien, l'huile de petits chiens, la poudre de crapaud, et autres substances non moins dégoûtantes et d’une malpropreté non moins insigne.

L’olivier paraît avoir été un des premiers arbres cultivés parmi les hommes. Les nombreux et utiles usages auxquels sont employé ses produits, l’ont fait regarder, de tout temps, comme un des végétaux les plus précieux pour lespèce humaine. Les Grecs l'avaient consacré à Minerve. Ses rameaux ornés de feuilles et chargés de fruits, sont encore le symbole de l’abondance, de la paix et de la concorde. Son bois, remarquable par sa dureté extrême et par sa longue résistance aux injures du temps , est quelquefois émployé par les tourneurs , les menuisiers et les tabletiers , à la construction des meubles, des machines et des instrumens des arts. Dans l’état naturel, ses fruits, à cause de leur âpreté et de leur austérité, ne‘sont pas mangeables; mais après avoir été macérés dans une lessive alcaline, et conservés dans de la saumure avec différens aromates, 1ls perdent ces qualités repoussantes , et acquièrent un goût très-agréable, qui les fait rechercher pour le service des tables ; et qui en fait un aliment, à la vérité peu nourrissant et difficile à digérer , mais

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extrêmement savoureux, et très-propre à servir de condiment et à exciter l'appétit. L'huile d'olives est l’assaisonnement le plus général, le plus agréable et le plus utile de nos alimens. Il préside à toutes les salades et à un grand nombre de préparations culinaires. Il fait partie essentielle et nécessaire de l'alimentation des peuples méridionaux , qui satisfont en elle, avec délices, cet instinct universel qui porte généralement les hommes à l'usage des corps gras. Elle est ainsi l’objet d’un très-grand commerce et la principale richesse de l'Espagne, de la Grèce, de plusieurs parties de ltalie, de la Provence et du Languedoc. L'huile d'olives, de qualité inférieure , est employée, avec avantage, pour alimenter les lampes, dont l’usage est encore très-répandu en Grèce, en Espagne et en Italie. Les artisans s’en servent pour oindre les ressorts et les rouages de leurs outils et des machines de leurs ateliers. Les ménagères l’emploient quelquefois pour conserver sans altération différentes substances véoétales et animales, destinées à l'alimentation. Elle est la base des huiles odoriférantes et d’une foule de préparations cosmétiques en usage pour la toilette. Enfin, les prêtres catholiques s'en servent pour sacrer la tête des rois et pour oindre les sens des mourans dans le sacrement de l’extrême-onction.

EXPLICATION DE LA PLANCHE. /La plante est réduite aux deux tiers de sa grandeur naturelle.) — 1. Rameau de fleur, — 2. Fleur entière grossie. — 3. Calice et pistil. — 4. Fruit coupé horizontalement pour faire voir le noyau. — 5. Noyau coupé en travers pour faire voir la graine.

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| shit, MALUS AURANTIA MAJOR ; Bauhin, Iivæ£, lib. tr, sect. 6. : à aix, “fe dulei medullé, vulgare ; — Tournefort , el. 2r, sect. 6 , Barnier to panne w 4 Ê #- “ ü GITRUS AURANTEUM , etialis alatis, foliis acuminatis; Linné, polyadelphie icosandrie; — Jussieu, clas. 13, ord. 10, famille des oran- ». gers. é qe

folies - : M... MELARANCINO, |

Espagnol... ...... NARANvO.

Portugais RL A LARANGEIRA.

Français. mt. RANGER. 9 ’ ÿ

Anglaïs.… - 2 5 CS APE ORANGE-TREE.

Allemand... ER POMERANZENEAUM

Hollandais. MS - “5 ORANJEBCOM.

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Sue. 5. ...3. POMERANTSTROED.

Polonais... 2. .. . POMERANCZA DRZEWo. .

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"Arabe... ........ NARENDI BOFIU.

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Ex bonimant l’oranger , l'imagination se transporte aussitôt dans les jardins enchantés des Hespérides : elle se promène au milieu de ces belles forêts composées d’arbres élégans, dont les feuilles nombreuses et touffues conservent leur brillante verdure dans toutes les saisons de l’année. Là , des bosquets de fleurs s’épanouissent et parfument l’air d’une odeur suave et balsamique : des fruits teints d’une belle couleur d’or leur succèdent, et contrastent agréablement avec le vert foncé du feuillage. Tels jai vu plusieurs jardins sur la côte de Barbarie , en particulier celui du Aly-Bey, à la Mazoule , non loin re bastion de France.

Selon M. Galezio, l’oranger n’était pas connu ; en. Europe, à la : Pommier de la Médie; par la même raison, les Grecs appelaient l'orange DNA GR und 140 ? De aurum, or, comme si l’on disait pomime d’or. 66° Livraison. Â.

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lin du dixième siècle ; mais au quinzième, la culture de cet arbre

était en vigueur en Espagne, en Bortugal, dans"la Ligurie, dans les royaumes de Naples et de Sicile. Il paraît que c est entre le dixième et le treizième siècle que. l'oranger a été introduit, en Europe par les Vénitiens ou par les Génois, et qu'il est originaire de la Chiñe ou des îles de la Sonde. Le citronier est beaucoup plus ancien : il était cultivé du temps des Romains. Ces deux beaux arbres ap artiennent évidemment au même genre, qui se caractérise par un calice à cinq divisions; cinq pétales; environ vingt étamines; les filamens comprimés, réunis inférieurement en eur, divisés en plusieurs faisceaux anthérifères ; un style; un stigmate en tête; une

baie celluleuse, partagée en plusieurs cloisons membraneuses , lon-

gitudinales, entourée d’une écorce épaisse, ridée et glanduleuse ; les semences sont cartilagineuses.

L’oranger , dans les pays chauds, tel que je l'ai vu en Barbarie, s'élève à la hauteur de vingt-cinq ou trente pieds et plus, Sur un tronc à peu près de la grosseur du corps d’un homme. Son bois est dur, d’un blanc jaunâtre, d’un grain fin, uni : ses rameaux réunis en une cime touffue, un peu arrondie. —- Les feuilles sont alternes,

persistantes, pétiolées , ovales-lancéolées, épaisses, glabres, luisantes,

presque entières , articulées sur un Me bordé. d’une aile foliacée, en CŒUT , parsemées de petites vésicules résineuses et transparentes.

— Les fleurs sont blanches, très-odorantes ; disposées en bouquets

vers l'extrémité des rameaux. Les filamens sont réunis à leur base en une membrane, qui ensuite se déchire en plusieurs lanières, chargées chacune d’un certain nombre d’étamines. — Les fruits sont

sphériques, d’un jaune doré à l’extérieur, ordinairement blancs en

dedans, divisés en plusieurs loges, par des cloisons membraneuses.et :

digphangs, renfermant chacune plusieurs semences dépourvues de.

périsperme. La culture a obtenu, de ce bel arbre, de nombreuses variétés. La diététique et la “ns tirent également parti des différenssproduits de loranger. M. |

Les feuilles , dont la saveur est chaude et amère, exhalent, quand on les froisse, une odeur fragrante, agréable, qui est due à l'huile volatile renfermée dans les nombreuses petites vésicules transparentes dont elles sont parsemées. La présence du principe amer et de cette huile essentielle, odorante et âcre, leur donne une propriété

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essentiellement tonique. C’est en vertu de l'excitation permanente qu’elles exercent sur l’économie animale, qu’on les emploie contre les affeetions atoniques de, l'appareil digestif, telles que l’inappétence, les flatuosités , l’hypocondrie, et qu’elles ont été surtout recommandées contre les maladies nerveuses et convulsives. Plusieurs auteurs modernes, parmi lesquels on distingue Haen, Velse, Locher, Hannes , Stoerck, attestent que les feuilles administrées soit en infusion , soit en substance, ont fait disparaître des convulsions, des hystéries, et plus particulièrement encore beaucoup d’épilepsies qui avaient résisté à d’autres moyens. Des faits constatés par des observateurs aussi recommandables , ne peuvent être révoqués en doute. Toutefois, n'est-il pas vraisemblable que lépilepsie et autres affections spasmodiques dont ce médicament a triomphé, étaient accompagnées ou produites par un état d’atonie, et que, dans les cas où les maladies sont dues à la pléthore ou à un état de surexcitation, il ne peut y être d'aucune utilité?

Les fleurs d'oranger, remarquables par l'extrême suavité de lodeur fragrante qu’elles exhalent au loin, ont aussi une saveur trèsamère. Elles renferment beaucoup d'huile volatile, rouge, trèsodorante et un peu äcre, à laquelle elles paraissent être redevables de leur arôme et de leurs autres qualités. Par la distillation, cette huile essentielle passe entièrement dans l’eau, à laquelle elle donne toutes les propriétés des fleurs elles-mêmes, et que l’on emploie, pour cette raison, aux usages médicinaux, sous le nom d’eau de fleurs d'oranger, et, par corruption, sous celui d'eau de fleurs d’orange. Cette eau, distillée, exerce plus particulièrement son influence sur le système nerveux, et paraît agir comme sédative, Sous ce rapport, on en fait un très-grand usage dans presque toutes les maladies nerveuses. Il est même peu de substances médicamenteuses auxquelson ait recours plus fréquemment et avec moins de danger pour apaiser les douleurs de tête, dissiper les spasmes de la poitrine, leS palpitations du cœur, les anxiétés précordiales, et pour soulager cette longue série de maux de nerfs qui accablent , dans les grandes villes, la plupart des savans, des littérateurs, des grands arlistes , et qui abreuvent d’amertume la vie d’une foule de femmes charmantes, douées des qualités les plus aimables, et destinées à faire les délices de la société.

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Les fruits de l’oranger, cueillis long-temps avant leur maturité, et convenablement desséchés, quoique sans odeur, offrent une sa-

veur aromatique et extrêmement amère. Au rapport de Cullen et de Murray, ils constituent, dans cet état, un des plus excellens toni-

ques de la matière médicale, et sont, par conséquent, dans les cas d’atonie, un stomachique préférable à tous les amers et autres médicamens auxquels on prodigue ce nom. de

Lorsqu’elles sont bien müres, les oranges se distinguent, entre tous les fruits, par leur belle couleur dorée, par la suavité de leur

arôme, et par la douceur de leur goût aciduléet sucré. Leur écorce,

parsemée d'une grande quantité de petites vésicules remplies d’huïle volatile inflammable, a une odeur aromatique très-agréable et une saveur chaude , piquante et amère. Elle fait éprouver un sentiment de chaleur douce dans l'intérieur de la bouche, du pharynx et de l’estomac; elle active la digestion et favorise l’exercice de la plupart des fonctions organiques. On l’emploie ainsi avec avantage dans toutes les affections qui tiennent à l’atonie de l'estomac, à la torpeur de l'intestin, ou à la langueur de différens organes. Selon divers auteurs, elle à été administrée contre les fièvres intermittentes, avec autant de succès que le quinquina , auquel elle peut suppléer dans

beaucoup de cas. On peut s’en servir dans le traitement des catar-

rhes chroniques des bronches, de la vessie, de lurètre et du vagin, ainsi que dans la chlorose, dans plusieurs névroses, et particulièrement dans l’hypocondrie A lHyétées qui tiennent à une sorte de torpeur ou au défaut de sensibilité de l'intestin et de l'utérus. Cullen remarque judicieusement que si cette écorce n’est pas plus souvent salutaire dans ces différentes circonstances, c’est qu'on l’administre à trop faible dose. Toutefois, après lavoir inutilement employée contre les hémorrhagies utérines, contre lesquelles elle a été préconisée par divers auteurs, cet illustre médecin pense qu’elle ne peut qu'y être nuisible, et je suis DRriément de son avis.

% … Le PR des oranges mûres, dont la saveur fraîche, aci-

dulée et sucrée est si délicieuse, contient une grande quantité de suc aqueux, composé lui-même de plusieurs acides végétaux, de mucilage et de beaucoup de sucre. Il jouit ainsi de qualités rafraichissante, délayante, adoucissante et légèrement nourrissante. Sous ces différens rapports, il est extrêmement avantageux pour cat-

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mer la soif, diminuer la sécheresse et apaiser la chaleur fébrile qui accompagnent presque toutes les maldies aiguës et beaucoup de . maladies chroniques. On ne peut pas administrer de boisson plus

utile que l’orangeade, préparée avec ce suc, l’eau et le sucre, dans les fièvres ardentes, bilieuses, inflammatoires, dans la fièvre jaune, la peste et le typhus. Elle est également utile dans les embarras gastriques et intestinaux, dans la dysenterie, la péritonite, etc. Dès long-temps on a constaté ses bons effets dans les inflammations de l'appareil urinaire, et particulièrement la néphrite, la strangurie et la blennorrhagie. Mais malgré sa grande puissance diurétique, dans tous les cas d’irritation des voies urinaires, et malgré la dissolution de quelques parcelles de calculs que Lobb lui à vu opérer dans des matras , on ne peut lui reconnaitre aucune vertu lithontriptique. Le suc d'orange pourrait, tout au plus, être considéré comme propre à prévenir la formation des calculs d’acide urique; en tant qu'augmentant la quantité de l'urine, il fournit à ce liquide une assez grande quantité d'eau pour dissoudre complètement cet acide et l'empêcher de se précipiter. Par ses vertus analeptiques et rafraîchissantes, il convient surtout dans le scorbut, soit comme curatif, soit comme préservatif, dans des voyages de long cours, où il était impossible de transporter et de conserver à bord des vaisseaux ces fruits en nature. Lind s’est parfaitement bien trouvé, contre cette affection, de l'usage du rob d'orange, obtenu par la concentration de leur suc uni au sucre.

Les feuilles, les fruits, avant leur maturité, ainsi que l'écorce des oranges müres , desséchée, se donnent, en poudre, depuis deux jusqu’à huit grammes ( demi à deux gros ), soit en électuaire, soit en suspension dans des sirops, du chocolat ou tout autre excipient approprié. On les administre en infusion dans le vin, et en infusion et en décoction dans l’eau, depuis seize jusqu’à trente-deux grammes (quatre gros à une once), pour un kilogramme (deux livres ) de liquide , que l’on peut associer à différentes substances, pour les rendre plus agréables. L'eau de fleurs d'oranger est administrée à la dose de quatre ou huit grammes (un ou deux gros), dans des juleps et potions ou loochs convenables. L'huile essentielle qu’on en retire ne se donne qu’à la dose de quelques gouttes avec du sucre, sous formé d’oléo-saccharum ou dans des potions appropriées. Le suc

Le

ORANGER. d'oranges peut être administré en quantité indéterminée, soit dans l’eau, sous forme de limonade, soit avec le vin ou lalcool, sous forme de punch.

Tel que la nature nous le présente, ce fruit convient surtout comme aliment, dans les pays chauds, où un instinct salutaire porte naturellement les hommes à l'usage des alimens légers, acidulés et sucrés. Il est également utile, dans tous les climats, contre les affections scorbutiques et pendant la convalescence de la plupart des maladies inflammatoires et bilieuses. Les limonadiers en préparent du punch, des limonades, des glaces d’excellent goût. En les associant au sucre, les confiseurs. préparent, avec les oranges entières, et avec leur écorce isolée, des pâtes, des conserves , et toutes sortes de bonbons très-délicats. Les oranges non müres, ainsi confites, constituent en particulier une substance tonique et stomachique d’un goût délicieux. L’écorce sert plus spécialement à la préparation des li- queurs de table et des ratafias. Les fleurs sont très-utiles aux parfumeurs, pour aromatiser des pommades , des huiles destinées à la toilette, et pour composer des essences et autres cosmétiques. A l'égard de l’eau de fleurs d'oranger, les ménagères, les cuisiniers , les pâtissiers , les limonadiers, les glaciers, les confiseurs, etc., s'en servent à chaque instant pour aromatiser les produits de leur art.

EXPLICATION DE LA PLANCHE. /La plante est réduite à la moitié de sa grandeur naturelle.) — 1. Fleur. — 2. Pistil. — 3. Trois étamines soudées à la base. — 4. Pétale. — * 5. Coupe horizontale d’un fruit. — 6. Graine enveloppée de son arille. — 7. Graine dépouillée. — 8. Cinq embryons appartenant à une seule graine.

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ORCHIS

EM ue - « à . opyte, Dioscorides.

ORGHIS MORIO MAS FOLIIS MAGULATIS; Bauhin, Is2É, lib. 2, sect. 6; — Tournefort, elas. tr, sect. 3, gen. r.

Latin... ........ ORCHIS MASCULA , bulbis indivisis, nectarii labio quadrilobo crenulato,

| cornu obtuso, petalis dorsalibus reflexis ; Linné, gyrandrie diandrie; — Jussieu, clas. 4, ord. 3, famille des orchidées.

. . ORCHIDE ; SATIRIONE.

Espasnol :. . /.... SATIRIO MACHO.

Fracais. 2. 11). ORCHIS ; ORCHIS MALE ; TESTICULE DE PRÊTRE.

RS ei - MALE FOOL-STONES ; MALE ORCHIS.

Allemand. ....... MAENNLICHES KNABENKRAUT,

Hollandais. ...... MANNETIJES-HARLEKYN.

Les orchis sont distingués des autres plantes par toutes les parties de leur fructification ‘ls sont principalement remarquables par la composition élégante de leurs fleurs , à la vérité très-irrégulières, mais offrant, dans cette même irrégularité, les formes les plus agréables , les plus variées, et qu’on ne peut rapporter à aucune autre plante connue. Quoiqu’ordinairement d’une grandeur médiocre , elles ne s’attirent pas moins l'admiration par leur réunion en bouquets d’une riche composition, en panaches magnifiques, en longs épis ou en grappes élancées, relevées par la variété et le mélange des plus belles couleurs. Elles n’ont point de calice: leur corolle, placée à l'extrémité supérieure de l'ovaire, se divise en six pétales, trois extérieurs assez semblables, deux intérieurs souvent réunis en voûte, le sixième en lèvre pendante, dont les divisions, très-singulières, donnent à ces fleurs, conjointement avec les pétales superieurs , tantôt l’aspect d’une abeille, d’un bourdon , d’une araignée, d’un petit quadrupède suspendu , tantôt renflé en forme de bourse, de sabot, ou prolongé en éperon à sa base : ces différences entrent comme caractères essentiels dans l'établissement des genres.

Celui des orchis se distingue par une corolle presque en forme de gueule; les pétales supérieurs, réunis en voûte ; la lèvre ou le pétale inférieur , prolongé à sa base. en éperon ; l'ovaire inférieur ettordu :

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