‹ Flore médicale (volume 3)Chapitre 5 sur 97 · MERCURIALE · texte numérisé non relu

MERCURIALE

pour se purger. Son usage intérieur est, depuis long-temps, parmi nous entièrement tombé en désuétude. Toutefois on.compose encore assez fréquemment, avec sa décoction, des lavemens qui sont réputés purgatifs ; le miel mercurial , qui est souvent SE en clystère pour provoquer les évacuations alvines, lui doit même, à ce qu'il paraît, une partie de ses propriétés laxatives. Cependant les faits sur lesquels reposent les vertus attribuées à la mercuriale, sont en trop petit nombre, trop vagues et trop inexacts, pour nous éclairer complètement sur sa véritable manière d'agir. Ses qualités délétères, en effet, sont loin d’être constatées; sa vertu émolliente est fort douteuse; ses propriétés purgatives auraient besoin d'être confirmées par de nouvelles observations. Il faut donc reléguer au rang des fables tout ce que l’on a dit de l'efficacité de cette plante contre l'hydropisie, la chlorose, les obstructions des viscères , l’ischurie, la syphilis et autres affections, jusqu'à ce que des expériences cliniques bien faites aient fait cesser l’espèce d'obscurité qui règne sur son histoire médicale.

La merveilleuse faculté que les anciens attribuaient à l'individu mâle de cette plante dioïque, de faire engendrer des garçons, et à l'individu femelle, de favoriser la procréation des filles, ne sera qu'une hypothèse frivole ou une véritable absurdité, si l’on réfléchit que, dépourvus de connaissances positives sur la génération des végétaux , ils prenaient la plante mâle pour la plante femelle, et réciproquement , ainsi que le peuple le fait encore de nos jours à re de plusieurs autres végétaux.

La mercuriale est administrée , comme purgative, en décoction à la dose d’une poignée pour un demi-litre d’eau. Son suc se donne de trente-deux à quatre-vingt-seize grammes (une à trois onces | Le miel mercurial, que les pharmaciens préparent avec cette plante, est ordinairement prescrit en lavement de trente-deux à cent vingthuit grammes (une à quatre onces). On en fait également un sirop qui a joui d’une grande vogue sous le titre pompeux de sirop de longue vie, et qui est entièrement tombé dans l’oubli, malgré les

éloges emphatiques et les mensongères promesses de son inventeur Zwinger.

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