MERCURIALE
+ A A 7. avoËæTis , Dioscorides.
MERCURIALIS TESTICULATA , Sive MAs; Bauhin, IlsvaË, lib, 3, sect. 6 ; — Tournefort, clas. 15, sect. 5, gen. 3.
Latin. .......... MERCURIALIS ANNUA, caule brachiato, foliis glabris, floribus spicatis;
| Linné, dioëcie ennéandrie; — Jussieu, clas. 15, ord. r, famille des euphorbes.
Moi. act MERCORELLA.
Espagnol... ...... MERCURIAL; ORTIGA MUERTA.
Portugais. ....... MERCURIAL; ORTIGA MORTA BASTARDA.
Franraiss:.07 111). MERCURIALE ANNUELLE: FOIROLLE; CAGARELLE; RIMBERGE,
Allemand. ........ JAEHRIGES BINGELKRAUT.
Hollandais... ..... JAARLYKS BINGELKUID.
"RO SPPRRE BINGELURT.
À BINGELOERT.
. SZCZYR.
LA mercuriale, que les anciens ont prétendu avoir été découverte par Mercure, dont elle porte le nom, est une plante de peu d'apparence, très-commune, tendre, herbacée, dépourvue de ces brillans attributs qui donnent tant d’éclat aux autres végétaux, n'ayant que de petites fleurs d’un blanc verdâtre, sans corolle. Son caractère consiste dans des fleurs dioïques , composées, dans les mâles, d’un calice à trois folioles , de neuf à douze étamines distinctes; dans les fleurs femelles , un ovaire hérissé, à deux lobes, accompagfié de quelques filamens stériles ; deux styles légèrement denticulés à leur côté interne; . une capsule à deux coques bivalves, à deux semences. — Ses racines sont blanchätres, fibreuses; sa tige glabre, droite, noueuse, haute d'un pied et plus, cylindrique, à rameaux opposés. — Les feuilles sont pétiolées, opposées, molles, très-glabres, d’un vert clair, ovales - lancéolées, aiguës, dentées, légèrement ciliées à leur
contour.
: PISE n / 4 Les individus mâles ont leurs fleurs ramassées par petits paquets sessiles sur des épis grêles, allongés , axillaires , pédonculés. Les fleurs des individus femelles sont sessiles, axillaires, presque géminées elles produisent de petites capsules à deux coques renflées, un peu
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à MERCURIALE.
aplaties latéralement , couvertes de quelques poils raides blan-
châtres.
On rencontre cette plante partout en Europe, dans les jardins, les lieux cultivés, parmi les décombres, et dans les terrains pierreux.
La mercuriale offre une odeur fétide et une saveur amère, salée, fort désagréable. On ne s’est point occupé de son analyse chimique ; toutefois on sait qu'elle contient une grande quantité de suc aqueux , mucilagineux , dont la saveur nauséabonde suffirait seule pour rendre cette plante suspecte.
Les propriétés délétères que recèlent plusieurs végétaux de la
À L2 A 0 , LD L même famille et du même genre, le perennis mercurialis, L., entre
autres, sont encore une nouvelle circonstance très-propre à inspirer une juste méfiance sur sa manière d'agir. Aussi Bergius, Murray, et autres auteurs , l'ont signalée comme une plante dangereuse lorsqu'on l’administre intérieurement ; Brassavole avait même déjà observé que son usage intérieur n’était pas sans inconvéniens. Il paraît néanmoins que sa coction dans l’eau suffit pour dissiper tous ses principes délétères, puisque, à l'exemple des anciens, qui en faisaient un fréquent usage comme aliment, on la mange encore de nos jours, dans diverses contrées d'Allemagne, cuite au beurre, à la manière des épinards. Suivant Spielmann, la dessiccation lui enlève également toutes ses vertus actives.
Appliquée à l'extérieur, les anciens regardaient la mercuriale comme émolliente; les modernes, d’après le témoignage de leurs prédécesseurs, lui ont accordé la même propriété, puisque divers pharmacologistes l’ont placée au rang des cinq plantes décorées de ce titre. À la vérité, Bergius, moins crédule, remarque judicieusement que rien ne prouve une semblable qualité dans cette plante; mais les Allemands n’en font pas moins fréquemment des cataplasmes, qui ont joui autrefois d’une grande réputation contre les hernies étranglées.
Les qualités purgatives de la mercuriale, déjà connues d'Hippocrate, ne sont pas beaucoup mieux constatées que ses propriétés émollientes : cependant les anciens en faisaient usage sous ce rapport, et l’employaient particulièrement contre l'hydropisie ; Brassavole rapporte même que de son temps les paysans des environs de Ferrare l’employaient , réduite en pulpe ou sous forme de bouillie,