‹ Flore médicale (volume 3)Chapitre 52 sur 97 · DE SO UD PARIETARIA · texte numérisé non relu

DE SO UD PARIETARIA

Espagnol. ........ PARIETARIA; VIDRIOLA.

Portes. .-...... PARIETARIA.

Francais"? 9) 5.5. PARIÉTAIRE, ns, ut WALL PELLITORY ; WALL-WORT.

Allemand... ,..... GLASKRAUT.

Hollandais. ....... GLAskRut».

Habis. ee 2% : «ie é MPORUUT. a LL à WAEGGOERT .

Polonais... ...... SLONECZNIK.

IL se fait à peine quelque dégradation à nos murailles, que la pariétaire vient aussitot y établir son séjour, d’où lui vient son nom, tiré du lieu de son habitation : elle se plaît également dans les décombres, aux lieux incultes. Plante sans éclat, à feuilles tendres, pulpeuses , elle ne diffère des orties (7oyez ce mot), quant au caractère générique, que par des fleurs hermaphrodites, mélangées avec des fleurs femelles , réunies dans une espèce d'involucre à plusieurs folioles ; de plus, les feuilles sont alternes , dépourvues de ces poils glanduleux et piquans qu’on observe sur les orties. |

La pariétaire officinale pousse, de ses racines blanchâtres, des tiges tendres , droites, cylindriques, rameuses, quelquefois un peu rougeâtres , légèrement velues, hautes d'environ deux pieds. — Les feuilles sont alternes , pétiolées, ovales, lancéolées, aiguës, un peu luisantes en dessus, velues en dessous. Les fleurs sont petites, axillaires, velues, d’un blanc verdâtre , réunies plusieurs ensemble par pelotons presque sessiles, le longs des tiges et des rameaux : elles sont renfermées dans un involucre commun, qui content plusieurs fleurs hermaphrodites, et souvent une seule femelle ;

68° Livraison, À.

PARIÉTAIRE

il en résulte un fruit tétragone, pyramidal. —Chaque fleur , excepté les femelles, renferme quatre étamines remarquables par leur élasticité. Lorsqu'on les touche avec une épingle ou autre corps, de courbées qu’elles étaient, elles se redressent avec rapidité, et laissent échapper de leurs anthères le pollen sous la forme d’un petit nuage pulvérulent. Le style se termine par un stigmate divisé en plusieurs rayons étoilés.

Cette plante, absolument inodore, et d’une saveur purement herbacée, contient à peine une petite quantité de mucilage insipide, et il n’est point prouvé qu’elle renferme une plus grande proportion de nitre que la plupart des végétanx qui croissent le long des vieux murs et autour des habitations.

Toutefois, la pariétaire fournit un exemple remarquable de cette tendance rrédéc he de l'esprit humain à supposer sans cesse, dans les substances même les plus inertes , des propriétés et des vertus qui ne sont que de simples rêves d’une imagination en délire. Aucune qualité physique n’annonce en effet, dans cette plante, la moindre propriété active, ni la plus faible action sur l’économie animale; et cependant elle jouit, depuis des siècles, d’une très-grande célébrité

comme émolliente, résolutive, désobstruante, et surtout comme diurétique et lithontriptique ! A raison de l’eau et des traces de mu-

cilage qu'elle renferme, on pourrait tout au «plus, à l’exemple de Dioscorides, la regarder comme rafraïchissante , encore le céderaitelle, sous ce rapport, à un très-grand nombre de végétaux mucilagineux et acidulés. La propriété émolliente qui lui a été vaguement attribuée par les ançiens, et que les modernes lui ont conservée, en la plaçant parmi les cinq plantes émollientes de nos pharmacopées, n’est pas moins illusoire, puisque, suivant l'observation judicieuse de Murray, st quid emolliendo præstat, 14 justius aquæ caldæ vehiculo tribues. La vertu résolutive dont elle a été bénévolement décorée, n’a pas de fondement plus solide. On parle de ses effets diurétiques comme d’une vérité démontrée; chaque jour de graves docteurs l’administrent dans la vue d’exciter la sécrétion des urines : son action prétendue sur les reins a même été attribuée, à, la ae pee de nitrate de potasse qu’on a supposé y être ven. tenue; mais où sont les expériences comparatives qui prouvent que Ja déooétid de cette plante occasione une plus grande quantité d’u-

PARIÉTAIRE

rine que l’eau acidulée ou l’eau pure? qu’elles analyses chimiques y ont constaté cette grande proportion de nitre qu'on y suppose ? en outre, combien de plantes contiennent ce sel en abondance, sans avoir aucune propriété diurétique! De la faculté d'augmenter la sécrétion Mrinaire , à celle. de dissoudre les calculs des reins et de la . vessie, il n'y avait qu'un pas : aussi la pariétaire a-t-elle été décorée de la propriété lithontriptique, qui ne peut être qu'un simple effet de la sécrétion d'une grande quantité d'urine; or, que deviendra une semblable propriété dans la pariétaire, si cette plante est dépouillée elle-même de la vertu diurétique qui en est la source?

Tout concourt done à démontrer que les prétendues vertus de

cette plante sont illusoires ; qu'elle ne mérite point les éloges qui lui ont été prodigués; et que le fréquent emploi qu’en font journellement les commères, les médicastres et même certains docteurs, est entièrement abusif. Mais les hommes seraient trop heureux, si la foule, avidement officieuse des empiriques , des charlatans, dont la fureur de médicamenter égale la cupidité et l'ignorance, pouvait n’employer que des moyens aussi inertes, et par conséquent aussi peu dangereux.

* Cette plante herbacée est ordinairement adnunistrée à la dose d'une poignée, en décoction dans un kilogramme d’eau. Son suc exprimé est quelquefois donné à la dose de soixante-quatre à cent trente grammes ( deux à quatre onces environ), après avoir été convenablement.édulcoré avec le sucre ou un sirop quelconque.

On prétend que , répandue sur des tas de blé, elle en écarte les charançons.

EXPLICATION DE LA PLANCHE. (La plante est de grandeur naturelle.) — 1. Invo-

lucre polyphylle, contenant quatre fleurs hermaphrodites et une femelle au centre. — 2. Fleur hermaphrodite dont une des étamines estredressée. — 3. Fleur femelle. — 4. La même, dont on a ouvert le calice , afin de faire voir le pistil. — 5. Fruit de la fleur femelle. — 6. Fruit

de la fleur hermaphrodite.

Observ. Toutes les fleurs kermaphrodites m’ont paru. dépourvues de style, tandis que les femelles, dont le calice, très-resserré, est à peine divisé au sommet en quatre petites dents réfléchies, en ont un qui dépasse le calice, et se termine par un stigmate globuleux , rose et pénicilliforme, (T.)

abs) À 5: FER qu

TT En mr

a LES RENE | Lt i RE 4 114

MAUR ag f

Ar 9

€ A LOVE T0 An

Lt 44 À |

Er PIE jttt 11107 at DT

bi : ‘

Page 1