‹ Flore médicale (volume 3)Chapitre 53 sur 97 · PATIE · texte numérisé non relu

PATIE

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PATIENCE

aus x aamTaboy, Dioscorides.

LAPATHUM HORTENSE, Folio oblongo; Bauhin , NivaË , lib. 3, sect. 4 ; l — Tournefort, clas. 15, sect. 2, gen. 2.

PT en nai { RUMEX PATIENTIA , foribus hermaphroditis, valyulis integerrimis, | unicä graniferd, foliis ovato-lanceolatis ; Linné, hexandrie tri- | gynie; — Jussieu, clas. 6, ord. 5, famille des polygonées.

en) .. ROMICE; ERBA SANTA MARIA.

Espagnol. ..... :. RUIBARBO DE MONGES.

Portugais. ..,.... AZEDEIRA PACIENCIA.

Français. ...,.... PATIENCE; PARELLE; DOGUE.

Anal 0. 2. PATIENGE DOCK.

Allemand. ....... GARTENAMPFER ; GRINDWURZEL. Hollandais. . ..... PÂTIENTIE; TAMNE PATICH.

Cerre espèce de patience, cultivée depuis long-temps dans les jardins, croît naturellement en Italie, en Allemagne, dans les Alpes du Piémont, aux lieux humides, sur le bord des ruisseaux. Linné l’a placée dans le même genre que l’oseille. Tournefort et les anciens botanistes en formaient deux genres particuliers, distinguant les oseilles des patiences par leur saveur acide et par les valves de la semence dépourvues de tubercules à leur base. Le caractère essentiel des patiences consiste dans un calice à six divisions ; trois extérieures plus petites, rabattues en dehors, trois intérieures beaucoup plus grandes, persistantes, recouvrant la semence, portant alors le nom de valves de la semence : point de corolle; six étamines; un ovaire triangulaire, surmonté de trois styles ( quelquefois deux ); les stigmates laciniés; une seule semence nue, triangulaire , enveloppée par les trois divisions internes et agrandies du calice. Plusieurs espèces ont des fleurs dioiques. Les patiences proprement dites portent, en dehors, à la base des valves intérieures, un ou plusieurs tubercules remarquables.

La patience cultivée a des racines épaisses , fort longues, fibreuses, brunes en dehors, jaunes en dedans. Elles produisent une tige

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assez forte, haute de quatre à cinq pieds, glabre, cannelée, médiocrement rameuse. — Les feuilles sont grandes, pétiolées , alternes, allongées, ovales-lancéolées, aiguës, glabres à leurs deux faces, un

peu ondulées à leurs bords ; la gaîne de leur base très-grande. — Les

fleurs sont verdâtres , disposées en épis rameux; les valves de la semence grandes, ovales, agrandies, veinées, rétieulées, très -entières; l’une d’elles munie, à sa base externe, d’un petit tubercule.

On trouve assez communément, dans les champs et sur le bord des eaux, plusieurs autres espèces de patiences, telles que la patience crépue (rumex crispus, Lin.), la patience à feuilles obtuses (rumex obtus folius, Lin.), la patience sanguine (rumex sanguineus, Lin.), etc.

La racine est presque la seule partie de cette plante qui soit usitée. Elle est jaunâtre, fusiforme , et de la grosseur d’un doigt. Son odeur est très-faible , mais elle offre une saveur amère, astringente et nauséeuse, et a quelque chose de mucilagineux quand on la mâche. Suivant M. Decandolle, elle renferme un principe astringent qui tend à noircir le sulfate de fer, et une substance gommeuse toujours unie à une matière colorante orangée, qui lui donne la faculté de teindre l’eau et la salive en jaune. Aucune analyse chimique n’a prouvé jusqu'à présent qu’elle contienne du soufre , ainsi que certains auteurs l’ont supposé.

La racine de patience a été libéralement décorée des différentes vertus tonique, laxative, apéritive, détersive, altérante, désobstruante, etc. Sa saveur amère, et le principe astringent qui entre dans sa composition , justifient, en effet, la première de ces propriétés, etexpliquent l’action légèrement tonique qu'elle exerce sur l’économie animale. Mais, sous ce rapport, elle est infiniment au dessous de beaucoup de plantes de même nature dont regorge la matière médicale. Son action laxative est si faible, selon la judicieuse remarque de Cullen, qu’elle ne se manifeste que lorsqu'on l'adimi-

nistre à très-haute dose; de sorte qu’elle ne mérite aucune considé-

ration comme purgative. À l’égard des effets détersifs , apéritifs , etc. , 9 0 e . 9 ° ' quon lui attribue, ces titres sont autant d’expressions vagues et insignifiantes qui devraient être bannies du langage médical , et qui ne sont propres qu’à consacrer et à reproduire sans cesse des erveurs funestes. Douée d'une propriété tonique, si la racine de pa-

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tience est susceptible de fovoriser la résolution des engorgemens des viscères, ce ne peut être que dans les cas où ces engorgemens sont entretenus par un état d'atonie, ou par un défaut de réaction vitale de la part des organes qui en sont le siège; et, dans ce cas, nous avons des toniques plus puissans , et beaucoup plus propres par conséquent à opérer ce phénomène. On doit, du reste , regarder comme très-douteux, et surtout comme très-exagérés, les éloges qu’on a donnés à cette racine, dans le traitement des obstructions, et pour atténuer les humeurs épaissies ; expressions vagues et surannées, dont il aurait failu , avant tout, chercher à déterminer le sens. Si l’on peut se servir quelquefois de sa décoction avec avantage pour le pansement des ulcères atoniques, il faut reconnaître qu’elle n'agit pas, dans cette circonstance, d’une autre manière que la plupart des autres toniques , auxquels elle n’est pas, en général, préférable.

L'emploi de la patience, à l'extérieur, remonte toutefois à une haute antiquité : Arétée la recommande contre l’éléphantiasis. Les modernes ont vanté son efficacité contre diverses maladies de la peau, telles que les dartres, la teigne, la lèpre, etc.; mais c’est surtout contre la gale qu’elle a joui d'une grande réputation. Beaucoup de praticiens, et une foule de personnes étrangères aux plus légères connaissances médicales, guidés par la routine, se sont fait une loi de l’employer dans les affections psoriques, et chaque jour on la voit administrer aux galeux , intérieurement en décoction , et a l’extérieur sous forme d’onguent. L’aveugle confiance que le peuple accorde à sa prétendue vertu antipsorique, lui a même fait imposer le nom de grindwurt (racine contre la gale), sous lequel elle est connue en Allemagne. Cependant M. Alibert avoue n'avoir jamais observé qu’elle produisit des effets très-marqués dans les maladies de la peau ; Cullen lui refuse même toute espèce de vertu contre la gale, et moi-même, après l'avoir souvent employée inutilement contre cette affection, dans les hôpitaux militaires, je me suis rangé à l'avis de l’illustre professeur d'Édimbourg.

Les feuilles de patience ont été recommandées comme antiscorbutiques ; mais dans quelle disette de fruits et de feuilles acides ne faudrait-1l pas se trouver, pour avoir recours à un pareil moyen contre le scorbut !

Sa racine, fraîche, se donne à la dose de seize où trente-deux

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grammes (demi ou une once), en décoction dans un demi-kilooramme d'eau. La dose de son suc exprimé est de huit à seize grammes ( deux à quatre gros). Convenablement pilée et réduite en pulpe, on en fait des onguens réputés antipsoriques.

Les pousses de cette plante, et ses jeunes feuilles, sont employées comme aliment, dans nos cuisines, à la manière des épinards. La racine à été recommandée pour la teinture en jaune; mais je ne sache pas que son usage, sous ce rapport, soit très-étendu.

EXPLICATION DE LA PLANCHE. (La plante est de grandeur naturelle.) — x. Feuille inférieure, au trait. — 2. Fleur entière grossie. — 3. Étamine. — 4. Pisul et étamines, — 5, Fruit. — 6. Graine.

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