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des plantes les plus utiles et les plus anciennement employées en médecine. Ses capsules et ses semences sont d’un très-grand usage; mais le suc gommo-résineux que presque toutes ses parties renferment , lui a surtout acquis une grande et juste célébrité. Ce suc épais et blanchâtre qui découle, sous formé de gouttes lactescentes, des différentes parties de cette plante, lorsqu'on les brise dans létat frais , est plus particulièrment retiré des capsules. Pour cela, on incise leur surface, un peu avant leur maturité, avec un instrument à plusieurs tranchans. Le suc qui découle de ces incisions est recueilli avec soin dans des vases , où on le laisse épaissir au contact de Pair. Après sa dessiccation, il est connu sous le nom d’opium ou de méconium, et on le trouve dans le commerce, sous forme de gâteaux, ou en masses ordinairement aplaties et arrondies. Dans cet état, cette substance est d’un brun rougeñtre à l’extérieur, et d’une teinte noirâtre dans sa cassure; son odeur est vireuse, nauséabonde, étourdissante ; sa saveur âcre, amère et chaude; sa consistance compacte, pliante et un peu susceptible d'adhérer aux doigts. Elle est en partie soluble dans l'alcool, le vin et le vinaigre set sans se dissoudre complètement dans l’eau, elle s’y ramollit au point de pouvoir passer à travers un linge, ce qui fournit un moyen pour la débarrasser des corps étrangers qui y sont ordinairement mêlés dans les boutiques , soit accidentellement, soit par fraude. D’après les expériences chimiques de M. Derosne, l’opium brut renferme, 1° une matière cristallisable, à laquelle ce chimiste a imposé le nom de sel d’opium, parce qu'on ne l’a encore rencontrée dans aucune autre substance ; 2° un principe extractif, 3° de la résine, 4° de lhuile, 5° un acide, 6° un peu de fécule, 7° du mucilage, 8° du gluten, 9° enfin des débris de fibres végétales. Plus récemment, M. Sertuerner ya reconnu toutefois deux nouveaux principes qui le caractérisent spécialement ; savoir, un acide solide, incolore, d’une saveur aigre, fusible dans son eau de cristallisation , susceptible d’être sublimé en longues aiguilles, et auquel on a donné le nom d'acide méconique , et une matière vegéto-animale, de nature alcaline, solide, incolore, cristallisée en pyramides tronquées rectangulaires, fusible, insoluble dans l’eau froide, très-peu soluble dans l’eau bouillante, mais très-facilement soluble dans l'alcool et dans l’éther, dont on se sert pour l'obtenir. Cette dernière matière , particulière à l’opium , a été
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nommée 77orphine par le chimiste hanovrien que nous venons de citer : elle forme des sels avec des acides ; et le principe cristallisable de l’opium , découvert par M. Derosne, paraît résulter de sa combinaison avec l’acide méconique.
Les propriétés médicinales du pavot paraissent avoir été connues des médecins long-temps avant Hippocrate. Plusieurs savans ont prétendu que le fameux nepenthes d'Homère n’était autre chose que son suc ; on fait même remonter la découverte de ce précieux végétal, à Cérès, qui, la première, en aurait dévoilé aux Grecs les merveilleuses et dangereuses vertus, en leur apprenant l'art de cultiver le froment. Si la propriété narcotique du pavot fait un poison redoutable de ce végétal entre les mains des ignorans et des pervers, sa vertu hypnotique, sur laquelle s'accordent les médecins de tous les âges et de tous les sexes, le rend, entre des mains habiles, le plus precieux peut-etre de tous les médicamens que la nature nous offre pour combattre nos maladies et pour calmer la douleur. Sydenham avoue que sans l’opium il eut renoncé à l’exercice de la médecine.
Cette matière gommo-résineuse, administrée à petite dose, c’està-dire d’un à cinq centigrammes, augmente l’action de l'estomac et celle du cœur; le pouls devient plus fort, plus plein et plus fréquent; la chaleur générale s'élève, la transpiration cutanée devient plus abondante, la face se colore, la respiration est plus active; il y a sommeil ou excitation des fonctions du cerveau. Mais à la suite de ces différens phénomènes , le ralentissement notable des mouvemens volontaires, la constipation , la rétention d'urine, et un état général de torpeur ou d’engourdissement, ne tardent pas à se manifester.
L’opium , à haute dose, c'est-à-dire à un grain et au delà, produit Panxiété, le vomissement, un assoupissement plus ou moins voisin du coma , ou bien le délire, l’intumescence et la rougeur des yeux et de la face, un état apoplectique avec respiration stertoreuse, diverses anomalies nerveuses, ou bien l'abolition des fonctions des sens , la paralysie des membres, des convulsions, et diverses inflammations consécutives de l'intestin ou des poumons. S'il ne peut être rejeté par le vomissement, la mort arrive au bout d’un temps plus ou moins long, quelquefois même en quelques heures, et l’on trouve ordinairement, alors , des taches livides ou un engorgement
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sanguin des poumons dans les cadavres des sujets qui ont suecombé
à son action, Les vomitifs d’abord, les boissons délayantes légère-
ment acidulées ensuite , et des applications rubéfiantes sur la peau, sont les seuls moyens dont l'expérience ait constaté l'efficacité dans cet empoisonnement. Les expériences de M. Orfila, sur les animaux vivans , ont démontré que le vinaigre, au lieu d'agir comme contrepoison de l’opium, ne ferait qu’aggraver les accidens qu'il produit, en fournissant un puissant dissolvant aux parties de cette substance dont la dissolution ne se serait pas opérée sans cela dans nos organes.
Ces différens effets de l’'opium ont également lieu, soit qu'il ait été directement ingéré, soit qu'il ait été injecté dans le rectum ou dans les veines, soit qu'on l'introduise par l’absorption. Ils sont également produits par l’opium brut et par les différens matériaux qu’on en retire. Toutefois, d’après les observations de M. Nysten, l'extrait gomméux est, de tous les produits de cette substance narcotique, celui qui agit avec le plus d'énergie sur l’économie animale. Viennent ensuite, dans l’ordre de leur activité, l'extrait résineux, le sel essentiel cristallisable, la morphine, et l’eau distillée d'opium. Il faut remarquer cependant que la morphine, à cause de son imsolubilité dans l’eau et dans les sucs gastriques, n’agit qu'à très-haute dose lorsqu'elle est seule. Donnée isolément à la dose de dix et onze grains à des chiens, elle n’a produit aucun effet; mais dissoute dans l'alcool ou dans le vinaigre, elle a produit sur ces animaux; à la dose d’un seul grain, tous les accidens de l'empoisonnement par l’opium brut. ni
Malgré ces effets délétères du suc de pavot, constatés en France, en Angleterre, en Allemagne , en Suède, en Suisse, en Italie, et chez presque, toutes les nations civilisées, par un un nombre q observations faites sur l’homme, et par une multitude d'expériences sur différentes espèces d'animaux, les Orientaux, et particulièrement les Persans et les Turcks, en 7 un usage continuel pour s’arracher momentanément à cette espèce de nonchalance et d’apathie invinci-
bles où ils sont plongés par la triple influence du despotisme, d'une
chaleur excessive et de l’abus des plaisirs les plus énervans. Au moyen de ce suc précieux, dont l'usage est devenu pour eux un objet de première nécessité, ils acquièrent momentanément une cer-
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taine énergie physique et morale; ils deviennent gais, belliqueux, ardens aux plaisirs de l’amour : alors leur imagination en délire étale à leurs yeux les tableaux les plus voluptueux, les repaît d’idées riantes , et les plonge’, pendant la durée de l’action de lopium, dans une sorte de ravissement délicieux. Mais ce charme et cette activité factices disparaissent bientôt. Au bout de sept à huit heures, cet état d'excitation disparaît et fait place à la langueur de toutes les fonctons, à un grand abattement moral, à une extrème faiblesse musculaire, à la stupeur et à une sorte d’engourdissement général , qui les pousse à recourir de nouveau à cette précieuse substance, dont l’habitude neutralise en quelque sorte, chez eux, l’action délétère. “ii
Tous ces faits, et beaucoup d’autres analogues reconnus par tous les auteurs qui ont écrit sur l’opium, et parmi lesquels on trouve une foule d’observateurs éclairés et les plus grands médecins des temps modernes, indiquent très-évidemment deux ordres de phénomènes dans l’action de cette substance :-les uns, dépendant de l’exeitation primitive qu’elle exerce sur la plupart des appareils de la vie organique et de relation; les autres, résultats immédiats de la diminution de la sensibilité et de la contractilité, ou de la sédation des propriétés vitales. Mais si l’évidence de ces deux ordres de phénomènes ne permet pas de les révoquer en doute, les diverses sectes médicales ont différentes manières de les considérer : les unes prétendent que lopium agit à la manière des excitans, et que ses effets sédatifs ou narcotiques ne sont que le résultat ou la suite du relächement et de l’état de faiblesse dans lesquels cette excitation primitive entraine les organes et le système nerveux en particulier ; les autres pensent, au contraire , que ce médicament agit d'abord en détruisant les propriétés vitales par une force sédative qui lui est propre , et que tous les phénomènes qu’on a voulu attribuer à l’excitation résultent de l’état de stupeur dont le système capillaire a été frappé primitivement. Quoi qu’il en soit, de l’une ou de lautre de ces opinions, toujours est-il, ainsi que l’a observé M. Nysten, que ’cpium est absorbé, qu'il agit sur le cerveau, et qu'il porte constamment atteinte aux propriétés vitales ; M. Orfila pense même, qu'à forte dose il ne doit être rangé, ni parmi les toniques, ni parmi les excitans; qu'il exerce un mode d'action particulier qui ne saurait
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être exactement désigné par aucune des dénominations actuellement en usage dans la matière médicale.
L'heureux privilège dont jouit l’opium, de calmer la douleur et de nous aider à supporter ainsi les maux de la vie, le fait employer dans une foule de maladies où il n’a cependant pas les mêmes avantages. Il a été recommandé par divers auteurs contre les fièvres primitives continues et rémittentes. Cependant, quel que soit le caractère inflammatoire, bilieux, putride, ou ataxique de ces pyrexies, l’'opium ne peut, en général, y être d'aucune utilité. Il n’en est pas de même des fièvres intermittentes : lorsque ces dermières affections sont simples, et par conséquent exemptes de pléthore,; d'irritation gastrique et d’inflammation des viscères , l’opium peut y être extrèmement utile, ainsi que lont observé plusieurs hommes célèbres, et, entre autres, Paracelse, Etmuller, Wédel, Sydenham , Lind, Dalberg , etc. A l’exemple de ces observateurs, je l’ai employé moi-même très-souvent dans des fièvres d'accès de différens types, avec le plus grand succès; et à la dose d’un grain, administré une heure ou une demi-heure avant le frisson , je lai vu arrêter sans retour des affections de ce genre qui avaient résisté au quinquina et autres moyens.
Comme l’opium favorise la stagnation du sang dans les vaisseaux
capillaires, et qu’il accélère en général la circulation, il ne convient point ordinairement dans les phlegmasies. Il ne faut donc pas s'en laisser imposer par les éloges que lui ont prodigués, sous ce rapport, lillustre Sydenham, Morton, Wédel, le grand Boerhaave, Freind, Welthoff, etc. Cependant on l’a employé dans certains cas, avec avantage, comme diaphorétique, dans les exanthèmes, et surtout dans la variole, qui menacent de délitescence. C’est probablement aussi en augmentant l’action de la peau qu’il est utile dans Jes catarrhes chroniques, et surtout dans les diarrhées et les rhumes de poitrine, où on l’emploie chaque jour avec un succès marqué, lorsque l’inflammation a disparu , pour suspendre les contractions intestinales d’une part, et pour diminuer la toux de l’autre. Plusieurs auteurs en ont recommandé l'usage dans la pleurésie, où je ne le crois nullement utile. Sydenham, Van Sviéten , Sennert, Bontius, Wepfer, Ramazzini et beaucoup d’autres, ont excessivement vanté ses bons effets dans la dysenterie. Mais la nature mieux con-
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nue de cette affection intestinale semble annoncer que l'opium ne peut guère y être avantageux , à moins qu'on ne l’associe aux mucilagineux pour calmer un ténesme insupportable, ou pour ralentir les contractions trop fréquentes de l'intestin, dans la troisième période de la maladie, après que les signes inflammatoires ont entièrement disparu. Les importantes observations de Degner, Pringle, Young, Zimmermann, ont assez fait sentir, du reste, les dangers d’un semblable médicament dans la phlegmasie muqueuse qui nous occupe.
L'opium n’est pas plus avantageux dans les hémorrhagies, du traitement desquelles 1l doit la plupart du temps être banni; mais il n’en est pas de même des névroses, contre lesquelles il est le remède par excellence : ses longs succès dans les maladies nerveuses, soit locales, soit générales, lui ont même dès long-temps mérité le titre de suprême antispasmodique. Une foule d'observations prouvent qu'il a été employé avec avantage contre les névralgies faciales, ischiatiques et autres. Il a souvent fait cesser des vomissemens spasmodiques, des palpitations de cœur, des spasmes abdominaux, et autres affections de ce genre qui avaient résisté à tous les moyens. Chaque crands succès dans l’asthme et la toux
convulsive, dans l’hypocondrie, l’hystérie et les névroses de lap-
jour on en obtient les plus
pareil génital. Il a fait cesser des convulsions, certains tétanos, et quelques épilepsies. Divers auteurs lui attribuent la guérison de la manie chez des sujets exempts de pléthore. Il paraît également avoir fait disparaître, dans certains cas, l’hydropisie spontanée. Mais il n’a pas eu plus d'efficacité contre la rage que tous les autres remèdes les plus vantés.
L'opium est surtout un médicament puissant pour calmer ou pour suspendre la douleur symptomatique qui accompagne ces redoutables lésions organiques dont aucune puissance ne peut prévenir la funeste terminaison : ainsi son usage est extrêmement utile, et en quelque sorte indispensable, dans la phthisie pulmonaire, la syphilis invétérée , les douleurs ostéocopes, les caries scrofuleuses et le cancer. Enfin , on se sert avec avantage de l’opium pour engourdir la sensibilité des sujets qui sont soumis à de graves et douloureuses opérations chirurgicales. Les Turcks y ont recours, dit-on, dans le malheur, pour résister aux chagrins et aux peines d'esprit, comme nous pour combattre la douleur physique.
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L'habitude, toutefois, modifie tellement l’action de ce narcotique,
qu'il n’est pas rare de voir des personnes parvenir peu à peu à en avaler de très-fortes doses, plusieurs gros, par exemple, sans en éprouver aucun effet; tandis que la très-petite dose d’un grain a suffi, dans quelques cas, pour déterminer les plus graves accidens chez celles qui n’y étaient point accoutumées. On a remarqué, en outre, que le même homme, chez lequel une quantité donnée d’opium ne produirait aucune action, ou déterminerait des effets avantageux dans un cas de vive douleur ou de quelque affection spasmodique intense , pourrait en éprouver des accidens graves et même en
recevoir la mort, dans l’état sain : circonstance qu’on ne doit jamais”
perdre de vue quand on administre cette substance. | ‘ L'opium brut purifié, son extrait aqueux préparé à froid et par trituration, son extrait résineux obtenu par l'alcool, se donnent depuis un jusqu’à cinq centigrammes (environ d’un quart de grain à un grain) pour une dose, que l'on répète, de temps en temps, jusqu’à ce qu’on obtienne l'effet désiré. La morphine peut se donner à la même dose, mais en dissolution dans l'alcool ou le vinaigre, parce qu'elle est insoluble dans l’eau et presque sans effet à l’état solide. Le sel essentiel d’opium cristallisable peut être administré à une dose double de celle de l’extrait aqueux; ét son eau distillée, d’après M. Nysten, peut être ingérée à la dose d’une à deux onces. La plupart de ces produits de l’opium peuvent se donner sous forme pulvérulente, molle ou liquide, en les triturant avec une certaine quantité de poudre inérte, de miel, ou en les dissolvant dans une quantité donnée d’eau , de vin, ou d'alcool convenablement édulcorés. On les administre ordinairement par la bouche , quelquefois on les injecte dans l'intestin rectum sous forme de lavement; certains auteurs ont même cru remarquer que l’opium agissait plus puissamment par cette voie , que de toute autre manière. nn quelques cas on le fait absorber par la peau. .
Les semences du pavot, qui se trouvent quelquefois, de Linné, jusqu’au nombre de 32,000 dans la même capsule, sont | pourvues des propriétés narcotiques de la plante, et c'est à tort qu’on a décoré du titre d’hypnotique les émulsions qu’on en prépare. Elles contiennent une certaine quantité de mucilage doux, qui les rend’ nourrissantes, et environ le quart de leur poids d’huile très-
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douce, demi-transparente, jaunâtre, et qui ne se fige point par le froid. A raison de ces deux principes, ces semences sont adoucissantes, émollientes, lubrifiantes , relâchantes, etc. ; et soit seules, soit associées aux amandes douces, on en prépare des émulsions trèsutiles dans les maladies catarrhales de la poitrine, et très-propres à calmer lirritation de l’appareil urinaire dans la néphrite, le catarrhe vésical, la strangurie, la blennorrhagie et les affections calculeuses. L'huile que ces semences fournissent par expression, est rarement employée en médecine, quoiqu’elle jouisse des mêmes pro- priétés que celles de lin, de noix et autres huiles douces.
Ces semences, dont la volaille se nourrit, étaient employées, par les anciens, à divers usages alimentaires. Dans certaines parties de l'Italie et de l'Allemagne, et même à Strasbourg , on les fait entrer dans des gâteaux, à l'exemple des Perses, des anciens Égyptiens et des Grecs, qui les associaient, à ce qu’il paraît, au miel, à la farine et à plusieurs autres substances, dans de semblables préparations culinaires. L'huile qu’elles fournissent , improprement désignée sous le nom d'huile d’œillet, est l’objet d’un très-grand commerce dans la Belgique, et surtout en Flandre, où le pavot est cultivé en grand. Elle peut être employée, avec avantage, à tous les usages culinaires et économiques. Des commerçans avides s’en servent pour falsifier l’huile d'olives, où on la reconnaît facilement, en ce qu’elle ne se concrette point par le froid comme cette dernière. Le résidu que les semences de pavot fournissent après l'expression de l'huile, est employé pour engraisser les bestiaux.
Les capsules de cette plante, et l’opium brut, servent à la composition du sirop de pavot et du sirop diacode. Six gros de ce dernier équivalent à un grain d'opium brut , ou à seize gouttes de laudanum liquide de Sydenham, qui a également l’opium pour base. Il est un des principaux ingrédiens des pilules de cynoglosse et de celles de styrax, de la thériaque d’Andromaque, du mithridate de Damocrate, du philonium romanum, du diascordium de Fracastor, de la poudre anodine de Dover, et d’une foule de teiniures, d’essences, de baumes, de poudres, d’électuaires, d’emplâtres et autres productions monstrueuses de la pharmacie galénique, dont les progrès des sciences médicales ont fait enfin justice.
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