‹ Flore médicale (volume 3)Chapitre 56 sur 97 · CCLX VI · texte numérisé non relu

CCLX VI

PÊCHER

Gr os y .<.. Tépoinæ pera, pod'æaunyæ , Dioscorides. PERSICA MOLLI CARNE ET VULGARIS; Bauhin, Huvaf, lib. 11, sect, 6 ; — Tournefort, clas. 7, gen. 3.

Lai... + -{ AMYGDALUS PERSICA , foliorum serraturis omnibus acutis, floribus sessilibus solitariis; Linné, icosandrie monogynie ; — Jussieu, el. 14, ord. ro , famille des rosacées.

Italien. . ... ...+ PESCO; PERSICO. Espagnol. .. ...... MELOCOTON.

Forealis. - .. .... PECEGUEIRO.

Pranenis. 2. 1. . PÊCHER.

ns. SUIS 2: PEACH TREE.

ASEmantL. : -. . . PEIRSCHENBAUM.

Hollandais... ..... PERSIKBOOM.

Dnibis: 30.1. PERSIKKETRAE.

M -- 2. - PERSIKETRAED.

PR BROSKWINIA DRZEWO. P Melo ET Li PERSIKOWOE DÈREWO.

RS ni) FERSIK.

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es NT 7. TAO-HO0-GIN.

Japonais... . ….... FITO MOMU.

LE pêcher , si intéressant par ses fruits, ne l’est pas moins par la beauté de ses fleurs, surtout dans cette belle variété à fleurs doubles, dont la couleur, d’un rose plus vif, brille si agréablement dans nos parterres, au retour de chaque printemps. Cet arbre, originaire de la Perse, comme l'indique son nom, était connu et cultivé par les anciens, ainsi que plusieurs de ses variétés.

Le pêcher a été placé, par Linné, dans le même genre que l’amandier , dont le caractère naturel consiste particulièrement dans le noyau du fruit sillonné et crevassé à sa surface extérieure. Le calice est à cinq divisions; la corolle à cinq pétales ; les étamines nombreuses ; un seul style; un drupe ovale ou arrondi, renfermant un noyau ligneux , crevassé ou réticulé à sa superficie.

Le pêcher est un arbre d’une grandeur médiocre, très-variable dans son port, distingué de l’amandier par ses fruits et par ses fleurs

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solitaires non géminées. Son bois est dur , revêtu d’une écorce blanchâtre et cendrée, verte sur les rameaux ou un peu rougeâtre. — Les feuilles sont simples, alternes, médiocrement pétiolées, vertes, glabres, oblongues, lancéolées, aiguës, finement dentées en leurs bords, accompagnées de deux: stipules linéaires, caduques. — Ses fleurs paraissent avant les feuilles, dès les premiers jours du printemps : elles sont sessiles, solitaires, d’un rose tendre. Il leur succède des fruits charnus, succulens, d’un goût très-agréable, renfermant un noyau très-dur , ligneux, crevassé irrégulièrement à sa surface.

Dans les pêchers à fleurs doubles, les corolles ont une couleur beaucoup plus éclatante et plus foncée ; elles durent plus long-temps, mais elles ne donnent point de fruits : on ne les cultive que pour l'agrément. On sait que les pêchers fournissent un très-grand nombre de variétés distinguées par le caractère de leurs fruits : on les trouve mentionnées dans tous les ouvrages d'agriculture.

L’odeur faible et agréable qu’exhalent les fleurs du pêcher lorsqu’elles sont fraiches, ne se retrouve point dans les feuilles de cet arbre; mais les unes et les autres offrent une saveur extrêmement amère, analogue à celle des feuilles de laurier-cerise. Cette amertume, qui a quelque chose d’aromatique, est due à l’acide prussique qu'elles renferment : principe extrêmement actif, qui est la source de toutes leurs propriétés, soit vénéneuses, soit médicinales. Elles exercent en effet, sur l’économie animale, une action très-remarquable, qui se manifeste par le vomissemnnt ou une violente purgation , lorsqu’on les ingère en petite quantité ; à plus forte dose, elles détruisent l'irritabilité des organes, et occasionent promptement la mort , sans laisser aucune trace d’inflammation. C'est probablement, au moins en partie, en vertu de leur action énergique sur le canal intestinal, qu'elles agissent avec efficacité contre les vers intestinaux, dont elles déterminent très-bien l'expulsion, ainsi que l’ont constaté MM. Coste et Willemet, par un grand nombre d’expériences. Toutefois, elles ont plus particulièrement été recommandées , sous ce rapport, chez les enfans.

Les amandes que renferment les noyaux des pêches, sont inodores, et présentent, quoiqu’à un plus faible degré, la même amertume que les feuilles. L’acide prussique, auquel elles sont redevables

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de leur saveur, s'y trouve uni à une certaine quantité de matière amilacée, nutritive, et à beaucoup d'huile douce, qui leur donnent, jusqu’à un certain point, les propriétés lubrifiantes et adoucissantes de la plupart des amandes huileuses, et les rendent propres à faire des émulsions. Toutefois, on les emploie rarement seules , sous ce rapport, à cause des qualités vénéneuses que leur imprime lacide prussique. On se borne à les associer en petite proportion aux autres semences émulsives, dans diverses préparations adoucissantes, dont elles favorisent la digestion. Seules, il est bien probable qu'elles agiraient à la manière des feuilles, comme drastiques et anthelmintiques; il en faudrait peut-être seulement une dose un peu plus forte : mais elles ne sont point en usage dans cette vue.

Les fruits du pêcher, quelles que soient les nombreuses variétés qu'ils présentent sous les rapports du volume, de la couleur, du velouté ou de la nudité de leur surface, de leur consistance, de leur saveur, etc., sont remarquables , en général, par une odeur suave, et par une saveur délicieuse, qui est à la fois fraiche, sucrée, acidulée et comme vineuse. La pulpe succulente dont les pêches se composent, les rend extrêmement nourrissantes, et en fait une des productions les plus agréables et les plus salutaires des zones tempérées. A leur qualité éminemment alimentaire, elles joignent des propriétés rafraichissante, adoucissante, relächante et laxative sous ces différens rapports, elles conviennent parfaitement, pendant les chaleurs de l'été, aux tempéramens sanguins et bilieux, aux jeunes gens et aux adultes, soit dans l’état de santé, soit dans les différentes maladies accompagnées de chaleur, de sécheresse et d’irritation. On pourrait, ainsi que des autres fruits horaires, en tirer un grand parti comme aliment médicamenteux , dans le traitement du scorbut, dans la diathèse herpétique et autres affections chroniques analogues. Toutefois, leur usage, trop abondant ou trop long-temps continué, produit quelquefois des flatuosités, affaiblit l’action de l’estomac et occasione la diarrhée : les sujets faibles et les personnes sédentaires, à qui cela arrive plus particulièrement, éviteront ces inconvéniens , en associant à ces fruits du sucre, des aromates, ou du vin généreux.

Les fleurs et les feuilles du pêcher se donnent, vertes, à la dose de seize grammes ( demi once), et sèches , à celle de quatre ou hui-

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grammes (un où deux gros ) en infusion ou en décoction dans deux hectogrammes et demi (demi-livre) d’eau. On fait avec cette infusion, et une suffisante quantité de sucre, un stop de pécher trèsfréquemment administré aux enfans, comme purgatif et vermifuge , à la dose de quatre à trente-deux grammes (un gros à une once). Leur extrait aqueux, incorporé avec une certaine quantité de poudre , se donne sous forme pilulaire, depuis quatre jusqu’à vingt-cinq décigrammes (environ un ou deux scrupules). Quelques personnes se servent de l’infusion légère des feuilles de pêcher, en guise de thé; mais cette infusion est trop amère pour pouvoir remplacer avec avantage cette agréable boisson.

Les feuilles, les fleurs et les amandes du pêcher sont quelquefois employées comme condiment dans nos cuisines, pour relever le goût du lait, des crêmes, des pâtes, des marinades et autres alimens fades et mucilagineux. Lesspêches bien mûres font partout les délices de nos tables et l’ornement de nos desserts. La coction les prive de leur arôme et de leur saveur délicieuse ; mais on y supplée alors, jusqu’à un certain point, par le mélange du sucre et des aromates, au moyen desquels les cuisiniers et les confiseurs en prépa-

rent des marmelades, des compotes, des gelées, des pâtes et autres

confitures d’excellent goût. |

EXPLICATION DE LA PLANCHE. /La plante est réduite a la moitié de sa grandeur naturelle.) — 1. Fleur. — 2. Coupe longitudinale d’un fruit.

Observation. L'ovaire du pêcher offre, comme tous ceux de la famille des rosacées qui ont un drupe pour fruit, deux ovules, dont l’un ayorte presque toujours.

Tarpin P.

PERSICAIRE .

Lambert F'scup ,

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