‹ Flore médicale (volume 3)Chapitre 66 sur 97 · PEUPLIER · texte numérisé non relu

PEUPLIER

Le peuplier noir se divise en rameaux nombreux, étalés, revêtus d'une écorce glabre, jaunâtre et ridée; les jeunes folles

bourgeons enduits d’une substance visqueuse et odorante. — Les feuilles sont éparses, aliternes, pétiolées, presque triangulaires ; élargies et tronquées à leur base, glabres, aiguës , inégalement crénelées et comme vernissées à leurs deux faces. — Les chatons mâles sont grêles, allongés, cylindriques; leurs écailles sont laciniées : chaque fleur renferme seize à vingt-deux étamines. — Les chatons femelles sont läches , plus longs, plus grêles que les mâles ; ils pro-. duisent des capsules courtes, ovales , à peine aiguës , à deux valves, dont les bords rentrans semblent former deux loges : les semences, chargées d’une houppe soyeuse très-blanche.

Le peuplier blanc est distingué par ses feuilles un peu lobées, d’un vert sombre en dessus, blanches et cotonneuses en dessous. Le peuplier d'Italie où pyramidal, est remarquable par son port : ses rameaux droits, effilés, serrés contre la tige, lui donnent Vaspect d'une longue nine | |

L'Amérique Septentrionale nous a fourni plusieurs belles espèces de peupliers, la plupart acclimatées aujourd’hui sur le sol de la France : tels sont le peuplier du Canada, celui de Caroline, le peuplier baumier, etc.

Les bourgeons sont les seules parties de cet arbre dont on fasse usage en médecine. On les récolte au printemps, avant l'apparition des feuilles. Ils exhalent une odeur balsamique et agréable, qui devient forte et ingrate à une haute température. Leur saveur est chaude, légèrement aromatique, un peu amère. Ils renferment, dans l’état frais, un suc épais et visqueux, qui rend leur surface poisseuse et adhère fortement aux doigts. Quatre onces de ces bourgeons ont fourni, à Bergius, par la simple pression, deux gros de ce suc résineux, qui est jaunâtre, odorant, et brûle à la manière des résines, en donnant de la flamme et une épaisse fumée. IL est insoluble dans l’eau, soluble dans l alcool ; et quand on évapore cette dissolution , il reste une matière de la nature des baumes, ou une sorte de résine d’une odeur fragrante, analogue aux storax. Il serait à désirer, sans doute, que l'analyse chimique de ces bourgeous fût portée plus loin. Toutefois, c’est probablement à la résine qu'ils contiennent, que sont dues la plupart des vertus, vraies ou

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