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Le plantain à grandes feuilles est très-commun dans les prés. secs, les solstarides., dans les champs et sur le bord des chemins. Que sans éclat, il ne mérité pas moins de fixer notre attention par son port, qui le distingue , à la première vue , de toutes les autres juiée des champs. Ses fleurs nombreuses, hs. -serrées , sont NE à l'extrémité d’une hampe nue, en un long épi muni.de bractées , et représentant un panache léger, surtout Éd il se montre tout couvert des longs et nombreux filamens des étamines. — Le calice est court, persistant , à quatre divisions ; la corolle sèche , membraneuse , persistante , composée d’un tube globulér
ux dont le limbe se divise en quatre lobes réfléchis. Quatre étamines.insérées à la base de la corolle; les filâmens capillaires très-longs; l'ovaire supérieur surmonté d’un Style*plus court que les étamines; une capsulé ovale; à deux loges, s'ouvrant tfansversalerment ; une ou semen-
ces dans chaqueJoge: »— Sès racines sont composées d'une souche
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dure, épaisse, presque ligneuse, garnie en dessous de fibres cylinérucs Les feuilles, toutes radicales, “sont. grandes, pétiolées, ovales, obtuses, coriaces, presque olltes, légèrement dentées ou sinuées sur leurs bords , un peu‘décurrentes sur'un pétiole canaliculé, parsemées de quelques poils rares , marquées de cinq à sept nervures. G — Une hampe simple, droite, cylindrique, légèrement cotonneuse ke vers le sommet, se termine par un long épi grêle, long .de cinq à
six, pouces, composé de fleurs d’un blanc sale, très-serrées, excepté les inférieures. — La corolle est très-ouverte , monopétale, à quatre * iobes; les filamens des étamines très-longs, quelquefois colorés : d’une légère teinte de pourpre. — Les capsules sont ovales , à deux loges, séparées par une cloison, qui devient libre au moment de la maturité des semences. Celles-ci sont oblongues, roussâtres , au nombre dessept à huit, fixées sur un réceptacle charnu:
Cette espèce fournit plusieurs variétés remarquables par les proportions de leur grandeur; on en rencontre dont les bractées se pro-
*longent en folioles oblongues.
Le plantain moyen (plantago media) se distingue par ses épis plus épais et plus courts, par ses feuilles épaisses et velues, par ses capsules à une seule semence dans chaque loge. Dans le plantain lancéolé, les feuilles sont plus étroites et plus longues, rétrécies à leurs deux extrémités.
La racine et les feuilles de ce plantain sont presque imodores ; leur saveur est herbacée, un peu amère et légèrement astringente. Lorsqu'on les mâche, elles impriment à la salive une couleur rougeûtre, et leur infusion aqueuse noircit lorsqu'on y verse du sulfate de fer. Les semences, quoique un peu âcres, renferment une grande quantité de mucilage. ë Les quahtes physiques de cette sis sont trop peu déielasalee pour qu'on puisse lui suPgreE de grandes propriétés médicinales. Les effets contradictoires qu'on lui attribueet les vertus exagérées ou entièrement illusoires dont on s’est plu à La décorer, sont même, D en quelque sorte, autant de preuves de la faiblesse de son action. « Thémisson passe pour en avoir le premier, ‘introduit l’usage en médecine. Dioscorides ne tarit pas en éloges sur ses vertus. Ge qui a été rarement surpassé en crédulité sur, la A e-puissanc médicamens, lui attribuait la merveilleuse. faculté. de dégorger les
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viscères, de dissiper les fluxions , de faire disparaitre les hémorrhaoies, de guérir les dysenteries et les flux de ventre. Boyle a même cru devoir le signaler comme un excellent moyen contre les vomissemens de sang et l’hémoptisie. Long-temps avant lui, Celse et Pline en avaient recommandé l'usage aux phthisiques, et Schulz prétend avoir retiré de très-grands succès de son suc associé au miel, dans la phthisie pulmonaire et la fièvre hectique. Des auteurs plus modernes, et tout aussi faciles à convaincre , ont vanté l’usage du plantain contre les fièvres tierces printanières, qui guérissent tout aussi bien spontanément. Quelques autres, d’une foi encore plus robuste, ont étendu son efficacité prétendue à toutes les fièvres intermittentes, et même aux fièvres nerveuses, pestilentielles et autres de mauvais caractère; ce qui lui a fait libéralement accorder les titres de puissant fébrifuge et d'excellent antipestilentiel.
À l'extérieur, la décoction de cette plante herbacée n'a pas été moins préconisée , comme topique, pour la guérison des ulcères et des fistules ; Borelli la même vantée contre le cancer. Sa racine à été également signalée comme propre à calmer les douleurs de dents. Cependant, qu’elle confiance méritent de semblables assertions , dépourvues de toute espèce de preuves? et quelle conséquence peut en ürer un esprit exact, si ce n’est que la haute opinion qu'on s’est formée depuis des siècles de l’action du plantain sur l’économie animale; n’est nullement en rapport avec ses propriétés réelles? Il serait sans doute très-heureux, que l'efficacité prétendue qui lui est attribuée, par Borelli, contre les affections cancéreuses, fût vraie ; mais aucune observation précise n’en a confirmé la réalité. Si l’on s’est quelquefois servi avec avantage de sa décoction pour le pansement des plaies et des fistules, on doit en donner toute la gloire à l'eau qui lui servait d’excipient et qui est enfin reconnue par les plus habiles chirurgiens, comme le vulnéraire par excellence. Quant à l'usage où sont les bonnes femmes , d'appliquer les feuilles de plantain sur les plaies recentes, il peut être quelquefois utile pour préserver les surfaces dénudées du contact de l'air ; mais très-souvent la présence de ces feuilles irrite la plaie, empêche la réunion de ses bords , et leur dévient ainsi beaucoup plus nuisible que ne serait le contact de Pair lui-même. Si des fièvres intermittentes ont disparu sous l'emploi de cette plante à l’intérieur, est-ce une raison de la dé-
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corer du ‘titre de fébrifuge, lorsque l’expérience nous montre que ces affections guérissent par les seuls efforts de la nature. Si les hémorrhagies et les dysenteries doivent êtretraitées, comme je le pense, par les adoucissans, l’abstinence et les révulsifs, quelle confiance peut inspirer, dans leur traitement, une plante comme le plantain, dont les qualités amère et styptique, quoique faibles, équivalent au moins à ses propriétés adoucissantes? Quant aux fluxions et aux prétendues obstructions où l’on a également recommandé ce végétal, si elles sont aiguës, elles réclament des moyens bien plus directement adoucissans ; et, dans tous les cas, l'essentiel consiste à détruire les causes qui les entretiennent : or, le plantain ne peut point avoir cet avantage. Je ne parle pas de l'influence qu'on a jadis attribuée à sa racine suspendue au cou, soit pour guérir, soit pour prévenir diverses maladies : les progrès des lumières nous ont enfin amenés à ne plus croire à la vertu des amulettes. Mais faut-il tant se vanter de cet effort de l'esprit, lorsque nous avons encore la faiblesse de croire à la toute-puissance d’une foule de substances inertes introduites dans l'estomac?
La racine et.les feuilles de plantain ont été administrées en décoction , depuis trente-deux jusqu’à soixante-quatre grammes (une à deux onces ) dans un litre (deux livres) d’eau. On a fait long-temps usage du suc exprimé des feuilles à la dose de soixante-quatre et cent vingt-huit grammes (deux et quatre onces). On a donné les semences, comme laxatives, à la dose de quatre et huit grammes (un et deux gros), en décoction dans du lait, du bouillon ou tout autre liquide approprié. L'eau distillée de plantain est quelquefois employée, dans des collyres, comme un léger astringent, quoiqu’elle soit entièrement inerte. Enfin on en fait un extrait qui est un peu acerbe, et un sirop qui n’a aucune vertu particulière.
On se sert , dans les officines, de plusieurs autres espèces de plantains , dont les propriétés sont absolument les mêmes que celles de celui dont nous nous occupons ici. Tels sont le P. psylium , herbe aux puces, dont les semences abondent en mucilage ; et que, pour cette raison, on emploie de préférence, comme émollientes, adoucissantes et relâchantes, pour la préparation des collyres, des gargarismes, des clystères et des fomentations, dans les ‘affections inflammatoires; le P. cynops, dont lesisemences , également mucila-
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gineuses, peuvent être employées aux mêmes usages; le P: media et le P. lanceolata, dont on emploie les graines à la nourriture des oiseaux. On vend souvent , sous le faux nom de psylium, les semences du P. arenaria , qui croît en abondance sur les bords deda Méditerranée. À cause de la grande quantité de mucilage qu’elles, contiennent, on en fait, suivant M. Décandolle, une grande consommation dans les arts. Elles sont, il est vrai, très-peu usitées en France ; mais il s’en fait chaque année une exportation considérable : le savant naturaliste que je viens de citer, rapporte que les négocians de Nismes et de Montpellier en expédient beaucoup dans le nord de l’Europe , où elles servent à laver les mousselines, et peutêtre à plusieurs autres usages qui ne sont pas bien connus.
EXPLICATION DE LA PLANCHE. (La plante est réduite à la moitié de sa grandeur naturelle.) — 1. Fleur entière accompagnée de sa bractée. — 2. Corolle ouverte poursfaire voir l’insertion des quatre étamines. — 3. Pistil. — 4. Fruit entier, grossi. -— 5. Le même, dont la partie supérieure de la capsule est détachée. — 6. Graine grossie.
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