‹ Flore médicale (volume 3)Chapitre 78 sur 97 · Livraison · texte numérisé non relu

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POMMIER

sus qu'en dessous, contenant dans son centfé cinq loges cartilagineuses; un ou deux pepins dans chaque loge.

Dans le poirier , les cinq styles sont distincts à leur base; le fruit est ordinairement en forme de toupie, ombiliqué seulement au sommet, et non à la base, comme dans le pommier.

Le pommier, dans son état sauvage, est un arbre de moyenne grosseur, d'une hauteur médiocre ; ses rameaux sont étalés, ordinairement épineux : les individus que j'ai observés dans la forêt de Villers-Cotterets, n’avaient point d’épines. — Les feuilles sont pétiolées, alternes, éparses ou réunies par bouquets, ovales, un peu aigués, légèrement dentées, d’un vert sombre en dessus, velues en dessous. — Les fleurs sont d un blanc mêlé de rose , assez grandes,

‘disposées en une ombelle presque sessile; elles Rent des fruits elabres, arrondis, très-acerbes dans les individus sauvages.

Le nom commun de pomme, pomum malum , yhoy , que les anciens donnaient indistinctement à presque tous les fruits horaires, soit à noyaux, soit à pepins, et même à ceux que nous considérons comme des baies, est exclusivement réservé parmi nous aux fruits du pommier. Ces fruits, dont le parenchyme est ferme et succulent, exhalent une odeur qui, dans certaines circonstances, est manifestement éthérée, et offrent une saveur à la fois sucrée, acidulée et comme vineuse. Toutefois, sous ces différens rapports, et sous ceux du volume, de la forme, de la couleur , de l’époque de leur maturité, et de leur goût plus ou moins agréable, les pommes offrent un trèsgrand nombre de variétés. Les agronomes en comptent même plus de deux cents bien déterminées, et résultats des modifications que la culture et la greffe ont opérées à la longue sur le pommier sauvage, qui paraît être la souche commune de tous ceux que l'on cultive dans nos jardins et dans nos vergers. Du mucilage, du sucre, un acide très-abondant et d’une nature particulière, que les chimistes ont désigné sous le nom d'acide malique , sont les matériaux immédiats dont se compose le parenchyme de ces fruits. Leurs pepins renferment, sous une enveloppe corticale brune, une substance blanche, consistante , de nature oléagineuse, analogue à la substance des amandes, et composée, comme elles, d'huile douce, de mucilage ei de fécule.

À raison de leurs qualités acides, mucilagineuses et sucrées, les

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pommes, ainsi que le suc qu’on en exprime, jouissent à un haut degré des propriétés nourrissantes, tempérantes, rafraîchissantes , émollientes et légèrement laxatives. À l'exemple de presque tous les fruits acidulés et sucrés, leur décoction dans l’eau pourrait être administrée avec avantage, comme boisson , dans presque toutes les maladies aiguës , et dans beaucoup de maladies chroniques. On s’en trouverait bien dans les irritations de l'appareil digestif, telles que les fièvres bilieuses, muqueuses et adynamiques, les diarrhées et les dysenteries. Elle ne serait pas moins utile dans la néphrite, la cystite , la blennorrhagie, la strangurie et autres maladies inflammatoires des voies urinaires. On en fait plus particulièrement usage dans les catarrhes bronchiques et dans les engouemens des poumons. Floyer s’en est servi avec un grand succès sur lui-même, dans l'asthme dont il était atteint. On rapporte même que des chevaux asthmatiques furent guéris de cette affection après avoir dévoré une grande quantité de pommes. Ne pourrait-on pas s’en servir souvent dans les exanthêmes aigus, avec beaucoup plus d'avantage, que de la plupart de ces tisanes non moins compliquées que dégoütantes, qui ont le seul privilège de fatiguer le malade? Le suc de ces fruits, récemment exprimé, a été employé avec un grand succès contre le scorbut. Transformé par la fermentation en une liqueur vineuse et acide, très-connue sous le nom de cidre, il est également très-utile dans cette affection, ainsi que l'ont observé Huxham, Lind et beaucoup d’autres. | Cuites, dépouillées de leur épiderme, de leurs pepins et des cloisons qui les séparent, et réduites en pulpe, les pommes peuvent être employées à l’extérieur, avec avantage, sous forme de cataplasmes, pour calmer la douleur, et favoriser la résolution des phlegmons, des furoncles, des bubons et autres tumeurs inflammatoires. On en a surtout recommandé l'application sur les yeux, dans certains cas d’ophthalmie. Cette même pulpe, associée à la cire, sous forme d'onguent , a joui de beaucoup de réputation contre les hémorrhoïdes et contre les gercures des lèvres, les fissures, l’intertrigo et autres lésions de la peau. Si le pommier était relégué à l’extrémité du Nouveau-Monde, ou bien si ses fruits nous étaient apportés à grands frais des parties les plus reculées de l'Asie ou de l'Afrique, leurs qualités médicamenteuses auraient été élevées jusqu'aux nues;

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mais il croit au milieu de nous ; chaque année , il nous donne libéralement des fruits en abondance, et ce mouf, sans doute, les à fait déprécier comme médicament.

En revanche, les pommes sont d’un très-grand usage comme aliment, et d’une très-grande utilité par la boisson diététique qu'on en retire. Par la coction, elles deviennent entièrenent pulpeuses, un peu moins acides et beaucoup plus sucrées; cette préparation les rend ainsi, en quelque sorte, plus nutritives , plus faciles à digérer , et par conséquent préférables pour les valétudinaires, les malades et les convalescens. Mais dans l’état de crudité, comme après la cuisson, elles constituent un aliment rafraïchissant , aussi agréable que salutaire, qui convient à presque tous les hommes, et qui peut, dans presque tous les cas, remplacer avantageusement les fruits

été. Les pommes conviennent toutefois plus particulièrement aux Jeunes gens, aux tempéramens bilieux et sanguins, aux individus très-ardens, à ceux qui sont sujets aux irritations gastriques et aux affections inflammatoires. On leur a reproché, il est vrai, d'occasioner un sentiment de gêne à l’estomac, des flatuosités; on les a même accusées de produire des fièvres intermittentes et surtout la dysenterie : mais ces assertions sont purement erronées; car si ces fruits, pris en trop grande quantité, peuvent rendre la digestion pénible, et occasioner la diarrhée ou autres accidens, à des sujets dont les forces digestives sont épuisées par des excès, des études opiniâtres ou de longs chagrins, leur usage modéré ne peut qu'être en général très-utile. On conçoit même qu’on pourrait en tirer un grand parti, soit comme moyen curatif, soit comme moyen prophylactique, dans les fièvres intermittentes et dans la dysenterie, comme dans le scorbut, les dartres , l'éléphantiasis et autres maladies d'irritation.

Le cidre qu’on obtient, en soumettant à la fermentation le suc retiré des pommes par l'expression, est un liquide vineux, doux et acide, remarquable surtout par la grande quantité d'acide carbonique qu'il renferme. Les personnes affaiblies et très-délicates se trouvent moins bien, dit-on, de son usage, que de celui du vin ou de la bière; mais, en général, il constitue une boisson très-agréable et fort salutaire, ainsi qu’on peut s’en assurer par la beauté, la force et la vigueur des Normands et des habitans de la Biscaie, qui

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en font léd boisson ordinaire. Parmi les inconvéniens purement illusoires qu’on a reprochés à l'usage de cette boisson diététique , on l’accuse, d’une manière spéciale, de produire une maladie trèsgrave, désignée sous le nom de colique végétale. Cependant, cette affection n’est autre chose que la colique saturnine : ses symptômes sont parfaitement identiques avec ceux de cette dernière; et, au lieu d'en accuser le cidre , ne doit-on pas l’attribuer, avec plus de raison, aux oxides ou sels de plomb qui se trouvent accidentellement en dissolution dans cette liqueur, soit qu'ils y aient été introduits, pendant la fabrication, par divers ustensiles qui contiennent ce métal, soit qu'ils y aient été ajoutés par les marchands pour en diminuer l'acidité ?

Comme médicament, les pommes se donnent en décoction dans l’eau ou le lait, en quantité variable, selon les circonstances. Leur suc, récemment exprimé, peut se donner de soixante à cent vingt grammes (deux à quatre onces) et plus. On en fait un sirop fort agréable, qu'on peut administrer à la dose de plusieurs onces. On en fait également des tablettes dites pectorales, d’un très-bon usage dans les maladies de poitrine. Les pommes entrent dans la composition du sirop de Mésue, préparé avec le séné , et dans celle de l’onguent contre les gerçures. Les parfumeurs en préparent aussi une pommade cosmétique. |

La faculté qu'ont ces fruits de se conserver d’une année à l’autre, les rend extrêmement précieux pendant l'hiver , et favorise singulièrement leur usage dans nos climats tempérés. Soit cuits, soit crus, ils sont constamment une partie essentielle du dessert , et figurent sans cesse, avec honneur, sur nos tables. Les cuisiniers les associent avec avantage à plusieurs de nos alimens, et en font, entre autres mets très-délicats, des marmelades, des compotes, des tourtes et des beignets. Les confiseurs en préparent des pâtes, des conserves et des gelées qui sont extrêmement avantageuses pour les convalescens et les malades, et d’un goût délicieux. Les pharmaciens emploient quelquefois leur pulpe pour envelopper les pilules et en favoriser la déglutition. Leurs semences, dépouillées de leur épiderme , peuvent, à l'exemple des amandes, servir à la préparation des émulsions. Enfin, un des plus grands usages des pommes est relatif à la fabrication du cidre. Pour cela, on les concasse grossièrement; on Îles

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soumet à l’action du pressoir : le suc qui en découle alors est. mis dans des cuves. Là, il éprouve la fermentation vineuse, et se transforme, par cette opération, en un liquide doux, piquant, effervescent et susceptible d’enivrer. Mais il est à remarquer que l’on préfère, pour cet objet, les pommes les plus âpres et les plus aigres, tandis qu’on réserve, pour le service des tables , celles dont la saveur est douce et plus ou moins parfumée, comme la reinette.

L’écorce du pommier est astringente et quelquefois employée dans la teinture en jaune.

EXPLICATION DE LA PLANCHE. ( La plante est réduite aux deux tiers de sa grandeur naturelle.) — 1. Bouquet de fleurs. — 2. Fruit coupé dans sa longueur.

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ET ER AT YAnygov, Dioscorides.

PULEGIUM LATIFOLIUM ; Bauhin, IivaË, lib. 6, sect. 4. MENTHA AQUATICA , SH PULEGIUM VULGARE; Tournefort, cl. 4 , sect. 2, geD. 20.

PT EN dure { MENTHA PULEGIUM, floribus verticillatis, foliis ovatis obtusis subcrenatis, taulibus subteretibus repentibus, staminibus corollis longioribus ; Linné, didynamie gymnospermie ; — Jussieu , clas. 8, ord. 6,

famille des labiées.

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Le pouliot, rangé parmi les menthes , participe à leur odeur aromatique, et croît, avec la plupart d’entre elles, aux lieux humides, sur le bord des fossés et des étangs. Son caractère essentiel étant le même que celui de la menthe, je ne le répéterai pas ici. — Ses racines sont dures, un peu grêles, traçantes, blanchâtres et fibreuses. Il s’en élève plusieurs tiges grêles, rameuses quadrangulaires, longues de huit à dix pouces et plus, quelquefois rougeâtres, un peu velues, couchées, puis redressées à l’époque de la fleuraison. — Les feuilles sont opposées , médiocrement pétiolées , ovales, assez semblables à celles de l’origan, longues de six à douze lignes , médiocrement dentées, nerveuses et parsemées de quelques poils rares. — Les fleurs sont pédonculées, purpurines ou de couleur rose, quelquefois blanches, réunies par verticilles denses , axillaires, distans, diminuant de grosseur à mesure qu'ils approchent du sommet, occupant une grande partie des tiges, et formant par leur ensemble

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des épis droits. — Le calice est tubulé, rougeatre , un peu velu, à cinq petites dents ciliées, inégales, fermé par des poils pendant la maturation. — La corolle est une fois plus longue que le calice, pubescente en dehors ; la lèvre supérieure entière; les étamines trèssaillantes ; l’une des quatre semences souvent avortée.

Cette plante est remarquable par une odeur fragrante, comme spiritueuse, et par une saveur.aromatique, chaude , comme campbhrée , qui répand un sentiment de chaleur dans l’intérieur de la bouche et du pharynx. Elle contient une huile volatile très-fragrante et brülante, une certaine quantité de camphre, et probablement aussi certains principes de la nature de l’extractif, dont l’eau et l’alcool s’emparent également, en acquérant ainsi, jusqu’à un certain point, les propriétés de la plante elle-même.

Ces qualités physiques établissent, comme on voit, une grande analogie entre le pouliot et la menthe poivrée, de laquelle il se rapproche également par ses propriétés médicinales. Comme elle, il excite vivement la plupart des appareils, soit de la vie animale, soit de la vie organique : il parait même agir avec plus d'énergie. C’est ainsi, au rapport de Haller, que cette plante, appliquée à demeure sur la peau, lirrite au point d’y déterminer lulcération. Introduite dans l'appareil digestif, elle produit un sentiment de chaleur dans Pestomac, augmente l’action de ce viscère et celle de l’intestin; circonstances qui lui ont fait accorder, à juste titre, des propriétés touiques et échauffantes, et avec beaucoup moins de raison, les titres de stomachique et carminative. Quelquefois elle agit, soit directement, soit sympathiquement , sur la peau, et provoque la transpiration ; d’autres fois elle dirige son action sur les reins et excite la sécrétion . des urines ; plus souvent elle active l’exhalation bronchique et favorise ainsi l'expectoration. De là les vertus diaphorétiques et béchiques dont elle a été décorée. Les anciens, et Galien entre autres, avaient particulièrement remarqué son action sur lutérus, et la mettaient ainsi au rang des emménagogues et des antihystériques, place que plusieurs modernes lui ont conservée. Enfin, c’est par suite de son action vive et instantanée sur le système nerveux, qu'elle est généralement regardée comme antispasmodique , et recommandée contre lhystérie, l'asthme, la toux convulsive et autres affections nerveuses. R

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L’extrême diffusibilité des principes du pouliot rend en effet cette plante très-propre à porter rapidement son action dans toute l’économie et à stimuler tous nos organes. On pourrait par conséquent administrer son infusion alcoolique avec succès, si l’on manquait d’autres moyens plus puissans, dans la syncope, l’asphyxie et la paralysie. Elle pourrait être également utile dans les flatuosités, la goutte atonique et l’hypocondrie. On en fait plus particulièrement usage dans le traitement de l’aménorrhée, de l’hystérie et de l'asthme.

La toux convulsive est de toutes les affections spasmodiques, celle contre laquelle on a le plus recommandé cette espèce de menthe. Ray , Boyle, Sauvages ont attribué une efficacité particulière à son infusion aqueuse contre ces affections. Werlhoff, il est vrai, n’en à retiré aucun effet; Cullen avoue même que le pouliot lui a paru nuisible dans la coqueluche, ainsi que tous les échauffans : mais peutêtre que cette différence, dans les résultats de l’action du pouliot, tient à la diversité des circonstances concomitantes dans lesquelles se trouvaient les malades. Il faut, en effet, se ressouvenir sans cesse que cette plante est essentiellement stimulante, et que si elle convient lorsque la toux convulsive et autres affections que je viens d'indiquer, sont accompagnées d’atonie et exemptes de phlogose et d'irritation, on ne pourrait l’employer, sans inconvénient, dans les circonstances contraires, et surtout lorsqu'il y a un état pléthorique, ou une excessive sensibilité de certains organes, ainsi que cela a lieu ordinairement pour l'utérus , dans la plupart des hystéries et des suppressions menstruelles, et comme cela paraît aussi avoir eu lieu dans les coqueluches dans lesquelles les auteurs cités ont administré cette plante.

Cette menthe se donne à dose variable, en infusion théiforme. Son infusion vineuse peut être administrée de soixante à cent quatrevingts grammes (deux à six onces) en plusieurs prises. Son huile volatile se donne à la dose de deux à six gouttes, dans un excipient approprié, tel que le sucre, un jaune d'œuf, un looch, une émulsion. La dose de son eau distillée est de trente-deux à cent-vingt grammes (environ une à quatre onces) dans une potion convenable. Le sirop qu'on en prépare se donne à trente et soixante grammes (environ une à deux onces) et au delà.

Chez les Grecs, le pouliot était employé aux usages culinaires,

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et servait comme condiment à à assaisonner les su taires. RNA PESTE ATEN OR) CRT ANNE ! oi

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. DE LA PLANCHE. (La plante est de grandeur nat alle) (moitié) vue en dessus, pour faire voir les glandules qui tapissent sa surface. — - 2.1 tière. — 3. Pistil. — 4. Calice ouvert, à la base duquel un voit trois graines, la € | avortée. He

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