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Les bois, les prés humides, le bord des ruisseaux , sont parés, au retour de chaque printemps, de nombreuses primevères. Sous les noms de coucou , de brayettes, de primerolles, elles nous reportent à cet âge dont l’agréable souvenir nous attache à tous les objets qui ont contribué à ses amusemens.
La primevère ne se distingue essentiellement des androsace que par le tube de sa corolle dépourvu de glandes à son orifice. Son calice est tubulé, persistant, à cinq dents : le tube de la corolle cylindrique ; le limbe à cinq lobes échancrés au sommet; cinq étamines renfermées dans le tube; un ovaire supérieur; un style filiforme ; Île stigmate globuleux. Le fruit est une capsule polysperme à une seule
loge, s’ouvrant au sommet en cinq ou dix valves peu profondes. Les
semences sont nombreuses , attachées à un placenta libre et central. — Ses racines sont composées d’une souche grosse, un peu rougeàtre, odorante, garnie de longues fibres presque simples, blanches et charnues. Elles produisent des feuilles toutes radicales, ridées, ovales-oblongues, épaisses, obtuses, plus ou moins pubescentes, un peu blanchätres en dessous, dentées à leurs bords, rétrécies en pé-
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PRIMEVERE. | tiole à leur base. —— Du centre des feuilles s'élèvent une ou deux hampes droites, nues, cylindriques, un peu pubescentes, longues de quatre à cinq pouces, terminées par une ombelle de fleurs odorantes, pédicellées, pendantes, munies, à la base des pédicelles, d’une sorte d'involucre à folioles courtes , subulées. — Leur calice est d’un jaune pâle renflé, à cinq angles saillans, à cinq dents courtes et obtuses; le tube de la corolle renflé, de la longueur du calice ; le limbe concave, à cinq lobes courts, d’un jaune päle, marqués de cinq taches orangées; l'ovaire arrondi; la capsule glabre, ovale-oblongue; les semences brunes, ridées.
On avait confondu, comme variétés , avec cette espèce, le primula elatior et le primula acaulis où grandiflora. La première, distinguée par son calice, au moins d’un tiers plus court que celui dela corolle, a cinq dents très-aiguës; les hampes plus longues ; les fleurs inodores. La seconde a ses fleurs portées par des pédoncules simples, velus, uniflores, quelquefois réunis à leur base en forme d’ombelle; les calices aussi longs que le tube de la corolle; celle-ci est d’un jaune de soufre; son limbe plane, à cinq grands lobes. |
Les oreilles d'ours , cultivées dans nos jardins, appartiennent également aux primevères.
La racine de cette plante exhale, dans l’état frais, une odeur fragrante, comme anisée, et offre une saveur légèrement astringente et un peu amère : ses feuilles, dont le goût est purement herbacé, sont à peu près inodores; mais ses fleurs , dont la saveur est douce, sont remarquables par " suavité de leur arôme. Cartheuser en a retiré un quart d'extrait aqueux et environ un sixième d'extrait résineux. Du reste, les chimistes n’ont pas cherché à déterminer la nature de son principe aromatique , dont l'eau et l’alcool s'emparent également, ni de ses autres matériaux immédiats.
La primevère, comme toutes les substances fragrantes, exerce une action manifeste sur le système nerveux, et par conséquent sur le cerveau ; elle paraît même produire une sorte de sédation dans quelques cas, à la manière des excitans diffusibles, parmi lesquels elle se place naturellement. Sa racine, qui excite particulièrement la pituitaire , a été recommandée comme sternutatoire, sous forme pulvérulente. Suivant Boerhaave, son infusion acéteuse, introduite par aspiration dans les fosses nasales ; aurait, dans certains cas, dis-