‹ Flore médicale (volume 3)Chapitre 85 sur 97 · PRIMEVÈRE · texte numérisé non relu

PRIMEVÈRE

sipé la douleur de dents. Chomel attribue aussi à cette racine la propriété de faire disparaitre les vertiges, l’hémicranie et autres symptômes nerveux qui résultent de la suppression des règles.

L'herbe ou la plante entière a été également préconisée contre les affections nerveuses, et particulièrement contre l’apoplexie, le balbutiement, l’émiplégie et la paralysie. Le nom d'herbe à paralysie, paralyseas primula , sous lequel elle a été désignée par quelques auteurs, indique même, sinon son efficacité dans cette maladie, au moins la haute opinion qu'on à eue jadis de ses prétendues vertus antiparalytiques. Matthiole attribue libéralement à linfusion de cette plante , appliquée en onction sur la tête, la propriété de dissiper les céphalalgies rebelles; effet que Ray accorde aussi au suc des feuilles et des fleurs pris intérieurement dans du lait.

Ces dernières, privées de leur calice, sont même généralement regardées comme les parties les plus actives de la primevère, et comme essentiellement nervines, céphaliques et hypnotiques. Boerhaave et Linné leur reconnaissaient la faculté de calmer la douleur, de provoquer le sommeil, et d'opérer même différens phénomènes sédatifs. Suivant Bergius, leur infusion aurait été employée utilement contre les douleurs rhumatismales.

Que conclure de toutes ces assertions en faveur de la primevère, si ce n’est que les succès qu’on lui attribue sont loin d’avoir été constatés par un assez grand nombre d'observations, et que les éloges qu'on lui a donnés sont au moins exagérés? Si, à défaut de faits précis et d'observations cliniques, on voulait juger de son action d’après ses qualités physiques, on pourrait mème la regarder comme une plante très-peu active, peu digne par conséquent de figurer parmi les médicamens, et susceptible d’être expulsée de la matière médicale sans inconvénient , ainsi que l'ont fait Cullen , Peyrilhe et autres habiles observateurs.

La primevère entière, ou ses fleurs seules, se donnent en infusion , à la dose d’une poignée sur un litre d’eau. Leur eau distillée peut être prescrite de trente-deux à soixante-quatre grammes (une à deux onces) et plus , dans un julep ou une potion appropriée. On en … préparait jadis une conserve et ün sirop qui ne sont plus en usage.

L'infusion théiforme de ses fleurs, d’une belle couleur d’or, et d’une odéur très-agréable, est quelquefois en usage comme boisson

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PRIMEVÈRE. À diététique. Dans quelques contrées, on soumet cette liqueur à la fermentalion, en y ajoutant du sucre ou du miel et des citrons, eton en prépare ainsi une liqueur acide et vineuse, assez agréable-et fort utile pendant l'été.

EXPLICATION DE LA PLANCHE. /La plante est réduite à la moitié de sa grandeur naturelle,) — x. Pistil et corolle ouverte appartenant à l'individu figuré. — 2. Pistil et corolle ouverte pris sur un autre individu. — 3. Fruit contenu dans une partie du calice. — 4. Le mème , tel qu’il s'ouvre, en dix parties, au sommet, au moment de la maturité. — 5. Un autre, coupé horizontalement, pour faire voir le placenta central. — 6. Graine de grandeur naturelle, — 7. Graine grossie.

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