‹ Flore médicale (volume 3)Chapitre 89 sur 97 · PYRÈTHRE · texte numérisé non relu

PYRÈTHRE

ils les pulvérisent et s’en frottent le corps pour ranimer la transpiration. — De ses racines s'élèvent plusieurs tiges simples onu médiocrement rameuses, un peu couchées, longues de huit à dix pouces et plus, terminées par une, deux ou trois fleurs. — Les feuilles sont d'un vert tendre, presque deux fois ailées, un peu charnues; les pinnules courtes, velues, finement découpées, aiguës; les feuilles inférieures étalées en rosette. — Les fleurs sont grandes, fort belles, terminales et ordinairement solitaires; les écailles du calice fortement imbriquées, linéaires, un peu brunes à leurs bords ; les demifleurons de la circonférence, linéaires, blanchâtres en dessus, d’un beau pourpre-violet en dessous; les fleurons du centre d’un jaune pâle. — Les semences sont glabres, comprimées, membraneuses à leurs bords et à leur sommet ; le réceptacle convexe, garni de paillettes obtuses , élargies à ne sommet.

La racine de cette plante, telle qu'on la trouve dans le commerce, est de la longueur d’un pouce, et de la grosseur du petit doigt, d’un brun-fauve à l'extérieur, et blanche intérieurement. Son odeur est à peu près nulle; sa saveur est piquante, âcre, légèrement acide, et laisse, pendant long-temps, dans la bouche et sur les lèvres, un sentiment de chaleur brûlante. Ses propriétés actives paraissent essentiellement résider dans une matière résineuse que l’alcool lui enlève facilement ; de sorte que son extrait spiritueux est beaucoup plus âcre que son extrait aqueux. Ce dernier, en revanche, est plus abondant , ainsi que Léwis, Neuman et Cartheuser l'ont constaté.

La pyrèthre agit sur l’économie animale avec force et à la manière des excitans âcres. Ramollie et appliquée à demeure sur la peau, elle y détermine la phlogose, et même les ulcérations. L’irritation qu’elle opère dans l’intérieur de la bouche , excite vivement les glandes buccales, parotides et autres, et produit la sécrétion d’une grande quantité de salive. Son action n’est pas moins prononcée sur la membrane pituitaire : lorsqu'on l'introduit dans les fosses nasales, elle provoque de violens éternûmens. De semblables effets tendraient à faire croire, qu'introduite dans les voies digestives, cetle racine serait susceptible d’exciter vivement laction de l'estomac, de

l'intestin , et, par suite, de divers autres appareils de notre écono-,

mie. loutéfoid on n’en fait point usage à l intérieur, et l’on s’est en

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général borné à lemployer comme topique.

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