‹ Flore médicale (volume 3)Chapitre 9 sur 97 · Livraison, ï · texte numérisé non relu

Livraison, ï

- ” \ M 7 + 9e NUE

5 LEE : L € MÉZÉRÉON. » | 4

Il n y a point de corolle : plusieurs botanistes prennent pouf elle le calice, qui en a l'apparence parsa forme et sacouleur. Son tube est

ru à un peu plus long que le limbe. Celui-ci est très-ouvert <

divise en quatre lobes ovales , un peu aigus. Les étamines sont Fe tes, insérées sur le tube du cali l’ovaire ovale-oblong, surmonté par un style très-court et un stigmate en tête.

Les baies sont globuleuses , de la grosseur d’un grain de groseilles \ d’un rouge vif à l’époque de leur maturité; elles sont jaunâtres quand les fleurs sont blanches.

La racine, l'écorce et les fruits de cet arbrisseau sont employés en médecine. Toutes ces parties sont inodores; leur saveur est âcre, brülante , et, quand on les mâche, elles produisent un sentiment de chaleur intolérable dans toute l'étendue de la bouche et du pharynx. Ces qualités physiques du mézéréon, ainsi que sa causticité, paraissent tenir, d’une part, à un principe de nature huileuse , et, d’une

autre part, à une résine qui se trouve dans l’écorce de ns rip #

des thymélées.

L'écorce du bois gentil se retire, pour l'ordinaire, du tronc et des grosses branches de cet arbrisseau. Lorsqu'elle est sèche, elle. se présente dans les officines en morceaux minces, roussâtres , souvent recouverts d’un épiderme d'un brun mie poux onces de cette substance ont fourni, par l’action de l’eau , deux gros et demi d’ extrait gommeux , et, au moyen de l'alcool, quarante-huit grains de résine pure. En la traitant par le vinaigre, on en obtient un troisième extrait qui a beaucoup moins d’âcrete que les deux autres.

La chaleur âcre et brülante que cette écorce, soit fraîche, soit sèche ; occasione dans l’intérieur de la bouche et de la gouge, est quelquefois suivie d’un sentiment de torpeur ou d’une espèce d’insensibilité passagère de la langue, ainsi que Murray l’a observé sur lui-même. Appliquée sur la peau, elle ÿ détermine de la douleur , de la rougeur , le soulèvement de l’épiderme , et même de profondes ulcérations. Or, une action corrosive aussi énergique et aussi propre à inspirer de justes craintes sur l'administration intérieure de Pécorce du bois gentil, aurait peut-être dû la faire exclure de la liste des médicamens susceptibles d’être ingérés. Vicat parle d’un hydropique qui, après en avoir pris üne certaine dose, fut atteint d'évas cuations alvines excessives et de vomissemens violens, qui persistè-

nd MÉZÉRÉON.

rent avec opiniâtreté pendant six semaines , malgré tous les moyens employés pour les arrêter. Il pourrait même en résulter des inflammations mortelles. Cependant, donnée à petite dose et avec beaucoup de prudence, il paraît qu’à l'exemple des poisons les plus redoutables, on en a obtenu quelquefois du succès, soit comme purgatif drastique, soit comme altérant. Alexis Russel paraît lavoir adminisirée avec avantage en décoction, contre d'anciennes douleurs ostéocopes, et des périostoses vénériennes qui avaient résisté au mercure. Cullen, qu’on n’accusera pas d’une confiance aveugle dans les vertus des médicamens , a vu également la décoction de cette écorce triompher d’ulcères syphilitiques rebelles, qui avaient survécu à la cessation de tous les autres symptômes vénériens dans le traitement mercuriel. Il ne faut cependant pas oublier que ces sortes d’ulcères disparaissent souvent sans aucun remède, plus ou moins long-temps après que le traitement antisyphilitique a fait disparaitre tous les autres symptômes de la maladie.

L'écorce du mézéréon est beaucoup plus fréquemment employée à l’extérieur qu'intérieurement. Au rapport de lillustre Linné, les Suédois l’appliquent souvent sur les blessures faites par des serpens venimeux et par les animaux enragés. Mais si, dans quelques cas rares, elle a eu l'avantage de prévenir l'absorption du venin, ou de lattirer au dehors au moyen de l'irritation et de la suppuration qu’elle détermine dans les parties blessées, on sent qu'une pareille pratique ne doit jamais suppléer à l’application immédiate du feu, seul moyen éprouvé pour neutraliser le virus rabique ou en prévenir l'absorption. Parmi nous, cette écorce est exclusivement réservée pour l'établissement des exutoires cutanés, et, sous ce rapport, on s’en sert avec les mêmes avantages et de la même manière que de celle du daphne gnidium. Voyez l'article carot.

La racine du mézéréon a été également décorée de plusieurs propriétés médicinales. Home, médecin anglais, l’a administrée avec succès à la dose de deux gros, en décoction dans trois livres d’eau réduites à deux livres, que le malade prenait en vingt-quatre heures, contre divers engorgemens squirrheux, vénériens et autres, et particulièrement contre les tumeurs chroniques des parotides, de la glande thyroïde et des testicules. Cullen en à également obtenu différens avantages contre diverses maladies de la peau. Au rapport de

MÉZÉRÉON. de

Pallas, les Russes l’appliquent sur les dents cariées pour dissiper la vive douleur qu’elles occasionent. Mais il faut éviter alors d’avaler sa salive, de crainte des accidens auxquels l’ingestion d’une substance aussi corrosive pourrait donner lieu. Toutefois cette racine entière ne mérite aucune confiance, puisqu'il est reconnu que toutes ses vertus résident dans l’écorce qui la recouvre, et que sa partie ligneuse est insipide et complètement inerte.

Les noms de grana gnidia, cocci gnidi, sous lesquels les baïes du mézéréon sont désignées dans les boutiques, sembleraient indiquer que ces fruits vénéneux étaient connus des anciens, et particulièrement en usage parmi les médecins de la célèbre école de Gnide. Ce sont de petites baies ovalaires, de la grosseur d’un pois, dont le noyau, de nature huileuse, quoique d'une saveur douce au premier abord, est doué d’une extrême äâcreté et de propriétés trèsdélétères. A la vérité elles servent d’aliment aux oiseaux, qui, pour la plupart, les dévorent avec une extrême avidité; mais elles sont funestes à l’homme et à presque tous les animaux. Linné rapporte que six de ces baies ont suffi pour donner la mort à un loup. Réduites en poudre très-fine, et données à un chien à la dose d’un scrupule, elles ont fait périr cet animal, quoiqu'il en eüt rejeté une partie par le vomissement, et, après sa mort, on a trouvé une certaine quantité de sang noir dans l’estomac et des taches rouges, ainsi que diverses ulcérations à la surface interne de cet organe, lésions anatomiques qui se rapprochent beaucoup de celles que M. Orfila a observées sur les chiens auxquels il a fait avaler du garou pulvérisé. De nombreux et tristes exemples d’empoisonnemens produits par ces fruits, rapportés par Murray, d’après divers auteurs, prouvent qu'ils ne sont pas moins délétères pour l’espèce humaine. Un des plus remarquables, est celui d’un homme qui, après en avoir avalé plusieurs, éprouva une horrible superpurgation, de violens vomissemens, une ardeur intolérable dans l’intérieur de la bouche, et une soif intense, avec une fièvre aiguë qui se termina par la desquamation de l’épiderme. Cependant, chez des sujets robustes et d’une sensibilité obtuse, comme le sont les habitans des froides contrées du Nord, les hommes livrés à des travaux pémibles et à une vie rustique , ces fruits, à petite dose, se bornent à produire une purgation abondante, ainsi que Pallas l’a observé parmi tés Russes, et

MÉZÉREÉON.

Villars chez les vigoureux habitans des montagnes du Dauphiné, qui se purgent souvent avec huit, dix ou vingt de ces baies irritantes. Mais un médecin prudent n'aura jamais recours dans nos climats à un semblable purgatif. Dans le nord de l’Europe, on emploie ces fruits à l'extérieur, sous forme d’onguent, contre les ulcères sordides , les chancres et les cancers; toutefois, rien ne justifie les succès d’un semblable topique, au moins dans les affections de ce dernier genre.

Si l’on voulait administrer intérieurement, soit l’écorce, soit les baies du mézéréon, on pourrait les prescrire en substance, et sous forme pulvérulente, de vingt-cinq à trente centigrammes ( cinq à six grains ). Plus souvent, et avec moins de danger, on donne l'écorce à la dose de huit grammes ( deux gros) en décoction dans un kilogramme et demi d’eau reduit à un kilogramme, et l’on fait prendre ce liquide par verres dans l’espace de vingt-quatre heures. Pour établir des exutoires sur la peau, on se sert d’un morceau d’écorce fraîche ou macérée dans l’eau , comme nous l'avons indiqué à larticle GAROU.

L’écorce du bois gentil, surtout celle de la racine, sert à faire du papier gris, et pourrait, à l'exemple de celle de plusieurs autres thymélées, être employée à la fabrication des fils, des cordes, et de divers tissus. Pour se rendre intéressantes , les femmes russes, suivant Pallas, se frottent les joues dans le bain avec les coques gnidiennes, et se procurent ainsi un gonflement et une sorte de rougeur inflammatoire du visage, qu'elles prennent pour de la beauté. Au rapport de Murray, Falks a vu le même usage cosmétique établi parmi les femmes tartares.

ENGEL , Quædam de usu corticis mezerei externo ; in-4°. 178r.

susri (c.-G.), Dissertatio de mezereo. Marburgi; in-4°. 1798.

EXPLICATION DE LA PLANCHE. ( La plante est de grandeur naturelle.) — 4, Rameau en fleur. — Z. Rameau en fruit. — 1. Fleur entière de grandeur naturelle, — 2. Pistil. — 3. Corolle ouverte, pour faire voir la disposition des huit-étamines. — 4. Fruit dont on a enlevé une partie de la chair pour faire voir le noyau. — 5, Noyau isolé,

| ha(t ab maya tend. sh atatiduit ati | resto, 49 abigni to, nb jiurel non tu ph AG EL tu f BUG. tag 4e st eustt. dus ee # ottetdetie te acte ufE A0OA 'yaË Fe in à #7 io af fi Ps: if & Loi ù ol ete } a TELE MS que RE À " 4 ) " k or td las vruaitintbe traite OU à NA à UN PR TASMNEE F4 4 ÿ NT {Y4r Lafyeutitires ARR ‘Ed om OUR | TRIO pui à te Cr ‘aime | A *- | : CIO AM es Loti À m0 io ë È sénotifd à RP AT Lal e4 { # ide oi EXTRES bé DUNE Hs a RAÏ RU NOIPAOR 18 ft SD TE a A: ee ces mie nul Lis à PAPE | Ray aa AE st ua e

sf si sb. arm

1e Au)

LM É ar nd

Page 1