‹ Flore médicale (volume 4)Chapitre 18 sur 63 · AIRELLE MYRTILLE · texte numérisé non relu

AIRELLE MYRTILLE

au lannage des cuirs la tige et les feuilles; ces dernières, convenablement séchées, sont, au rapport de Willich , un excellent succédané du thé.

Mais ce sont spécialement les baies qui sont usitées dans l’économie domestique, dans les arts et dans la médecine. Très-äpres avant leur maturité, elles acquièrent en mürissant une saveur aigrelette qui plaît. Les habitans de nos campagnes les nomment raisins des bois, murets, brimbelles ; ils les mangent comme rafraïchissans. Le peuple du nord de l'Angleterre est très-friand de ces baies, qu’il mêle à la crême, au lait, dont il fait des tartres, etc.

L’astriction légère et le goût acidule de ces fruits rendent leur emploi très-avantageux dans les affections scorbutiques , diarrhéiques et dysentériques. Tantôt on les administre tels que la nature nous les offre; tantôt on exprime le suc, avec lequel on peut préparer une espèce de limonade, un sirop, ou bien que lon réduit en rob par l'évaporation. Plusieurs médecins recommandent ces fruits desséchés et pulvérisés, à la dose d’un gros jusqu’à celle d’une once, surtout lorsqu'il s’agit de réprimer des flux immodérés : d’autres les écrasent, ajoutent du sel marin, et font une sorte de cataplasme antilaiteux, qu'ils appliquent sur le sein des femmes en couche.

Les baies de myrtille, soumises à la fermentation avec une certaine dose de sucre, fournissent une très-bonne liqueur vineuse. Les aubergistes s'en servent pour colorer, allonger, et même pour fabriquer de toutes pièces des vins qu’ils débitent comme naturels.

Cette propriété colorante des baies de myrtille les rend fort utiles à l’art tinctorial et même à la peinture.

Plusieurs autres espèces d’airelles diffèrent seulement de la myrlle par quelques caractères botaniques, mais s’en rapprochent singulièrement par les vertus médicinales et les usages économiques. il suffira de distinguer la canneberge, vaccinum oxycocus, L.; l’airelle de Cappadoce, vaccinium arctostaphylos , L.;\'airelle ponctuée, vaccinum vitis idæa, L.; Vairelle veinée, vaccinium uliginosum, L.

EXPLICATION DE LA PLANCHE. ( La figure est de grandeur naturelle ; la petite branche à droite représente un rameau de fleurs.) —- x. Calice et pisul. — 2. Corolle entière. — 3. Étamines et pistil. — 4. Élamine isolée, anthère perforée au sommet, et répandant le pollen. — 5. Fruit coupé transversalement.

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