QUO NRA ER WINTER-CHERRY
Allemand. . ...... JUDENKIRSCHEN.
Hollandais. . .. .. . BLAES-KERSSEN.
CExTE plante vivace croît dans les vignes et les lieux ombragés de la France, de l'Italie, de l'Espagne, du Japon.
La racine, articulée, jette çà et là des fibres grêles, qui rampent au loin. — Les tiges, qui s'élèvent à peine à la hauteur d’un pied et demi, sont herbacées, rameuses, un peu velues, et présentent une teinte verte rougeâtre. — Les feuilles, géminées à leur insertion, et portées sur de longs pétioles, n’ont pas toutes la même forme : cellesci sont entières, celles-là légèrement sinuées ; quelques-unes sont obtuses, mais la plupart sont ovales et pointues. — Les fleurs sont d’un blanc pâle ou jaunâtre, solitaires, axillaires, soutenues par des pédoncules assez longs, moins cependant que les pétioles. Chacune d'elles offre un calice monophylle, divisé jusqu'à moitié en cinq découpures pointues , devenant membraneux, vésiculaire?, et acquérant une couleur rouge éclatante à mesure que sa maturité avance; une corolle monopétale en roue, à tube court, à limbe presque plane, partagé en cmq découpures larges et pointues; cinq étamines conni-
* Les Grecs traduisent ou imitent par le mot suxsxe6oe, et les Français par celui de alhekenge, le nom sous lequel les Arabes désignent le coqueret.
? L’alkekenge doit à ce renflement vésiculaire du calice, le nom générique physalis ( susaue, bulle, ampoule), et sa dénomination francaise coqueret (fruit enfermé dans une coque).
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ALKEKENGE.
ventes , moins longues que la corolle; un ovaire supérieur, arrondi, chargé d’un style de la longueur des étamines , à stigmate obtus. — Le fruit est une baie globuleuse, biloculaire , enfermée dans le calice enflé, et contenant plusieurs graines aplaties et réniformes. Cette baie, qui ressemble à une petite cerise, mürit à la fin de l'automne, et même au commencement de la saison des frimas; aussi les Anglais l’appellent-ils cerise d'hiver.
Cueillies avec précaution, les baies d’alkekenge ont une saveur aigrelette; mais il suffit qu'elles touchent le calice pour contracter l’amertume qui caractérise cette enveloppe. En Espagne, en Suisse, et dans plusieurs endroits de l'Allemagne, on sert le coqueret sur les tables, comme les autres fruits aigres. Dans certains cas, les médecins prescrivent les feuilles, mais beaucoup plus généralement les baies. Tout à la fois diurétiques et anodines, elles peuvent déterminer un flux abondant de l'urine, sans trop stimuler les organes destinés à la sécrétion de ce liquide, ce qui les rend infiniment précieuses dans diverses affections des reins et de la vessie. Dioscorides les ordonnait dans l’ictère et dans l’ischurie; il dit même les avoir employées avec succès contre l’épilepsie. Arnaud de Villeneuve à dissipé par son moyen une ischurie rebelle à tous les autres secours. Huit baïes de coqueret, prises chaque semaine, ont suffi, au rapport de Ray, pour prévenir les accès d’une goutte opinüâtre, et plusieurs hydropiques ont été guéris en suivant cette méthode, qui a parfaitement réussi au docteur Gilibert. Ce praticien conseille non-seulement de manger le fruit, mais encore de boire le suc exprimé et dépuré par l'ébullition, ou fermenté avec du moût. James recommande l'application des feuilles et des fruits d’alkekenge sur les érysipèles de mauvais caractère. Je pense qu'il convient de renoncer aux trochisques imaginés par le polypharmaque Mésué, et vantés, comme lithontriptiques, par le crédule Lister.
Dans certains pays on a l'habitude de colorer le beurre avec le suc de baies de coqueret.
EXPLICATION DE LA PLANCHE. (La plante est réduite à moitié de sa grandeur naturelle.) — x. Fleur entière plus petite que nature. — 2. Corolle vue du côté du tube. — 3. Ca-
lice et pistil. — 4. Étamine. — 5. Fruit dont on a déchiré l’enveloppe calicinale. — 6. Le même coupé horizontalement , pour faire voir les deux loges et la situation des graines.
Défurre 27/2
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