‹ Flore médicale (volume 4)Chapitre 44 sur 63 · HA RENEN QAR LE NS ARTEMISIA · texte numérisé non relu

HA RENEN QAR LE NS ARTEMISIA

Espagnol... ...... ARTEMISIA ; ARTEMISA.

Hrancais.:. 24... 0. ARMOISE; HERBE DE LA SAINT-JEAN,

(510) Cépenttter sé atane NUGWORT.

Allemand... ......BEYFUSS; BEIFUS; SANT JOHANNIS GUERTEL. Hollandais... ..... BYVOET; SINT JANS KRUID; SINT JANS GORDEL.

On rencontre cette plante vivace dans presque tous les climats : elle croît dans les lieux incultes, le long des chemins, sur le bord des champs, et fleurit chez nous au mois de juillet.

La racine est à peu près de la grosseur du doigt, longue, ligneuse, fibreuse, rampante. — Les tiges, bien qu’herbacées, s'élèvent à la hauteur de trois à quatre pieds; elles sont droites, fermes, cylindriques, cannelées, rameuses, purpurines, quelquefois d’un vert blanchâtre. — Les feuilles sont vertes en dessus, blanches et cotonneuses en dessous, alternes, planes, ailées, incisées; les découpures sont d’autant plus étroites, que les feuilles approchent davantage du sommet de la tige, en sorte que les supérieures sont presque linéaires. — Les fleurs sont disposées en épis latéraux, qui naissent dans les aisselles des feuilles, et forment, par leur réunion, de longues grappes terminales. Chaque fleur est sessile, ovale, composée de plusieurs petits fleurons pâles ou rougeâtres, placés sur un réceptacle nu. Les fleurettes du centre sont hermaphrodites; celles de la circonférence sont femelles et au nombre de cinq : les unes et les autres sont environnées d'un calice commun tomenteux, imbriqué. — Le fruit consiste en petites graines nues.

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ARMOISE

Toutes les parties de l’armoise exhalent une odeur aromatique assez agréable '. La saveur de la racine est douce, celle des feuilles et des tiges est amère; cependant le docteur Anderson a vu les mouions brouter avidement la plante entière, qui, dans certains pays, est regardée comme potagère. On en farcit la volaille, et notamment les oies, dont elle rend la chair plus tendre et plus savoureuse.

La réputation médicale de l’armoise est fondée sur des titres aussi anciens que multipliés. Elle fut employée, dit-on, par la célèbre Artémise?, qui lui donna son nom. D’autres prétendent avec plus de vraisemblance que le mot artemisia est dérivé du mot apreuic, Diane, patrone des vierges, parce qu’on fait usage de l’armoise pour provoquer léruption des menstrues 5 : aussi la trouve-t-on parfois désignée sous la dénomination de 7apheyis et ræpleysoy. C’est effectivement la propriété emménagogue de cette plante qui a surtout été préconisée par les médecins de l'antiquité, et souvent confirmée par les praticiens de nos jours. Après avoir invoqué le témoignage d'Hippocrate, de Dioscorides et de Galien, je dirai que Zacutus Lusitanus a rétabli, au moyen de l’infusion d’armoise , un flux men-

* L’infusion aqueuse de lherbe récente, dit Alibert, est d’un rouge obscur orangé ; elle noircit par Faddition du sulfate de fer : son suc rougit le papier bleu, suivant Goulin. -

2 Cette reine, qui s’est Immortalisée par son amour conjugal , fit élever à Mausole, son époux, un tombeau magnifique (mausolée), l’une des sept merveilles du monde, et, pendant plusieurs siècles, le plus bel ornement d’Halicarnasse.

3 Herbarum varias dicturus carmine vires, Herbarum matrem justum puto ponere primo , Cui græcus sermo dedit aæprewioia nomen.

Hujus opem fertur prior invenisse Diana , Artemis a Græcis quæ dicitur ; indeque romen Herba tenet, quia sic inventrix dicitur ejus , Præcipue morbis muliebribus illa medetur.

(macEr. )

Les dénominations vulgaires herbe de la Saint-Jean , couronne de saint Jean, ceinture de saint Jean (cingulum sancti Joannis, Jokannis Guertel), etc., tiennent à des superstitions ridicules. On à eu la folie de s’imaginer que, pour être pendant plusieurs années exempt de l'apparition des spectres, de malheurs et d'infirmités, 1l suffisait de cueilhir et de porter une guirlande d’armoise la veille de la Saint-Jean, etc.

ARMOISE

struel arrêté depuis dix ans; j’ajouterai que le docteur de Meza à obtenu dans un cas analogue un égal succès.

Le professeur Gilibert énumère ainsi les diverses manières d’administrer l’armoise : l'herbe fournit une eau distillée peu usitée: des sommités sèches on tire une poudre; les feuilles s’emploient en infusion , décoction , lavement, fomentation ; on pulvérise les vieilles racines , qu’on donne à la dose'd’un gros.

C’est avec le sommet de la tige et les feuilles, ou avec ces dernières seulement , desséchées, pilées et cardées, que les Japonais et les Chinois préparent le moxa, sorte de mèche conoïde, qu’ils brûülent lentement sur diverses parties du corps, pour combattre plusieurs maladies, principalement celles qui affectent les articulations. Les avantages de cette ustion ne peuvent être révoqués en doute; aussi est-elle pratiquée dans presque tous les pays, seulement avec de légères modifications. Outre la plupart des plantes cotonneuses, qui sont susceptibles de remplacer l’armoise, on a employé aux mêmes usages divers champignons , la racine d’aristoloche, la moelle de quelques jones, le lin, le chanvre, la charpie. C’est avec cette dernière substance que nous formons communément le moxa, plus douloureux, dit-on, et moins efficace que celui des Japonais.

Les espèces comprises dans le genre artemisia sont très-nombreuses. Linné en signale vingt-quatre, Lamarck en décrit quarante, et Wildenow soixante-onze. Les unes sont fébrifuges, telles que l’absinthe grande ( voyez page 1), petite, maritime , le génépi , l’armoise bleuâtre, sur laquelle le docteur Mandruzzato a publié un opuscule, etc. D’autres sont plus éminemment anthelmintiques, comme la santoline, à laquelle nous consacrerons un article, etc. Plusieurs partagent la propriété emmémagogue de l’armoise vulgaire , telle est surtout l’auron , que son odeur fait appeler vulgairement citronelle, et qui mériterait d'être employée plus souvent; enfin il est une espèce d’armoise fort connue dans les cuisines, et très-digne de figurer dans les pharmacies; c’est l’estragon, artemisia dracunculus, KL.

HERMANN ( Gottlob-Ephraim), De artemisia, Diss. inaug. præs. Joan. Jac. Baier ; in-4°. Altdorfii, 1720.

SYECHMANN (sean-raul), De artemisiis, Diss.; in-4°. Gotlingæ , 1775.

ARMOISE

EXPLICATION DE LA PLANCHE. (La figure est un peu plus petite que nature.) — 1. Feuille inférieure. — 2. Fleur composée d’un grand nombre de fleurons hermaphrodites au centre, et de quelques-uns simplement femelles à la circonférence. — 3. Fleuron femelle. — 4. Fleuron hermapbrodite.

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ARNIQUE .

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ARNIQUE.

CROIRE ae æoua; Mattioli.

DORONICUM PLANTAGINIS FOLIO ALTERUM ; Bauhin , [lsvaË , lib. v, sect. 4 ; = Tournefort, clas. 14, radiees.

L'ALNSSNRENEOESES ARNICA MONTANA, foliis ovatis integris, caulinis geminis oppositis ; Linné, clas. 19, syngénésie polygamie superflue ; — Jussieu , clas. 10, ord. 3, corymbifères.

DORONIGUM OPPOSITIFOLIUM ; Lamarck.

TIGUENR TN EE TNR ARNICA. à

Espagnol. . ...... ARNICA ; TABACO DE MONTANA. ‘ Français... ...... ARNIQUE; ARNICA; TABAC DES VOSGES; BÉTOINE DES MONTAGNES. Anglais. . ....... ARNICA ; GERMAN LEOPARDS BANE.

Allemand... ..... ARNIKA ; WOHL VERLEIH; WOLVERLEY ; FALLKRAUT ; LURIANSKRAUT. Hollandais. . ..... ARNICA ; WOL.VERLEY ; VAL-KRUID ; GROOT LUCIAEN KRUID.

IL est très-incertain, pour ne rien dire de plus, que l’axuoua des Grecs, et notamment de Dioscorides, soit notre arnique, comme le pense Mattioli , dont l’autorité est en général peu imposante. Conrad Gessner, qui en a parlé un des premiers, la nomme prfarmica , que Jean-Michel Fehr a probablement transformé en arnica. Quoi qu'il en soit, cette plante vivace aime les lieux élevés, froids , humides et ombragés ; elle croît abondamment en Europe, sur les montagnes, dans les bois et les pâturages montueux de la Laponie, de la Suède, de la Bohème, de la Suisse et de la France. Le docteur Gilibert , qui a fréquemment recueilli l’arnique en Pologne, et sur le mont Pila, dans le Lyonnais, a observé plusieurs variétés ; 1l a trouvé des individus à feuilles étroites, à tiges de huit pouces , uniflore; d’autres à larges feuilles, à tiges de trois pieds , multiflore, etc. Je décrirai celle qui, étant la plus commune, doit, en quelque sorte, servir de type, et j'emprunterai au professeur Lamarck les principaux traits de cette description.

La racine, irrégulière, brune en dehors, blanchätre en dedans, ne plonge point perpendiculairement dans le sol; mais elle rampe obliquement à une petite profondeur , jetant de nombreuses fibres. — La tige est cylindrique, légèrement velue, s'élève jusqu'à la hauteur de deux pieds, et porte ordinairement trois fleurs. — Les feuilles radicales sont ovales, entières, longues de deux à trois pouces,

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ARNIQUE.

nervées comme celles du plantain, le plus souvent au nombre de quatre, couchées sur la terre, embrassant le bas de la tige par une gaîne courte. Les feuilles caulinaires sont opposées, lancéolées, plus petites que les radicales. — La fleur terminale est grande, fort belle, d’un jaune d’or, et présente un diamètre de deux pouces au moins; lorsqu'il existe des fleurs latérales, elles sont un peu plus petites. Chacune d’elles a un calice commun , formé de deux rangs d’écailles linéaires , égales, aiguës, ouvertes : elle est radiée, composée de fleurons hermaphrodites, tubuleux, quinquéfides, placés dans son disque, et de demi-fleurons femelles à languette linéairelancéolée , situés à sa circonférence, — Le fruit consiste en plusieurs graines ovales , légèrement comprimées, et toutes couronnées d’une aigretle plumeuse sessile*.

Le professeur Lamarck a cru, non sans des motifs très-plausibles, devoir réunir le genre de l’arnique à celui du doronic. En effet, Linné donne pour caractères distinctifs de l’arnica , toutes les semences aigrettées, et cinq filamens stériles dans les demi-fleurons. Or, le premier de ces caractères est trop peu important pour établir une distinction générique; le second n’existe pas dans l’arnique montanière , selon Haller, Jussieu et Turpin ; le docteur Gilibert dit seulement qu'on ne le trouve pas toujours.

On préfère généralement l’arnica recueillie sur les montagnes de la Bohème. Elle exhale, surtout quand on l'écrase, une odeur vive, aromatique, assez agréable, et imprime sur la langue un sentiment d’amertume et d’âcreté qui ne déplait pas. Ces qualités, remarquables dans toutes les parties de la plante, sont néanmoins plus

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