‹ Flore médicale (volume 4)Chapitre 53 sur 63 · HOUR TS RIRE HAVER · texte numérisé non relu

HOUR TS RIRE HAVER

Polonais P'AAPIUARE- PONTES.

BIEN que cette utile graminée, originaire de lAsie, puisse être partout cultivée, elle préfère aux climats chauds et secs ceux dans lesquels une température peu élevée s'accompagne d’une légère humidité.

La racine, annuelle, se compose de fibrilles nombreuses, trèsmenues, ét qui pourtant sont garnies dans presque toute leur lonaueur de filamens capillaires. — La tige droite, creuse, articulée, parvient jusqu’à la hauteur de trois pieds. — Les feuilles ont, comme celles de la plupart des graminées, uné longueur considérable ; elles sont larges seulement de quatre ou cinq lignes, vertes, et un peu rudes, surtout quand où les glisse à contre-sens entre Îles doigts. — Les fleurs, dit Lamarck, naissent en panicule lâche, terminale, longue de six à sept pouces. Les épillets, inclinés sur le pédoncule, ont leur bäle formée de deux valves verdâtres, lisses, striées , très-aiguês , et plus longues que les fleurs, qu’elles enveloppent. Ces fleurs sont au nombre de deux dans chaque épillet, ont chacune, ou lune des deux seulement, une barbe fort longue, tortillée, que la culture fait souvent disparaître; trois étamines, munies d’anthères oblongues; un ovaire supérieur, chargé de deux styles, dont les stigmates sont plumeux. — Le fruit est une graine

13° Eivraison. 28

AVOINE

allongée, pointue aux deux bouts, glabre, sillonnée par une rainure dans toute sa longueur : chaque bâle renferme deux de ces graines, qui sont blanches, fauves ou noires , selon les variétés.

Le temps de semer l’avoine diffère suivant le climat, la nature du sol et sa hauteur : en France, on sème depuis le mois de septembre jusqu’au mois d'avril. Les agriculteurs de la Beauce sèment ordinairement de l’avoine dans les champs qui l’année précédente ont donné du froment ; ils profitent ainsi du fumier qui n’a pas été entièrement consommé. L’avoine semée en février ou en mars, époque la plus ordinaire dans les provinces de France, monire ses épis au mois de juin : alors elle n’a que huit ou dix pouces; si le temps devient favorable, elle acquiert promptement une hauteur double, et monte à proportion de la bonté du terrain. Elle fournit surtout une abondante récolte, s’il ne tarde pas à pleuvoir après qu’elle a été semée. On a remarqué qu’elle réussissait à merveille quand les mois davril et de mai étaient froids, juin et une partie de juillet pluvieux, la fin de juillet très-chaude, et août sans grandes chaleurs *.

Les recherches du savant agronome Teissier semblent prouver que l’avoine est de toutes les graminées celle qui contracte le plus aisément des maladies , et notamment le charbon. Elle n'offre point cette matière végéto-animale, ce gluten examiné avec un soin scrupuleux par Zambeccari et Kesselmeier. Aussi la farine d'avoine ne se lie-t-elle jamais en pâte longue , comme celle du froment. Vauquelin a constaté la présence du phosphate de chaux et de la silice dans les cendres de cette graine. L’écorce qui la recouvre est dure, coriace, douée d’une saveur amère, nauséabonde , qui se communique au pain et à la bière qu'on en prépare. Toutefois cette amertume plait singulièrement aux chevaux et à plusieurs autres animaux domestiques?. Divers peuples, moins délicats que nous , plaçaient l’avoine au premier rang de leurs plantes alimentaires. Réduite en bouillie, elle formait la principale nourriture des anciens Ger-

Thouin, dans le Dictionnaire des Sciences naturelles , tome 715 , page 341. ? Vossius et d'autres étymologistes apercoivent ici l’origine du mot avena ; quod eam edere aveant pecudes. En rejetant cette opinion peu vraisemblable, je ne saurais admettre comme évidente celle de Théis, qui voit dans avena une sim-

ple altération du nom celtique de cette graminée, atem ; lequel vient lui-même de etan, manger.

à AVOINE.

mains, et les Suisses n’ont point encore abandonné cet usage. Les pauvres habitans de la Norwège, de la Suède, ceux de quelques provinces de l’Angleterre, de l'Allemagne et de la France, mangent du pain d'avoine. On fait avec cette graine, dépouillée de, sa pellicule, un excellent gruau, qui, diversement préparé, fournit un aliment agréable, substantiel, propre aux estomacs naturellement faibles, ou débilités par de longues maladies.

Hippocrate prescrivait la tisane d'avoine comme un des antiphlogistiques les plus efficaces, et les modernes ont mille fois confirmé le jugement du père de la médecine. Ce sont les Anglais et les Allemands qui ont surtout exalté les vertus de cette boisson. Elle serait une merveilleuse panacée , s’il fallait en croire Richard Lower? , ses traducteurs et commentateurs Frank et Nordenheim, ainsi que l'illustre, mais parfois trop crédule ou trop enthousiaste Frédéric Hofinann $.

L'eau , aigrie sur la farine d'avoine, forme avec le sucre et une petite dose de bon vin blanc une limonade antiseptique et stimulante, dont le docteur Pringle a constaté les précieux avantages pour arréter les progrès du scorbut. Hofmann, Macquart, Gilibert, disent que la farine d'avoine frite avec du vinaigre est un épithème utile pour calmer les douleurs de la colique et de la pleurésie; on en fait aussi des cataplasmes résolutifs. Les bâles calicinales forment de trèsbonnes paillasses pour coucher les enfans , et des coussinets que les chirurgiens emploient dans une foule de circonstances 4.

Il me reste à mentionner quelques autres espèces d'avoine, soit pour faire connaître leur utilité, soit pour signaler leurs inconvéniens.

1°. L’avoine nue, avena nuda , L., se rapproche beaucoup de la cultivée, dont peut-être elle n’est qu’une variété. On la préfère quelquefois pour le gruau , bien que son grain soit plus petit.

2°. L’avoine élevée, le fromental, le ray-grass de France, avena elatior, L., est un fourrage très-estimé; on en fait des prairies arti-

* Pline, Héstoria mundi, Lib. xvirx, cap. 17.

? Bowpoyoaguz, elc., in-8°. Amstelodami, 1669, etc.

* De cura avenacea, Diss. inaug. resp. Fiedler ; in-4°. Halæ Magdeburgicæ , 1714, elc.

4 Mouton, dans le Dictionnaire des Sciences médicales, tome vit, page 228.

AVOINE

ficielles qui durent long-temps , et peuvent se faucher deux ou trois

dois par an avant la fleur *.

3°. L’avoine foile, ou avron, avena fatua, L., que Lamarck et Thouin regardent comme une simple variété de la stérile , étouffe des grains utiles au milieu desquels elle croît, sa précocité lui donnant de l'avance sur eux. Quand elle s’est emparée du terrain, elle s'y perpétue et s’y multiplie aux dépens de tout ce qu’on y sème, ce qui à fait dire que les blés se changeaient en avron?. Quoique les ‘chevaux, les moutons et les chèvres ne refusent pas de s’en nourrir, lle leur cause de lirritation au fond de la bouche, par les poils «ont sa base est environnée. Dès que cette herbe a germé, ses graines , ornées de leurs barbes , peuvent servir d'hygromètre; elles ram-

À es A ie US) “pent dans les granges Jusques aux murs -.

* De Launay, Le bon Jardinier, 1814, page 102. ? Dictionnaire des Sciences naturelles, tome 111, page 346. * Gilbert, Démonstr. élément. de botan., 1796, tome 111, page 192.

EXPLICATION DE LA PLANCHE. ( La plante est légèrement réduite.) — 1. Racine. — 2. Épillee, composé d’un calice commun, bivalve, dans lequel sont deux fleurs munies de barbes. — 3. Pistil. — 4. Épillet renfermant des fleurs dépourvues de barbes. — 5. Fruit.

AZÉDARACH.

(ERA ROUESE RTE ERE deudoauxomopos, C.

ARBOR FRAXINI FOLIO, flore cœruleo ; Baubin, Hivæ£, lib. 11, sect. 4.

AZEDARACH ; Tournefort , clas, 21, arbres rosacés.

PIGCAS EAENERE MELIA AZEDARACH, foliis bipinnatis; Linné, clas. 10, décandrie mo.

nogynie; — Jussieu, clas. 13, ord. 11, azédarachs.

LLale nn MORE TER AZADARACG; FALSO SICOMOKO.

Espaonal. 1... . AZADARAC; CINAMOMO , Ortega.

Francais... ...... AZÉDARACH; LILAS DES INDES; MARGOUSIER ; FAUX SYCOMORE; ARBRE SAINT ; ARBRE À CHAPELET ; AZÉDARAC BIPINNÉ, Laîmarck.

Anolaisis ls if: AZEDARAK; BEAD-TREE; FALSE SYCAMORE.

Allemand. . .. ...- zenerac. \

Hollandais. ..,,.. AZEDARAK ; VAILSCH VYGENBOOW.

CET arbrisseau, ou plutôt ce grand ét bel arbre, originaire des Indes Orientales, prospère dans tous les climats chauds, tels que le Portugal, l'Espagne, et même dans les provinces méridionales de la France, où Belon la introduit. Il réussit en Amérique comme dans son pays natal : la figure qui accompagne cette description est une copie exacte d’un dessin fait par M. Turpin, à Saint-Domingue, en 1799:

La tige, presque toujours unique et droite, se divise à son sommet en rameaux irréguliers, et s'élève parfois jusqu'à la hauteur de soixante pieds ; elle est recouverte d’une écorce verdätre et lisse. — Les feuilles sont rapprochées comme par bouquets vers le haut des branches, larges, deux fois ailées, à folioles ovales-pointues, dentées, glabres, impaires, communément au nombre de cinq à sept". — Les fleurs naissent aux sommités des rameaux, en plusieurs grappes droites, moins longues que les feuilles : elles sont d’un blanc bleuâtre, mêlé de violet, dit Lamarck, et paraissent

: La ressemblance wrparfaite de ce feuillage avec celui du frène, was des Grecs, à inspiré la dénomination harmonieuse de nelia au génie poétique de Linné, qui n'a pas voulu désigner un joli genre de plante sous le titre barbare de azedarach, ou azadarach, employé par Arabe Avicenne.

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AZÉDARACH.

agréablement panachées par la couleur plus foncée du tube eylindrique staminifère ". Chaque fleur présente : un calice très-petit, monophylle, légèrement velu, partagé en cinq découpures droites et pointues ; cinq pétales ovales et ouverts en rose; un tube particulier cylindrique, environnant le pistil, et dont le bord est découpé en dix dentelures; dix étamines, dont les filamens très-courts s’insèrent entre les dents du tube particulier, et soutiennent de petites anthères oblongues , qui ne débordent presque point; un ovaire supérieur, conique, surmonté d’un style cylindrique , lequel est terminé par un stigmate en tête et à cinq valves conniventes. — Le fruit est une noix globuleuse, charnue, grosse à peu près comme une cerise, recouverte d'un brou assez épais, qui, d’abord vert, jaunit en mürissant : elle contient un noyau obrond, marqué de cinq sillons, et divisé en cinq loges, qui renferment chacune une graine oblongue?.

La taille élevée de l’azédarach, l’élégance de son port, les nuances agréables et variées de ses fleurs, l’odeur suave qu’elles exhalent, l’avantage qu’elles ont de s'épanouir durant la majeure partie de l’année, assignent sans doute à ce bel arbre une place distinguée dans les parcs et dans les bosquets. Ce ne sont pourtant là que ses moindres qualités. Les voyageurs assurent qu’on peut extraire des fruits de l’azédarach une huile bonne à brüler, et surtout une cire propre à faire des bougies qui donnent beaucoup de lumière et ne répandent aucune mauvaise odeur. Il serait donc très-important de cultiver abondamment le margousier dans nos provinces méridionales, où il pourrait ouvrir une nouvelle branche de commerce d’autant plus profitable, qu’il eroît dans des terrains assez médiocres, et fournit chaque année une très-grande quantité de fruits $. Les noyaux ne sont pas même corplétement inutiles, puisque les dévots catholiques en font des chapelets: telle est l’origine des dénominations tout à la fois pieuses et ridicules de saint bois et de bead-tree.

L'action de diverses parties de l’azédarach , et spécialement de son fruit, sur l’organisme animal, est prodigieusement difficile à déter-

‘Cet arbrisseau porte à Saint-Domingue le nom de /ilas , à cause de la ressemblance dans les pannicules et la couleur de ses fleurs avec notre lilas. Ce qu'il y a de surprenant , c’est que l'odeur est absolument la même. (T.)

? Lamarck, ÆEncycl. méthod.; Botanique, tome 1, page 341.

* Thouin, dans le Dict. d’agricult. de l'Encycl. méthod., tome 1, page 771.

AZÉDARACH.

miner avec précision. Cet arbre est-il réellement aussi vénéneux que le prétend Avicenne? La décision du médecin arabe a été adoptée, répétée comme par écho et sans preuves, par presque tous les médecins qui l'ont suivi. Jean Bauhin, Mattioli, Rauwolf, Bæcler, veulent qu’on exile l'arbre saint de l’économie domestique, des pharmacopées, et même des jardins. Le savant Alibert pense que les fruits, et notamment le suc des racines, ne sont point sans quelque danger. Plusieurs observations semblent prouver, selon le docteur Biett, que les fruits mürs de l’azédarach empoisonnent les chiens. Cependant M. Turpin a souvent préparé avec ces fruits des pâtées copieuses, que des chiens ont mangées sans répugnance, et sans qu'il leur soit survenu le plus léger accident. M. Biett lui-même nous dit’ que dans les deux Carolines les enfans mangent les fruits de l’azédarach, qui, loin de produire des symptômes alarmans , expulsent les vers dont le tube intestinal de ces jeunes individus est fréquemment infesté. Cette propriété anthelmintique est encore plus remarquable dans les racines, que l’on administre en décoction, ou dont on exprime le suc. Toutefois les essais tentés par Barton, Valentin et Grafton Duvall, ont besoin d’être confirmés par de nouveaux faits, par des expériences cliniques irrécusables. À plus forte raison , je regarde, sinon comme absolument illusoires, du moins comme très-suspectes , les qualités apéritives, emménagogues , calmantes, attribuées aux feuilles, aux fleurs, et même à l’écorce d’azédarach, par certains pharmacologistes, qui joignent encore à ces vertus celles de tuer les poux et de faire croître les cheveux 2. Ces dernières propriétés sembleraient plutôt appartenir aux fruits, dont la pulpe forme effectivement la base d’un onguent dont les Persans se servent pour guérir la teigne et la gale, ainsi que le rapporte André Michaux.

L'azédarach ailé ou penné, nimbo d’acosta, margousier à feuilles de frêne, mela azadirachta, L., porte des fruits semblables à de petites olives, d’abord jaunâtres, acquérant par la maturation une teinte purpurine. Les Malabares en extraient une huile qu'ils regardent comme un de leurs plus précieux vulnéraires.

* Dictionnaire des Sciences médicales , tome 11, page 5oë. 2 J. Bæcler, Cynosuræ mat. med. contin. 2, Argentorati, 1731, page 322.

AZÉDARACH.

EXPLICATION DE LA PLANCHE, (La plante est réduite aux deux tiers de sa gran-

deur naturelle.) — 1. Calice un peu plus grand que nature, légèrement velu. — 2. Pétale grandi. — 3. Tube anthérifère , divisé à son sommet en dix parties. — 4. Le même ouvert,

au sommet duquel, et alternativement à ses déconpures, on voit dix anthères sessiles ,et immédiatement au dessous quelques poils. — 5. Pistil, stigmate à cinq lobes. — 6. Fruit de grosseur naturelle. — 7.Le même coupé horizontalement, pour faire voir d’une part l'épaisseur de la chair, et de l’autre le noyau osseux à cinq loges monospermes.

DOAATENEE

MRF" Prnekotumke , Zambert Æ 7/2

BAGUENAUDIER

CA

BAGUENAUDIER

GREC RENE NE KOAOUTER ; HONUTEL.

COLUTEA VesiCARtA: Bauhin, HrvaË, lib. 11, sect. 1; — Tournefort, Dot clas. 22, papilionacés.

COLUTEA ARBORESCENS , @rborea, foliolis obcordatis ; Linné, clas. 17; diadelphie décandrie ; — Jussieu, clas. 14, ord. 11, légumineuses.

LAURE VESCICARIA.

Espagnol... :.... ESPANTALOEOS.

FNAC CS EEE BAGUENAUDIER ; COLUTIER , COStE; FAUX SÉNE.

ATEN. NE PEU BLADDER-SENA, Miller; BLADDER-NUT-TRFE.

Allemand Mar SCHAFLINSEBAUM; BLASENBAUM , Planer.

Hollandais... . . ... SCcHAAP-LINSEBOOM; LOMEARDSGH LINZEBOOM ; WILD SENNEBOOM,

Ces joli arbrisseau croît spontanément sur les montagnes de l'Ttalie, de la Suisse, de l’Autriche, et des provinces méridionales de la France.

Les tiges, très-rameuses, s'élèvent à la hauteur de dix à quinze pieds, sous la forme d’un buisson médiocrement touffu ; lécorce est d’un gris-brun ; celle des rameaux est plus claire et assez unie. — Les feuilles sont alternes, ailées avec une impaire, composées de sept à onze folioles ovales-arrondies , légèrement échancrées à leur sommet, ce qui les rend presque cordiformes, vertes et glabres en dessus, glauques en dessous, — Les fleurs sont disposées en grappes peu garnies, naissant, par de longs pédoncules, de l’aisselle des feuilles supérieures. Chaque fleur présente : un calice persistant, monophylle, campanulé, droit, à cinq dents courtes et pointues; une corolle jaune, papilionacée, formée d’un étendard ventru portant à sa base une ligne rougeâtre courbée en cœur, de deux ailes courtes aplaties lancéolées, et d’une carène figurant une sorte de casque; dix étamines, dont neuf ont leurs filets réunis inférieurement en une gaine, et la dixième est libre; un ovaire supérieur, oblong, comprimé, pédiculé, surmonté d’un style que termine un stigmate en crochet et velu en dessous. — Le fruit est une gousse membraneuse, diaphane, très-enflée, vésiculeuse, presque vide,

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parfaitement uniloculaire , contenant de petites graines noires, réniformes, attachées aux deux bords de la suture supérieure.

Peu de végétaux sont plus faciles à naturaliser et à multiplier que le baguenaudier. Il fleurit en mai, et donne pour la seconde fois, au commencement d'août, des fleurs qui se succèdent jusqu’au mois d'octobre; aussi fait-il lornement des bosquets du printemps et de l'automne. Les enfans et les oisifs font ne les gousses vésiculeuses, pour s'amuser et baguenauder, d'où certains étymologistes ! dérivent le nom français de cet arbrisseau , et même ses dénominations grecque et latine ?.

Je crois devoir répéter ici ce que j'ai dit laure: des propriétés médicinales attribuées aux feuilles du baguenaudier : elles sont regardées par Gesner, Bartholin, Garidel, comme propres à remplacer le séné du Levant ; l’illustre Boerhaave n’hésite pas même à leur donner le nom de séné d'Europe. Ce titre ne me paraît pas complètement mérité; car les feuilles du baguenaudier ont une action très- ‘faible, et même à peine sensible sur les sujets robustes, comme l’observe Gilibert. Pour rendre ce prétendu séné purgatif, il faut quelquefois en porter la dose jusqu’à près d’un hectogramme dans un litre d’eau , ce qui forme un breuvage dégoüûtant.

Le docteur J.-F. Coste prescrit de récolter ces feuilles vers le milieu de septembre, de les dessécher à l’ombre, et de ne pas les soumettre à la décoction, qui leur enlèverait la vertu purgative; la simple infusion suffit pour en extraire les parties vraiment efficaces. M. Coste attribue au principe gommeux, beaucoup plus abondant que le résineux , la saveur acerhe que manifeste la tisane préparée avec les feuilles du baguenaudier : mais , loin de regarder cette acerbité comme un défaut , il lui suppose un effet tonique secondaire ,

* Saumaise établit avec une égale vraisemblance une généalogie inverse : baguenaudarum arbor folliculo prædita est prætumido et pellucente ; hinc res futiles et inanes vocamus baguenaudas, et homines leves ac nugatores baguenaudaries.

L’étymologie celtique proposée par Théis, de baghanodad, niaiser, a bien aussi son mérite.

Enfin Caseneuve et Ménage dérivent les mots bagueraude et baguenaudier, de bacca, baïe , à cause des petites graines noires, bacciformes , que l’on trouve dans Ja cosse de cet arbrisseau.

2 De xolvrne, OU xwkvrnc, Üipediens, morator, musard.

3 Dictionnaire des Sciences médicales, tome 11, page 517.

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caractérisé par une plus grande fermeté dans les muscles , et la disparition de ces petites évacuations, fréquentes et dangereuses, qui suivent généralement l’usage des autres purgalifs.

Quelle confiance peut-on ajouter à l'observation du docteur Kænig, qui prétend avoir guéri la mélancolie et Phypochondrie avec l’infusion des feuilles du baguenaudier ?

On a proposé les gousses ou légumes vésiculaires de cet arbrisseau comme succédanées des follicules de séné ; mais leurs qualités médicamenteuses sont encore moins constatées par l'expérience que celles des feuilles.

Plusieurs autres espèces de baguenaudiers décorent agréablement les jardins; tels sont :

1°. Le baguenaudier du Levant, colutea orientalis, dont les feuilles sont d’un vert argenté, et les fleurs rouges, marquées de deux taches jaunes ;

2°, Le baguenaudier d'Éthiopie, colutea frutescens , L., petit et délicat, mais orné de fleurs rouges et éclatantes ;

3°. Le baguenaudier à feuilles de galega, colutea galegifolia , apporté récemment de la Nouvelle-Hollande, et qui donne, depuis le mois de juin jusqu'à celui d'octobre, des grappes de fleurs d’un écarlate safrané, qui exhalent une odeur douce de vanilleï.

‘ De Launay, Ze bon Jardinier , 1814, page 540, et Herbier général de l'amateur:.

. EXPLICATION DE LA PLANCHE. (La plante est un peu plus petite que nature.) — r. Calice, étamines et pistil. — 2. Étendard, — 3. Aile. 4. Carène. — 5. Fruit ou légumb coupé horizontalement, afin de faire voir la situation des graines, — 6. Graine isolée.

© Zarberc ZE role

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