AIN
AUNÉE.
(ÉTEPE a dodo tote £AEVIOV.
ENULA CAMPANA; Vulg,
HELENIUM VULGARE; Baubin, IivaË, lib. 7, sect. 4.
ASTER OMNIUM MAXIMUS, HELENIUM dictus; Tournefort, clas. 14, radiees.
INULA BELENTUM, foliis amplexicaulibus, ovatis, rugosis, subtus tomentosis, calicum squamis ovatis; Linné, clas. 719, syngénésie polygamie superflue ; — Jussieu, clas, 10, ord. 3, corymbifères.
Italien... ......, ENOLA CAMPANA; ELENIO; ELA.
Espagnol. .M...1.. ENULA CAMPANA; AIA,
Français... .‘..... AUNÉE; ÉNULE CAMPANE; INULE AUNÉE, Lamarck.
Anglais. NH 5 ELECAMPANE,
Allemands NN ETREE ALANT, Hollandais. . . .... ALANT:; ALANTKRUID, Polonais. ! .. .. : . OMAN,
Cerre plante vivace croît dans les prairies grasses et ombragées : de l'Italie, de l'Angleterre, de la Hollande, de l'Allemagne, de la France; elle embellit, au mois de juillet, les bois de Senart et de Montmorency près Paris.
La racine est grosse, charnue, rameuse , fauve ou brune à sa surface, blanche intérieurement. — La tige droite, ferme, cannelée, velue , porte plusieurs rameaux, et s'élève à la hauteur de quatre à cinq pieds. — Les feuilles radicales sont très-amples, longues d’un pied et plus, pétiolées, ovales-lancéolées, dentelées, vertes et ridées en dessus , nerveuses , cotonneuses, blanchätres en dessous; les feuilles caulinaires, moins grandes, sont ovales-pointues, sessiles, et même un peu amplexicaules : les unes et les autres sont alternes. — Les fleurs terminales, solitaires, radiées, présentent un large disque de couleur d’or. Le calice commun est formé d’écailles ovales,
* Est-ce de cette habitation dans les prés humides, et parmi les aunes ou aulnes (betula alnus ), que dérive le mot aunée ou aulnée ? D'autres étymologistes aiment mieux le regarder comme une inversion, une sorte d’anagramme de entla , qui lui-même est une altération de helenium , exevrov. Ces deux derniers mots rappellent la brillante imagination des anciens, qui faisaient naître une fleur des larmes d'Hélène, comme ils voyaient dans le succin les pleurs versés par les sœurs de Méléagre, ou par celles de Phaéthon.
13e Livraison.
AUNÉE.
élargies, imbriquées; les fleurons du centre hermaphrodites, tubuleux , quinquéfides, ont leurs anthères terminées chacune à leur base par deux filets libres et pendans; les demi-fleurons de la circonfcrence sont nombreux, femelles, ligulés ; le réceptacle est nu. — Le fruit consiste en plusieurs graines oblongues, couronnées d'une aigrette simple et sessile.
Si l’on cultive parfois l’aunée dans les jardins d'agrément , à cause de la beauté de ses fleurs, on ne cherche point à la multiplier dans les pâturages. Car les bestiaux la négligent. On voit pourtant les chevaux et les chèvres la brouter, à défaut de meilleur fourrage. Mais, de toutes les parties de cette plante, la racine est la seule qui possède une utilité réelle. Récente ;-elle exhale une odeur forte, pénétrante, qui, par la dessiccation , devient analogue au parfum dé la violette. Son goût est singulier, dit Gilibert : il tient de l’amertume; mais , en la mâchant, elle fournit un principe aromatique, piquant. Examinée tour-à-tour par Malouin, Geoffroi, Neumann, Cartheuser, Vogel, Lewis, elle a été analysée plus exactement par Rose et par Funke :. Le résultat de ces travaux , exposé avec beaucoup de précision par le docteur Virey?, présente une huile volatile très-concrescible , une substance extractive, de la résine, de lalbumine végétale, et principalement une sorte de fécule grise odoränté, que Rosé a découverte , et que Thomson a nommée éauline : elle a pour caractère de former une matière résineuse lorsqu'on la soumét à l’action des acides, ce que ne fait aucune autre fécule. On trouve éncore de l'acide acétique, et des acétates de potasse et de chaux dans là racine fraîche d’aunée.
Les vertus médicinales de cette plante sont incontéstables. Gilibert la regarde comme une des plus précieuses que possède la thérapeutique. Elle occupe en effet une place distinguée dans les ouvrages des pharmacologistes et des praticiens. |
Dioscorides, dont le témoignage n’est pas à dédaigner, signale l’utile influence qu’elle exerce sur l'organe utérin, sur les voies urinaires , et sur l’appareil respiratoire. Hippocrate et Galien ne jugent pas moins favorablement l’aunée, dont les modernes ont à leur tour
Annales de chimie , tome rxXVI, page 98.
> Dictionnaire des Sciences médicales, tome 11, page 498.
AUNÉE.
constaté les propriétés toniques, stimulantes, béchiques. Toutefois certains auteurs l’ont vantée avec une exagération que je suis loin d'approuver : aussi me garderai-je de lui prodiguer, avec Diemerbroek , ces titres d’alexitère et d’alexipharmaque: j’attendrai de nouveaux essais pour admettre l’assertion de Hermann, qui prétend que la racine d’aunée dissipe le tremblement des membres produit par le mercure. Mais ce qui paraît hors de doute, c’est l’efficacité de l’onguent et de la décoction d’aunée pour guérir la gale de l’homme et celle des brutes. Elle fait la base de diverses compositions pharmaceutiques Les anciens nous ont transmis les formes variées sous lesquelles ils l’administraient : tantôt ils la donnaient en poudre, tantôt infusée dans l’eau , dans le vin; tantôt ils l’incorporaient dans un looch, tantôt ils en préparaient une sorte de rob. Dioscorides recommande en outre de fomenter avec la décoction vineuse des feuilles les membres affectés de douleurs sciatiques. J'ai fréquemment prescrit avec succès la racine d’aunée pulvérisée à la dose d’un oros. Le docteur Alibert fait souvent usage du vin d’enula campana ; il emploie également le sirop, ainsi que les extraits aqueux et spiritueux. Confites dans le sucre, les tranches de racine d’aunée sont un stomachique utile et agréable *.
L'art tinctorial peut encore, selon Willich, tirer parti de cette racine, pour communiquer aux étoffes une couleur bleue.
Deux autres espèces d’inule ont des propriétés médicinales trèsanalogues à celles de l’aunée. La première est l’inule odorante, qui se plait dans les climats chauds; la seconde est l’inule des prés, trop louée par Linné, qui l’a décorée d’un titre que l’expérience clinique n’a point sanctionné, zzula dysenterica : elle est ordinairement désignée dans les pharmacies sous le nom de conyza ou conyza media.
worr (1.-6.), De viribus inule helenii in scabie persananda, Epistola; in-4°. Lipsiæ , neck (sean-rrédéric) , De helenio, Dissertatio inaug. Joan. Adolph. Wedel; in-4°, Ienæ,
* Enula campana, hæc reddit præcordia sano.
SCHOLA SALERW,
AUNÉE.
EXPLICATION DE LA PLANCHE. ( La plante est reduite à la moitié de sa grandeur naturelle.) — 1, Fleuron hermaphrodite du centre, de grandeur naturelle, — 2. Demi-fleuron de la circonférence, simplement femelle, de grandeur naturelle. — 3. Anthères réunies et grossies d’un fleuron du centre, dont chaque anthère se termine par deux soies, — 4. Sommet d’un style grossi. — 4. Racine réduite.
Lanmber dl JE seulo
77 72 NEA