‹ Flore médicale (volume 4)Chapitre 58 sur 63 · KNOWLES · texte numérisé non relu

KNOWLES

2 Plusieurs fruits sont dans le-même cas que la banane : tels sont ceux de l'arbre à pain, de l’ananas, de diverses espèces de pommes et de poires, de la nèfle sans noyau, du raisin de Corinthe, etc. (T.)

BANANIER

diarrhéiques. Hapel-la-Chenaye a découvert dans ces tiges un nouveau produit, qui semble devoir enrichir la physiologie végétale et l’économie domestique. Chaque tronc de bananier donne jusqu’à un gros et demi de trachées, dont les fils sont plus longs, plus élastiques et plus disposés à se lier entre eux , que ceux des diverses espèces de coton. Il sera possible, sans doute, d’en fabriquer des étoffes d’une extrême légèreté, ainsi que des chapeaux. Cette matière est encore excellente pour faire des mèches, lesquelles ne forment point, comme celles de coton, ce champignon qui diminue beaucoup la lumière, et les chandelles n’ont besoin d’être mouchées que rarement”.

Le bananier des sages, musa sapientium , L., ressemble beaucoup à celui du paradis. Son régime porte un plus grand nombre de fruits plus serrés, courts et droits. Ces fruits, nommés vulgairement bacoves. où figues-bananes , sont très-savoureux : les uns sont raromatisés d’ambre et de cannelle; les autres de fleur d'oranger ; aussi les sert-on au dessert, et avec les sucreries , sur les tables les plus délicates. Ils sont excellens à manger crus, tandis que les bananes longues , plus pâteuses, moins fondantes, moins parfumées, deviennent meilleures par la cuisson. Les bacoves sembleraient donc plus propres à stimuler les organes génitaux, et à justifier l’opinion des auteurs qui voient dans le bananier le dudaïm de la Bible?. Mais le docteur Virey, qui a discuté cette matière avec une profonde érudition , pense que le fameux aphrodisiaque de Rachel, était un orchis, comme j'aurai occasion de le dire en parlant de ce végétal utile et curieux.

Le savant agronome André Thouin a exposé l’art de cultiver le bananier dans nos serres, « de manière à obtenir des plantes aussi

’ Annales du Muséum d’hist. nat. de Paris , tome 1x, page 294.

M. Turpin observe à ce sujet que les trachées, à la vérité très-abondantes et très-visibles dans le bananier, sont grossières, peu consistantes, et ne peuvent en aucune manière se comparer à du coton : si jamais on parvient à en former des tissus, 1ls seront tout au plus bons à faire des emballages.

2 Bauhin, Iiyaé, page boy.

Kwowces : Olim triticeæ collectos tempore messis Attulit ad matrem Reuben, oracula Mosis Arcana hebræo dudaim cogromine dicunt.

Massé, dans le Dictionnaire des Sciences naturelles , tome 1v, page 10.

BANANIER

fortes que dans leur pays natal, et des fruits aussi parfaits et aussi bons que ceux qu’on recueille dans les deux Indes'. »

1 Dictionnaire des Sciences naturelles , tome 1v, page 7.

£INNÉ (charles), Musa Cliffortiana florens Hartecampi prope Harlemum ; in-4°. fig. Lugduni Balavorum, 1736.

Excellente monographie, qui renferme , en 46 pages, l’histoire complète du bananier. Cet arbre, introduit en Europe depuis plus de deux siècles, n’y avait cependant fleuri que trois fois; il produisit, cette année, des fruits parfaitement mürs, dans le jardin de George Clifford, riche protecteur du jeune et pauvre Linné.

EXPLICATIONS. — Pranone 54. (Cette plante est réduite au trentième de sa grandeur naturelle.) — 1. Régime chargé de fruits ou bananes, dont une partie a déjà acquis la couleur jaune qui indique leur maturité. Chaque régime porte entre quatre-vingts et cent bananes. — 2. Popote ou bourgeon conique, composé d’un grand nombre de spathes, sous chacune desquelles se trouve une patte de fleurs. — 3. Jeune bananier de trois mois environ, pour faire voir la manière dont les jeunes feuilles sont roulées en cornet.

PLANCHE 54 bis. — 1. Fleur entière, hermaphrodite, fertile. — 2. La même, dépouillée de son calice, afin de faire voir que dans cette fleur le stigmate est bon, et que les anthères sont avortées. — 3. Fleur entière, hermaphrodite, stérile. — 4. La même, dépouillée de son calice, afin de faire voir qu'ici le contraire existe : le stigmate est avorté, et les cinq anthères sont fertiles. On observe en outre, à la base de l'ovaire, un cinquième filament stérile. — 5. Très-jeune fruit coupé, pour faire voir les trois loges et les deux rangées d’ovules que l’on

observe dans chacune d’elles. — 6. Fruit entier mür. — 7. Coupe horizontale du même, dans laquelle les loges se sont oblitérées et remplies de pulpe. (Toutes ces parties sont représentées moitié de grandeur naturelle.) — 8. Cette figure, extrémement réduite, représente la base

d’un bananier, afin de faire connaitre que ce faux tronc, tout-à-fait semblable, pour son organisation , à la partie inférieure d’un porreau, donne naissance , dès le plateau où sont attachées les racines, à la hampe, qui, après avoir traversé toute la longueur du tronc, porte le régime de fruit.

Ces deux planches offrent une réduction exacte de deux grands dessins peints à Saint-Domingue par M. Turpin.

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