‹ Flore médicale (volume 4)Chapitre 6 sur 63 · ACANTHE · texte numérisé non relu

ACANTHE

forme de gueule, ne présentant que la lèvre inférieure, grande, plane, et divisée en trois à son extrémité : la lèvre qui manque est remplacée par les feuilles supérieures du calice ; elle renferme et protège les étamines. — Le fruit est une capsule ovale à deux loges, dans chacune desquelles est une seule graine roussâtre.

L’acanthe occupe une place distinguée dans les jardins d’agrément; elle est une des cinq plantes émollientes que les médecins prescrivaient en cataplasmes, en fomentations, en lavemens, pour calmer les irritations inflammatoires ou nerveuses. La racine d’acanthe a beaucoup d’analogie avec celle de consoude, et l’on s’en servait également à titre de mucilagineux, d'inviscant et de léger as tringent dans l’hémoptysie, dans les diarrhées et dans la dysenterie. Mais l’acanthe, presque complètement bannie de la thérapeutique moderne , doit sa principale renommée à la beauté de ses feuilles, que les Grecs et les Romains représentaient sur les vases, sur les vêtemens précieux, sur les chapiteaux des plus majestueuses colonnes :

Et nobis idem Alcimedon duo pocula fecit, Et molli cireum est ansas amplexus acantho.

(ViRGILE. )

«On dit qu’une fille de Corinthe étant morte peu de jours avant un heureux mariage, sa nourrice, désolée, mit dans un panier divers objets que cette jeune fille avait aimés, le plaça près de son tombeau, sur un pied d’acanthe, et le couvrit d’une large tuile, pour préserver ce qu'il contenait. Au printemps suivant , l’acanthe poussa; ses larges feuilles entourèrent le panier ; mais , arrêtées par les rebords de la tuile, elles se recourbèrent et s’arrondirent vers leur extrémité. Près de là passa un architecte nommé Callimaque : il adinira cette décoration champêtre, et résolut d'ajouter à la colonne corinthienne la belle forme que le hasard lui offrait. » (R. R. Castel.)

EXPLICATION DE LA PLANCHE. ( La figure est reduite à la moitié de sa grandeur naturelle.) — x. Corolle entière (etamines et pistil) plus petite que nature. — 2, Pistil. — 3. Fruit dégagé de son enveloppe calicinale. — 4. Le même, tel qu'il s'ouvre naturellement. -— 6. Coupe horizontale.

Troc L

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