ORGANES ÉPIDERMIQUES
Pores. On nomme pores les issues, soit intérieures, soit extérieures, qui facilitent la circulation des fluides destinés à entretenir la vie des êtres organisés, et a mettre en rapport de communication les cellules aggrégées dont ces êtres se composent.
Les pores, comme organes de premièreformation et comme étant d’une nécessité absolue à l’existence des êtres vivans, sont communs aux végétaux et aux animaux, et ils exercent leurs fonctions dans tous, depuis les plus simples jusqu’aux plus composés.
Leur ouverture a la surface du végétal se manifeste de diverses manières; elle est simple (fig. i), membraneuse (fig. 2 ), glandulaire (fig. 3) ou tubulaire (fig. 4)> toujours simple dans ceux des racines.
Aiguillons. Les aiguillons sont de simples expansions du tissu cellulaire : répandus indistinctement sur toute la surface de la partie aérienne des végétaux, ils s’eu détachent au moindre effort. La partie terrestre n’en produit jamais (fig. 5 ).
Disposition des nœuds-vitaux ou conceptacles des embryons-fixes sur le tube vivant des végétaux.
NOEUD-VITAL (Turp.).
Cet organe, qu’il ne faut point confondre avec les pointsvitaux répandus indistinctement dans toutes les parties du tissu cellulaire des végétaux, sert de conceptacle ou de berceau aux embryons-fixes (bourgeons ) : son apparition sur les plautes, qui ne commence guère qu’à partir des mousses, devient le premier des caractères qui distinguent les végétaux composés ou appendiculaires des végétaux simples ou axifères. Les nœuds-vitaux, comme les points-vitaux, prennent naissance dans l’intérieur du tissu cellulaire; mais ils diffèrent essentiellement de ceux-ci, en ce qu’au lieu d’être épars, ils sont constamment disposés, autour du tube végétal, sur des points déterminés. Considérés dans le sens transversal des tiges, les nœuds-vitaux sont isolés (fig. i et 2) ou associés (fig. 3 et 4 ). Dans le premier cas, ils sont alternes, distiques ou rangés sur deux côtés (fig. 1), ou alternes en spirale (fig. 2); dans le second, ils montrent l’opposition par couple (fig. 3 ) ou l’opposition par verticille (fig. 4)j mais une chose de la plus haute importance, et qu’il ne faut jamais perdre de vue dans l’étude organique des végétaux, c’est que, quel que soit le mode de situation de ces organes dans le sens horizontal, ils restent toujours assujettis à la disposition alterne dans le sens longitudinal ; c’està-dire, que jamais un nœud-vital ne s’oppose à un autre placé immédiatement au-dessus ou au-dessous de lui, mais bien à l’espace produit par deux autres (fig. 3 et 4 )-
Les nœuds-vitaux annoncent que les végétaux qui en sont pourvus quittent cette organisation simple que l’on remarque dans les champignons et les algues de terre et de mer ; que ces végétaux vont devenir des êtres composés ou plutôt des aggrégations d’êtres ; que, sur le bord de leurs nœuds-vitaux, il va se développer des organes appendiculaires, tels que les feuilles de la tige et celles de la fleur; qu’au premier moyen de reproduction, les embryons-latens, le seul que montrent les végétaux axifères, vont s’en adjoindre deux autres, les embryons-fixes et les embryons-graines ; que la fécondation,
peut-être indispensable au développement des embryonsgraines, va se manifester; et qu’enfin cette masse de tissu primitif ou cellulaire va être traversée diversement par un second tissu, que l’on nomme vasculaire.
Les nœuds-vitaux de la partie inférieure, ou système terrestre des végétaux composés, ont cela de remarquable, que, quelle que soit la disposition de ceux du système aérien, ils sont toujours alternes; qu’ils ne sont jamais bordés par un organe appendiculaire, et que les embryons-fixes qui en émanent (connus sous le nom de spongioles ou de chevelu) sont toujours dépourvus d’écailles : très-peuapparens sur les racines ordinaires (fig. 2 ), ils deviennent très-visibles sur celles qui se gorgent de suc, comme dans la pomme de terre et le topinambour (fig. 3).
Fig. 1 , a. (du système supérieur) nœud-vital donnant naissance à un embryon-fixe ; b. embryon-fixe terminal, trèsdistinct des latéraux, en ce qu’il n’a point de conceptacle particulier, qu’il émane de la continuité de l’axe, et qu’il ne contribue point à l’augmentation en diamètre ; c. embryonfixe latéral; d. espace ou entre-nœud auquel M. du Petit- Thouars a donné le nom de mérithalle ; e. place qu’occupait la feuille protectrice de l’embryon-fixe développé dans son aisselle.
Fig. 3 (du système inférieur), topinambour , a. nœudsvitaux et embryons-fixes; b. mérithalle.
Corps reproducteurs libres, appartenant au troisième et dernier moyen de reproduction des végétaux composés; considérés, avec leurs enveloppes protectrices , comme émanant de la partie terminale des axes.
Embryons-libres dépouillés de leurs enveloppes.